Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

  • : Histoire du canton de La Suze sur Sarthe
  • Histoire du canton de La Suze sur Sarthe
  • : Infos sur l'histoire et le patrimoine des communes du canton de La Suze sur Sarthe (72)
  • Contact

Recherche

8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 17:45
La Suze : un cliché de l'hôpital militaire américain (Première Guerre Mondiale)

Source : Collections of the National Library of Medicine

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 11:11

Sanson (Saint) (1826, C1) : Cette terre appartenait aux religieux de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers, sans doute suite à des dons faits par les seigneurs de Malicorne. Puis la terre passe au prieuré de Fercé. Ce fief ecclésiastique est ensuite acquis par Ménard de la Groye qui y est décédé en 1827. Il y avait une chapelle démolie à la fin du XVIIIème siècle. La métairie qui appartenait au prieuré de Fercé en 1792 a été vendue comme bien national.

Samson était évêque de Dol, en Bretagne, au VIème siècle. Face aux invasions normandes du IXème siècle, les reliques du saint sont emmenées à Paris. Puis le calme étant revenu, les Bretons réclament les reliques, mais le roi n'en cède qu'une partie. Ils rentrent alors en passant par Orléans, ville où ils fondent un prieuré portant le nom du saint.

Saint-Sanson (cadastre de 1826) avec sa structure médiévale toujours visible sur le plan cadastral.

Saint-Sanson (cadastre de 1826) avec sa structure médiévale toujours visible sur le plan cadastral.

Sérusière (La) (1826, D1) : Le lieu habité par Séru. Il dépendait du temporel de La Suze au XVIIIème siècle. Cette closerie sera vendue lors de la vente des biens nationaux au moment de la Révolution Française.

 

Tailles (Les) (1826, A2) : Le nom est à rapprocher de « taillis ». Il indique donc la présence d'un ancien bois dont on coupait régulièrement les essences.

 

Tertre (Le) (1826, C1) : Le lieu est sur le domaine du château de Vaulogé et pourrait indiquer la présence d'une motte féodale.

 

Titre (Le) (1826, B) : Rien de bien convaincant pour ce toponyme.

 

Touche (La) (1826, C1) : Dans une zone qui a été défrichée, ce nom indique un espace qui est resté en bois. Ce bordage appartenait au collège de Fercé au moment de la Révolution. Il a été vendu comme bien national.

 

Val (Le) (1826, B) : L'endroit est sur la pente qui borde la Sarthe d'où son nom.

 

Varanne (La) (1826, A1) : « Varanne » ou « Varenne » indique un terrain non exploité car réservé à la chasse seigneuriale. C'est le même mot que « garenne ». Il indique également un terrain sablonneux de mauvaise qualité agricole.

Vauguichard (1826, A1) : La vallée où réside Guichard. Nous ici dans la vallée de la Gée.

 

Vaulogé (1826, A2) : Vaulogé mériterait une étude bien plus approfondie quant à son histoire. C'était le fief le plus important sur Fercé. Le nom de Vaulogé est arrivé avec une famille noble issue de Sentilly dans l'Orne où se trouvait une seigneurie du même nom, et le Vaulogé originel veut dire le Val d'Oger, Oger étant un prénom normand de tradition viking. C'est à la fin du XIVème siècle, que Jean III de Vaulogé épousa Marguerite de Champagné, fille de Guillaume seigneur de Fercé et autres lieux. C'est à partir de cette époque que le nom de Vaulogé désigne la terre où s'est installée la famille de Vaulogé. Puis en 1634, Magdelon de Vahays achète de Françoise de Vaulogé la seigneurie. On trouve ailleurs en Sarthe d'autres lieux nommés Vaulogé.

Vaulogé en 1829/1830

Vaulogé en 1829/1830

Vaulogé (Le Petit) (1826, A2) : Voir ci-dessus.

 

Vénillières (Les) (1826, C2) : Sans doute le lieu habité par Venelle.

 

Verdelle (Moulin de) (1826, C1) : L'essentiel des bâtiments de Verdelle est sur la commune de Noyen. Le domaine avait été acheté par Marie Madeleine de Sallaine vers 1715. Peut-être faut-il s’orienter vers les mêmes racines que « verdelier » (osier), « verdelet » (vert). Comme nous sommes là à la confluence de la Gée et de la Sarthe, c'est ce qui nous paraît le plus vraisemblable.

 

Vilclair (1826, B) : Au XIIème siècle est cité un prêtre, Bernard de Vilclair qui fait don de dîmes à l'abbaye de la Couture et qui serait donc le détenteur de cette terre. Il est aussi question d'un Gesfray de Villeclerc, paroissien de Fercé (sans doute XIVème s.). Au XVIème siècle, Vilclair avait été vendu par Jean de Vaulogé à Jacques Breslay. Au XVIIème siècle, la métairie de Villeclair appartenait à la famille Morin ; en 1670, lors des partages de succession, c'est Renée Morin, épouse de Jacques de Vahays, qui choisi ce bien. En 1724, Marie Le Febvre, veuve de Jacques de Vahais, demeurait en sa terre de Villeclair. En 1770, René-Louis de Sallayne vend la terre à Jean-Baptiste Courte. Le domaine et la maison de Villeclair ont été vendus comme biens nationaux lors de la Révolution ; il appartenait aux frères Courte qui avaient été déportés. L'endroit était en tourne entre Fercé et Chemiré ; c'est à dire que pendant une année il dépendait de Fercé, et l'autre il dépendait de Chemiré. Mais ce n'était pas forcément un an/ un an ; cela pouvait être deux ans/ un an. Concrètement, une année les baptêmes, mariages et sépultures se faisaient dans une paroisse, et l'année suivante dans l'autre.

La partie « vil » vient peut-être du latin « villa » et veut donc dire le domaine. Et « clair » dans le sens de « dégagé », « visible ».

Vilclair (cadastre 1826)

Vilclair (cadastre 1826)

Volliers (Les) (1826, A1) : un « volier » est un treillage qui supporte la vigne le long d'un mur. En vieux français, le mot désigne aussi l'endroit où on élève des oiseaux. La proximité immédiate du fief de la Bésiguère (commune de Pirmil) peut être favorable à la deuxième interprétation.

A SUIVRE : Les noms des lieux-dits de la commune de Fillé sur Sarthe.

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 16:28

Martellière (La) (1826, B) : Le lieu de résidence de Martel ou Marteau.

