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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 16:33

Gas (les) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : Il existe plusieurs possibilités concernant ce lieu-dit. Mais on peut surtout se demander s'il ne s'agit pas tout simplement d'une mauvaise écriture de « Gast », nom qui désigne une terre inculte ou en friche.

 

Girardière (la) (Chemiré 1809, B3 ; Chemiré 1843, E1) : La terre habitée par Girard.

 

Gombaudière (la) (Chemiré 1809, D2 ; Chemiré 1843, C3) : Le lieu habité par Gombaud.

 

Gouaudières (les) (Chemiré, 1843, E2) : Le lieu habité par Gouault.

 

Goudonneries (les) (Chemiré 1809, B4 ; 1843, E2) : Le lieu habité par Goudon.

 

Goupillières (les) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A3) : « La Goupillère » en 1843. On signale dans un document du XIVème siècle, un certain Thomas Goupil qui avait pris en location la Goupillière (Inventaire des titres de l'abbaye de Beaulieu du Mans : 1124-1413). Le lieu habité par Goupil.

 

Grand Champ (Chemiré 1809, B3 ; Chemiré 1843, E1) : Habitat qui a dû s'installer sur une grande parcelle déjà nommée ainsi.

 

Grande Haie (la) (Chemiré 1843, B3) : « La Haie » est un toponyme qui revient très souvent en Sarthe et ailleurs. La haie marque le paysage de manière significative et sert de limite entre deux parcelles. Si aujourd'hui on lui reconnaît surtout son bienfait écologique, elle avait jadis d'autres fonctions. Les haies ont par exemple servi de limite territoriale entre deux seigneuries soit sous le forme d'une simple haie-limite, soit sous la forme d'une haie avec large fossé. Ce qui est intéressant, c'est que le lieu de la Grande Haie est situé sur un cheminement ancien qui longe la vallée du Renom sur le rebord du plateau. On trouve d'ailleurs d'un côté le domaine seigneurial de la Sauvagère et le domaine seigneurial de Maquillé (commune de Souligné-Flacé) ; de l'autre côté le domaine seigneurial de Bellefille et celui de Monceaux (commune de Souligné-Flacé). La récente découverte à quelques centaines de mètres de là d'une possible motte féodale semble venir confirmer l'hypothèse de la haie-limite. A noter également que cette zone constitue dans le cadastre de Chemiré une unité appelée « enclave d'Athenay » ce qui contribue à en accentuer sa spécificité.

Cadastre 1809

Cadastre 1809

Grande Maison (la) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : écrite « Les Grandes Maisons » en 1843. Cela peut indiquer une habitation particulière, remarquable, ou encore un hameau regroupant plusieurs habitations ce qui pourrait être le cas ici.

 

Grange (La) (Chemiré, 1843, E5) : L'endroit se situe aujourd'hui à la sortie du bourg sur la route qui mène à Fercé. Le toponyme indique très souvent l'endroit où on stocke du grain. S'agissait-il de la grange dîmeresse de la cure de Chemiré ?

 

Grenouillet (le) (Chemiré 1809, B2) : Souvent les toponymes « Grenouillet » sont en rapport avec un lieu humide, marécageux. Celui-ci situé, sur la route de Maigné, au départ d'un petit vallon parcouru par un ruisseau qui va se jeter dans le Renom semble assez bien correspondre au sens qu'il porte.

 

Grenouillet (le) (Chemiré 1809, C3 ; Chemiré 1843, D1, E2) : Proche de Saint-Benoît. Voir ci-dessus.

 

Groie (la) (Chemiré 1809, A2 ; Chemiré 1843, B2) : Encore un toponyme fréquent en Sarthe. Il signifie souvent un terrain caillouteux quoique fertile. On trouve écrit aussi « Grouas ».

 

Groie (la) (Chemiré 1843, D3) : Voir ci-dessus.

 

Groussinière (la) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A2) : Lieu habité par Groussin.

 

Guénelière (les) (Chemiré 1809, C2 ; Chemiré 1843, D4) : « la Grande » et « la Petite » en 1843. Le lieu habité par Gueneau.

 

Guérinnières (les) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, D4) : « la » en 1843. Le lieu habité par Guérin.

 

Hachet (l') (Chemiré 1809, C3 ; Chemiré 1843, D2) : Les cadastres s'accordent sur le toponyme mais d'autres sources donnent une autre version. A commencé par la carte de Cassini qui dit Larche. On parle aussi de l'Archet dans un ouvrage du début du XIXème siècle. Il paraît cependant que « L'Archet » puisse être plus recevable du fait de la présence du ruisseau de Préau et de son franchissement par les chemins qui venaient de Chemiré et de Saint-Benoit ; alors il faudrait comprendre le nom du lieu comme étant un petit pont permettant de franchir le ruisseau.

 

Haideguine (Grande et Petite) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A2) : écrit en 1843 « Haie de Guigne », et « la Grande Haie de Guigne » de 1809 est nommée « Haie de Guigne ». Il s'agit du « Hays d'Yettigné » cité, au XIVème siècle, dans le cartulaire de l'abbaye de Beaulieu. Pour le sens de « Haie », voir l'article « La Grande Haie ». Nous sommes là encore dans un rôle de haie-limite dans un paysage où les indices archéologiques d'organisation du territoire s’entremêlent les uns avec les autres. Le vieux chemin qui passe par le lieu de " Haie de Guigne " est sur une crête et fait la liaison entre la structure médiévale de la Cour d'Athenay et le bourg de Flacé.

A droite sur le sommet, les maisons du lieu de Haideguigne.

A droite sur le sommet, les maisons du lieu de Haideguigne.

Haye (la) (Chemiré 1809, E) : Même endroit que « La Grande Haie ».

 

Herveries (les) (Chemiré 1809, A1 ; Chemiré 1843, B4) : Les toponymes finissant en « erie » ou « ière » sont très souvent construits à partir d'un nom de famille et apparaissent aux XIème et XIIème siècles pour la plupart d'entre eux. On a donc ici le lieu habité par Hervé.

 

Hommeau (l') (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : En vieux français, Hommeau veut dire petit homme. Mais il faut plutôt y voir le terme qui désigne un arbre, l'orme ou aussi ormeau.

 

Hommeau Blanc (l') (Chemiré, 1843, E5) : Voir « Hommeau »

 

Jacobins (les) (Chemiré, 1843, E5) : Ce lieu se situe à l'ouest du bourg de Chemiré. Il fait sans doute référence au couvent des Jacobins du Mans, établissement religieux qui a été très proche de Pierre de Courthardy, premier président du Parlement de Paris, né au manoir de Bellefille et mort en 1505. Lui et sa femme avaient fait divers dons audit couvent des Jacobins. On peut donc assez facilement imaginer que le lieu des Jacobins est une terre échue aux religieux.

La dalle de la tombe de Pierre de Courthardy dans l'église de Chemiré le Gaudin.

La dalle de la tombe de Pierre de Courthardy dans l'église de Chemiré le Gaudin.

Jalinière (la) (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A1) : Le lieu habité par Jalin.

 

Jouannerie (la) (Chemiré 1809, B1 ; 1843, E4) : L'endroit habité par un certain Jouanne.

 

Laumortier (Chemiré 1809, D1) : fief qui aux mains des de Launay. Ecrit « L'Oumortier » sur le cadastre de 1843. Ce toponyme est à rapprocher de « Mortier » qui désigne un trou d'eau. Une mare existe aujourd'hui au sud du lieu et sur le cadastre de 1843, un trou d'eau existait également au nord.

 

Launay (Chemiré 1809, D1 et D2 ; Chemiré 1843, C2 et C3) : écrit « l'Aunay » en 1843. Un toponyme très fréquent en Sarthe qui indique la présence d'un arbre des milieux humides, l'aulne.

 

Liège (le) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, D1) : Ce nom de lieu est problématique ; il n'a rien à voir avec le chêne-liège. Est-ce la même racine que le mot « lige » et qui désignerait donc un lieu dépendant d'un autre ?

 

Mahotière (la) (Chemiré 1843, D1 et D2) : Le lieu habité par Mahot.

 

Maiée (le) (Chemiré 1809, B2) : voir « Le Mée ».

 

Maison Neuve (la) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A3) : Un toponyme fréquent en Sarthe qui désigne une construction récente par rapport à un lieu très proche plus ancien.

 

Maison Neuve (la) (Chemiré 1809, B3 et B4 ; Chemiré 1843, E1, E2) : écrit « Les Maisons Neuves » en 1843. Voir « La Maison Neuve ».

 

Malsain (Chemiré 1809, C2 ; Chemiré 1843, D1) : écrit « Marsain » en 1843. On a ici un bon exemple du « r » roulé sarthois. La forme d'origine est « Marsin », mais le rédacteur du cadastre de 1809 a entendu « Malsain » et donc écrit ce qu'il a compris. La forme est peut-être à rapprocher du « Marshain » rencontré sur la commune d'Allonnes et que l'on dit provenir du nom du dieu Mars. Autant la remarque peut se justifier sur Allonnes, que sur Chemiré il y a plus de doute. Les auteurs anciens signalent bien des vestiges archéologiques autour de Saint-Benoît, mais il est impossible de faire un lien entre ces données archéologiques très sommaires et le toponyme « Marsin », même si des clichés aériens indiquent une présence gauloise ou romaine dans ce secteur. Pour certains, le nom viendrait du patronyme « Martinus » ; d'autres disent que cela pourrait être en rapport avec un lieu clos de murs. Ce qui paraît sûr est la grande ancienneté du lieu.

 

Maltière (la) (Chemiré, 1809, A2 ; Chemiré, 1843, B1, E5) : « La Petite Maltière » et « La Maltière » en 1843. Certains font un lien avec une maladrerie ; d'autres font un lien avec une malterie ce qui paraît bien hasardeux ici. Le patronyme Maltier existe et c'est sans doute une origine plus fiable pour expliquer ce toponyme.

