Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  • : Histoire du canton de La Suze sur Sarthe
  • : Infos sur l'histoire et le patrimoine des communes du canton de La Suze sur Sarthe (72)
  • Contact

Recherche

15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 09:16
Photo patrimoine : un graffiti américain de la Première Guerre Mondiale à Louplande.

Partager cet article
Repost0
11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 14:55

Page 1/3

En marge :

11 9bre 1759

Resultat de

Voivres pour

Un sacriste Compain

 

  1. Du unze novembre mille sept

  2. cent cinquante neuf issue des vespres

  3. Devant nous Julien Marin Baussan

  4. notaire royal au Maine demeurant parroisse

  5. d’Etival lez le Mans soussigné

  6. Les manans et habitans de la p(aroi)sse de Voivres

  7. es personnes de v(énérable) et d(iscret) m(aîtr)e Jacques Goussault

  8. prestre curé dud(it) lieu, Pierre Vincent procureur de

  9. loeuvre et fabrique, Pierre

  10. Ruillé, Pierre Trouillard, Michel Rocher, Pierre

  11. Grosbois, Mathieu Rocher, Michel Huard, Francois

  12. Galas, Michel Tyberge, Paul Boutelou, Guillaume

  13. Landais, Francois Trouvé, Jean Lecornué, Jacques

  14. Allard, Louis Drouard

  15. et pluzieurs autres principaux habitans de lad(ite)

  16. p(aroi)sse tous faizant la meilleure et plus saine partye

  17. du general assemblés en corps issue des vespres au pied

  18. de la croix boissée lieu ordinaire des assemblées

  19. apres le son de la cloche et avertissement a eux fait

  20. a suffire a la diligence dud(it) Vincent leur procureur

  21. de fabrique lequel leur a remontré que Louis Lucas

  22. leur antien sacriste etoit décédé pourquoy il seroit necessaire

  23. den nommer un autre en son lieu et place

  24. surquoy lesdits habitans ayant murement conferé

  25. ensemble ont unanimement et d’une commune voix

  26. dit et déclaré qu’ils etoient prêt et offrent

  27. un autre pour faire la fonction de

  28. sacristel pour sonner les cloches aux heures du service deues

  29. que le s(ieu)r curé ou son vicaire luy dira, et de sonner

  30. l pendant un an a partir de ce jour

 

Page 2/3

  1. au matin, au midy et au soir tous les jours langelus

  2. dassister a leglize et le s(ieu)r curé ou son vicaire dans touttes

  3. les fonctions qui regardent le spirituel soit pour aller

  4. en parroisse quand les s(ieu)rs curé ou vicaire y serontll

  5. appelles+ (en marge : ou pour assister aux messes matutinales grande messe vespres ou salut), et blanchir les aubes napes d’autel et

  6. autres linges de l’eglize, entretenir les hayes du

  7. cimetière dudit lieuoo en sorte que les bestiaux ny puissent

  8. entrer, et pour le favorizer et luy donner des honoraires

  9. raizonnables ils promettent et s’obligent luy donner

  10. chacun an scavoir les fermiers laboureurs chacun un

  11. boisseau de bled seigle criblé comble mesure du Manso, les

  12. bordagers demy boisseau a mesme mesure, et les

  13. chambries et journaliers chacun cinq sols par an, et

  14. luy donneront a leur volonté les chanvres a la nouvelle

  15. année que lon appelle vulgairement aguilanleu, et

  16. les œufs de Pasques (en marge : quil coupera le bois taillable qui est autour du cimetiere dudit lieu aura les fruits dudit cimetiere si il y en a et quil luy sera delivre chacun an une livre de savon par le procureur de fabrique), auxquelles charges clauses et conditions

  17. est intervenu Jean Compain tixerand present et acceptant

  18. demeurant parroisse de Fay lequel a bien voulu

  19. accepter ladite charge et faire la fonction de sacriste de

  20. ladite parroisselll et sacquitter du tout fidellement et

  21. sy compoter en homme de bien et d’honneur et obeir

  22. audit s(ieu)r curé ou au s(ieu)r vicaire en tout ce qui regarde

  23. leglizex, et payera ledit Compain le coust des presentesxx Dont

  24. acte et de ce que dessus lecture donnée auxd(its) s(ieu)r curé

  25. habitans et Compain ils l’ont ainsy voulu et accepté pourquoy

  26. les avons de leur consentement jugé fait et arresté au pied

  27. de la croix boissée dans le cimetière dudit Voivres lieu

  28. ordinaire des assemblées lesd(its) jour et an que dessus presents

  29. Jean Letourmy boulanger et Charles Poignand

 