 

Medmanche (1826, A2) : Tout comme dans « dimanche » que l'on traduit par jour du Seigneur, « Med(e)manche » est le domaine (mansus) du seigneur. Au XIIème siècle, Eudes de Medemanche (Odo de Medlomencher) apparaît comme témoin dans un acte lors de la prise d'habit d'un religieux. En 1301 est cité Jehan de Medmanche, écuyer, qui relève de la châtellenie de Pirmil. Le fief appartenait au XVIème siècle à un Le Vayer, cité parmi les familles protestantes du Maine. Un Jean Le Vayer est également cité au XVIIème siècle. Et les Le Vayer en étaient encore possesseurs au XVIIIème siècle grâce à un mariage; d'ailleurs il est dit dans des actes anciens qu'ils résident « dans leur château de Medmanche ». Ensuite la propriété passe aux Jannart.

Armes des Jannart de Medmanche

Armes des Jannart de Medmanche

Medmanche (Moulin de) (1826, A2, B) : Moulin à blé cité au XVIIème siècle. Ceci dit il devait exister un moulin dès le Moyen-Age.

 

Meniau (1826, B) : Meniau était un des fiefs de Fercé. Dans le Vendômois, le méniau est un jeune porc et, par dérision, il caractérise un jeune homme pas très futé. Le mainiau est aussi l'habitant du Maine. Mais il semble que l'explication concernant ce nom de lieu soit plus à rapprocher de « mênil » qui désigne donc une exploitation agricole, ou encore un simple dérivé de « menu ». A noter à Vallon sur Gée, le lieu « Menuau » dont le nom est très proche de « Meniau ».

 

Mésières (Les) (1826, D1) : C'est un grand classique de l'archéologie. Ce nom vient du latin « Maceriae » qui veut dire « ruines ». Et on sait que lors de sondages archéologiques dans ce secteur dans les années 1990, des éléments d'une occupation gallo-romaine furent découverts.

 

Mitaudière (La) (1826, B) : Le lieu habité par Mitaud. Lors de la vente des biens nationaux au moment de la Révolution Française, les maison, jardin et terre de la Mitaudière sont mis en vente ; ces biens relevaient de la cure de Fercé.

Paux (Les) (1826,B) : En patois sarthois, le « pau » veut dire « pieu ». Comme plusieurs endroits autour de Fercé portent ce nom et que c'était souvent des zones de vigne, il faut entendre « Paux » comme tant une zone clôturée. Lors de la vente des biens nationaux, la vigne des Paux, qui appartenait au prieuré, est vendue.

 

Pellerie (La Grande) (1826, D2) : L'explication la plus vraisemblable et le lieu habité par Pellier, patronyme très fréquent en Sarthe. Il pourrait aussi s'agir d'un endroit où on travaillait les peaux mais c'est moins probable. En 1739, le lieu de «La Pelerie» est apporté en dot par Louise Chappelain, fille de défunt Claude Chappelain et de Marie-Eléonor Brochard.

 

Pellerie (Petite) (1826, E2) : Voir ci-dessus.

 

Pillière (La) (1826, C1) : Même si on peut y voir un nom indiquant un édifice particulier, la pile, le plus simple et tout de même le lieu habité par Pilier.

 

Planche-Augi (Moulin de) (1826, A2, B) : La planche est soit une passerelle pour franchir un cours d'eau, soit une planche posée verticalement pour retenir l'eau. Il faut donc entendre le nom du lieu comme signifiant le passage sur la Gée au niveau de l'endroit où habitait Augis. Au XVIIème siècle, les moulins de Planche-Augis appartenaient à la famille Morin ; en 1670, lors des partages de succession, c'est Renée Morin qui choisit ce bien. On parle d'un moulin à blé au XIXème siècle.

Cadastre 1826

Cadastre 1826

Renière (La) (1826, E2) : Le lieu habité par Renier, patronyme fréquent en Sarthe. Au XVIIème siècle, la métairie de la Renière appartenait à la famille Morin ; en 1670, lors des partages de succession, c'est Renée Morin qui choisit ce bien. Sur la commune voisine de Noyen, on trouve les « Rainières ».

 

Renom (Le) (1826, B) : La Gée et le Renom servent de limites communales. Le Renom prend sa source sur la commune de Coulans sur Gée et se jette dans la Sarthe en servant de limite avec la commune de Chemiré. Comment souvent pour les cours d'eau, il semblerait que l'on soit ici en présence d'un toponyme aux racines celtiques qui veut dire … « cours d'eau ».

 

Roch (Saint) (1826, C1) : Roch est un saint relativement récent puisqu'il est né au XIIIème siècle à Montpellier. Étant en pèlerinage à Rome, il est atteint par la peste et en guérit grâce à l'eau d'une fontaine miraculeuse. Roch est souvent représenté avec un chien, animal qui selon la légende lui apporta la nourriture lorsqu'il était malade. On l'invoque contre les contagions, fléau qui frappe souvent les paroisses comme il apparaît parfois dans les registres paroissiaux. La chapelle à proximité du château de Vaulogé fut édifiée en 1691 par René Deshays.

Rollard (1826, A2) : Rollard est un patronyme d'origine germanique. Le fait que le nom du lieu n'ait pas été francisé en « Rollardière » montre son ancienneté. L'endroit est dit être un bordage en 1755. On trouve ce nom également sur la commune d'Avoise.

 

Roussellière (1826, B) : Le lieu habité par Roussel ou Rousseau. Il y avait des vignes appartenant à la fabrique de Fercé et qui ont été vendues en 1792 lors de la Révolution. La closerie, qui appartenait aux frères Courtes, a également été vendue.

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 17:45

Femusson (1826, E1) : Le toponyme apparaît plusieurs fois en Sarthe sous la forme « Feumusson ». Pourtant il reste assez énigmatique quant aux explications. Pour certains, « Feu » vient de « fagus » (hêtre). Pour Roger Verdier, qui a beaucoup travaillé sur la toponymie sarthoise, le toponyme est très ancien et à perdu son sens originel. Pour lui, en témoignent les multiples variantes dans divers endroits du Maine : Fremusson, Falmuçon, Foumeçon, Folmuthum, etc. Au XIIème siècle est cité parmi les vassaux du seigneur de La Suze un Huet de Fomuçum qu'on localise à Fercé. Au XVIIème siècle, ce sont les de Vahays qui acquièrent la métairie de Femusson.

 

Fercé (1826, B) : Les noms « Vericiaco » et « Verriciaco » cités au VIème siècle dans les Actus Pontificum correspondraient à Fercé. Il est difficile de dire si l'habitat antique était au même endroit que le village actuel, ou s'il y a eu un déplacement de site dans la toute première partie du Moyen-Age. Mais la présence de divers éléments archéologiques antiques et mérovingiens sur la commune confirme sa grande ancienneté. En 832, on trouve « Ferciaco », mais au même siècle il est aussi écrit « Veraciaco ». « Ferceio » apparaît au XIIIème siècle annonçant la francisation sous la forme « Fercé ».

En Sarthe, il n'existe qu'un autre lieu-dit appelé Fercé. Le nom est un classique de la toponymie : un patronyme latin, « Verrutius », et le suffixe « acum » qui permet dans un nom de dire « le lieu de ... ». Ainsi « Verriciaco » est le domaine de Verrutius.

