Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  • : Histoire du canton de La Suze sur Sarthe
  • Histoire du canton de La Suze sur Sarthe
  • : Infos sur l'histoire et le patrimoine des communes du canton de La Suze sur Sarthe (72)
  • Contact

Recherche

15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 07:31

Un spectacle intéressant qui propose un témoignage sur la vie de nos campagnes. Une machine à remonter dans le temps qui devrait forcément rappeler des souvenirs à chacun.

La garde-barrière du P.N. 21 à Noyen est une passeuse de mémoire(s) et d'histoire(s).

La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 18:37

Nos voisins d'Asnières sur Vègre ont eu une bonne idée : une visite théâtralisée du village le dimanche 29 mai 2016 à 16 heures.

Visite théâtralisée à Asnières sur Vègre
14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 16:15

Un acte notarié de 1768 nous donne un aperçu de l'organisation du centre-bourg de La Suze au milieu du 18ème siècle.

 

Page 1/4

Echange et contréchange

de 2 chainées 1/2 de terrain en jardin

contre une portion de pré

par la d(emoisel)le v(euv)e Fontenais

à M. le comte de La Suze

chaque portion ev(alu)ée 45#

 

  1. Pardevant nous Claude Julien

  2. Baussan du Bignon notaire

  3. royal gardenotes et scel héréditaire

  4. du Roi au Maine pour la collocation de

  5. La Suze demeurant ville de La Suze soussigné

  6. Furent present haut et puissant seigneur messire

  7. Louis Michel Chamillard comte de La Suze lieutenant

  8. general des armées du Roi grand maréchal des logis de

  9. sa maison gouverneur de Mont Dauphin seigneur de Courcelles

  10. Chateau Senechal, Ligron, Noyen, Pirmil, Royzé Mezerai et au(tres) lieux

  11. demeurant ordinairement à Paris en son hôtel rue de

  12. Bourbon p(aroi)sse S(ain)t Sulpice,

  13. stipulé et representé par m(aîtr)e Yrieix Rilhac avocat

  14. en Parlement bailly du comté de La Suze dem(euran)t

  15. à Courcelles, de present en cette ville

  16. d'une part,

  17. Et dem(oise)lle Louise Fouqueré v(euv)e du s(ieu)r Michel Fontenais

  18. marchand dem(euran)te en cetted(ite) ville de La Suze d'autre part ;

  19. entre lesquels a été fait l'echange et contre echange

  20. qui suit, c'est à savoir que lad(ite) d(emoise)lle v(euv)e Fontenais

  21. a cédé, abandonné et delaissé et promis garantir à mond(it)

  22. seigneur comte de La Suze representé comme dit est

  23. un morceau de terre servant de jardin situé au devant et

  24. faisant partie des dependances de la maison dont lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e

  25. Fontenais est propriétaire en cette ville la rue entre deux, led(it) morceau de terre

  26. en jardin contenant deux chainées et demie et cotoyant

  27. vers le midi et aboutissant à l'orient la rue qui tend du fauxbourg

  28. S(ain)t Nicolas à la place du marché, joignant d'autre bout vers

 

Page 2/4

  1. le couchant la grande rue, et d'autre côté vers le nord

  2. les batimens de la d(emoisel)le v(euv)e Poirier, lequel morceau de

  3. terre est destiné par mond(it) seigneur comte de La Suze à

  4. faire une seconde place publique pour la plus grande

  5. commodité du marché aux chevaux

  6. Et en contréchange led(it) seigneur comte de La Suze

  7. a pareillement cédé abandonné et delaissé à lad(ite) d(emoisel)le

  8. v(euv)e Fontenais ses héritiers et ayant cause en pleine

  9. propriété et à perpétuité, un morceau de terre de pareille

  10. grandeur et même huit pieds de largeur en sus afin de

  11. lui faciliter d'enclorre led(it) terrein de haie et fossé ou telle

  12. autre cloture que bon semblera à lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais ; de sorte

  13. que led(it) terrein aura vingt quatre pieds de large et

  14. quatre vingt trois pieds de long, ce qui compose avec une

  15. petite portion d'issue ci après, environ trois chainées

  16. et demie de terrein le tout à raison de vingt cinq pieds

  17. la chainée, lad(ite) portion donnée en contréchange

  18. à prendre dans le pré de l'ancien château où est actuellem(en)t

  19. le Palais de la justice du comté de La Suze, le long des

  20. palis qui closent vers l'orient les jardins de lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e

  21. Fontenais et avancer de là vers les murs dud(it) ancien château

  22. de l'espace de vingt quatre pieds de largeur, et

  23. s'etendre en la longueur desd(its) quatre vingt trois pieds

  24. depuis l'alignement des batimens de lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais

  25. et le commencement de sesd(its) palis jusqu'au petit ruisseau

  26. de Puissantour qui descend de la rue

  27. S(ain)t Nicolas et autres pour se rendre dans les fossés et douves

  28. dud(it) ancien château.

  29. Aura en outre lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais la propriété des issues

  30. situées entre sa maison et led(it) pré autant que la largeur de

 

Page 3/4

  1. ses bâtimens en emporte, ce qui ayant été mesuré s'est

  2. trouvé d'environ un tiers de chainée de terrain et avec pouvoir

  3. de s'enclorre comme bon lui semblera ; pour marquer les

  4. limites duquel terrein donné en contréchange par led(it) s(ei)g(neur)

  5. comte de La Suze, il a été planté des piquets de distance en

  6. distance, jusques et en deca desquels il a été fait un scillon ou tranchée pour

  7. separer les terreins abandonnés à lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais laquelle

  8. pourra faire continuer lesd(ites) clotures, jouir user et disposer

  9. et exploiter comme bon lui semblera led(it) terrein contréchangé

  10. comme propriétaire d'icelui à partir de ce jour, avec faculte

  11. en outre à elle de disposer de la cloture et des arbres, legumes

  12. et autres plantes qui sont dans led(it) jardin par elle donné

  13. en échange jusqu'au huit du mois

  14. de fevrier de façon que led(it) terrein en jardin soit

  15. entierement ouvert pour la foire du jeudy gras

  16. qui suit immediatement.