Page 3/3

  1. cordonnier demeurants parroisse dudit Etival

  2. temoins a ce requis et appelles lesdits procureur et

  3. habitans ont fors les soussignés+ declaré ne scavoir

  4. signer de ce enquis, en marge ou pour assister aux messes

  5. matutinales, grande messe, vespres ou salut, qu’il coupera

  6. le bois taillable qui est autour du cimetiere dud(it) lieu, aura

  7. les fruits dudit cimetiere si il y en a, et qu’il luy sera delivre

  8. chacun an une livre de savon par led(it) procureur de fabrique

  9. o tel qu’ils le cueilleront oo fors les grosses barieres, et

  10. echaliers qui seront aux depends de lad(ite) fabrique, glose crible

  11. xx declarant que le contenu en ces presentes vault quarante livres

  12. raye quatre mots ou sillabes nuls x et mesme ne poura sans permiss(ion)

  13. s’absenter et sans avertir led(it) s(ieu)r curé ou son vicaire + et ceux qui se

  14. sont retirés sans avoir signer lll pendant un an et aura le proffit des petites chandelles

  15. [signatures] J. Goussault cure de Voevre, J. Compain

  16. C. Poignand, J. Letourmy

  17. Baussan

Partager cet article
Repost0
10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 12:09

Des médiathèques et bibliothèques du Val de Sarthe se sont impliquées dans le programme Terres de Paroles. Ainsi ce week-end dernier, deux temps forts se sont déroulés à La Suze ainsi qu’à Fillé sur Sarthe.

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Vendredi 7 février 2020, la médiathèque Les Mots Passants de La Suze proposait le spectacle P’eaux vives en s’appuyant sur la mémoire autour des anciennes tanneries de La Suze. Encadré par le comédien Didier Bardoux, un groupe hétéroclite s’est activité à mettre en œuvre une série de présentations variées, tantôt sérieuses, tantôt humoristiques, sur le thème des tanneries.

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Cliché Denis Freslon

Et le dimanche 9 février 2020 à Fillé, plusieurs membres de la bibliothèque présentèrent à un public nombreux des lectures de textes dont le dénominateur commun était le moulin. La production de ces écrits a été travaillée avec le comédien Pascal Larue qui a managé la présentation de ce spectacle.

Terres de Paroles - Val de Sarthe
Terres de Paroles - Val de Sarthe
Terres de Paroles - Val de Sarthe
Terres de Paroles - Val de Sarthe
Terres de Paroles - Val de Sarthe

Une belle initiative qui a permis de travailler sur la mémoire des lieux et mettant en lumière des personnages qui avaient jadis fait vivre ces endroits. Espérons également que ces textes puissent être gardés dans un ouvrage qui pourrait être déposé dans les différentes bibliothèques.

Partager cet article
Repost0
5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 18:10
Photo patrimoine : La Suze sur Sarthe

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 11:15

A l'occasion des 75 ans de la libération du camp d'Auschwitz, nous remontons cet article à propos des déportations dans la région de La Suze lors de la Seconde Guerre Mondiale.

A l'approche des cérémonies du 8 mai, nous publions cet article pour illustrer un aspect de la Seconde Guerre Mondiale dans notre région.

 

Que personne n'oublie ce qu'amènent les régimes autoritaires qui prétendent agir au nom du peuple et pour son bien !

La région de La Suze n'a pas été épargnée par les arrestations et les déportations durant la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945). Elles sont le fruit de l'occupation allemande, mais aussi de la politique française de collaboration avec les autorités allemandes.

Les historiens, universitaires et spécialistes de cette période, ont démontré qu'il y avait une réelle volonté chez certains Français de participer à la politique de collaboration avec les Allemands.

Le grand historien français Jean-Pierre Azéma a largement montré dans ses travaux la complexité de la question avec des politiques de collaboration ayant des variantes quant à leurs conceptions. Mais toutes ont intégré l'idée qu'il fallait travailler avec les autorités allemandes et ce dans tous les domaines, y compris les arrestations et les déportations vers les camps de concentration et d'extermination. Ces Français, de par leur engagement auprès des occupants allemands, sont bien en partie responsables de ces actes ignominieux.