En 1050, il est fait mention d'un Robert de Fercé, seigneur. En 1239, Philippe de Fercé est vassal du seigneur de La Suze. La topographie du site explique assez aisément l'installation d'un petit seigneur sur un promontoire dominant la sortie d'une boucle de la rivière. La route de Sablé perturbe un peu la lecture du site, mais il reste assez facile à expliquer. Le bourg médiéval devait se situer entre la Sarthe, la route de Pirmil et la route de Maigné, avec une résidence seigneuriale à proximité immédiate de l'église.

Fercé dans la première moitié du XIXème siècle.

Fercé dans la première moitié du XIXème siècle.

Fiente (La) (1826, C1) : Curieux toponyme que celui-ci ! Mais l'explication est assez simple. Le mot désigne généralement un endroit boueux, marécageux. Or la Fiente est au bord de la Gée à quelques centaines de mètres de la Sarthe. Dans la même famille de toponymes, nous avons en Sarthe de petits ruisseaux nommés « Merdereau ».

 

Foucherie (La) (1826, A2) : L'endroit habité par Foucher. Le lieu de la Foucherie est cité dans un document du XIVème siècle concernant un accord entre des personnes de Vilclair et de la Bésiguère (Pirmil).

 

Gée (La) (1826, A1) : La rivière Gée prend sa source à Neuvy en Champagne et Cures puis se jette dans la Sarthe à Fercé, servant alors de limite communale avec Noyen. Il existe des lieux-dits qui ont le même nom et que l'on dit venir du nom latin « Gaius ». Mais très souvent, les cours d'eau ont une origine plus ancienne. Gée pourrait venir d'un mot celtique que l'on retrouve en breton (gouer), mais aussi dans d'autres langues d'origine celtique comme le gallois (gofer) et que l'on peut traduire par « ruisseau ».

 

Gué-Morin (1826, C1) : Le lieu est sur la Gée en limite communale avec Noyen et il y avait un moulin. Le toponyme témoigne d'un passage ancien antérieur à la construction de la route de Sablé, passage se faisant près du lieu habité par Morin.

 

Guimandière (La) (1826, C1) : Le nom du lieu vient du patronyme Guilmand présent dans l'ouest de la France. Au XVIIème siècle, ce sont les de Vahays qui acquièrent la métairie de la Guimandière. En 1750, le lieu est qualifié de bordage.

Haute Belle (1826, D1) : Le bordage de Haute-Belle appartenait à la cure de Fercé. Il a été vendu lors de la Révolution. Difficile de comprendre l'origine de ce nom. Pour certains, cela est en rapport avec la divinité celte Belenos. Cela nous semble très hasardeux en l'absence de données très concrètes. Peut-être faut-il se rapprocher du patois sarthois « baile » qui désigne le cresson, et donc le nom serait en rapport avec un lieu humide.

 

Herpinières (Les) (1826, B) : Le lieu habité par Herpin. Lors de la vente des biens nationaux au moment de la Révolution Française, des vignes et champs des Herpinières sont mis en vente ; ces terres relevaient de la cure de Fercé.

 

Leu (Le Petit) (1826, D1) : En vieux français, le « leu » est le loup. Nous sommes en bordure de la forêt de Longaunay et il paraît normal de trouver ici un toponyme ayant un rapport avec le loup. A La Suze, on trouve un « Loupendu », mais également des « Chanteloup » à Souligné et Etival.

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 10:28

Nous commençons aujourd'hui l'exploration toponymique d'une autre commune du Val de Sarthe, Fercé sur Sarthe.

Le nom des lieux de nos communes : Fercé sur Sarthe

Beuguelière (La) (1826, B) : L'écriture de ce lieu a varié avec le temps. En 1670, on trouve « La Bouglière » (partage entre les héritiers de la famille Morin ; c'est Renée Morin, épouse de Jacques de Vahays, qui choisi ce bien) puis « La Bougellière » en 1724 ou encore « La Buglière » au milieu du XIXème siècle. C'est la forme « Bouglière » qui nous informe sur l'origine du nom du lieu puisque cela désigne l'endroit habité par « Bougler », un patronyme fréquent en Sarthe par le passé. Lors de la Révolution, certains champs du lieu qui relevaient de la fabrique de Fercé ont été mis en vente comme biens nationaux.

 

Bordage (Le) (1826, C2) : C'est un nom de lieu très fréquent en Sarthe. Un bordage est une petite exploitation agricole de quelques hectares ; il est loué à un bordager. A un niveau plus important est la métairie qui est exploitée par un laboureur. A noter qu'en 1670, une partie du lieu est acquise par René de Vahays et on parle de la métairie du Bordage, ce qui est plutôt étonnant et drôle.

 

Breslay (1826, E2) : L'origine du nom « Breslay » n'est pas très sûre ; mais pour certains cela serait en rapport avec l'eau, une zone humide. Or Breslay se situe près de la Sarthe sur la rive sud d'un ruisseau. Breslay est un fief ancien de Fercé. Est cité en 1239, Hugues de Brellai vassal du seigneur de La Suze. Est également fait mention en 1266 de Mahot et Huet de Braelay, mais il est difficile de rattacher clairement ces deux individus à Fercé même s'il existe sans doute un lien avec la forêt de Longaunai. Ce fief appartenait en 1470 à Suzanne de Launay, et une autre Suzanne de Launay en 1606, famille liée aux de Launay de Pirmil. En 1670, Breslay est acheté par Marie-Madeleine de Sallaine épouse de René de Vahays.

 

Brosse (Grande) (1826, E1) : Le toponyme « Brosse » a la même racine que le mot « broussailles ». Il indique très souvent un lieu qui a été défriché. L'endroit est sur la rive gauche de la Sarthe en bordure de la forêt de Longaunay, et l'idée d'une terre défrichée au Moyen-Age est tout à fait envisageable. En 1744, la métairie de la Brosse est vendue par Pierre François Jardrin à Julien Pichonneau.

 

Brosse (Petite) (1826, E1) : voir ci-dessus.

 

Bussonnière (La Grande) (1826, D1) : Il est parfois difficile dans les documents anciens de faire la différence entre la Grande Bussonnière et la Petite-Bussonnière. D'un point de vue toponymique, la Bussonnière est le lieu habité par Busson. Au XVIIème siècle, ce sont les de Vahays qui acquièrent la Bussonnière. En 1739, la métairie de la Bussonnière est apportée en dot par Louise Chappelain, fille de défunt Claude Chappelain, conseiller au Mans et de Marie-Eléonor Brochard. En 1676, cette terre appartenait déjà aux Chappelain. Le fief appartient encore en 1775 à Mme Chaplain, veuve de M. Leboindre.