 

Mare Bergère (la) ( Chemiré 1843, B4) : Le lieu n'existe pas sur le cadastre de 1809. Les clichés aériens ne montrent pas de vestige de mare ; mais sur le cadastre de 1843, une mare apparaît bien. Le nom vient donc sans doute de la présence d'une ancienne mare nommée « Bergère » à cause d'un propriétaire qui s'appelait Berger.

 

Marsillé (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A1) : Marsillé est un nom qui apparaît plusieurs fois en Sarthe. La terminaison en « é » en indique l'ancienneté. On peut interpréter ce toponyme comme étant le domaine de Marciliacus ou de Marcellus.

 

Marsollières (les) (Chemiré, 1809, B3 ; Chemiré, 1843, E2) : Le lieu habité par Marsollier.

 

Martottière (la) (Chemiré 1809, B4 ; Chemiré, 1843, E2) : Écrit La Basse et la Haute Martelière en 1843. Le lieu habité par Marteau/Martel.

 

Mée (le) (Chemiré, 1843, E3) : fief au 18è s. C'est un toponyme que l'on rencontre plusieurs fois en Sarthe. Il désigne en général une habitation et les terres qui l'entourent. L'origine du mot est latine, « mansus », et veut dire le lieu où on habite. On retrouve cette même origine dans les mots « manoir », « mesnil », « manable », etc.

 

Mévoie (Chemiré 1843, D4) : Difficile de trouver une explication convaincante. Ce qui paraît sûr est la présence de « voie » qui indique un chemin ancien, ce que confirment les cadastres. On pourrait interpréter alors le toponyme comme voulant dire « le mauvais chemin », peut-être pour indiquer un cheminement ancien guère entretenu.

 

Mialtière (la) (Chemiré 1809, A2 ; Chemiré 1843 A3) : écrit « Maltière » en 1843. « Petite Maltière » avec en 1843. Voir « La Maltière ».

 

Mortier (le Petit) (Chemiré 1843, D2) : Toponyme fréquent qui indique la présence d'une mare dans un champ. Ce pouvait être un trou pour extraire de l'argile, de la pierre, pour créer un point d'eau temporaire, etc. Les clichés aériens laissent apparaître parfois des taches sombres dans les cultures, trahissant dans les champs les anciens mortiers.

 

Moulin Neuf (le) (Chemiré 1843, B2) : Le Moulin Neuf est au nord du moulin de Béchereau et en contrebas du domaine de Bellefille. On peut penser qu'il s'agit d'un moulin installé après celui de Béchereau. D'ailleurs sur les cadastres on voit une petite construction carrée et un bief sur le Renom.

 

Cadastre 1843

Cadastre 1843

Nerreries (les) (Chemiré 1809, D2 ; Chemiré 1843, C4) : Écrit aussi « Nerries » dans Chemiré 1809, D3. Il semble que nous soyons là dans la même famille que les toponymes « Noirie », « Noirais » et « Noiras » que l'on trouve en Sarthe et qui désignent des vestiges antiques. En patois sarthois, « noir » se dit « nère ».

 

Noyers (les) (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A1) : Comme dans d'autres cas sur la commune, ce toponyme est formé sur la présence de l'arbre du même nom.

A SUIVRE

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Published by Philippe
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 11:20

Nous débutons aujourd'hui une série de plusieurs articles sur la toponymie des communes du Val de Sarthe. Il s'agit d'expliquer, dans la mesure du possible, l'origine du nom des lieux-dits de nos communes cités dans les cadastres du XIXème siècle. La toponymie est loin d'être une science exacte, mais si on la couple avec la topographie et les connaissances historiques elle permet de mieux comprendre comment ont été façonnés nos territoires.

 

Nous commencerons par la commune de Chemiré le Gaudin.

Les noms de lieux de nos communes

Athenay (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843, A3) : Nous allons laissé de côté la version farfelue qui explique ce toponyme comme étant une déformation du nom de la déesse grecque Athéna, identifiée chez les Romains par Minerve. Cette tentative hasardeuse s'appuyait sur la découverte de vestiges romains aux environs immédiats d'Athenay. La version écrite la plus ancienne qui soit connue dans les textes est « Atiniaco », « Ateniaco » vers 1055-1063 (Chartularium insignis ecclesiæ cenomanensis quod dicitur Liber albus capituli). Il est à noter que le suffixe « aco » vient du gaulois et a été latinisé lors de la présence romaine. On peut donc y voir un patronyme avec un suffixe qui indique le propriétaire : Atinius ; il faut donc comprendre le nom « Atiniacum » comme voulant dire « le domaine d'Atinius ». Le domaine ne désigne pas la villa en tant que bâtiment mais bien en tant que propriété territoriale. L'archéologie a d'ailleurs montré lors de fouilles en 1986/1987 qu'une occupation humaine s'est fixée dans ce secteur entre le 1er siècle ap. J.-C. et le XIIIème siècle.

Graffito "Martini" sur céramique sigillée de type Drag. 37 (IIème-IIIème s.) provenant des fouilles de 1986/1987 et exposé au Carré Plantagenêt au Mans.

Graffito "Martini" sur céramique sigillée de type Drag. 37 (IIème-IIIème s.) provenant des fouilles de 1986/1987 et exposé au Carré Plantagenêt au Mans.

Bauvais (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A1) : Même si cela s'écrit de la même façon, le nom « Beauvais » n'a pas la même origine que celui de la ville de Beauvais dans l'Oise. C'est un toponyme fréquent en Sarthe qui désigne un endroit où la vue est dégagée. Des toponymes proches sont « Beauvoir », « Bellevue », « Beauregard », etc.

 

Bechereau (Chemiré 1809, A2 ; Chemiré 1843, B2) : Il est écrit Baichereau dans un document de 1588. On trouve également ailleurs la forme « Bécherel », « Bequerel », etc. Il est à noter que dans divers endroits le nom « Béchereau », et ses variantes, est en lien avec un moulin et un cours d'eau, ce qui est bien le cas à Chemiré le Gaudin. Peut-être faut-il rapprocher ce nom de lieu du mot normand « bec » qui désigne le ruisseau. Un Séguin de Cohardy est dit seigneur de Bechereau au milieu du XVème siècle.

Les noms de lieux de nos communes

Bel Air (Chemiré 1809, B3 ; Chemiré 1843, E1) : Toponyme très fréquent en Sarthe et qui désigne souvent un lieu-dit sur un point élevé, ce qui semble correspondre dans le cas présent.

 

Bellefille (Athenay 1809, A ; Chemiré 1843 A4, Chemiré 1843, B2) : Selon la légende, le nom de Bellefille est lié à une histoire qui s'est déroulée au XIIème siècle. Damgerose, fille de Gaudin de Chemiré, entretenait une relation avec son oncle Damase d'Asnières. Damase fut excommunié par l'évêque Hugues et ne fit rien pour retrouver une attitude décente. Lors d'une partie de chasse, Damase trouva la mort un jour d'orage en se noyant dans la rivière Sarthe. Damgerose demanda le pardon de l'évêque et se retira sur la terre de son père où elle fonda un petit oratoire là où se trouve aujourd'hui le château dit de Bellefille. On peut aussi y voir plus simplement la déformation de « Belle Feuille » qui désignerait donc un joli bois.

Les noms de lieux de nos communes

Belveder (Chemiré 1843, B2) : Le Belvédère est une tour bâtie dans les bois de la Sauvagère en 1745. Ce type de construction correspond à une mode du XVIIIème siècle où l'on édifiait un édifice sur un point haut afin d’admirer le paysage environnant.

Les noms de lieux de nos communes

Benoît (Saint) (Chemiré 1809, C2 ; Chemiré 1843, D1) : Saint-Benoît est une ancienne paroisse rattachée, tout comme Athenay, à Chemiré en 1809/1810. La première mention paraît remonter en 1009, ou 1028, (Cartulaire de la Couture) sous la forme latine « Sancti Benedicti de Thesvalo », date où l'évêque Avesgaud cède à l'abbaye de la Couture la paroisse de Saint-Benoît, époque de la renaissance de l'abbaye. On peut donc penser légitimement que le lieu de Théval est devenu Saint-Benoît de Théval au moment où l'abbaye bénédictine de la Couture est devenue la détentrice du lieu.

Cadastre de 1843

Cadastre de 1843

Les noms de lieux de nos communes

Bignon (le Petit) (Chemiré 1843 A3) : Ce nom de lieu est très fréquent en Sarthe. Pour certains, Bignon désigne une petite éminence, pour d'autres cela est plus à rapprocher d'une source, d'une zone humide. C'est plutôt cette deuxième hypothèse qui est adoptée dans nos régions.

 

Bois (les) (Chemiré 1809, C2) : Toponyme plutôt clair qui semble indiquer que dans ce secteur entre Chemiré et Saint-Benoît se trouvait une zone boisée. On peut cependant se demander si le rédacteur du cadastre de 1809 n'a pas entendu « Les Bois » alors que l'endroit correspond en 1843 au lieu-dit « Mévoie ».

 

Bois de la Cure (le) (Chemiré 1843, D4) : En 1809, le lieu est simplement nommé « La Cure ». Endroit qui dépendait de la cure, c'est à dire une terre donnée aux curés de la paroisse.

 

Boterie (la) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E5) : écrit en 1843 « La Petite Botterie » et « La Grande Botterie ». Vient peut-être d'un patronyme. La séparation entre « Petite » et « Grande » est souvent liée aux partages des biens : un même lieu en devient deux.

 

Boulais (les) (Chemiré 1809, B1 et B4 ; 1843,E3) : écrit « Les Basses Boulaies » et « Les Hautes Boulaies » en 1843. En général ce toponyme est lié à la présence de bouleaux. Mais là les terrains ne s'y prêtent guère ; peut-être faut-il s’orienter vers la patronyme « Boulay ».