 

Pour avoir une vision plus globale sur les déportations en Sarthe, on pourra consulter les sources suivantes :

Il ne s'agit pas dans cet article de faire un inventaire exhaustif des déportés, mais simplement de présenter quelques cas afin de montrer que les déportations ont touché toutes les parties de la population.

Parmi ces déportés, citons par exemple la famille Blum qui résidait au château de Mondan à Guécélard et qui était liée à la famille Leven des tanneries de La Suze. Edouard Blum avait épousé à Paris, en 1921, Georgette Leven. Ils ont eu trois enfants : Annette, Lise et Jean. Fin septembre 1942, les autorités allemandes procèdent à l’arrestation de la famille à Mondan. Le père, Edouard, réussit à s'enfuir et rejoint les mouvements de la Résistance et prend alors le nom de Francis Beaumier ; son fils Jean a également pu s'enfuir. Quant à la mère et aux filles, elles sont envoyées au camp de Drancy en région parisienne avant d'être déportées au camp d'Auschwitz où elles périssent en 1943 quelques jours après leur arrivée dans le camp d'extermination. Elles sont inscrites sur le monument aux morts de la commune de Guécélard.

Monument aux morts de Guécélard

Monument aux morts de Guécélard

Mondan à Guécélard

Mondan à Guécélard

A Mondan, on trouvait aussi Henri Hesse lié à la famille Leven par sa femme. Cet officier de la Légion d'Honneur, détenteur de la Croix de guerre, était commandant d'artillerie. Il est arrêté également fin septembre 1942 puis déporté vers Auschwitz où il meurt en 1943. Il y avait aussi Philippe Levy-Arturo, autre membre de la famille Leven, qui fut arrêté fin septembre 1942 au Mans, puis déporté au camp de Sobibor où il meurt en 1943 cinq jours après son arrivée.

Mondan à Guécélard

Mondan à Guécélard

Certains réfugiés avaient fini par arriver en Sarthe en espérant y trouver un espace de tranquillité. C'est le cas de Paula Khan, juive allemande qui avait fui l'Allemagne nazie. Elle s'installe en Alsace mais doit quitter la région et arrive à Spay en septembre 1939 ; sa famille espérait trouver là un refuge face aux bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Installée dans le bourg, elle souhaitait exercer la profession de tricoteuse et brodeuse. A la fin de l'année 1941, elle déménage au Mans où elle est arrêtée en 1942. On l'envoie au camp d'Auschwitz d'où elle n'est jamais revenue.

Les vagues de rafles de 1942 sont dans la suite logique de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 à Paris où plus de 13 000 personnes sont arrêtées par la police française sous les ordres de René Bousquet. Les victimes de la rafle du Vel d'Hiv seront envoyées vers les camps de concentration et d'extermination d'où elles ne reviendront jamais.

Cette année 1942 marque également un nouveau positionnement dans la population française. Certains Français, peu impliqués par rapport au projet politique de l’État Français de Pétain, trouvent que ces vagues d'arrestations vont beaucoup trop loin ; et certains d'entre eux rejoindront des mouvements de la Résistance pour défendre les valeurs démocratiques françaises.

Pour certaines familles sarthoises, cela passera tout simplement par l'accueil d'enfants juifs afin de les soustraire aux rafles. Il s'agit là d'actes courageux puisque ces familles d'accueil risquaient à leur tour d'être arrêtées et déportées si on venait à découvrir la vérité.

Une plaque commémorative posée il y a peu à la Fredonnière à Saint-Ouen-en-Belin

Une plaque commémorative posée il y a peu à la Fredonnière à Saint-Ouen-en-Belin

Dans la région de La Suze un petit groupe de résistants fera également les frais de la politique de collaboration avec les autorités allemandes. Il y avait une petite entité (M4 Action) composée de Paul Boutier, Clément Fournier, Victor Gouget, Maurice Lochu et Paul Robin. Ils avaient organisé un réseau permettant d'obtenir des cartes de ravitaillement, de cacher des réfractaires au Service du Travail Obligatoire, de préparer de parachutages, etc.

Malheureusement pour eux ils sont arrêtés en mai 1944 par la Gestapo et la Milice. Ils sont conduits au siège de la Gestapo dans une des prisons mancelles où ils sont soumis à la torture. Puis ils sont envoyés vers le camp de concentration de Dachau.