La Grande Bussonnière, Cadastre 1826

La Grande Bussonnière, Cadastre 1826

Bussonnière (La Petite) (1826, C2) : Le lieu appartenait à Laurent de Courbefosse, maître des comptes du comté du Maine, au XVème s. et au XVIème siècle, il est question d'un François de Courbefosse qui effectue une transaction avec Jean de Vaulogé à propos de la Petite-Bussonnière. A la fin du XVème siècle est également cité Jean V de Vaulogé comme détenant le fief de la Petite-Bussonnière ; il le tenait de sa femme Catherine Odart de Cursay. Au XVIIème siècle, ce sont les de Vahays qui acquièrent la Bussonnière.

 

Chardonnières (Les) (1826, A2) : On pourrait y voir l'endroit où il y a des chardons. Mais il paraît plus raisonnable de dire que c'est le lieu habité par Chardon, patronyme très présent en Sarthe. Lieu appartenant à Jeanne Minier, veuve de Jean Pauvert, en 1528.

 

Clémentière (La) (1826, B) : Le lieu habité par Clément.

 

Cornuère (La Grande) (1826, A1) : L'endoit habité par Cornu. Le lieu semble avoir été en tourne à la fin du XVIIème siècle.

 

Enaudières (Les) (1826, D2) : Le lieu où réside Esnault. En 1739, « L'Esnauderie » est apportée en dot par Louise Chappelain, fille de défunt Claude Chappelain et de Marie-Eléonor Brochard.

 

Epinettes (Les) (1826, A2) : Ce toponyme est à classer dans la catégorie des noms de lieu liés à la végétation. Il indique une terre couverte d'épines.

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 14:51

Biens à vendre par autorité de justice.

 

On fait savoir à tous qu'il appartiendra , que le mardi 8 octobre 1816 , dix heures du malin , à l'audience des criées du tribunal de première instance de l'arrondissement de la Flèche , séant audit la Flèche, au palais de justice, près la place du Pilori , il sera procédé à la première publication du cahier des charges qui sera dressé pour parvenir à la vente , par suite de saisie immobilière ;

1°. D'une maison manable, cour et jardin;

2. D'une pièce de terre nommée le champ Pigeon , conten. 31 ares ;

3. La pièce de terre nommée le champ du Poirier , conten. 62 ares;

4. Un cloteau de terre, contenant 15 ares ;

5. Quarante-huit ares de vigne, situés au clos nommé le clos Pourri;

6. Seize ares de vigne, situés ou clos nommé le clos Duval ;

7. Une pièce de terre nommée le champ de la Fontaine , contenant 88 ares.

Lesdites maison, cour, jardin, terres labourables et vignes composant le lieu de la Buguelière , situés commune de Fercé-sur-Sarlhe , canton de Brûlon , arrondissement de la Flèche , occupes et exploites par le sieur François Jupin , cultivateur , demeurant audit lieu de la Buguelière , dite commune de Fercé.

Lesdits biens saisis immobilièrement sur ledit sieur Jupin.

A la requête du sieur Louis Rousseau, cordier , demeurant commune de Noyen , au nom et comme mari de Madelaine Eluau ;

Par procès-verbal de Dhuy , huissier à Malicorne , en date du 19 Juillet 1816, enregistré le même jour, transcrit au bureau des hypothèques de la Flèche , 1e 22 dudit mois, de juillet , et au greffe du susdit tribunal , le 26 du même mois , dont copie a été laissée à M.Gousselin , commis-greffier de la justice de paix du canton de Brûlon, et à M, Gaulupeau , adjoint au maire de la commune de Fercé.

Me Honoré-Anne-Jacques Lelasseux , licencié en droit et avoué audit tribunal , demeurant à la Flèche , rue de l'Hôtel-de-Ville , est constitué et chargé d'occuper pour le saisissant.

Fait à la Flèche, le 27 juillet 1816. Signé , Lelasseux.

Enregistré à la Flèche ; le 27 juillet 1816 , folio 91 , verso , case 5, reçu 1 fr. 10 cent. Signé , Thouvenin,

Le Buguelière sur le cadastre de 1826.

Le Buguelière sur le cadastre de 1826.

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 19:22

Nous reproduisons ici le texte de Fortuné Legeay publié en 1888 dans la Revue Littéraire du Maine.

Tous les historiens du Maine ont reproduit, d'après la Légende dorée des évêques du Mans, les malheurs de la Belle-Fille du seigneur Gaudin de Chemiré (Sarthe), et la pénitence infligée à sononcle Damase. Une nouvelle inédite a été faite sur cet événement et une autre, sans nom d'auteur que nous reproduisons presque entièrement, a été publiée il y a environ cinquante ans et est devenue très rare; nous croyons qu'elle intéressera nos lecteurs.

En partant du Mans pour se rendre à Sablé, on rencontre, après avoir traversé les communes de Saint-Georges et de Saint-Léonard, un petit village charmant, bâti entre deux coteaux de l'aspect le plus pittoresque : c'est Chemiré-le-Gaudin.

La légende du château de Bellefille, commune de Chemiré le Gaudin.

Il y a sept siècles, Chemiré devait son importance à son château féodal, jeté au milieu d'une nature abrupte, et dominé par les bois séculaires qui couronnaient les coteaux voisins. Au nombre des trésors que l'on pouvait admirer dans le manoir du seigneur Gaudin, se trouvait une belle et gracieuse jeune fille, l'orgueil de son père et la joie de ses jours. Dans tous les castels du Maine, il n'était bruit que des charmes de la séduisante Damegerose connue sous le nom de la Relie-Fille. Il fallait la voir au moment où le soleil commençait à dorer la cîme de la forêt, montée sur sa haquenée, poursuivant le cerf dix cors que la meute seigneuriale avait arraché à sa douce solitude, ou bien quand son œil noir et limpide suivait avec agitation dans les airs le faucon prêt à saisir sa proie. Tantôt grave et majestueuse, elle apparaissait au milieu des rudes chasseurs, comme la fée de la vallée ; tantôt rieuse et légère, elle parcourait en folâtrant la vaste colline, vive et capricieuse comme le lutin des bruyères.

Près de Chemiré-le-Gaudin se trouve le village d'Asnières — contrée où l'on élevait anciennement des ânes. — Il y a sept cents ans, vers l'an de grâce 1140, la seigneurie d'Asnières avait une haute importance ; elle était le patrimoine d'un gentilhomme mécréant et libertin, craignant peu les menaces des serviteurs de Dieu. Damase, était le nom de ce seigneur.

La légende du château de Bellefille, commune de Chemiré le Gaudin.