  17. Les parties se cédant et transportant au surplus tous droits de

  18. propriété, noms, raisons et actions, rescindents et rescisoires

  19. pour raison desd(ites) parties echangées et contre échangées

  20. A la charge par lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais de tenir et relever lad(ite) portion de

  21. terrein à elle donnée en contréchange censivement dud(it)

  22. comté de La Suze aux mêmes cens rentes charges et devoirs

  23. dont étoit tenue lad(ite) partie échangée et ce par forme

  24. de compensation et échange à cet egard.

  25. Sera le coût des presentes et d'une exped(iti)on pour lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e

  26. Fontenais pour lui tenir lieu de titre de propriété, aux frais

  27. dud(it) seigneur comte de La Suze.

  28. Et ont les parties evalué chaque portion de terrein échangée

  29. et contréchangée à la somme principale de quarante

  30. cinq livres, demeurant lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais

  31. dechargée des lots et ventes à raison des presentes et pour

  32. cette fois seulement.

  33. Car le tout a été ainsi voulu, consenti, stipulé et accepté

 

Page 4/4

  1. entre mond(it) s(ei)g(neur) comte de La Suze rep(rése)nté comme dit est

  2. et lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais, dont jugées de leur consentem(ent) apres

  3. lecture.

  4. Fait et passé dite ville de La Suze, maison de

  5. ladite demoiselle veuve Fontenais

  6. l'an mil sept cent soixante huit le jeudy

  7. vingt huitieme jour du mois de janvier à vant midi

  8. presens m(aîtr)e Louis Delaine procureur fiscal du comté

  9. de La Suze et m(aîtr)e Joseph Froger prêtre habitué en l'église

  10. de cette paroisse demeurants en cette dite ville

  11. témoins à ce requis et appellés et ont signé.

  12. Gloses la rue entre deux, et en deça dès,

  13. ou tranchée, de tenir et relever,

  14. rayé douze mots ou syllabes nuls

  15. approuvé les mots d'enclorre, jusques et en deça desquels, étoit, chaque

  16. comme bons quoique surchargés

  17. [signatures] Rilhac, L Fouquere veuve Fontenes, L Dalaine, J Froger, Baussan

 

 

 

Agrandissement de la place du marché à La Suze

Vocabulaire

Aboutissant : joignant par le bout.

Chaînée : C'est une unité de longueur qui vaut 25 pieds (1 pied = 0,3249 m.) soit 8,12 m. Mais c'est également une unité de surface qui correspond à 0,6595 are.

Garde notes et scel : Le garde notes est l’officier qui garde les minutes des actes. Au 17ème siècle, c’est souvent le notaire qui a cette fonction. Le garde scel (scellés, sceau) est le notaire qui peut certifier un acte de la juridiction.

Palis : clôture de pieux.

Le seigneur de La Suze

Le seigneur de La Suze du moment est Louis Michel Chamillart (1709-1774), petit-fils de Michel, ministre de Louis XIV, et dont on disait de lui dans une pseudo épitaphe « Ci-gît le fameux Chamillart, De son roi le protonotaire, Qui fut un héros au billard, Un zéro dans le ministère ». C'est ce même Michel Chamillart qui avait acquis le comté de La Suze et avait transporté la résidence comtale du vieux château de La Suze, celui qui est au sud de l'église, vers Courcelles la Forêt où la demeure était plus prestigieuse et plus agréable. Mais Courcelles a été vendu au début du 20ème siècle à des antiquaires plus avides d'argent que d'amour de l'art. Tout a été démonté et revendu ; aujourd'hui il n'y a plus de château.

Auparavant, la terre de La Suze appartenait à la famille de Champagne. Mais celle-ci se trouvant ruinée, les terres sont démembrées et revendues à différentes familles. C'est en 1720 que Michel Chamillart acquiert La Suze et d'autres seigneuries du secteur afin de créer un nouveau comté de La Suze à la géographie différente de l'ancien territoire.

L'actuel château de La Suze visible au sud de l'église est une construction de la fin du Moyen-Âge. Il suffit de faire le tour du site pour se rendre compte qu'il est construit sur une motte féodale, vestige de la première forteresse qui contrôlait le passage sur la Sarthe, forteresse que l'on peut dater de la première partie du 11ème siècle. Dans l'état actuel des connaissances, il est assez difficile de dire s'il y avait une occupation médiévale d'importance plus ancienne. A noter que les parties les plus anciennes de l'église remontent elles-aussi au 11ème siècle.

Le château sur sa motte et l'église médiévale.

Le château sur sa motte et l'église médiévale.

L'appareillage en opus spicatum sur les murs de nef de l'église permet de placer cette partie de l'église au moins dans la première partie du 11è siècle, même si on connait en Normandie une utilisation plus ancienne de ce genre d'appreillage.

L'appareillage en opus spicatum sur les murs de nef de l'église permet de placer cette partie de l'église au moins dans la première partie du 11è siècle, même si on connait en Normandie une utilisation plus ancienne de ce genre d'appreillage.

Il faut aussi s'intéresser de près à la rue de la Motte qui pourrait indiquer l'emplacement d'une motte plus ancienne.

Louise Fouqueray

Louise Fouqueray est veuve de Michel Fontenay, marchand boulanger décédé à La Suze le 21 août 1761 à l'âge de 52 ans. Ils s'étaient épousés à Mansigné le 20 novembre 1736 et sont issus d'une famille de petite importance puisque dans cet acte de mariage les deux pères sont qualifiés du titre de « marchand ».