Clément Fournier avait décrit sa vie au camp dans un article publié dans un bulletin municipal au début des années 90. « A Dachau, nous sommes arrivés le 5 juillet [1944] pour subir la « désinfection ». Chacun son tour, on devait passer pour se faire raser complètement et badigeonner sur tout le corps d'un produit très fort. Mais les Allemands sadiques en ont tués quelques-uns. […] A Dachau, il ne fallait pas aller au dispensaire, car ils faisaient des expériences sur nous. Et même si on survivait, on allait au four pour ne pas pouvoir raconter. […] Au retour, je faisais 38 kg pour 1,65 m. ».  Quant à Maurice Lochu, il meurt début avril 1945, victime du typhus.

Maurice Lochu et sa famille

Maurice Lochu et sa famille

Il reste aujourd’hui de ces heures sombres des monuments commémoratifs, des noms sur les monuments aux morts.

Mézeray - Monument aux morts

Mézeray - Monument aux morts

Merci à Lydia Rocher de la mairie de La Suze pour avoir trouvé du temps afin de fouiller dans les anciens bulletins municipaux.

 

 

 

M. Le Quéau, maire de Parigné-le-Pôlin, nous a également transmis un document concernant Ernest Papin né à Parigné en 1915. En 2005, son nom a été ajouté sur le monument aux morts de la commune et un article avait été écrit par M. Daniel Laulanné. En voici un résumé.

Ernest Papin est né en 1915 à Parigné-le-Pôlin et a passé la première partie de sa vie en Sarthe. Lors de l'invasion allemande en 1940, la famille prend la route pour passer au sud de la Loire.

Sa femme et sa fille reviennent à Montfort-le-Rotrou où Ernest Papin avait un emploi de chauffeur chez le marquis de Nicolaï. Le chef de famille est resté en zone libre où il rejoint la Résistance dans le Massif Central.

Il est arrêté en octobre 1943 à Clermont-Ferrand. Après avoir été torturé, il est envoyé au camp de Buchenwald, puis à Mauthausen et enfin à Gusen. C'est là qu'il meurt le 27 avril 1945.

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 18:00

Nous commençons l'année 2020 par une nouvelle étude toponymique en abordant la commune de Mézeray.

Anguiloux (1827, A3) : Le sens de ce toponyme est assez difficile à éclaircir. Si on se raccroche aux mots anciens proches de « anguille », on peut penser à ce qu’on appelait l’anguille des bois ou des haies c’est à dire la couleuvre ; ce pourrait donc être l’endroit où on trouve des serpents. Cela pourrait aussi évoquer un lieu boueux et ombragé. Au moment de la Révolution, l’endroit appartenait à Chamillard de La Suze et fut vendu comme bien national à Jacques Bertron de La Flèche.

 

Arablay (1827, C2) : On connaît des formes anciennes du XIème siècle dans le cartulaire de Saint-Aubin. Ainsi dans une charte antérieure à 1080 donnant l’église de Malicorne aux religieux de Saint-Aubin, Gauscelinus et Tetbertus de Arableto sont cités comme témoins. On retrouve Gauscelinus de Arrableto nommé dans un document daté des environs de 1099 lors de la donation des dîmes de Mézeray (Miseracii, Miseratio) par les seigneurs de Malicorne aux religieux de Saint-Aubin. Certains y voit un lieu peuplé d’érables ; mais il ne faut pas oublier le terme latin « arabilis » qui désigne une terre labourable ce qui correspond bien à cette partie du territoire communal. Arablay relevait de la châtellenie de Courcelles au Moyen-Âge. Au moment de la Révolution, la métairie appartenant à Chamillard et est vendue comme bien national à Pierre Deshayes de Malicorne.

Cadastre 1827

Cadastre 1827

Arpenteau (L’) (1827, E4) : Le nom dérive sans doute de « arpent » (un arpent correspond à environ 50 ares) et pourrait avoir le sens de « petit terrain ».

 

Aubepin (L’) (1827, C2) : Le lieu peuplé d’aubépines. En 1825, lors de la vente de la propriété de la Rafrère, la métairie de l’Aubépin faisait partie du domaine. Elle faisait un peu plus de 18 hectares et était occupée par Pierre Cosnier.