Par un belle matinée du mois de mai, il vint, monté sur un bon cheval au col long et aux jambes fines, et suivi de ses piqueurs, visiter le seigneur de Chemiré, son frère et son ami, pour essayer sa meute et juger le vol de ses faucons. Bien qu'il eût déjà passé les premiers temps de sa jeunesse, vous eussiez en le voyant, admiré la noblesse de sa tournure, sa taille élégante, sa force musculaire, son regard pénétrant, et il eût pu vous cacher dix années de son âge, si des rides assez profondes n'eussent sillonné son front élevé, en partie dégarni de l'épaisse chevelure noire qui l'avait ombragé jadis.

Damase fut gracieusement accueilli dans le manoir de Chemiré; il pressa avec cordialité la main du seigneur Gaudin, et ses lèvres se posèrent sur le beau front d'ivoire de sa jolie nièce. A peine l'avait-il aperçue quand elle était encore enfant, et il retrouvait aujourd'hui en elle une des merveilles de la création ; je ne sais s'il se rendit compte des mouvements spontanés de son cœur, ou s'il se crut attiré vers elle par les doux liens de la

parenté, mais de ce moment il s'attacha à ses pas, et ne cessa de l'entourer des plus gracieuses attentions. L'homme au caractère ardent, à la volonté de fer, s'amollit au souffle d'une jeune fille ; et lui qui n'aurait pas cédé aux ordres de Dieu lui-même, devint un esclave soumis ; la triple cuirasse dont était entouré le cœur de Damase était tombée aux pieds de Damegerose.

Un mois entier s'écoula comme un jour au milieu des festins des fêtes et des plaisirs de la chasse ; et sans un fâcheux incident rien n'aurait troublé la joie à laquelle se livraient les hôtes du manoir de Chemiré. Une chasse au vol avait été préparée longuement à l'avance, l'épervier favori de la Belle-Fille devait y jouer un rôle principal. A peine venait-on d'entrer dans la plaine, quand le fauconnier trouva l'occasion de le lancer sur une bande de ramiers que l'approche des chasseurs avait mis en fuite. Damase désireux de faire admirer son adresse, prit un arc, et au moment où l'oiseau bien-aimé de Damegerose allait fondre sur sa proie, il voulut lui ravir une victoire assurée. Cependant le trait parti d'une main forte n'atteignit pas son but ; par un fatal coup du hasard, il alla au contraire frapper le malheureux épervier, qui tomba sans vie aux pieds de sa belle maîtresse. La jeune châtelaine de Chemiré n'avait pas compris les désirs ardents dont elle se trouvait l'objet; elle était bien loin de partager la passion dont son oncle brûlait pour elle, mais elle avait été flattée de ses soins assidus; la perte de son oiseau chéri lui révéla en partie le véritable état de son cœur. La journée se passa sans gaîté et l'on rentra de bonne heure au château.

Damase devait retourner dans ses terres, mais il avait formé le projet de n'y pas retourner seul. A la chute du jour, quand tout le monde fut réuni sur la grande plate-forme du donjon, où l'on venait souvent respirer l'air pendant les délicieuses soirées du printemps, il dit au seigneur Gaudin : Beau sire, mon frère, il me faut bientôt vous quitter, j'ai vilainement, et par maladresse insigne, causé des chagrins à qui j'aurais voulu laisser de doux souvenirs; si vous le permettez, je pourrai, je l'espère, réparer en partie ma faute. Confiez-moi ma nièce Damegerose. Je veux lui faire choisir dans ma fauconnerie le plus merveilleux de mes oiseaux ; sous trois jours, deux de mes fidèles écuyers vous la ramèneront contente et oublieuse du passé.

Vous me demandez-là une grande preuve d'amitié, messire mon frère ; je suis toutefois trop heureux de vous voir pour vous rien refuser ; je veux bien, si Damegerose y consent, la mettre sous votre sauvegarde durant trois jours, pour visiter votre château d'Asnières.

Dois-je espérer, belle nièce, de vous voir consentir à ma demande? Je veux employer tous les moyens en mon pouvoir pour dissiper le nuage dont j'ai couvert votre front, et pour sécher les larmes de vos jolis yeux.

Si monseigneur mon père le permet, répondit la belle fille, j'irai volontiers visiter vos beaux faucons. On les cite avec éloge dans toute la contrée. Mons Berthaule, votre fauconnier, est digne, j'en suis certaine, de sa haute réputation.

Vous me rendez joyeux pour longtemps, belle nièce; vienne jeudi, jour consacré à monseigneur Saint- Joseph, nous chevaucherons vers mon manoir d'Asnières, et bien malheureux serai si je ne trouve le moyen de vous en rendre le séjour agréable.

Trois jours après cette conversation, la timide demoiselle de Chemiré reposait tranquillement sous le toit seigneurial du château d'Asnières. Mais dès le second jour de son arrivée, Damegerose n'avait pas douté de l'ardent amour de son oncle. Il faut le dire aussi, elle se sentait bien entraînée vers lui par un sentiment vague et mystérieux, cependant elle regrettait d'avoir abandonné si légèrement le toit protecteur de son père.

Les trois jours fixés pour l'absence de Damegerose étaient expirés; le lendemain, dès l'aube, elle devait reprendre le chemin de Chemiré ; à cette pensée, un léger sourire errait de temps en temps sur le bord de ses lèvres; mais ce dernier jour elle sentit en elle-même, après le repas du soir, un trouble étrange ; son sang après avoir coulé avec une activité inaccoutumée dans ses veines, semblait s'être concentré tout entier dans le cerveau ; ses paupières devenaient d'une pesanteur insupportable, et tous ses efforts étaient vains pour résister au sommeil.

Les femmes chargées de son service furent appelées et s'empressèrent de la conduire dans son appartement. La chambre qu'occupait Damegerose était située dans une tour orientée vers le sud, et l'on y parvenait par deux longues et étroites galeries communiquant, l'une avec le corps principal du manoir, et l'autre avec un vaste pavillon carré, dont le pied était baigné par les eaux de la Vègre, et la tête couronnée de créneaux ; c'était l'habitation particulière du seigneur du lieu.

La légende du château de Bellefille, commune de Chemiré le Gaudin.

La jeune fille fut à peine étendue sur sa large couche, qu'un sommeil profond anéantit tout son être. Ses femmes, après avoir veillé une heure auprès d'elle, et s'être assurées qu'elle ne pouvait avoir aucun besoin de leur secours, se retirèrent sans bruit dans leur appartement, et la laissèrent goûter le repos dont elle paraissait avoir besoin. Depuis longtemps déjà le plus grand silence régnait dans le château d'Asnières, et n'était interrompu que par les pas mesurés des gardes placés sur le donjon et à la porte du pont-levis.