La localisation de ce bout de terrain

La difficulté est de situer cette petite portion de terrain d’environ 160 m2. La parcelle est localisée par rapport à d'autres repères géographiques et non en s'appuyant sur des numéros comme cela apparaîtra un peu plus tard sur les cadastres.

Prenons justement les cadastres de 1810 et 1843 pour tenter de se repérer. Le texte des archives situe la parcelle en utilisant les points cardinaux et des repères sur le terrain :

  • vers le Sud et dans la longueur : la rue qui vient du faubourg Saint Nicolas et qui rejoint la place du marché.

  • à l'Est et sur la largeur (« aboutissant » : qui joint par le bout) : la rue qui vient du faubourg Saint Nicolas et qui rejoint la place du marché.

  • vers l'Ouest et donc sur l'autre bout : la Grande Rue.

  • Au Nord : les bâtiments de la demoiselle veuve Poirier.

Avec ces indications, l'endroit qui paraît correspondre le mieux est l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau là où se situe la Poste, près de l'endroit nommé sur le cadastre de 1843 « carrefour de la Pomme de Pin ». On sait par un autre document, que la veuve Poirier a les bâtiments dans la partie sud de cet îlot bâti ; ceux le long de la ruelle de la Place (aujourd'hui ruelle du Passe-Plats) appartenant à René Joubert, notaire royal.

Agrandissement de la place du marché à La Suze

Par ailleurs le document notarié spécifie que le morceau de terrain de Louise Fouqueré est « un morceau de terre servant de jardin situé au devant et faisant partie des dependances de la maison dont lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais est propriétaire en cette ville la rue entre deux ».

En contre-échange, elle reçoit un bout de terrain qui dépendait du château. L'élément intéressant est l'apparition du petit ruisseau dit Puissantour. Il permet de mieux situer les lieux. Aujourd'hui ce petit cours d'eau a disparu, mais il est dessiné sur le cadastre de 1843. Il s'agit d'un ru qui descend du vallon des Epinettes et qui vient se jeter dans les douves du château ; il n'est pas important mais devait par moment rendre la circulation difficile dans cette portion de la rue Saint-Nicolas.

Le ruisseau de Puissantour sur le cadastre de 1843.

Le ruisseau de Puissantour sur le cadastre de 1843.

Pour l'instant, nous n'avons retrouvé qu'un autre document de 1770 citant ce ruisseau. Ce nom est peu courant et il est difficile d'en établir l'étymologie en se basant sur seulement deux occurrences. Certains y voient simplement la forme simplifiée de « Puits sans tour » désignant un simple puits sans treuil pour remonter les seaux ou encore un puits sans couverture. Mais il semble plus judicieux d'y voir une origine telle que « Pissentour » ou même « Pisserote », termes qui désignent en général de petits cours d'eau au faible écoulement. Plusieurs toponymes en Sarthe ont la même racine : Pisse-Grèle et le Pissot à Brûlon, Pisseloup à Parigné l'Evêque, la fontaine du Pissot à Mamers et au Mans, etc.

Les marchés et foires de La Suze

Le marché de La Suze se tient actuellement encore le jeudi et semble avoir été fixé à ce jour en 1566.

Le marché et les foires de l'Ancien Régime ont été maintenus après la Révolution. Pesche nous en dit ceci : « Marché le jeudi de chaque semaine, peu considérable en grains et bestiaux, si ce n'est en porcs ; plus important en oies, volailles, gibier, fruits, noix, marrons et menues denrées, enlevées par les marchands du Mans et de La Flèche ; autre petit marché de menues denrées, le dimanche matin. 6 foires d'un jour, peu fortes également, fixées, les quatre premières, par décret du 19 fructidor an X, les deux autres, par ordonnance du 7 mars 1817, aux jeudis 2e de février, 2è après Pâques, 2è de juin, 4è de juillet, 1er d'octobre et 1er de décembre. Par ordonnance du 25 décembre 1840, celle de ces foires, fixées alors au 2è jeudi de février, tiendra à l'avenir de jeudi qui précède le mardi gras, par conséquent ». Mais Expilly en 1770 ne rapporte que quatre foires.

Le marché de La Suze au début du 20ème siècle.

Le marché de La Suze au début du 20ème siècle.

La place du marché et la circulation à La Suze

Aujourd'hui, la place du marché est le point de passage obligatoire pour qui veut se rendre dans les autres quartiers de la ville. Mais jusqu'à l'élargissement de l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau, la place du marché est plutôt un cul-de-sac puisque le boulevard Henri Wille et la rue Germain Laporte (nommée sur certaines cartes postales anciennes « rue neuve du collège ») n'existent pas ce qui ferme le côté nord. Le principal circuit pour les véhicules qui passent par La Suze pour se rendre du Mans à Sablé en passant par Malicorne se fait en empruntant les endroits qui suivent :

  • entrée par le faubourg Saint-Michel,

  • passage par le pont,

  • virage à angle droit pour prendre sur la droite la rue Basse,

  • au bout virage à angle droit pour suivre sur la gauche la Grande Rue,

  • on suit la Grande Rue pour contourner le centre de La Suze,

  • puis on arrive sur la rue Saint-Nicolas (actuelle rue Jules Olivier) pour sortir de la ville.

Les cadastres de 1810 et 1843 illustrent très clairement la situation.

 

Pesche dans son dictionnaire décrit ainsi le centre de La Suze dans la première moitié du 19ème siècle : « La ville, non pavée, consiste en une assez grande place, entourée de maisons passablement bâties, où se trouvent l'église, le château et une halle en bois ».

La circulation à La Suze (plan cadastral de 1843). En rouge le tracé ordinaire; en bleu le passage aménagé.

La circulation à La Suze (plan cadastral de 1843). En rouge le tracé ordinaire; en bleu le passage aménagé.