 

Boutoire (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E5) : Ce lieu-dit a aujourd'hui disparu du paysage. Pas d’explication très convaincante. Peut-être un lieu au bout d'un endroit.

 

Busson (le) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C4) : écrit « La Bussonne » en 1843. Soit ce nom vient du patronyme « Busson » et désigne donc un lieu habité par Busson, soit il s'agit d'une zone occupée par des buissons.

 

Cabat (le) (Chemiré 1809, D1 ; Chemiré 1843, C2) : Nom énigmatique dont il est difficile de trouver l'origine. Peut-être en rapport avec un mot de vieux français, « cabat » qui veut dire tromperie, vol. Donc un terrain qui fait illusion mais ne rapporte rien. Mais cela pourrait aussi être une déformation d'une racine plus ancienne, « gaba », qui indique le creux. En patois sarthois, cela donne « gaviau » pour gosier. On pourrait donc comprendre « Cabat » comme étant l'entrée juste avant la petite vallée qui passe devant Vilaines et qui rejoint la Sarthe au niveau de l'Hachet.

 

Cailloterie (la) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E2) : Sans doute la terre occupée par un certain Caillot.

 

Carrefour (le) (Chemiré 1809, B2) : En 1843, l'endroit est nommé « Le Carrefour de Chauvigné ». Comme le nom l'indique, le lieu correspond au croisement de la route entre Chemiré et Maigné, celle qui mène vers Fercé et celle qui conduit au lieu de la Maltière.

 

Champ Dolin (le Grand et le Petit) (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A2) : écrit « Chandolin » en 1843 : Le 8 mai 1579, les mineurs Jean du Bellay rendent aveu, pour le Petit-Chandolin, à Jehan Dufou, baron de Pirmil. Toponyme à rapprocher de « Champ Dolent », c'est à dire « champ pauvre ». Il peut aussi s'agir du champ qui appartenait à un certain Dolin.

 

Champ Fleuri (Chemiré 1843, B2) : fief au 18ème siècle. Le nom peut désigner le champ appartenant à Fleury ou encore un herbage couvert de fleurs. Cela peut aussi indiquer une terre riche.

 

Champanière (la) (Athenay 1809, A ; Chemiré 1843 A3) : écrit la Champagnère en 1843. En général, les toponymes qui tournent autour de « Champagne » désignent de larges espaces agricoles, ce que montre la topographie des lieux.

 

Château Gaillard (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A2) : Il y a en 1843 le Grand et le Petit Château Gaillard. On compte en Sarthe une bonne vingtaine de lieux nommés Château-Gaillard. Ils peuvent parfois faire référence à une fortification médiévale, et dans d'autres cas à une demeure de plaisance. L'étude du parcellaire ancien ne permet pas de trancher.

 

Chauvigniers (les) (Chemiré 1809, B1 et B2 ; 1843, E2, E4, E5) : écrit « Chauvigné » en 1843. Sans doute un nom d'origine romaine : « Le domaine de Calvinius ».

 

Chemiré le Gaudin : L'écriture a peu varié au cours du temps. Dès le XIème siècle, on trouve les formes « Chemereio », « Chimireio » ; au XIIème siècle apparaît « Chemereio Gaudini ». Le nom « Camariaco » parfois cité pour Chemiré le Gaudin paraît désigner en réalité un autre lieu (Chéméré en Loire-Atlantique). Certains disent que les noms « Chemiré », « Chéméré » veulent dire « cour », mais il semble que par chez nous ce ne soit pas le cas. Il est plus crédible, par la terminaison finale en « é », de plutôt y voir un nom d'origine latine qu'on peut interpréter comme « le domaine de Camarius ». Gaudin était un des premiers seigneurs de Chemiré ; et puisque les noms de famille n'existaient pas encore, pour différencier les individus dans les actes on ajoutait à leur prénom leur lieu d'origine.

 

Les noms de lieux de nos communes

Chenais (les) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E2) : écrit le Chesnay en 1843. Ancien fief. Ce toponyme, et ses variantes, est très fréquent en Sarthe et ailleurs en France. Lieu où se trouvait une plantation de chênes. On va bien sûr éviter d'y voir un lieu de culte druidique ...

 

Chêne Vert (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A2) : dit « Le Chêne Vert » en 1843. Soit le nom indique la présence d'un chêne particulier, soit, et c'est le plus vraisemblable, il s'agit d'une déformation de « Chenevière », lieu où l'on cultivait le chanvre. On trouve en vieux français le mot « chenevet » qui désigne la graine du chanvre. En tout cas, la multitude de noms en Sarthe n'est pas en faveur de l'espèce dite « quercus ilex » qui est essentiellement présente dans la zone méridionale de la France.

 

Chesnay (le Petit) (Chemiré, 1843, E2) : Voir « Chenais ».

 

Clémencière (la) (Chemiré 1843, E1) : Sans doute un lieu habité par Clément.

 

Coudrais (les) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : Lieu où se trouvent des noisetiers (coudriers ). On cite souvent le noisetier pour les baguettes de sourcier, mais les pousses de noisetiers offrent l'avantage de fournir des bâtons bien droit utiles pour ceux qui gardaient les troupeaux, mais aussi pour le palissage de par leur souplesse.

 

Coudray (le) (Chemiré 1809, A2 ; Chemiré 1843 A3) : Hautes et Basses en 1843. Voir « Coudrais ».

 

Cour (la) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A3) : Dépend du chapitre cathédral d'Angers au 15ème siècle. Ce toponyme désigne très souvent la présence d'une juridiction seigneuriale. On sait qu'au XVème siècle, Louis d'Anjou cède aux religieux de Saint-Maurice d'Angers le manoir d'Athenay qui pourrait correspondre à la Cour. L'étude parcellaire du cadastre de 1843 laisse bien apparaître un aménagement de type motte avec fossés.

 

Courtis (les) (Chemiré 1843, B4) : Le mot « courtil » désigne les jardins potagers proches de l'habitat et clos.

 

Crépinières (les) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : Le lieu habité par Cre(s)pin.

 

Crosneries (les) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A1) : Le lieu habité par Cro(s)nier.

 

Cure (la) (Chemiré 1809, C2) : voir « Bois de la Cure ».

 

Davière (la) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E5) : Lieu habité par Davy.

 

Dragonnerie (la) (Chemiré 1809, B4 ; 1843, E2) : écrit « Les Dragonnières » en 1843. Il semble que l'écriture du nom soit assez instable dans les documents en fonction des rédacteurs. Le nom peut provenir du patronyme « Dragon » qui existe en Sarthe, tout en sachant de « Dragon » est lui-même une déformation du nom « Dagron » beaucoup plus fréquent en Sarthe.

 

Droulin (Chemiré 1809, D1 ; Chemiré 1843, C2) : L'origine est assez obscure. Le nom peut venir du patronyme Droulin, mais aussi aussi d'une déformation du nom « Drouin », « Derouin ». A noter qu'à proximité se trouvent « Les Roulinières » qui vient de Roulin, forme très proche de Droulin.

 

Duranderie (la) (Chemiré 1809, B3 ; Chemiré 1843, C1) : Le lieu habité par Durand.

 

Emondière (l') (Chemiré 1809, A1 ; Chemiré 1843, B4) : fief. Le lieu habité par Emond.

 

Etang (l') (Chemiré 1843, C2) : On note sur le plan cadastral de 1843 une pièce d'eau de l'autre côté de la route. Ce peut-être l'origine du nom du lieu. Sur le cadastre de 1809, le lieu et l'étang n'existent pas encore.

 

Fabrique (la) (Chemiré 1843, B2 dév.) : La Fabrique était une assemblée paroissiale chargée de gérer les biens de la communauté paroissiale. Sur le cadastre, « La Fabrique » désigne l'ancien cimetière de Chemiré installé au croisement de la route de Louplande et de l'allée de la Sauvagère. La gestion du cimetière permet d'assurer des revenus à la fabrique, mais c'est aussi une source de problèmes comme la clôture du cimetière qu'il faut sans cesse maintenir en état.

Cadastre 1843

Cadastre 1843

Fauvelière (Chemiré 1843 A1) : Le lieu habité par « Fauveau ».

 

Faux (le) (Chemiré 1809, A1 ; Chemiré 1843, B2) : « Faux » vient sans doute du latin « fagum » (faine) et « fagus » (hêtre). On retrouve cette origine linguistique dans d'autres noms de lieux : Fay, Fresnay, Fou, etc. A noter qu'en patois, le fruit du hêtre se dit « faigne » ce qui est plus proche de la forme latine que le français actuel.

 

Fontaine (la) (Chemiré 1843 A1) : Lieu où se trouve un point d'eau. La carte IGN au 1/25000ème montre d'ailleurs un petit cours d'eau qui apparaît sur la carte à une centaine de mètres au nord-est de La Fontaine.

 

Four à Chaux (Chemiré 1843, B2) : dit de la Groie. L'endroit où se trouvait le four à chaux installé au début du XIXème siècle.

Cadastre 1843

Cadastre 1843

Fragerie (la) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, D4) : écrit « La Frogerie » en 1843. Le lieu habité par Froger.

 

Fromagerie (la) (Chemiré 1809, D3 ; Chemiré 1843, C4) : On pourrait penser au lieu où on fabrique du fromage. Mais en Sarthe, il existe de nombreuses familles nommées Fromager et la construction classique « patronyme + erie » est satisfaisante.

 

Fuie (la) (Chemiré 1843, D1) : Normalement, le toponyme « La Fuie » indique la présence d'un colombier. Or le lieu n'existe pas sur le cadastre de 1809 et rien ne laisse paraître une ancienne construction. On peut donc supposer qu'il y avait anciennement une fuie mais que celle-ci avait disparu du paysage au XIXème siècle. D'ailleurs la carte de Cassini indique bien le lieu « La Fuye ».