Tout à coup Damegerose crut s'éveiller sous l'impression d'un songe pénible : elle vit la riche draperie, placée au fond de son alcôve, s'agiter légèrement, puis elle s'imagina qu'une ombre humaine passait devant elle. Elle voulait crier, mais sa langue resta muette, elle voulut repousser la vision, et ses bras retombèrent sans force; puis elle perdit tout à fait la conscience d'elle-même et retomba pour plusieurs heures encore dans son premier sommeil

Les rayons du soleil commençaient à pénétrer à travers les ouvertures étroites de la tour, quand elle sortit de cette sorte d'affaissement léthargique, dans lequel elle était tombé depuis la veille au soir. Elle avait à peine ouvert les yeux qu'elle voulut pousser des cris aigus, mais elle ne put prononcer que des sons mal articulés qui se perdirent sous la voûte de l'appartement.

Le retour à Chemiré fixé pour ce jour là n'eut pas lieu, et plusieurs semaines après cet événement, Gaudin avait en vain envoyé à diverses reprises quelques-uns de ses écuyers, pour ramener sa fille près de lui. Le scandale était devenu public : le seigneur Gaudin ne pouvait manquer de chercher à tirer vengeance de la déloyauté de son frère. Il assembla ses hommes d'armes et résolut d'aller l'attaquer dans son château; mais il aurait fallu des forces bien supérieures à celles dont pouvait disposer le père de Damegerose pour forcer Damase derrière ses bonnes murailles.

Après plusieurs jours passés en attaques infructueuses,Gaudin sentit l'inutilité de ses efforts. Il se retira dans l'intention d'appeler à son aide tous les seigneurs de la contrée, qui ne pourraient se refuser à lui prêter main-forte dans une semblable circonstance.

Deux mois entiers s'écoulèrent en nouveaux préparatifs. Tous les chevaliers alliés de Gaudin s'étaient rassemblés, on n'attendait plus que le châtelain de Pirmil, quand un incident vint arrêter la marche de cette petite croisade. Damase, effrayé sans doute à la nouvelle de ces dispositions hostiles, et craignant de ne pouvoir résister aux efforts réunis de tant de gentilshommes, envoya un message à son frère, pour lui promettre que sous deux jours Damegerose rentrerait au manoir de Chemiré, s'il voulait renoncer à ses projets de guerre.

Avant de prendre une détermination, Gaudin crut devoir consulter ses alliés; les avis furent partagés, et l'on remit au lendemain à arrêter une décision positive. Cette journée se termina au milieu d'un splendide banquet que le chef de l'entreprise offrit à ses amis.

Le lendemain, Gaudin ne parut pas à l'heure convenue. La réunion avait été projetée au milieu d'une plaine située entre Fercé et Noyen; plusieurs heures se passèrent dans une vaine attente ; on allait même se séparer, quand on aperçut un homme se dirigeant vers les chevaliers de toute la vitesse de son coursier ; c'était le bon cheval de bataille du seigneur de Chemiré, mais il n'était pas monté par son maître.

Messeigneurs, dit le messager, celui que vous attendez ne reparaîtra plus au milieu de vous, car il a passé de vie à trépas. Ce matin, nous l'avons étendu mort sur sa couche. Les horribles contractions de son corps, et le bouleversement des traits de son visage, nous ont fait soupçonner une longue et pitoyable agonie. Tous, à cette nouvelle imprévue, restèrent muets d'étonnement. Le jeune Gauthier de Saint-Léonard rompit le premier le silence.

Le bourg de Louplande, anciennement Saint-Léonard.

Le bourg de Louplande, anciennement Saint-Léonard.

Je ne sais, Messeigneurs, si vous avez remarqué comme moi hier soir, pendant le souper, l'envoyé d'Asnières dans la salle du banquet. Je crains...

Pas de soupçons précipités, mon jeune ami, dit le vieux seigneur d'Arthenay; si ma voix pouvait être de quelques poids dans cette assemblée,je vous engagerais, Messeigneurs, à recourir à l'autorité de notre saint évêque, messire Hugues de Saint-Calais.

C'est bien dit, reprit Gauthier de Saint-Léonard, et puisse le mécréant être traité comme il le mérite.

La proposition du vieux seigneur d'Arthenay fut approuvée de toutes parts, et on se sépara en le chargeant d'envoyer un messager à Hugues de Saint-Calais, pour l'informer de l'indigne conduite du seigneur Damase.

Hugues, évêque du Mans, lit une enquête et fut indigné de l'infâme conduite du seigneur d'Asnières. Il résolut d'appeler sur le front du coupable toutes les foudres de l'Église.

Le prieur de Solesmes, chargé d'examiner les faits, en rendit bientôt un compte exact, et affirma que Damase paraissait résolu de continuer à vivre dans son impénitence. Hugues ne balança plus alors à lancer contre cet indigne gentilhomme une sentence d'excommunication, et envoya en conséquence Odoart et dom Gerbrandt, religieux de l'abbaye de Saint-Vincent, pour la lui signifier.

Leur mission fut mal accueillie.

«  Allez dire à votre évêque, leur répondit Damase, que je ne crains ni lui, ni ses censures ; qu'elles ne me feront pas perdre le goût du pain et du vin, et ne m'ôteront pas l'usage de l'eau et du feu. »

Hugues, étonné d'une semblable audace, crut devoir faire usage du pouvoir que le ciel paraissait avoir confié à sa sagesse. Il prédit sur-le-champ au coupable que s'il persistait dans son obstination, et s'il ne se séparait pas de sa malheureuse nièce, avant six mois, le feu et l'eau mettrait un terme à sa vie. Cette prédiction fit sourire de dédain le seigneur d'Asnières; et les remords ne trouvèrent aucune place dans son cœur.

Cinq mois s'étaient à peine écoulés depuis cet événement, lorsqu'un jour, suivi d'un seul fauconnier, il voulut aller essayer le vol d'un oiseau nouvellement dressé, et qu'il destinait à Damegerose. Il se rendit dans une plaine peu éloignée de son manoir, et située entre les paroisses de Parce et de Beaucé. Le soleil, ce jour-là, brillait avec éclat, le ciel était pur, la terre semblait parée de tous ses charmes, seulement on voyait à l'horizon, du côté du midi, se former un point noir, que des gens superstitieux auraient pu regarder comme un mauvais présage.

Peu à peu des nuages s'amoncelèrent de toutes parts, l'atmosphère devint pesante, le jour fit place à l'obscurité, de rapides éclairs se croisèrent en tous sens; puis on entendit dans le lointain comme le roulis d'un char pesant emporté par des coursiers fougueux ; bientôt l'orage grandit avec une rapidité effrayante la nue s'ouvrit pour laisser échapper des torrents de pluie; les éclats d'un nouveau tonnerre répondirent au murmure d'un tonnerre qui n'avait pas cessé de gronder; tous les éléments parurent eu un instant conjurés, afin de porter la désolation dans la plaine où se trouvaient Damase et son fauconnier.