Après avoir traversé le pont on prend la Rue Basse (à gauche sur la photo). A noter la maison Morin dont l'angle est biseauté afin de faciliter la prise du virage.

Après avoir traversé le pont on prend la Rue Basse (à gauche sur la photo). A noter la maison Morin dont l'angle est biseauté afin de faciliter la prise du virage.

L'étroite Rue Basse, au pied du chevet de l'église de La Suze, permet de contourner le bourg.

L'étroite Rue Basse, au pied du chevet de l'église de La Suze, permet de contourner le bourg.

La Rue Basse débouche sur la Grande Rue en faisant un angle droit.

La Rue Basse débouche sur la Grande Rue en faisant un angle droit.

Cette portion de la Grande Rue garde la forme arrondie de la fortification médiévale.

Cette portion de la Grande Rue garde la forme arrondie de la fortification médiévale.

La Grande Rue avec à gauche un bâtiment de la fin du Moyen-Age.

La Grande Rue avec à gauche un bâtiment de la fin du Moyen-Age.

La Grande Rue avec au fond le débouché où se trouvait le terrain de Louise Fouqueray.

La Grande Rue avec au fond le débouché où se trouvait le terrain de Louise Fouqueray.

La Rue Saint-Nicolas qui permet de rejoindre la route de Malicorne.

La Rue Saint-Nicolas qui permet de rejoindre la route de Malicorne.

Evocation de la place du marché avant le percement du Boulevard Henri Wille et de la Rue Germain Laporte dans la deuxième moitié du 19è siècle.

Evocation de la place du marché avant le percement du Boulevard Henri Wille et de la Rue Germain Laporte dans la deuxième moitié du 19è siècle.

Les archives notariales sur La Suze sont une mine d'or pour comprendre l'organisation économique, sociale et spatiale de la ville de l'Ancien Régime.

2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 19:38

Département de la Sarthe

Arrondissement du Mans

Canton de La Suze

Commune de Fillé-Guécélard

 

Pétition

demandant

l'érection en commune

de la

section électorale de Guécélard

 

Le 18 février 1872,

 

 

Monsieur,

 

Les soussignés ont l'honneur de vous prier de bien vouloir accueillir favorablement la demande qu'ils forment de voir ériger en commune distincte de la commune de Fillé-Guécélard, la portion de cette commune formant aujourd'hui la section de Guécélard.

Ce n'est pas la première fois que cette séparation est invoquée, car, de tout temps, la réunion de Guécélard à Fillé, a eu pour nous les plus grands inconvénients sans nous procurer aucun avantage sérieux.

La séparation existe en fait depuis bien des années, mais sans les avantages d'une séparation légale.

La section de Guécélard est séparée de celle de Fillé par la rivière de la Sarthe et par un ruisseau, le Rhonne, qu'il faut passer à gué, et dont les eaux débordées à certaines époques interceptent, ou à peu près, toute communication entre les deux sections.

Ainsi périodiquement, c'est à dire tous les quatre à cinq ans, et même plus souvent encore, les eaux s'élèvent à plus de trois mètres au-dessus des levées et couvrent, pendant plusieurs semaines, au moins quinze cents mètres de terrain. Les souvenirs de 1846 et 1853 notamment nous sont encore très-présents. (Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les deux hivers qui viennent de s'écouler).

On ne pouvait se rendre au chef-lieu de la Commune qu'en bateau, et encore le danger du passage était tel qu'on a vu plus d'une fois le services des dépêches interrompu.

Pour aborder la mairie, il faut, dans ces circonstances, passer par La Suze, ce qui augmente le trajet de trente kilomètres.

De grands malheurs sont arrivés à ce passage. Beaucoup se rappellent que Madame de la Boussinière, mère, a été précipitée dans la Sarthe avec son coupé. Un commis-voyageur, étranger au pays, a couru les plus grands dangers.

Le sieur Hatton, de Fillé, s'est noyé en voulant traverser le ruisseau du Rhonne, au moment des inondations.

On n'oublie point ci qu'au bas de Fercé, il y a quelques années, plusieurs personnes ont péri dans la Sarthe.

Nous pouvions avoir, à chaque instant, de semblables malheurs à déplorer.

Pendant les hivers, les habitants de Guécélard se rendant à Fillé pour affaires d'administrations, (car rarement il s'y rendent pour autre chose,) ont dû quelquefois attendre plusieurs heures sur la plage, jusqu'à ce que la glace fut brisée et que la barque put être à proximité. Au moment du dégel, les carreaux de glace, charroyés par une eau rapide, peuvent briser le bateau de passage ou du moins le précipiter par-dessus la chaussée voisine.

L'hiver dernier, le câble s'est brisé au moment où le bateau, rempli de passagers qui se rendaient au service de l'ancien maire, se trouvait au milieu de la rivière. Le brigadier de gendarmerie et plusieurs conseillers municipaux notamment s'y trouvaient embarqués.

Au milieu de l'invasion allemande, (dont nous avons été les principales victimes et pendant laquelle les autorités de Fillé nous ont laissé abandonnés à nous-mêmes), tous nos chevaux ont été réquisitionnés, les ennemis nous réclamaient avec insistances un cheval harnaché, et nous menaçaient des peines les plus dures si ce cheval n'était pas immédiatement fourni. Nous adressâmes nos réclamations à la municipalité de Fillé. M. le maire, dans une pièce qui est annexée au dossier, déclare, avec regret sans doute, à M. l'adjoint de Guécélard : que la porte marinière a été entraînée à la débâcle des glaces et qu'il est absolument impossible de passer le bac. Nous avons vérifié le fait et il se trouvait véritable.

En outre, comme il faut payer à chaque voyage, les déplacements réitérés deviennent onéreux pour un grand nombre.

