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20 novembre 2005 7 20 /11 /novembre /2005 18:18

DES PLACES SONT A LOUER A L’EGLISE

Il fait froid ce mardi 8 décembre 1761. En ce jour de fête de la Conception de la Sainte Vierge, les habitants sont venus nombreux à l’église de Fillé. A l’issue de la grande messe, maître René Bellanger, notaire royal à Roézé, grimpe sur la pierre à bannir au devant de la grande porte de ladite église dans le cimetière. 

Sont également présents les principaux habitants du village : François Gaignon le jeune, charpentier mais aussi procureur de la fabrique et église de Fillé ; maître Charles Bigot prêtre curé de Fillé ; Gervais Jamin, marchand et procureur syndic de la fabrique ; Jacques Tanchot l’aubergiste et boulanger ; Pierre Grosbois et Louis Orry, laboureurs ; Louis Gasse, maréchal ; Jean et Joseph Aslinnes, bordagers ; Gilles Pageot, menuisier ; et d’autres encore.

Le notaire annonce aux villageois la raison de sa présence : la fabrique, qui gère les biens de l’église, rencontre quelques difficultés sur la location des places des bancs dans la nef de l’église. François Gaignon, gestionnaire des affaires de la fabrique, se plaint que certains locataires ont oublié depuis plusieurs années de payer leur rétribution annuelle pour les places qu’ils occupent. Ces rentrées financières seraient les bienvenues dans les caisses, si peu remplies, de la fabrique pour permettre un meilleur entretien de l’église. Il semble que ce manque d’empressement soit le fait d’un désaccord sur la qualité du service proposé : en effet, les bancs ne sont pas tous de même qualité et les locataires contestent le prix demandé.

On décide alors d’uniformiser la taille des bancs : trois pieds de largeur sur quatre pieds six pouces de longueur. Du côté de l’Evangile, ils seront éloignés de quatre pieds des fonts baptismaux et de l’autel saint Sébastien afin que chacun puisse mieux circuler. Du côté de l’Epître, il faut les éloigner d’un pied de la tombe de la dame Leboindre et de quatre pieds de l’autel de la Sainte Vierge.

Celui, qui au terme de deux années consécutives, n’aura pas payé sa place verra son banc sorti hors de l’église et mis en vente.

Ensuite, on procède à l’adjudication desdites places. D’abord, les bancs du côté de l’Evangile. Julienne Nieceron, veuve de François Loizeau reprend sa place au premier rang ; le marchand René Trouvé occupe la seconde place. Au troisième rang, la place dite du Plessis est prise par Louis Orry. La quatrième place est accordée à Jacques Tanchot l’aubergiste. La cinquième place revient à Gervais Jamin. Le charpentier René Belin obtient la sixième place. Louis Gasse, le maréchal, prend la septième place. Mathieu Grosbois, laboureur, loue la huitième place. Louis François Daniel de Beauvais, seigneur du Gros Chenay et de Fillé, a le banc proche de l’autel saint Sébastien.

Du côté de l’Epître, les bancs sont concédés comme suit : la première place est accordée à François Gaignon le jeune. La deuxième est laissée au curé sans contrepartie. La troisième place est dite de la Richardière ; elle appartient aux enfants Oger mais c’est le sieur Edon de la Flèche qui en jouit. François Huard, laboureur, a la quatrième place de l’autre côté du confessionnal.

Le prix d’une location annuelle est de trente sols soit environ cinq journées de salaire d’un ouvrier agricole.

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