Damase, homme fier et d'un courage à toute épreuve, ne put toutefois s'empêcher de ressentir un mouvement d'effroi à la vue du ciel en courroux; ses crimes vinrent se placer devant lui comme des ombres menaçantes : il voulut fuir. En ce moment il se trouvait sur le bord de la Sarthe, en face d'une éminence, au pied de laquelle la rivière a creusé son lit, en formant un léger détour. Là s'élevait alors une maison de modeste apparence, connue dans le pays sous le nom de la Perrine-de-Cré. Mais, pour y parvenir, il fallait gagner l'autre rive; le trajet était long et l'eau, agitée par la tourmente, n'avait rien de rassurant.

Avoise, la Perrine de Cry.

Avoise, la Perrine de Cry.

Cependant Damase aperçut une barque amarrée près du bord et retenue par un faible lien; il la détacha facilement et y prit place, suivi de son fauconnier. Après des efforts inouïs, ils parvinrent à faire la moitié du trajet ; mais, dans ce moment même, l'orage se déploya avec un nouveau degré de fureur, les éclairs jaillirent de toutes parts sans interruption, la rivière parut une mer de feu, la nuée se déchira avec un horrible fracas, et la foudre plus rapide qu'une flèche, vint en ricochant frapper le léger esquif, qui disparut sous les eaux.

Le ciel parut alors avoir épuisé sa colère; la pluie cessa de tomber, le tonnerre ne gronda plus qu'à de longs intervalles, et la nature, accablée sous le poids d'un horrible bouleversement, sembla sortir de sa stupeur, et se montra belle de nouveaux attraits. Cependant le manoir d'Asnières resta veuf de son seigneur, et Damegerose passa toute la nuit dans une poignante inquiétude.

Le lendemain, plusieurs hommes d'armes furent expédiés sur divers points, mais leurs recherches restèrent sans résultat. Plus de huit jours s'écoulèrent encore, laissant la Belle-Fille incertaine sur le sort du seigneur Damase. Enfin un batelier, en retirant ses filets, trouva près de l'île de Sablé, un corps mutilé par la foudre et entièrement corrompu, à la suite d'un long séjour sous l'eau : c'était celui du fauconnier d'Asnières. Cet indice fit soupçonner le sort du seigneur Damase, mais tout fut inutile pour retrouver les moindres traces de sa personne.

Peu de temps après ce funeste événement, la fille de Gaudin de Chemiré, accablée de remords, se rendit au Mans, et vint se jeter aux pieds de Hugues de Saint-Calais. Elle parvint, par l'aveu de ses fautes et par son repentir, à toucher le cœur du prélat; il comprit combien les séductions avaient eu d'empire sur son cœur, où le mal auparavant n'avait jamais eu d'accès, et après avoir retracé, dans sa sainte indignation, le tableau des

fautes de la jeune fille, il consentit à l'absoudre du passé sous la condition d'une pénitence perpétuelle. Damegerose aurait bien voulu se retirer pour toujours au fond d'un monastère, afin d'y pleurer ses péchés, mais Hugues fut inflexible sur ce point; il lui interdit l'entrée de toute maison religieuse, et exigea qu'elle passât le reste de sa vie dans la solitude, afin d'anéantir à jamais le souvenir de ses erreurs. Elle se retira alors avec deux de ses parentes, entièrement dévouées à ses malheurs, dans un domaine qu'elle tenait de son père. Là, elle fit élever un petit oratoire où pendant près de cinquante ans elle vint prier chaque jour. Ce petit oratoire était fréquenté par trois femmes, dit la chronique, dont l'une était jeune encore. Celle-ci, malgré le profond chagrin dont ses traits portaient les traces, laissait apercevoir une beauté peu commune. Une violente douleur se lisait dans son humble regard, et la couleur sombre de ses vêtements se trouvait en harmonie avec l'état ordinaire de son âme ; les deux autres paraissaient l'entourer de soins bien tendres, et leurs prévenances annonçaient le plus entier dévouement.

A la mort de Damegerose le petit oratoire tomba en ruine, et à sa place un château fut construit et appelé du nom de Belle-Fille.

Le manoir de Bellefille

Le manoir de Bellefille

Le château de Belle-Fille, qui n'a rien de remarquable, a appartenu successivement aux maisons de Courthardy, du Bellay, Levayer de Lignerolles, de Hautefort, Nepveu, de Sarcé; il est actuellement à M. de Longueval-d'Haraucourt.

Pierre de Courthardy, premier président au Parlement de Paris, est né au château de Belle-Fille; il est mort à Paris, le 25 octobre 1505. Son coeur fut mis dans la chapelle de l'église des Jacobins, qu'il avait fait bâtir, et son corps inhumé dans une des chapelles de l'église de Chemiré-le-Gaudin. Sur sa tombe, on lisait une inscription indiquant qu'il était seigneur de Viré, de Brûlon et de Belle-Fille.

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 10:01

Pinsonnière (La Grande) (1809, C2 ; 1843, B2) : Le lieu habité par Pinson.

 

Pinsonnière (La Petite) (1809, C2 ; 1843, B2) : voir ci-dessus.

 

Pintardière (La) (1809, A1) : Le lieu habité par Pintard. La métairie appartenait à la famille Paulle de Versé aux 17ème et 18ème siècles.

 

Pont-Chabeau (1843, C1) : Chabot est un patronyme courant. Il faut donc comprendre le nom comme étant l'endroit où était un pont à côté de la terre de Chabot. C'est d'autant plus facile à comprendre que le lieu est à proximité immédiate du ruisseau du Gué qui était appelé en 1843 le ruisseau de Pont-Chabeau. Le lieu est qualifié de fief et seigneurie (16ème/17ème s.).

 

Pontchabeau (1809, B) : voir ci-dessus.

 

Pressoir (Le) (1809, C2 ; 1843, B1) : Le nom « pressoir » est un classique de la toponymie. Il se situe dans la partie ouest de la commune d'Etival sur les hauteurs là où se trouvaient des vignes. Le Pressoir est donc l'endroit où l'on pressait le raisin.

 

Quatre Chemins (Les) (1843, C1) : A l'ouest du village se trouvait une maison au carrefour de quatre routes, d'où le nom ; cette maison n'existait pas en 1809. Il s'agit d'un cheminement très ancien appartenant à un réseau antérieur à la route de Sablé.

Cadastre 1843

Cadastre 1843

Quélière (La) (1843, A3) : Le lieu habité par Quellier.

 

Reuche (La) (1809, A2 ; 1843, C2) : Le toponyme pourrait dérivait de « ru » (petit ruisseau). Mais en patois sarthois « reuche » désigne la laîche, une herbe qu'on utilisait pour faire les paillasses. Mais dans les deux cas, il y a un rapport avec l'eau.