Ajoutons à cela que les bureaux de la mairie se trouvent à trois kilomètres et la résidence de M. le maire actuel à au moins quatre kilomètres de Guécélard, bourg assez important où se trouvent gendarmes, institutrices, desservant, maîtres d'hôtels, chefs d'ateliers ; toutes personnes qui peuvent avoir besoin, à chaque instant de recourir à l'autorité municipale.

Ces considérations avaient porté le Gouvernement de Juillet à ériger Guécélard en succursale et en section électorale. Nous attendons des administrations actuelles, notre érection en Commune, nous rappelant qu'Arnage, commune voisine de notre section, s'est vue accorder cette faveur avec des ressources inférieures aux nôtres et des difficultés beaucoup plus grandes.

Guécélard est séparé de Fillé par une limite toute naturelle, la Sarthe. A la vérité nous reconnaissons que certaines communes ont aussi des habitants séparés de leur chef-lieu par cette rivière, mais ils sont très-gênés, comme le prouvent les demandes de ponts adressées depuis quelques semaines à la Préfecture, et leurs quelques hameaux disséminés ne forment point une agglomération nombreuse et composée comme celle de Guécélard.

La population de cette dernière section est de 595 habitants. Quinze mille communes en France n'ont pas une population supérieure et néanmoins elles vivent. Après la séparation, il restera encore à la Commune de Fillé près de 700 habitants, avec des ressources en proportion.

L'annexion de Guécélard à Fillé ne date que de 1795 ou 1796, c'est à dire, du moment où il y a eu des administrations civiles régulières à la tête des Communes. L'annuaire du Maine de 1791 mentionne encore Fillé et Guécélard comme administrations distinctes du VIIe canton su District du Mans. Guécélard relevait d'Oizé et Fillé, de La Suze. L'annuaire de 1792 nomme encore les autorités de Guécélard, mais il ne mentionne plus celles de Fillé.

La séparation légale n'entraînera aucune dépense pour la section de Fillé, comme c'est évident.

La section de Guécélard elle-même n'aura à faire aucune dépense appréciable.

Elle possède : 1° Une école communale dont la maison nouvellement construite par les souscriptions volontaires des habitants est établie de telle sorte qu'il est très-facile d'y installer les bureaux de la mairie. 2° Une belle église neuve en partie et un presbytère presque neuf.

Si cependant, contre notre attente, l'érection de Guécélard en commune nécessitait certains frais, nous, soussignés, sommes tous disposés, tant est notre grand désir de séparation ! À recourir aux souscriptions volontaires, auxquelles nos voisins nous ont longtemps accoutumés. Inconvénients pour inconvénients, nous aimons mieux nous gêner un peu plus chez nous et n'être point obligés de faire le voyage de Fillé.

Les conseillers sectionnaires de Fillé sont au nombre de sept avec le maire qui, en cas de partage, à voix prépondérante. Ceux de Guécélard ne sont que cinq. Il s'en suit que nos intérêts ne sont pas suffisamment représentés dans l'assemblée communale.

Nous n'ignorons pas qu'aujourd'hui la tendance générale est de supprimer en partie les petites communes au lieu d'en ériger de nouvelles. Ce principe peut être bon à un certain point de vue. Mais on ne peut nier qu'une règle générale a souvent une ou plusieurs exceptions, et nous pensons, dans l'espèce, que notre situation est toute exceptionnelle.

Nous ne songeons nullement à réclamer à la section de Fillé la moitié de son école de garçons, la moitié de son cimetière communal, la moitié de sa mairie, une partie de son presbytère, auxquels nous avons droit ; nous ne réclamons même pas le prix des terrains communaux et des nombreux excédants de routes vendus sur notre territoire au profit de la commune, etc., etc. Mais nous croyons aussi que cette section serait mal fondée, de son côté, en nous demandant une indemnité pour les neuf ou dix kilomètres de chemins vicinaux établis sur Guécélard, et qui servent à Fillé autant et même plus qu'à nous-mêmes.

On ne nous alléguera pas non plus, comme on l'a fait en 1866, que la propriété de nos monuments publics n'est pas notoirement déterminée. Pour se convaincre du contraire, il suffit de consulter les titres authentiques de ces donations, chez Messieurs les notaires de Laigné-en-Belin, d'Etival-lès-le-Mans, et chez Me Berthaud, notaire au Mans. Au reste le gouvernement qui rétablit Guécélard en succursale, au cours de l'année 1845, avait pris les plus minutieuses précautions.

Lors de notre dernière tentative de séparation, en 1866, la municipalité de Fillé allégua que la commune avait un énorme déficit. Nous n'avons jamais compris cette affirmation. L'état de situation du percepteur atteste pour l'année 1865 un reste en caisse de 52 francs 20 cent., et pour 1866, un excédant des recettes sur les dépenses de 37 francs 85 cent. Pourtant, dans ces deux dernières années, il s'est trouvé certaines dépenses extraordinaires qui n'ont plus de raison d'être aujourd'hui. Depuis cette époque il n'est pas venu à notre connaissance que le budget communal se soit soldé en déficit. Jamais la commune n'a employé le maximum de ses impositions légales. Évidemment nous ne parlons point de la présente année qui est anormale et doit rentrer dans les exceptions.

Sans doute la commune a obligée d'avoir recours à des impositions extraordinaires, mais elle a cela de commun avec la plupart des communes de notre département.

Le département et l’État, dira t-on, viennent en aide à la commune dans l'état actuel. C'est vrai, mais, après la séparation, ils n'auront pas plus à nous accorder qu'aujourd'hui. Il suffira de partager proportionnellement les secours ordinaires entre les deux communes.

D'un autre côté, tout nous porte à croire que le nouveau cadastre, qui sera prochainement dressé, trouvera une plus-value notable à nos propriétés, comme cela doit être dans un pays où l'agriculture et le défrichement des terrains, précédemment très en retard, sont en progrès croissant depuis une vingtaine d'années.