Carte de Cassini

Carte de Cassini

A SUIVRE

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 11:00

Mise à jour quotidienne

 

 

4 septembre 2016, Vaas : 14h30 à 17h30, visite du moulin de Rotrou.

 

4 septembre 2016, Coudrecieux : 15h00, visite de l'église romane de Saint Martin des Loges (fresques aux anges musiciens, clocher, etc.)

 

1er septembre 2016 au 30 septembre 2016, Asnières sur Vègre : 10h30-12h00 et 14h30-17h30, visite du parc du château de Moulinvieux.

 

Asnières sur Vègre : visite du manoir de la Cour et animations diverses.

 

Bessé sur Braye : château de Courtanvaux.

 

Dangeul : prieuré de Mayanne, visite de site médiéval (XIè-XVè s.) composé de trois édifices médiévaux. Ouverture jusqu'au 31 août de 14h30 à 19h00.

 

Fillé sur Sarthe : site de Moulinsart.

 

La Chapelle d'Aligné : jusqu'au 30 août 2016, viste du château des Gringuenières de 12h00 à 18h00.

 

La Ferté Bernard : tous les mardis de juillet et août à 16h30 découverte de l'église Notre Dame des Marais

 

La Flèche : le moulin de la Bruère, le théâtre de la Halle au Blé, le Prytanée (jusqu'au 15 août), le couvent de la Visitation.

 

La Flèche : la chapelle Notre Dame des Vertus, fondée au XIè siècle, est ouverte au public tout l'été

 

La Fontaine Saint Martin : ouverture de la maison de Louis Simon du lundi au vendredi de 14h00 à 18h00.

 

Sablé sur Sarthe : chaque jeudi, visite du château à 10h30 et à 15h00 (Réservation au 02.43.95.00.60).

 

Saint Denis d'Orques : visite du village et du musée de l'ancienne gare de tramway entre le 1er avril et le 30 septembre. Renseignements et réservations au 02.43.95.05.10

 

Sillé le Guillaume : visite guidée du château du lundi au samedi (sauf mardi) à 15h00 et 17h00 et le dimanche à 15h00 et 18h00.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 10:15

Nos actifs voisins de La Fontaine Saint Martin proposent une visite de leur village.

Visite de La Fontaine Saint Martin

On peut aisément faire la même chose en Val de Sarthe. Le potentiel est là; il n'y a juste qu'à préparer et à organiser.

Rappelons que cela a déjà été réalisé par le passé pour les communes de Spay, Fillé, Voivres, La Suze. Il suffirait de relancer la chose ...

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 09:34

Page 1/6

En marge :

26 juin 1763

Vente d’herbe

S(ieu)r curé de Voivres

S(ieu)r Letourneau

 

  1. Du vingt six(iem)e jour de juin mille sept
  2. cent soixante trois issue des vespres
  3. Devant nous Julien Marin Baussan notaire
  4. royal au Maine dem(euran)t p(arroi)sse d’Etival lez le Mans soussigné
  5. Fut présent v(énérable) et d(iscret) m(aîtr)e Jacques Goussault p(rê)tre curé
  6. de la p(aroi)sse de Voivres+ (en marge : y dem(euran)t) lequel au nom et comme procureur
  7. de venerable et discret maître Claude Marie
  8. Souin de la Tybergerie p(rê)tre licencié de Sorbonne
  9. prieur commendataire, et seigneur baron
  10. d’Harponvilliers, et chantre de leglize royale
  11. de St Pierre de la ville du Mans suivant sa
  12. procuration attestée de Francois Poulard notaire de lad(ite)
  13. baronie du premier courant con(tro)llée à Illiers le
  14. trois dud(it) mois deument legalizée par le juge de lad(ite)
  15. baronie du mesme jour, et certifiée veritable par led(it) s(ieu)r
  16. cure en datte de ce jour+ a requis notre transport que luy
  17. avons octroyé au pîed de la croix boissée du cimetière
  18. dud(it) Voivres ou etant issue des Vespres il nous auroit
  19. declaré avoir fait dire à suffire que la premiere et
  20. seconde herbe à recueillir cett’année de la prairie
  21. des Corvées parroisse dud(it) Voivres et de Royzé etoit
  22. à vendre au plus offrant et dernier encherisseur et qu’un
  23. chacun y seroit reçu a son enchere+ qui demeurera attachée
  24. a ces presentes pour y avoir recours
  25. Et après que ladite premiere et seconde herbe a recueillir
  26. cett’année dans lad(ite) prairie des Corvées
  27. et le pré Carré scittués esd(ites) p(aroi)sses de Voivres et de
  28. Royzé a été proclamée à haute et intelligible
  29. voix estre à vendre au plus haut et dernier encherisseur

 

Page 2/2

  1. à la charge par l’adjudicataire de faire faucher
  2. fanner, enlever et charrier lesdites herbes à ses
  3. frais dans le mois d’octobre prochain au plus tard+
  4. et tout ainsy que faire se doit, et de payer content
  5. le prix de leur adjudication entre les mains dud(it) s(ieu)r
  6. curé aud(it) nom, et payer le coust du present acte
  7. et dune copie qui sera délivrée aud(it) s(ieu)r curé 
  8. Et procédant à l’adjudication desdites herbes auxdites
  9. conditions  ll pour la premiere herbe et pour la seconde
  10. herbe jusques au quinze mars prochain le tout suivant
  11. luzage ordinaire a la charge des dommages et interest
  12. si il y echet ( ?), et uzer du tout a l’exemple dun bon pere de famille
  13. Est intervenu Jean Lefeuvre m(archan)d dem(euran)t p(aroi)sse de Louplande
  14. lequel nous a dit scavoir la teneur de ladite adjudication et
  15. a promis satisfaire aux charges du proclamat en payer
  16. la somme de cent livres a requis acte de son enchere et
  17. a declaré ne scavoir signer de ce enquis
  18. Est intervenu René Lebourdais m(archan)d dem(euran)t
  19. audit Voivres a dit scavoir la teneur cy dessus et a promis
  20. y satisfaire et en outre en payer cent dix livres a requis
  21. acte de son enchere et a signé [signature] René Le Bourdais
  22. Ledit Lefeuvre a surenchery ladite herbe a cent vingt
  23. livres et a declaré ne scavoir signer de ce enquis
  24. Est aussi intervenu Francois Galas b(ordag)er dud(it) Voivres lequel
  25. nous a dit scavoir la teneur dud(it) proclamat et connoitre
  26. led(it) pré et a promis y satisfaire et en payer la somme

 

Page 3/6

  1. de cent cinquante livres a requis acte de son enchere
  2. et a declare ne scavoir signer de ce enquis
  3. à cent soixante livres par led(it) Lefeuvre
  4. à cent soixante cinq livres par ledit Galas
  5. à cent soixante dix livres par ledit Lefeuvre
  6. à cent soixante unze livres par ledit Galas
  7. à cent soixante douze livres par led(it) Lefeuvre
  8. Est intervenu m(aîtr)e Julien Letourneau clerc tonsuré dem(euran)t
  9. ville du Mans p(aroi)sse de St Benoist lequel nous a dit scavoir la teneur
  10. dud(it) proclamat et connoitre lesdits pre et prairie sest obligé
  11. satisfaire aux conditions cy dessus et en payer la somme
  12. de cent soixante quinze livres et a requis acte de son enchere
  13. et a signé [signature] Letourneau
  14. à cent soixante dix huit livres par led(it) Lefeuvre
  15. à cent quatre vingt livres par led(it) s(ieu)r Letourneau
  16. Et apres avoir attendu tres longtemps et que personne
  17. na voulu sur encherir lesdites premiere et seconde herbe
  18. de lad(ite) prairie des Corvées et du pre Carre lesdites herbes
  19. premiere et derniere desdits prairie et ont été du
  20. consentement dud(it) s(ieu)r curé audit nom adjugés audit
  21. s(ieu)r Letourneau ce acceptant pour ladite somme de cent
  22. quatre vingt livres aux charges cy dessus et encore de sy
  23. comporter en homme de bien a l’exemple d’un
  24. bon pere de famille et en outre de payer argent content ladite
  25. somme ce qu’il a promis et s’y est obligé mesme de payer le
  26. coust des presentes et d’un’expedition qui sera delivrée audit
  27. s(ieu)r curé
  28. Dont acte et de ce que dessus lecture donnée auxdits etablis curé
  29. ils en sont demeure daccord pourquoy les avons de leur consentement

 

Page 4/6

  1. jugé fait et arresté dans le cimetiere dudit
  2. Voivres au pied de la croix boissée lesdits jour et
  3. an presents m(aîtr)e Pierre de la Roche p(rê)tre vicaire de
  4. Voivres et Jean Compain tisserand demeurant p(aroi)sse dud(it) Voivres
  5. temoins a ce requis et appellés et ont signé avec nous
  6. En marge y dem(euran)t, raye quatre mots ou sillabes nuls
  7.  [signatures] J. Goussault curé de Voevre
  8. Letourneau, P. Delaroche, J. Compain
  9. Baussan

 