 

Rivière (La) (1809, B ; 1843, C2) : Le lieu semble tenir son nom de sa proximité avec l'Orne. C'est un endroit très intéressant avec une belle demeure. Une étude plus approfondie de la Rivière serait une bonne idée. Vers les années 1930/1850, la Rivière est habitée par M. Thoré dont on reparlera plus loin.

La Rivière, cadstre 1809

La Rivière, cadstre 1809

La Rivière, cadstre 1843

La Rivière, cadstre 1843

Rues Basses (Les) (1809, C2 ; 1843, B1) : Normalement les Rues Basses devraient répondre aux Rues Hautes, toponyme qui n'existe pas. Ce nom peut être le vestige d'un cheminement ancien qui permettait d'accéder aux parcelles sur les hauteurs des Monts-Beaux.

 

Sablon (Le Petit) (1843, C4) : Ce lieu au sud-est de la commune n'existait pas en 1809. Ce nom indique en général un terrain sablonneux et donc éventuellement une lande. A noter que depuis les cadastres du XIXème siècle, un autre lieu-dit nommé « le Sablon » est apparu à l'ouest de la commune.

 

Tacconnerie (La Grande) (1809, C2) : Ce toponyme semble être issu du patronyme Taconier, patronyme qui a disparu de nos régions mais qui est signalé au Mans au XIVème siècle. Un taconier est également une personne qui exerçait le métier de savetier, rapiéceur.

 

Tacconnerie (La Petite) (1809, C2) : voir ci-dessus.

 

Taconnerie (La) (1843, B1, B2) : voir ci-dessus.

 

Taconnerie (La Petite) (1843, B2) : voir ci-dessus.

 

Tansollerie (La) (1843, B2) : On a dans ce nom un témoignage du patois sarthois puisque le « r » de Tansorier » est devenu un « l ». Il s'agit donc ici du lieu habité par Tansorier.

 

Tansollerie (La Petite) (1843, B2) : voir ci-dessus.

 

Tansorerie (La) (1809, C2) : Le lieu habité par Tansorier.

 

Thoré (1843, C4) : On pourrait être en présence d'un des lieux les plus anciens sur la commune d'Etival sauf que le lieu n'existe pas en 1809 ! Il pourrait également y avoir un lien avec André Thoré qui, sur les listes nominatives de recensement de population de 1841 et 1846 est dit propriétaire demeurant à la Rivière. Ce M. Thoré est également cité en 1835 à propos du concours de bestiaux de l'arrondissement du Mans où un taureau lui appartenant a remporté le premier prix dans sa catégorie.

 

Touche (La) (1809, C2 ; 1843 B1) : Le toponyme « Touche » est un classique. Il est souvent en rapport avec les défrichements médiévaux et désigne une zone restée en bois.

 

Tricollières (Les) (1843, A1) : Normalement, il s'agirait du lieu habité par Tricol ou Tricoux ; mais ce patronyme n'est pas présent dans nos régions. Il faut peut-être mieux se rapprocher du nom de famille Tricot bien implanté dans notre département.

 

Troches (Les) (1809, C2 ; 1843, B1) : Nous somme là encore sur un toponyme lié à la végétation puisque les troches désignent des rejets qui repoussent sur une souche. Les Troches sont qualifiées de fief au XVIIIème siècle.

 

Villiers (1809, C2 ; 1843, B1) : Villiers indique la présence d'une occupation très ancienne dans ce secteur ouest de la commune. Il est à rapprocher du terme latin « villa » et marque l'installation d'une communauté d'habitants à l'époque gallo-romaine ou au début du Moyen-Age. Il serait proche d'un autre toponyme, « Villaret ».

Les noms de lieux de la commune d'Etival Lès Le Mans (Sarthe)
Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 16:31

Vente de biens par autorité de justice.

 

On fait savoir qu'en vertu de jugement rendu par le tribunal de première instance de l'arrondissement de la Flèche, le 12 avril dernier, enregistré le 26, homologatif de deux délibérations prises par les conseils de famille des mineurs ci-après, devant M. le juge de paix de Malicorne, le 20 mars dernier , enregistrées à Noyen le 25.

A la réquisition de Jacques Lépine, cultivateur, demeurant commune de Mézeray, oncle et tuteur électif de Pierre Lépine, enfant mineur issu de Pierre Lépine et de Marie Chartier, son épouse, et héritier pour un douzième de Magdelaine Lépine, sa tante,

Et d'Anne Coubard, veuve de René Potier, demeurant aussi commune de Mézeray, comme mère et tutrice légale de François Potier, fils mineur issu de son mariage avec ledit défunt René Potier, et héritier pour un huitième de ladite Magdelaine Lépine, sa grand-tante.

Il sera procédé devant Me Boivin, notaire à Mézeray, commis par ledit jugement, à l'adjudication préparatoire, le dimanche 26 juin 1814, sur les dix heures du matin ;

Et l'adjudication définitive se fera le dimanche 17 juillet suivant, à la même heure, aux enchères et à l'extinction des feux ;

Du lieu des Petites-Belles, situé au bas du Grand-Gâtines, commune de Mézeray, consistant dans des bâtiments d'exploitation, un jardin d'environ 6 ares, la moitié indivise avec les héritiers Jouye du champ de l'Aire, contenant au total 44 ares, le champ Long de 44 ares ; une portion de pré d'environ 8 ares, à prendre dans un plus grand pré, près la Corvaisière ; une autre portion de pré d’environ 9 ares, à prendre dans le même pré; le champ de Gâtines, contenant 55 ares y compris un mortier ; et le champ des Mortiers, de 35 ares, y compris deux mortiers; le tout ou environ exploité par François Foureau, et estimé par le sieur Chauvelier, expert, la somme 1000 f. en capital.

Ceux qui désireront s'en rendre adjudicataires, pourront s'adresser, pour les renseignements, à La Flèche, à Me Rojou, avocat-avoué des poursuivants; à Mézeray, à Me Boivin, notaire, et auxdits Jacques Lépine et veuve Potier.

Fait à la Flèche, le 31 mai 1814 Signé Rojou

Et enregistré à la Flèche le même jour.

 

Vente du lieu des Petites Belles à Mézeray en 1814
Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article
11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 21:27

Puisque sur la région Val de Sarthe il y a plus de 200 sites archéologiques et historiques et que des gens mal intentionnés se livrent à des activités de pillage sur ces sites, il nous parait utile de rappeler la loi :

Rappel de la législation en vigueur : L'utilisation des détecteurs de métaux est strictement interdite sur les sites archéologiques et historiques. En cas de problème, prévenir la gendarmerie.

 

Code du Patrimoine,

Art. L. 542-1 - Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.

 

Des renseignements complémentaires sur :

En cas de soucis, ne pas intervenir directement mais prévenir la Gendarmerie Nationale qui effectuera les constatations d'usage.

Repost 0
Published by Philippe
commenter cet article