Après cet exposé rapide des inconvénients matériels de notre position, nous devrions peut-être parler des inconvénients moraux de l'état actuel et expliquer ici comment la situation présente a amené et entretient entre les deux sections une grande irritation. Au reste, c'est ce qui arrive presque toujours lorsque, dans une commune rurale, se trouvent deux sections a peu près égales et qui croient pouvoir être indépendantes l'une de l'autre. Mais nous nous trouverions sur le chemin de personnalités défuntes ou vivantes, et nous ne voulons pas quitter un seul instant le point de vue élevé où nous nous sommes placés : l'intérêt de la section de Guécélard.

N'ayant aucun reproche à adresser à la municipalité actuelle de Fillé, nous avons profité de cette trêve pour formuler notre demande d'érection en Commune. Nous croyons qu'il sera plus facile, en l'état actuel, de traiter la question sans passion et sans moyens violents ou d'une véracité douteuse.

Nous prions l'administration de ne point voir ici une misérable question d'amour-propre ni un mécontentement mesquin et passager. Nos esprits ne sont point excités par un vil antagonisme.

Les soussignés osent donc espérer que l'administration compétente voudra bien seconder leurs vœux et ils lui en seront éternellement reconnaissants.

Ils ont l'honneur d'être, avec un profond respect, Monsieur,

Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.

 

NOTES

N.B.1. - Tous les intéressés ont signé la présente pétition ou ont déclaré verbalement l’approuver, sauf deux ou trois retenus par certaines considérations particulières.

N.B.2. - Un état présentant le détail de tout ce qui n'est qu'indiqué dans la pétition ci-dessus a été joint au dossier.

 

Pièces du dossier :

1°. Déclaration de la mairie de Fillé attestant que pendant l'hiver dernier il était impossible de communiquer entre les deux sections.

2°. Pétition signée par tous les habitants de Guécélard en 1866.

3°. Délibération des conseillers sectionnaires de Fillé en réponse à la susdite pétition.

4°. Rapports de la municipalité avec l'école et avec les habitants de Guécélard.

5°. Comptes à régler entre les deux sections avant ou après la séparation.

6°. État de situation de la caisse communale à la fin de l'année 1866.

7°, 8°, 9°, etc. État fictif des recettes et dépenses présenté par M. le maire en 1866, et renseignements statistiques faisant voir les erreurs contenues dans cet état fictif.

 

Certifié véritable par les conseillers sectionnaires de Guécélard, soussignés :

PIVRON, LIVACHE CONSTANT, BRADOR,

J. LOYER, CORDIER.

 

 

 

 

 

Cadastre 1844 Fillé-Guécélard (Arch. Dép. de la Sarthe)

Cadastre 1844 Fillé-Guécélard (Arch. Dép. de la Sarthe)

Passage entre Fillé et Guécélard par le bac.

Passage entre Fillé et Guécélard par le bac.

Le gué sur le Rhonne à Guécélard.

Le gué sur le Rhonne à Guécélard.

En avril 1872, la question est abordée par le Conseil Général. Mais le dossier est sur le bureau du Préfet et il faut attendre août de la même année pour qu'un développement plus conséquent apparaisse dans les compte-rendus du Conseil Général.

Il faut bien comprendre que la guerre de 1870-1871 amène la disparition du Second Empire et la proclamation de la Troisième République. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que les élus de la section de Guécélard renouvellent leur demande après la tentative précédente de 1866. Le changement de régime, et donc des autorités décisionnaires, pourra peut-être faire avancer le dossier puisque la loi organique départementale de 1871 autorise le Conseil Général à donner son avis quant à un changement dans l'organisation du département.

En août 1872, le dossier est présenté par le comte de La Suze, Robert Michel de Chamillart, conseiller général résidant à Courcelles-la-Forêt. Il dresse la liste des points qui justifieraient la partition : superficies à peu près égales, nombre d'habitants à peu près égal et la rivière Sarthe qui sépare de manière homogène le territoire. Il poursuit sur les difficultés que rencontrent les habitants de Guécélard lorsqu'ils veulent se rendre à Fillé en traversant la rivière. Il revient ensuite sur les résultats de la commission d'enquête publié en mai 1872 qui émet un avis favorable à la séparation. Mais la question est de savoir si la nouvelle commune de Guécélard serait viable ou pas ; ce à quoi Fillé répond par la négative alors que les représentants de Guécélard disent que c'est tout à fait possible.

On apprend encore que Guécélard possède une école mixte grâce à une souscription volontaire, une grande maison qui appartenait au maître de poste Lemore et qui servirait de mairie et d'école, un presbytère et un cimetière. Et de conclure : « Voilà donc de quoi constituer l'autorité civile et religieuse ».

Par contre, c'est le volet financier qui pose problème. On argumente en disant qu'avec le solde des comptes envers Fillé, Guécélard se verra placé dans une situation financière difficile rendant son autonomie impossible (réunion du conseil municipal de Fillé en date du 13 juin 1872). Mais Guécélard pense qu'un arrangement sera possible avec la commune de Fillé.

Le conseiller général Chamillart propose alors les conclusions suivantes : « Le conseil général donne un avis favorable à la division de Fillé-Guécélard en deux communes, division justifiée par l'enquête, l'avis du Commissaire enquêteur et l'avis du conseil d'arrondissement à l’unanimité ». Le Préfet annonce alors qu'une commission d'arbitrage sera instituée pour régler les conditions de la séparation.

Les inondations de l'hiver 1872-1873 amène une nouvelle intervention du conseil général sur la séparation. La question revient en 1874 au conseil général puisque le Ministre de l'Intérieur a refusé la séparation car Guécélard n'avait pas les moyens financiers pour assumer son autonomie.