Page 5/6

  1. Pardevant Francois Poulard no(tai)re et tabellion
  2. juré de la baronnie prieuré Saint Pierre
  3. d’Happonvilliers y resident soussigné
  4. Du premier huin mil sept cent
  5. soixante et trois avant midy
  6. Fut present venerable et discret maistre
  7. Claude Marie Souin de la Tibergerie prestre
  8. licentié de Sorbonne, prieur commendataire
  9. et seigneur baron d’Happonvilliers et chantre
  10. de l’eglise royalle de Saint Pierre de la
  11. ville du Mans y demeurant paroisse de Saint
  12. Pierre, de present en sondit prieuré
  13. d’Happonvilliers, lequel a constitué pour
  14. son procureur general et special la
  15. personne de venerable et discret m(aî)tre
  16. Jaque Goussault curé de la paroisse de Voivre
  17. auquel il donne pouvoir de pour luy et
  18. en son nom faire publier et vendre au
  19. plus offrant et dernier encherisseur la premiere
  20. et seconde herbe qui sera recuillie cette
  21. année dans la prairie des Corvées et le
  22. pré Carré scittués dans les paroisses de
  23. Voevres et Roizé election de La Fléche,
  24. a la charge par l’adjudicataire
  25. de faire faucher, fanner, enlever et charrier
  26. lesdittes herbes à ses frais dans le mois
  27. d’octobre au plus tard, et de payer aussy
  28. dans le mesme mois d’octobre prochain

 

Page 6/6

  1. le prix de son adjudication es mains
  2. dudit sieur son procureur, promettant
  3. avoir le tout pour agréable, fait et
  4. passé en la maison prieuralle dudit
  5. Happonvilliers en présence de François Renard
  6. maréchal, et de François Meulle aussy
  7. maréchal touts deux demeurants au bourg
  8. et paroisse d’Happonvillier tesmoins qui
  9. onts signés avec ledit sieur constituant
  10. et nous no(tai)re suivant l’ordonnance
  11. approuvé un mot rayé nul
  12. [signatures] Souin de la Tibergerie prieur d’Happonvillier
  13. F. Renard, François Meulle, Poulard
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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 18:22

Ce samedi 11 juin 2016, la mairie de Fercé sur Sarthe invitait la population à l'inauguration des retables de l'église Saint-Pierre. Un très important chantier de presque une année s'achève pour le régal de tous tant le travail accompli est de qualité.

Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe
Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe
Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe

Les retables de Fercé étaient en très mauvaise santé. Les remontées d'eau ont altéré les matériaux depuis la mise en place des retables au 18ème siècle. Plusieurs réparations sommaires avaient été effectuées mais avaient également contribué à dénaturer l'ensemble.


 

Le travail a été confié à la restauratrice Laëtitia Guillemin qui a procédé au nettoyage complet des retables avant que les travaux de consolidation puis de restauration viennent remettre en état l’œuvre.

Après les traditionnels discours des divers intervenants (mairie de Fercé, Conseil Départemental, DRAC, Fondation du Patrimoine), la restauratrice a expliqué à l'aide d'un diaporama son rôle et son travail, s'appuyant sur des images illustrant les états anciens puis rénovés.

Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe
Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe
Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe

La cérémonie s'est achevée par un concert de l'ensemble instrumental « Cordes en pluie ».

Rappelons que la Communauté de Communes du Val de Sarthe possède un riche patrimoine religieux qui couvre plus de mille ans d'Histoire. Les restaurations entreprises sont très appréciables, surtout quand il s'agit de sauvegarder le patrimoine. Il reste maintenant à établir une politique efficace sur la mise en valeur de cette richesse mal exploitée dans une région qui attire des touristes grâce à ses deux pôles que sont MoulinSart à Fillé et l'Espace Faïence à Malicorne, mais qui n'arrive pas encore à redistribuer ces visiteurs vers le reste du territoire communautaire. C'est bien dommage car on a maintenant à Fercé un document exceptionnel où on pourrait à la fois expliquer les mentalités religieuses du 18ème siècle mais également le savoir-faire actuel des métiers d'art.

Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe
Inauguration des retables de Fercé sur Sarthe
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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 07:31

Un spectacle intéressant qui propose un témoignage sur la vie de nos campagnes. Une machine à remonter dans le temps qui devrait forcément rappeler des souvenirs à chacun.

La garde-barrière du P.N. 21 à Noyen est une passeuse de mémoire(s) et d'histoire(s).

La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
La garde-barrière de Noyen
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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 18:37

Nos voisins d'Asnières sur Vègre ont eu une bonne idée : une visite théâtralisée du village le dimanche 29 mai 2016 à 16 heures.

Visite théâtralisée à Asnières sur Vègre
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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 16:15

Un acte notarié de 1768 nous donne un aperçu de l'organisation du centre-bourg de La Suze au milieu du 18ème siècle.

 

Page 1/4

Echange et contréchange

de 2 chainées 1/2 de terrain en jardin

contre une portion de pré

par la d(emoisel)le v(euv)e Fontenais

à M. le comte de La Suze

chaque portion ev(alu)ée 45#

 

  1. Pardevant nous Claude Julien

  2. Baussan du Bignon notaire

  3. royal gardenotes et scel héréditaire

  4. du Roi au Maine pour la collocation de

  5. La Suze demeurant ville de La Suze soussigné

  6. Furent present haut et puissant seigneur messire

  7. Louis Michel Chamillard comte de La Suze lieutenant

  8. general des armées du Roi grand maréchal des logis de

  9. sa maison gouverneur de Mont Dauphin seigneur de Courcelles

  10. Chateau Senechal, Ligron, Noyen, Pirmil, Royzé Mezerai et au(tres) lieux

  11. demeurant ordinairement à Paris en son hôtel rue de

  12. Bourbon p(aroi)sse S(ain)t Sulpice,

  13. stipulé et representé par m(aîtr)e Yrieix Rilhac avocat

  14. en Parlement bailly du comté de La Suze dem(euran)t

  15. à Courcelles, de present en cette ville

  16. d'une part,

  17. Et dem(oise)lle Louise Fouqueré v(euv)e du s(ieu)r Michel Fontenais

  18. marchand dem(euran)te en cetted(ite) ville de La Suze d'autre part ;

  19. entre lesquels a été fait l'echange et contre echange

  20. qui suit, c'est à savoir que lad(ite) d(emoise)lle v(euv)e Fontenais

  21. a cédé, abandonné et delaissé et promis garantir à mond(it)

  22. seigneur comte de La Suze representé comme dit est

  23. un morceau de terre servant de jardin situé au devant et

  24. faisant partie des dependances de la maison dont lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e

  25. Fontenais est propriétaire en cette ville la rue entre deux, led(it) morceau de terre

  26. en jardin contenant deux chainées et demie et cotoyant

  27. vers le midi et aboutissant à l'orient la rue qui tend du fauxbourg

  28. S(ain)t Nicolas à la place du marché, joignant d'autre bout vers

 

Page 2/4

  1. le couchant la grande rue, et d'autre côté vers le nord

  2. les batimens de la d(emoisel)le v(euv)e Poirier, lequel morceau de

  3. terre est destiné par mond(it) seigneur comte de La Suze à

  4. faire une seconde place publique pour la plus grande

  5. commodité du marché aux chevaux

  6. Et en contréchange led(it) seigneur comte de La Suze

  7. a pareillement cédé abandonné et delaissé à lad(ite) d(emoisel)le

  8. v(euv)e Fontenais ses héritiers et ayant cause en pleine

  9. propriété et à perpétuité, un morceau de terre de pareille

  10. grandeur et même huit pieds de largeur en sus afin de

  11. lui faciliter d'enclorre led(it) terrein de haie et fossé ou telle

  12. autre cloture que bon semblera à lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais ; de sorte

  13. que led(it) terrein aura vingt quatre pieds de large et

  14. quatre vingt trois pieds de long, ce qui compose avec une

  15. petite portion d'issue ci après, environ trois chainées

  16. et demie de terrein le tout à raison de vingt cinq pieds

  17. la chainée, lad(ite) portion donnée en contréchange

  18. à prendre dans le pré de l'ancien château où est actuellem(en)t

  19. le Palais de la justice du comté de La Suze, le long des

  20. palis qui closent vers l'orient les jardins de lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e

  21. Fontenais et avancer de là vers les murs dud(it) ancien château

  22. de l'espace de vingt quatre pieds de largeur, et

  23. s'etendre en la longueur desd(its) quatre vingt trois pieds

  24. depuis l'alignement des batimens de lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais

  25. et le commencement de sesd(its) palis jusqu'au petit ruisseau

  26. de Puissantour qui descend de la rue

  27. S(ain)t Nicolas et autres pour se rendre dans les fossés et douves

  28. dud(it) ancien château.

  29. Aura en outre lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais la propriété des issues

  30. situées entre sa maison et led(it) pré autant que la largeur de

 

Page 3/4

  1. ses bâtimens en emporte, ce qui ayant été mesuré s'est

  2. trouvé d'environ un tiers de chainée de terrain et avec pouvoir

  3. de s'enclorre comme bon lui semblera ; pour marquer les

  4. limites duquel terrein donné en contréchange par led(it) s(ei)g(neur)

  5. comte de La Suze, il a été planté des piquets de distance en

  6. distance, jusques et en deca desquels il a été fait un scillon ou tranchée pour

  7. separer les terreins abandonnés à lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais laquelle

  8. pourra faire continuer lesd(ites) clotures, jouir user et disposer

  9. et exploiter comme bon lui semblera led(it) terrein contréchangé

  10. comme propriétaire d'icelui à partir de ce jour, avec faculte

  11. en outre à elle de disposer de la cloture et des arbres, legumes

  12. et autres plantes qui sont dans led(it) jardin par elle donné

  13. en échange jusqu'au huit du mois

  14. de fevrier de façon que led(it) terrein en jardin soit

  15. entierement ouvert pour la foire du jeudy gras

  16. qui suit immediatement.

  17. Les parties se cédant et transportant au surplus tous droits de

  18. propriété, noms, raisons et actions, rescindents et rescisoires

  19. pour raison desd(ites) parties echangées et contre échangées

  20. A la charge par lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais de tenir et relever lad(ite) portion de

  21. terrein à elle donnée en contréchange censivement dud(it)

  22. comté de La Suze aux mêmes cens rentes charges et devoirs

  23. dont étoit tenue lad(ite) partie échangée et ce par forme

  24. de compensation et échange à cet egard.