En 1875, « le conseil d'arrondissement du Mans insiste pour demander la séparation de la commune de Fillé-Guécélard ». Et le Préfet de répondre que « cette question est aujourd'hui jugée. A la suite des demandes présentées et de vœux exprimés, j'ai écrit à M. le Ministre de l'Intérieur, qui a répondu qu'il ne pouvait donner suite à la séparation qu'on sollicitait ». S'ensuit une discussion poliment tendue entre les conseillers généraux, en particulier MM. Rubillard et Cordelet, et le Préfet sur le rôle de « l'Administration ».

A la fin de l'année 1879, le Ministre de l'Intérieur adresse un courrier au Préfet de la Sarthe. Signalons les passages suivants : « C'est la troisième fois que l'administration est saisie de ce projet, écarté en 1873 et en 1875 […] Depuis, aucun fait nouveau n'est venu modifier la situation ; je ne vois, par conséquent, aucune raison pour revenir sur les décisions prises par mes prédécesseurs. » Il poursuit son courrier en justifiant sa décision qui s'appuie sur l'aspect financier du dossier et la non-viabilité financière de la future commune de Guécélard. Le conseil général et les personnes intéressées verront leur émoi s'altérer avec l'annonce que le Conseil d’État sera saisi du dossier en 1880. Et en effet, la loi du 30 juillet 1880 entérinera la séparation et donc la création de la commune de Guécélard.

29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 17:14

Le son et lumière de La Suze se prépare ...

Son et lumière de La Suze : réunion d'information et casting
26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:10

Le très actif Café Mémoire de Fercé poursuit son travail sur la Première Guerre Mondiale. En 2014, il avait proposé une exposition sur Fercé pendant la Première Guerre Mondiale (http://canton-la-suze-sur-sarthe.over-blog.com/2014/11/exposition-a-ferce.html). En novembre 2015, les bénévoles ont présenté un travail portant sur le rôle des femmes pendant la Première Guerre Mondiale.

Nous publions ici le compte-rendu réalisé par l'association, fourni par Geneviève Cimiaz et Maryse Després. Merci à l'association "Café Mémoire" de Fercé pour ce travail.

Café Mémoire de Fercé sur Sarthe

Les femmes  dans la guerre de 14

 

Exposition du 11 au 15 novembre 2015 à la mairie de Fercé-sur-Sarthe

Et Conférence de Philippe Bergues, professeur d’histoire

A l’entrée est affiché l’appel du Président du Conseil, René Viviani, aux femmes de France. La guerre est déclarée par l’Allemagne à la France le 3 août 1914, au moment des moissons, et l’incitation à s’associer à l’effort de guerre s’adresse en premier lieu aux agricultrices qui doivent assurer la récolte du blé. On pense que la guerre sera courte et que les hommes seront rentrés pour les vendanges.

Une première série de panneaux très bien conçus montre les femmes remplaçant les hommes partis au front dans différents secteurs d’activité : agriculture, distribution de courrier, tâches administratives. Les travaux de la terre sont particulièrement durs, car les chevaux et même les bœufs ont été réquisitionnés par l’armée. La fabrication des outils est très réduite et l’industrie chimique réserve sa production à l’armée. Les engrais se raréfient. 400 000 femmes doivent travailler en usine, celles qui fabriquent des armements reçoivent le surnom de munitionnettes. Sur le front et dans les hôpitaux les femmes sont infirmières et ambulancières, recrutées par le ministère et par la Croix Rouge. Elles apportent des soins, mais aussi un soutien psychologique et un réconfort aux soldats blessés.

L’approvisionnement en denrées alimentaires devient difficile, particulièrement en sucre, parce que les betteraves sont surtout cultivées dans le Nord, qui est sous contrôle allemand. On commence à stocker la nourriture et les produits de première nécessité, comme on le fera en 1939.

Les militantes féministes (Hélène Brion,  Louise Baudin), qui se battent pour les droits civiques, sont en même temps pacifistes. Des femmes lancent des mouvements de grève, surtout en 1917, en particulier en mai les « midinettes », employées dans le textile, qui manifestent contre l’inflation et obtiennent une augmentation de salaire et le samedi après midi libre et payé. Après la guerre en 1919 est créé un baccalauréat féminin. Ce n’est qu’en 1924 que les filles et les garçons passent les mêmes épreuves au baccalauréat. La guerre a pour conséquence un début d’émancipation économique des femmes. Certaines créent leur propre restaurant, par exemple l’Auberge de la Mère Poulard en 1919. Les femmes se mettent à exercer des métiers du tertiaire, sur le modèle américain, elles sont souvent sténodactylos, en particulier dans les grands bureaux des compagnies d’assurances.

Certaines femmes, en Belgique et dans le Nord de la France occupés par l’ennemi, espionnent les Allemands, elles risquent la prison (Louise de Bettignies, qui meurt en captivité en Allemagne en 1918) ou l’exécution (l’infirmière anglaise Edith Cavell, fusillée en 1915).

L’Etat lance des emprunts pour financer la guerre par l’intermédiaire des banques. Sur tout un panneau sont reproduites des affiches de publicité pour ces emprunts, où figurent souvent une mère et son enfant, qui sont utilisés pour la propagande de guerre. Comme la Grande Bretagne, la France est très endettée auprès des Etats-Unis. Un des motifs de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 est de prévenir la faillite de leurs débiteurs.

 Les panneaux suivants présentent une riche collection de cartes postales échangées entre les soldats et leurs fiancées ou leurs femmes.

Puis  un panneau présente les documents d’une veuve de guerre du village. Après  la guerre les veuves touchent une pension de l’Etat pour elles et pour leurs enfants et on leur attribue une machine à coudre (exposée par  sa petite fille). La France compte 630 000 veuves de guerre en 1918. Pendant 2 générations après le conflit on dénombre en France 1103 femmes pour 1000 hommes.