  25. Sera le coût des presentes et d'une exped(iti)on pour lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e

  26. Fontenais pour lui tenir lieu de titre de propriété, aux frais

  27. dud(it) seigneur comte de La Suze.

  28. Et ont les parties evalué chaque portion de terrein échangée

  29. et contréchangée à la somme principale de quarante

  30. cinq livres, demeurant lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais

  31. dechargée des lots et ventes à raison des presentes et pour

  32. cette fois seulement.

  33. Car le tout a été ainsi voulu, consenti, stipulé et accepté

 

Page 4/4

  1. entre mond(it) s(ei)g(neur) comte de La Suze rep(rése)nté comme dit est

  2. et lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais, dont jugées de leur consentem(ent) apres

  3. lecture.

  4. Fait et passé dite ville de La Suze, maison de

  5. ladite demoiselle veuve Fontenais

  6. l'an mil sept cent soixante huit le jeudy

  7. vingt huitieme jour du mois de janvier à vant midi

  8. presens m(aîtr)e Louis Delaine procureur fiscal du comté

  9. de La Suze et m(aîtr)e Joseph Froger prêtre habitué en l'église

  10. de cette paroisse demeurants en cette dite ville

  11. témoins à ce requis et appellés et ont signé.

  12. Gloses la rue entre deux, et en deça dès,

  13. ou tranchée, de tenir et relever,

  14. rayé douze mots ou syllabes nuls

  15. approuvé les mots d'enclorre, jusques et en deça desquels, étoit, chaque

  16. comme bons quoique surchargés

  17. [signatures] Rilhac, L Fouquere veuve Fontenes, L Dalaine, J Froger, Baussan

 

 

 

Agrandissement de la place du marché à La Suze

Vocabulaire

Aboutissant : joignant par le bout.

Chaînée : C'est une unité de longueur qui vaut 25 pieds (1 pied = 0,3249 m.) soit 8,12 m. Mais c'est également une unité de surface qui correspond à 0,6595 are.

Garde notes et scel : Le garde notes est l’officier qui garde les minutes des actes. Au 17ème siècle, c’est souvent le notaire qui a cette fonction. Le garde scel (scellés, sceau) est le notaire qui peut certifier un acte de la juridiction.

Palis : clôture de pieux.

Le seigneur de La Suze

Le seigneur de La Suze du moment est Louis Michel Chamillart (1709-1774), petit-fils de Michel, ministre de Louis XIV, et dont on disait de lui dans une pseudo épitaphe « Ci-gît le fameux Chamillart, De son roi le protonotaire, Qui fut un héros au billard, Un zéro dans le ministère ». C'est ce même Michel Chamillart qui avait acquis le comté de La Suze et avait transporté la résidence comtale du vieux château de La Suze, celui qui est au sud de l'église, vers Courcelles la Forêt où la demeure était plus prestigieuse et plus agréable. Mais Courcelles a été vendu au début du 20ème siècle à des antiquaires plus avides d'argent que d'amour de l'art. Tout a été démonté et revendu ; aujourd'hui il n'y a plus de château.

Auparavant, la terre de La Suze appartenait à la famille de Champagne. Mais celle-ci se trouvant ruinée, les terres sont démembrées et revendues à différentes familles. C'est en 1720 que Michel Chamillart acquiert La Suze et d'autres seigneuries du secteur afin de créer un nouveau comté de La Suze à la géographie différente de l'ancien territoire.

L'actuel château de La Suze visible au sud de l'église est une construction de la fin du Moyen-Âge. Il suffit de faire le tour du site pour se rendre compte qu'il est construit sur une motte féodale, vestige de la première forteresse qui contrôlait le passage sur la Sarthe, forteresse que l'on peut dater de la première partie du 11ème siècle. Dans l'état actuel des connaissances, il est assez difficile de dire s'il y avait une occupation médiévale d'importance plus ancienne. A noter que les parties les plus anciennes de l'église remontent elles-aussi au 11ème siècle.

Le château sur sa motte et l'église médiévale.

Le château sur sa motte et l'église médiévale.

L'appareillage en opus spicatum sur les murs de nef de l'église permet de placer cette partie de l'église au moins dans la première partie du 11è siècle, même si on connait en Normandie une utilisation plus ancienne de ce genre d'appreillage.

L'appareillage en opus spicatum sur les murs de nef de l'église permet de placer cette partie de l'église au moins dans la première partie du 11è siècle, même si on connait en Normandie une utilisation plus ancienne de ce genre d'appreillage.

Il faut aussi s'intéresser de près à la rue de la Motte qui pourrait indiquer l'emplacement d'une motte plus ancienne.

Louise Fouqueray

Louise Fouqueray est veuve de Michel Fontenay, marchand boulanger décédé à La Suze le 21 août 1761 à l'âge de 52 ans. Ils s'étaient épousés à Mansigné le 20 novembre 1736 et sont issus d'une famille de petite importance puisque dans cet acte de mariage les deux pères sont qualifiés du titre de « marchand ».

La localisation de ce bout de terrain

La difficulté est de situer cette petite portion de terrain d’environ 160 m2. La parcelle est localisée par rapport à d'autres repères géographiques et non en s'appuyant sur des numéros comme cela apparaîtra un peu plus tard sur les cadastres.

Prenons justement les cadastres de 1810 et 1843 pour tenter de se repérer. Le texte des archives situe la parcelle en utilisant les points cardinaux et des repères sur le terrain :

  • vers le Sud et dans la longueur : la rue qui vient du faubourg Saint Nicolas et qui rejoint la place du marché.

  • à l'Est et sur la largeur (« aboutissant » : qui joint par le bout) : la rue qui vient du faubourg Saint Nicolas et qui rejoint la place du marché.

  • vers l'Ouest et donc sur l'autre bout : la Grande Rue.

  • Au Nord : les bâtiments de la demoiselle veuve Poirier.

Avec ces indications, l'endroit qui paraît correspondre le mieux est l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau là où se situe la Poste, près de l'endroit nommé sur le cadastre de 1843 « carrefour de la Pomme de Pin ». On sait par un autre document, que la veuve Poirier a les bâtiments dans la partie sud de cet îlot bâti ; ceux le long de la ruelle de la Place (aujourd'hui ruelle du Passe-Plats) appartenant à René Joubert, notaire royal.

Agrandissement de la place du marché à La Suze

Par ailleurs le document notarié spécifie que le morceau de terrain de Louise Fouqueré est « un morceau de terre servant de jardin situé au devant et faisant partie des dependances de la maison dont lad(ite) d(emoisel)le v(euv)e Fontenais est propriétaire en cette ville la rue entre deux ».

En contre-échange, elle reçoit un bout de terrain qui dépendait du château. L'élément intéressant est l'apparition du petit ruisseau dit Puissantour. Il permet de mieux situer les lieux. Aujourd'hui ce petit cours d'eau a disparu, mais il est dessiné sur le cadastre de 1843. Il s'agit d'un ru qui descend du vallon des Epinettes et qui vient se jeter dans les douves du château ; il n'est pas important mais devait par moment rendre la circulation difficile dans cette portion de la rue Saint-Nicolas.

Le ruisseau de Puissantour sur le cadastre de 1843.

Le ruisseau de Puissantour sur le cadastre de 1843.

Pour l'instant, nous n'avons retrouvé qu'un autre document de 1770 citant ce ruisseau. Ce nom est peu courant et il est difficile d'en établir l'étymologie en se basant sur seulement deux occurrences. Certains y voient simplement la forme simplifiée de « Puits sans tour » désignant un simple puits sans treuil pour remonter les seaux ou encore un puits sans couverture. Mais il semble plus judicieux d'y voir une origine telle que « Pissentour » ou même « Pisserote », termes qui désignent en général de petits cours d'eau au faible écoulement. Plusieurs toponymes en Sarthe ont la même racine : Pisse-Grèle et le Pissot à Brûlon, Pisseloup à Parigné l'Evêque, la fontaine du Pissot à Mamers et au Mans, etc.

Les marchés et foires de La Suze

Le marché de La Suze se tient actuellement encore le jeudi et semble avoir été fixé à ce jour en 1566.

Le marché et les foires de l'Ancien Régime ont été maintenus après la Révolution. Pesche nous en dit ceci : « Marché le jeudi de chaque semaine, peu considérable en grains et bestiaux, si ce n'est en porcs ; plus important en oies, volailles, gibier, fruits, noix, marrons et menues denrées, enlevées par les marchands du Mans et de La Flèche ; autre petit marché de menues denrées, le dimanche matin. 6 foires d'un jour, peu fortes également, fixées, les quatre premières, par décret du 19 fructidor an X, les deux autres, par ordonnance du 7 mars 1817, aux jeudis 2e de février, 2è après Pâques, 2è de juin, 4è de juillet, 1er d'octobre et 1er de décembre. Par ordonnance du 25 décembre 1840, celle de ces foires, fixées alors au 2è jeudi de février, tiendra à l'avenir de jeudi qui précède le mardi gras, par conséquent ». Mais Expilly en 1770 ne rapporte que quatre foires.

Le marché de La Suze au début du 20ème siècle.

Le marché de La Suze au début du 20ème siècle.

La place du marché et la circulation à La Suze

Aujourd'hui, la place du marché est le point de passage obligatoire pour qui veut se rendre dans les autres quartiers de la ville. Mais jusqu'à l'élargissement de l'actuelle rue Jean-Jacques Rousseau, la place du marché est plutôt un cul-de-sac puisque le boulevard Henri Wille et la rue Germain Laporte (nommée sur certaines cartes postales anciennes « rue neuve du collège ») n'existent pas ce qui ferme le côté nord. Le principal circuit pour les véhicules qui passent par La Suze pour se rendre du Mans à Sablé en passant par Malicorne se fait en empruntant les endroits qui suivent :

  • entrée par le faubourg Saint-Michel,

  • passage par le pont,

  • virage à angle droit pour prendre sur la droite la rue Basse,

  • au bout virage à angle droit pour suivre sur la gauche la Grande Rue,

  • on suit la Grande Rue pour contourner le centre de La Suze,

  • puis on arrive sur la rue Saint-Nicolas (actuelle rue Jules Olivier) pour sortir de la ville.

Les cadastres de 1810 et 1843 illustrent très clairement la situation.

 

Pesche dans son dictionnaire décrit ainsi le centre de La Suze dans la première moitié du 19ème siècle : « La ville, non pavée, consiste en une assez grande place, entourée de maisons passablement bâties, où se trouvent l'église, le château et une halle en bois ».

La circulation à La Suze (plan cadastral de 1843). En rouge le tracé ordinaire; en bleu le passage aménagé.

La circulation à La Suze (plan cadastral de 1843). En rouge le tracé ordinaire; en bleu le passage aménagé.

Après avoir traversé le pont on prend la Rue Basse (à gauche sur la photo). A noter la maison Morin dont l'angle est biseauté afin de faciliter la prise du virage.

Après avoir traversé le pont on prend la Rue Basse (à gauche sur la photo). A noter la maison Morin dont l'angle est biseauté afin de faciliter la prise du virage.

L'étroite Rue Basse, au pied du chevet de l'église de La Suze, permet de contourner le bourg.

L'étroite Rue Basse, au pied du chevet de l'église de La Suze, permet de contourner le bourg.

La Rue Basse débouche sur la Grande Rue en faisant un angle droit.

La Rue Basse débouche sur la Grande Rue en faisant un angle droit.

Cette portion de la Grande Rue garde la forme arrondie de la fortification médiévale.

Cette portion de la Grande Rue garde la forme arrondie de la fortification médiévale.

La Grande Rue avec à gauche un bâtiment de la fin du Moyen-Age.

La Grande Rue avec à gauche un bâtiment de la fin du Moyen-Age.

La Grande Rue avec au fond le débouché où se trouvait le terrain de Louise Fouqueray.

La Grande Rue avec au fond le débouché où se trouvait le terrain de Louise Fouqueray.

La Rue Saint-Nicolas qui permet de rejoindre la route de Malicorne.

La Rue Saint-Nicolas qui permet de rejoindre la route de Malicorne.

Evocation de la place du marché avant le percement du Boulevard Henri Wille et de la Rue Germain Laporte dans la deuxième moitié du 19è siècle.

Evocation de la place du marché avant le percement du Boulevard Henri Wille et de la Rue Germain Laporte dans la deuxième moitié du 19è siècle.

Les archives notariales sur La Suze sont une mine d'or pour comprendre l'organisation économique, sociale et spatiale de la ville de l'Ancien Régime.

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 19:38

Département de la Sarthe

Arrondissement du Mans

Canton de La Suze

Commune de Fillé-Guécélard

 

Pétition

demandant

l'érection en commune

de la

section électorale de Guécélard

 

Le 18 février 1872,

 

 

Monsieur,

 

Les soussignés ont l'honneur de vous prier de bien vouloir accueillir favorablement la demande qu'ils forment de voir ériger en commune distincte de la commune de Fillé-Guécélard, la portion de cette commune formant aujourd'hui la section de Guécélard.

Ce n'est pas la première fois que cette séparation est invoquée, car, de tout temps, la réunion de Guécélard à Fillé, a eu pour nous les plus grands inconvénients sans nous procurer aucun avantage sérieux.

La séparation existe en fait depuis bien des années, mais sans les avantages d'une séparation légale.

La section de Guécélard est séparée de celle de Fillé par la rivière de la Sarthe et par un ruisseau, le Rhonne, qu'il faut passer à gué, et dont les eaux débordées à certaines époques interceptent, ou à peu près, toute communication entre les deux sections.

Ainsi périodiquement, c'est à dire tous les quatre à cinq ans, et même plus souvent encore, les eaux s'élèvent à plus de trois mètres au-dessus des levées et couvrent, pendant plusieurs semaines, au moins quinze cents mètres de terrain. Les souvenirs de 1846 et 1853 notamment nous sont encore très-présents. (Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les deux hivers qui viennent de s'écouler).

On ne pouvait se rendre au chef-lieu de la Commune qu'en bateau, et encore le danger du passage était tel qu'on a vu plus d'une fois le services des dépêches interrompu.

Pour aborder la mairie, il faut, dans ces circonstances, passer par La Suze, ce qui augmente le trajet de trente kilomètres.

De grands malheurs sont arrivés à ce passage. Beaucoup se rappellent que Madame de la Boussinière, mère, a été précipitée dans la Sarthe avec son coupé. Un commis-voyageur, étranger au pays, a couru les plus grands dangers.

Le sieur Hatton, de Fillé, s'est noyé en voulant traverser le ruisseau du Rhonne, au moment des inondations.

On n'oublie point ci qu'au bas de Fercé, il y a quelques années, plusieurs personnes ont péri dans la Sarthe.

Nous pouvions avoir, à chaque instant, de semblables malheurs à déplorer.

Pendant les hivers, les habitants de Guécélard se rendant à Fillé pour affaires d'administrations, (car rarement il s'y rendent pour autre chose,) ont dû quelquefois attendre plusieurs heures sur la plage, jusqu'à ce que la glace fut brisée et que la barque put être à proximité. Au moment du dégel, les carreaux de glace, charroyés par une eau rapide, peuvent briser le bateau de passage ou du moins le précipiter par-dessus la chaussée voisine.

L'hiver dernier, le câble s'est brisé au moment où le bateau, rempli de passagers qui se rendaient au service de l'ancien maire, se trouvait au milieu de la rivière. Le brigadier de gendarmerie et plusieurs conseillers municipaux notamment s'y trouvaient embarqués.

Au milieu de l'invasion allemande, (dont nous avons été les principales victimes et pendant laquelle les autorités de Fillé nous ont laissé abandonnés à nous-mêmes), tous nos chevaux ont été réquisitionnés, les ennemis nous réclamaient avec insistances un cheval harnaché, et nous menaçaient des peines les plus dures si ce cheval n'était pas immédiatement fourni. Nous adressâmes nos réclamations à la municipalité de Fillé. M. le maire, dans une pièce qui est annexée au dossier, déclare, avec regret sans doute, à M. l'adjoint de Guécélard : que la porte marinière a été entraînée à la débâcle des glaces et qu'il est absolument impossible de passer le bac. Nous avons vérifié le fait et il se trouvait véritable.

En outre, comme il faut payer à chaque voyage, les déplacements réitérés deviennent onéreux pour un grand nombre.

Ajoutons à cela que les bureaux de la mairie se trouvent à trois kilomètres et la résidence de M. le maire actuel à au moins quatre kilomètres de Guécélard, bourg assez important où se trouvent gendarmes, institutrices, desservant, maîtres d'hôtels, chefs d'ateliers ; toutes personnes qui peuvent avoir besoin, à chaque instant de recourir à l'autorité municipale.

Ces considérations avaient porté le Gouvernement de Juillet à ériger Guécélard en succursale et en section électorale. Nous attendons des administrations actuelles, notre érection en Commune, nous rappelant qu'Arnage, commune voisine de notre section, s'est vue accorder cette faveur avec des ressources inférieures aux nôtres et des difficultés beaucoup plus grandes.

Guécélard est séparé de Fillé par une limite toute naturelle, la Sarthe. A la vérité nous reconnaissons que certaines communes ont aussi des habitants séparés de leur chef-lieu par cette rivière, mais ils sont très-gênés, comme le prouvent les demandes de ponts adressées depuis quelques semaines à la Préfecture, et leurs quelques hameaux disséminés ne forment point une agglomération nombreuse et composée comme celle de Guécélard.

La population de cette dernière section est de 595 habitants. Quinze mille communes en France n'ont pas une population supérieure et néanmoins elles vivent. Après la séparation, il restera encore à la Commune de Fillé près de 700 habitants, avec des ressources en proportion.

L'annexion de Guécélard à Fillé ne date que de 1795 ou 1796, c'est à dire, du moment où il y a eu des administrations civiles régulières à la tête des Communes. L'annuaire du Maine de 1791 mentionne encore Fillé et Guécélard comme administrations distinctes du VIIe canton su District du Mans. Guécélard relevait d'Oizé et Fillé, de La Suze. L'annuaire de 1792 nomme encore les autorités de Guécélard, mais il ne mentionne plus celles de Fillé.

La séparation légale n'entraînera aucune dépense pour la section de Fillé, comme c'est évident.

La section de Guécélard elle-même n'aura à faire aucune dépense appréciable.

Elle possède : 1° Une école communale dont la maison nouvellement construite par les souscriptions volontaires des habitants est établie de telle sorte qu'il est très-facile d'y installer les bureaux de la mairie. 2° Une belle église neuve en partie et un presbytère presque neuf.

Si cependant, contre notre attente, l'érection de Guécélard en commune nécessitait certains frais, nous, soussignés, sommes tous disposés, tant est notre grand désir de séparation ! À recourir aux souscriptions volontaires, auxquelles nos voisins nous ont longtemps accoutumés. Inconvénients pour inconvénients, nous aimons mieux nous gêner un peu plus chez nous et n'être point obligés de faire le voyage de Fillé.

Les conseillers sectionnaires de Fillé sont au nombre de sept avec le maire qui, en cas de partage, à voix prépondérante. Ceux de Guécélard ne sont que cinq. Il s'en suit que nos intérêts ne sont pas suffisamment représentés dans l'assemblée communale.