Deux panneaux consacrés aux « marraines de guerre », des jeunes femmes célibataires, qui, à partir de 1915, sont encouragées à échanger des lettres avec des soldats isolés, qui ont besoin de réconfort. Elles leur envoient du courrier, des cartes, des paquets contenant de la nourriture, du savon, du tabac, des vêtements chauds, des chaussettes. Leur rôle est d’entretenir le moral des troupes. Pendant leurs permissions ou à  la fin de la guerre certains soldats ont rencontré leur marraine de guerre et cela a parfois conduit à des mariages. Aux archives départementales de la Sarthe ont été retrouvées les lettres d’une Parisienne protestante, cultivée, écrites à un sergent sur le front d’Orient, et des extraits ont été affichés.

« La dernière contribution visait à donner des points de comparaison, en évoquant la situation des femmes dans les autres pays belligérants à partir de documents trouvés sur des sites anglais et allemands. Un étudiant turc de l’Université du Bosphore a fourni des renseignements concernant son pays. Des illustrations trouvées sur internet sont venues mettre en valeur les écrits. Les Françaises ont été parmi les dernières à obtenir le droit de vote en 1944 qu’elles ont utilisé pour la première fois en 1945.

 

Enfin, en appendice à l’exposition de 2014, le président du club de tir à l’arc de Fercé a fait découvrir un aspect peu connu de la guerre de 14, à savoir qu’on a utilisé très accessoirement dans cette guerre industrielle, comme armes, des arcs et des flèches, parfois empoisonnées ou incendiaires. On faisait feu de tout bois contre l’adversaire.

 

Une très belle exposition qui a ouvert ses portes au public le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice.

 

 

 

Café Mémoire de Fercé-sur-Sarthe remercie tous les acteurs de l’exposition qui ont contribué à sa réussite : tous ses membres, toutes les personnes extérieures, le conférencier, le conseil municipal.

Café Mémoire de Fercé sur Sarthe
Café Mémoire de Fercé sur Sarthe
Lors de la conférence donnée par Philippe Bergues.

Lors de la conférence donnée par Philippe Bergues.

19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 20:58

Nos voisins de La Fontaine Saint Martin travaillent depuis longtemps, et très efficacement, sur la valorisation du "petit patrimoine". Il est à noter que va sortir dans quelques jours une nouvelle édition des mémoires de Louis Simon.

Dans les années 90, une première version avait été commentée par Anne Fillon qui avait fait sa thèse sur les mémoires de Louis Simon.

Aujourd'hui cette réédition est augmentée de travaux inédits. On peut passer commande auprès de l'association des amis de Louis Simon et ainsi participer aux actions de l'association : http://www.amisdelouissimon.fr/a_voir_a_faire/bulletin_de_commande_souvenirs_l_s.html

 

Mémoires de Louis Simon
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 18:18

En 1970, Steeve McQueen tourne au Mans le film intitulé "Le Mans". Les premières images du film ont été tournées à Fillé sur Sarthe.

"Le Mans" avec Steeve McQueen à Fillé sur Sarthe
"Le Mans" avec Steeve McQueen à Fillé sur Sarthe
"Le Mans" avec Steeve McQueen à Fillé sur Sarthe
"Le Mans" avec Steeve McQueen à Fillé sur Sarthe
27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 07:37

Vendredi 26 février 2016, se tenait en la salle des fêtes de La Suze sur Sarthe une réunion publique sur un projet "Son et Lumière". Après l'intervention des élus (M. d'Aillières, maire de La Suze, et Mme Roton-Vivier, conseillère municipale qui a initié le projet), Yves-Thégonnec Tulâne de la compagnie 7ème Acte a présenté le projet.

Ce spectacle sera donné les 7 et 8 septembre 2017 et s'appuiera sur des événements historiques concernant La Suze. La compagnie a déjà réalisé des animations de type son et lumière à d'autres endroits, en particulier à Neuvy-en-Champagne au château de la Renaudière dans l'ancienne paroisse de Saint-Julien-le-Pauvre.

Yves-Thégonnec Tulâne s'est appuyé sur un diaporama montrant ce qui avait été fait à Neuvy-en-Champagne afin de donner une idée de la forme de ce son et lumière. A cette occasion les aspects techniques ont été évoqués. Le comédien a également insisté sur le rôle à jouer par les habitants en mettant en avant le caractère intergénérationel.

La mairie de La Suze a déjà organisé une réunion avec les associations et les entreprises afin de voir si certaines d'entre elles étaient partantes pour apporter leur aide. Une réponse affirmative a renforcé la volonté des organisateurs.

La question du budget a elle aussi été abordée et a suscité des réactions dans le public quant à savoir si le financement serait assuré. Eternelle question qui revient dans tous les débats publics et qui, par la saveur de ses échanges, mériterait à elle seule une scène dans le spectacle !

Le lieu de la représentation garantit déjà d'un certain succès, voire même d'un succès certain, puisque cela se déroulera au château de la Fuie.

 

Une réunion pour un casting est prévue le 13 mai 2016.

Une page Facebook a été créée : https://www.facebook.com/Suzerain-2017-614701005343576/timeline

 

Pour de plus amples renseignements, contactez la mairie de La Suze. Pour que le spectacle puisse s'organiser dans de bonnes conditions, toutes les bonnes volontés sont attendues : comédiens, figurants, organisation, matériels, couture, etc.

 

 

On ne peut que se réjouir de voir la commune de La Suze prendre son histoire à bras le corps avec un tel projet. Après le succès de l'exposition sur La Suze au début du 20ème siècle, il est légitime de penser que ce spectacle "Son et Lumière" sera une réussite. Peut-être qu'un jour, il y aura en ville un parcours historique qui pourrait attirer les visteurs et les randonneurs.

 

 

Attention cependant à ne pas tomber dans une Histoire mièvre, ou pire encore avec une récupération populiste et malsaine.

 

 

 

 

 

Son et Lumière à La Suze sur Sarthe
Son et Lumière à La Suze sur Sarthe
24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 22:04
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695
Quelques images du château de Malicorne en 1695