Nous n'ignorons pas qu'aujourd'hui la tendance générale est de supprimer en partie les petites communes au lieu d'en ériger de nouvelles. Ce principe peut être bon à un certain point de vue. Mais on ne peut nier qu'une règle générale a souvent une ou plusieurs exceptions, et nous pensons, dans l'espèce, que notre situation est toute exceptionnelle.

Nous ne songeons nullement à réclamer à la section de Fillé la moitié de son école de garçons, la moitié de son cimetière communal, la moitié de sa mairie, une partie de son presbytère, auxquels nous avons droit ; nous ne réclamons même pas le prix des terrains communaux et des nombreux excédants de routes vendus sur notre territoire au profit de la commune, etc., etc. Mais nous croyons aussi que cette section serait mal fondée, de son côté, en nous demandant une indemnité pour les neuf ou dix kilomètres de chemins vicinaux établis sur Guécélard, et qui servent à Fillé autant et même plus qu'à nous-mêmes.

On ne nous alléguera pas non plus, comme on l'a fait en 1866, que la propriété de nos monuments publics n'est pas notoirement déterminée. Pour se convaincre du contraire, il suffit de consulter les titres authentiques de ces donations, chez Messieurs les notaires de Laigné-en-Belin, d'Etival-lès-le-Mans, et chez Me Berthaud, notaire au Mans. Au reste le gouvernement qui rétablit Guécélard en succursale, au cours de l'année 1845, avait pris les plus minutieuses précautions.

Lors de notre dernière tentative de séparation, en 1866, la municipalité de Fillé allégua que la commune avait un énorme déficit. Nous n'avons jamais compris cette affirmation. L'état de situation du percepteur atteste pour l'année 1865 un reste en caisse de 52 francs 20 cent., et pour 1866, un excédant des recettes sur les dépenses de 37 francs 85 cent. Pourtant, dans ces deux dernières années, il s'est trouvé certaines dépenses extraordinaires qui n'ont plus de raison d'être aujourd'hui. Depuis cette époque il n'est pas venu à notre connaissance que le budget communal se soit soldé en déficit. Jamais la commune n'a employé le maximum de ses impositions légales. Évidemment nous ne parlons point de la présente année qui est anormale et doit rentrer dans les exceptions.

Sans doute la commune a obligée d'avoir recours à des impositions extraordinaires, mais elle a cela de commun avec la plupart des communes de notre département.

Le département et l’État, dira t-on, viennent en aide à la commune dans l'état actuel. C'est vrai, mais, après la séparation, ils n'auront pas plus à nous accorder qu'aujourd'hui. Il suffira de partager proportionnellement les secours ordinaires entre les deux communes.

D'un autre côté, tout nous porte à croire que le nouveau cadastre, qui sera prochainement dressé, trouvera une plus-value notable à nos propriétés, comme cela doit être dans un pays où l'agriculture et le défrichement des terrains, précédemment très en retard, sont en progrès croissant depuis une vingtaine d'années.

Après cet exposé rapide des inconvénients matériels de notre position, nous devrions peut-être parler des inconvénients moraux de l'état actuel et expliquer ici comment la situation présente a amené et entretient entre les deux sections une grande irritation. Au reste, c'est ce qui arrive presque toujours lorsque, dans une commune rurale, se trouvent deux sections a peu près égales et qui croient pouvoir être indépendantes l'une de l'autre. Mais nous nous trouverions sur le chemin de personnalités défuntes ou vivantes, et nous ne voulons pas quitter un seul instant le point de vue élevé où nous nous sommes placés : l'intérêt de la section de Guécélard.

N'ayant aucun reproche à adresser à la municipalité actuelle de Fillé, nous avons profité de cette trêve pour formuler notre demande d'érection en Commune. Nous croyons qu'il sera plus facile, en l'état actuel, de traiter la question sans passion et sans moyens violents ou d'une véracité douteuse.

Nous prions l'administration de ne point voir ici une misérable question d'amour-propre ni un mécontentement mesquin et passager. Nos esprits ne sont point excités par un vil antagonisme.

Les soussignés osent donc espérer que l'administration compétente voudra bien seconder leurs vœux et ils lui en seront éternellement reconnaissants.

Ils ont l'honneur d'être, avec un profond respect, Monsieur,

Vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.

 

NOTES

N.B.1. - Tous les intéressés ont signé la présente pétition ou ont déclaré verbalement l’approuver, sauf deux ou trois retenus par certaines considérations particulières.

N.B.2. - Un état présentant le détail de tout ce qui n'est qu'indiqué dans la pétition ci-dessus a été joint au dossier.

 

Pièces du dossier :

1°. Déclaration de la mairie de Fillé attestant que pendant l'hiver dernier il était impossible de communiquer entre les deux sections.

2°. Pétition signée par tous les habitants de Guécélard en 1866.

3°. Délibération des conseillers sectionnaires de Fillé en réponse à la susdite pétition.

4°. Rapports de la municipalité avec l'école et avec les habitants de Guécélard.

5°. Comptes à régler entre les deux sections avant ou après la séparation.

6°. État de situation de la caisse communale à la fin de l'année 1866.

7°, 8°, 9°, etc. État fictif des recettes et dépenses présenté par M. le maire en 1866, et renseignements statistiques faisant voir les erreurs contenues dans cet état fictif.

 

Certifié véritable par les conseillers sectionnaires de Guécélard, soussignés :

PIVRON, LIVACHE CONSTANT, BRADOR,

J. LOYER, CORDIER.

 

 

 

 

 

Cadastre 1844 Fillé-Guécélard (Arch. Dép. de la Sarthe)

Cadastre 1844 Fillé-Guécélard (Arch. Dép. de la Sarthe)

Passage entre Fillé et Guécélard par le bac.

Passage entre Fillé et Guécélard par le bac.

Le gué sur le Rhonne à Guécélard.

Le gué sur le Rhonne à Guécélard.

En avril 1872, la question est abordée par le Conseil Général. Mais le dossier est sur le bureau du Préfet et il faut attendre août de la même année pour qu'un développement plus conséquent apparaisse dans les compte-rendus du Conseil Général.

Il faut bien comprendre que la guerre de 1870-1871 amène la disparition du Second Empire et la proclamation de la Troisième République. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que les élus de la section de Guécélard renouvellent leur demande après la tentative précédente de 1866. Le changement de régime, et donc des autorités décisionnaires, pourra peut-être faire avancer le dossier puisque la loi organique départementale de 1871 autorise le Conseil Général à donner son avis quant à un changement dans l'organisation du département.

En août 1872, le dossier est présenté par le comte de La Suze, Robert Michel de Chamillart, conseiller général résidant à Courcelles-la-Forêt. Il dresse la liste des points qui justifieraient la partition : superficies à peu près égales, nombre d'habitants à peu près égal et la rivière Sarthe qui sépare de manière homogène le territoire. Il poursuit sur les difficultés que rencontrent les habitants de Guécélard lorsqu'ils veulent se rendre à Fillé en traversant la rivière. Il revient ensuite sur les résultats de la commission d'enquête publié en mai 1872 qui émet un avis favorable à la séparation. Mais la question est de savoir si la nouvelle commune de Guécélard serait viable ou pas ; ce à quoi Fillé répond par la négative alors que les représentants de Guécélard disent que c'est tout à fait possible.

On apprend encore que Guécélard possède une école mixte grâce à une souscription volontaire, une grande maison qui appartenait au maître de poste Lemore et qui servirait de mairie et d'école, un presbytère et un cimetière. Et de conclure : « Voilà donc de quoi constituer l'autorité civile et religieuse ».

Par contre, c'est le volet financier qui pose problème. On argumente en disant qu'avec le solde des comptes envers Fillé, Guécélard se verra placé dans une situation financière difficile rendant son autonomie impossible (réunion du conseil municipal de Fillé en date du 13 juin 1872). Mais Guécélard pense qu'un arrangement sera possible avec la commune de Fillé.

Le conseiller général Chamillart propose alors les conclusions suivantes : « Le conseil général donne un avis favorable à la division de Fillé-Guécélard en deux communes, division justifiée par l'enquête, l'avis du Commissaire enquêteur et l'avis du conseil d'arrondissement à l’unanimité ». Le Préfet annonce alors qu'une commission d'arbitrage sera instituée pour régler les conditions de la séparation.

Les inondations de l'hiver 1872-1873 amène une nouvelle intervention du conseil général sur la séparation. La question revient en 1874 au conseil général puisque le Ministre de l'Intérieur a refusé la séparation car Guécélard n'avait pas les moyens financiers pour assumer son autonomie.

En 1875, « le conseil d'arrondissement du Mans insiste pour demander la séparation de la commune de Fillé-Guécélard ». Et le Préfet de répondre que « cette question est aujourd'hui jugée. A la suite des demandes présentées et de vœux exprimés, j'ai écrit à M. le Ministre de l'Intérieur, qui a répondu qu'il ne pouvait donner suite à la séparation qu'on sollicitait ». S'ensuit une discussion poliment tendue entre les conseillers généraux, en particulier MM. Rubillard et Cordelet, et le Préfet sur le rôle de « l'Administration ».

A la fin de l'année 1879, le Ministre de l'Intérieur adresse un courrier au Préfet de la Sarthe. Signalons les passages suivants : « C'est la troisième fois que l'administration est saisie de ce projet, écarté en 1873 et en 1875 […] Depuis, aucun fait nouveau n'est venu modifier la situation ; je ne vois, par conséquent, aucune raison pour revenir sur les décisions prises par mes prédécesseurs. » Il poursuit son courrier en justifiant sa décision qui s'appuie sur l'aspect financier du dossier et la non-viabilité financière de la future commune de Guécélard. Le conseil général et les personnes intéressées verront leur émoi s'altérer avec l'annonce que le Conseil d’État sera saisi du dossier en 1880. Et en effet, la loi du 30 juillet 1880 entérinera la séparation et donc la création de la commune de Guécélard.

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