 

Augonay (Lande l’) (1827, A2) : C’est un très vaste sujet qui mériterait une étude à lui seul. Il s’agit en réalité du mot « Longaulnay » lié à un immense fief de la seigneurie de La Suze. La dernière partie du nom évoque l’aulne, arbre des milieux humides. Quant à la première partie du toponyme, c’est un peu plus obscur. Faut-il voir dans le mot « longus » quelque chose de grand, d’éloigné ? Ou comme certains un vieux mot gaulois, « longo », ayant un rapport avec un lieu humide ?

Carte de Jaillot, 1706

Carte de Jaillot, 1706

Bastiennerie (La) (1827, D3) : Sans doute le lieu habité par Bastien.

 

Baumairie (La) (1827, E1) : Le lieu vient peut-être du patronyme Bomer. Il y avait au VIème siècle un Bomer, ermite dans le Perche. C'est de ce prénom qu'est apparu le patronyme « Bomer » ; c'est le même processus que pour le prénom « Martin » devenu lui aussi un nom de famille. En 1821, le lieu de la Baumairie est mis en vente ; il est constitué d’une maison manable, à cheminée, et four au pignon. Il y a également un toit à porcs, une pièce à cheminée servant d’écurie. L’ensemble est couvert de tuiles.

 

Béatrix (1827, C3) : Curieux toponyme très rare en Sarthe qui trouve sans doute son nom dans le même patronyme : Béatrix. Ceux qui s’intéressent aux poteries de Malicorne connaissent bien ce patronyme couplé à celui de Pouplard. Mais c’est aussi un prénom qui fut également rattaché aux seigneurs de La Suze. A noter qu’à Lavardin existe un lieu-dit nommé au XVème siècle « La Béatrixerie » et dont le nom venait de son détenteur.

Beaugenet (1827, D3) : Toponyme très explicite d’un lieu situé au sud-est du bourg dans des zones où la toponymie a laissé diverses traces liées à la végétation.

 

Bel et Bas (1827, D1) : Il faut bien sûr lire « Bel-Ébat », nom de lieu-dit fréquent en Sarthe. Pour « Bel », il faut comprendre une endroit agréable. Pour « Ébat », on peut s’orienter vers « distraction », « amusement ». Plus vraisemblablement ici, puisque nous sommes à proximité du manoir des Grandes Maisons, dont nous reparlerons plus bas, il faut se tourner vers la vénerie, où le terme « ébat » désignait l’action de mener les chiens hors du chenil pour qu’ils fassent de l’exercice.

Belles (Les) (1827, C3) : C’est un toponyme toujours difficile à expliquer tant il existe de possibilités, d’autant plus qu’on trouve aussi la forme « Bayles ». On ne va pas garder ce qui oriente vers la divinité gauloise « Belenos » car c’est en général trop hasardeux. Dans la très grande majorité des cas « Belle » est toujours accompagné d’un autre mot. On connaît à Beillé un lieu-dit « Les Belles » qui est dit au XVème siècle comme appartenant aux héritiers d’Étienne Belle, ce qui laisse à penser que le mot pourrait provenir d’un patronyme. Peut-être faut-il se rapprocher du patois sarthois « baile » qui désigne le cresson, et donc le nom serait en rapport avec un lieu humide. D’ailleurs sur le cadastre de 1957, le lieu des Belles est bordé par le ruisseau des Bayles.

 

Belles (Les Petites) (1827, C3) : En 1814, le lieu est mis en vente à la réquisition de Jacques Lépine, cultivateur, demeurant commune de Mézeray, oncle et tuteur électif de Pierre Lépine, enfant mineur issu de Pierre Lépine et de Marie Chartier, son épouse, et héritier pour un douzième de Magdelaine Lépine, sa tante, et d'Anne Coubard, veuve de René Potier, demeurant aussi commune de Mézeray, comme mère et tutrice légale de François Potier, fils mineur issu de son mariage avec ledit défunt René Potier, et héritier pour un huitième de ladite Magdelaine Lépine, sa grand-tante.

Il est dit du lieu des Petites-Belles qu’il est « situé au bas du Grand-Gâtines, commune de Mézeray, consistant dans des bâtiments d'exploitation, un jardin d'environ 6 ares, la moitié indivise avec les héritiers Jouye du champ de l'Aire, contenant au total 44 ares, le champ Long de 44 ares ; une portion de pré d'environ 8 ares, à prendre dans un plus grand pré, près la Corvaisière ; une autre portion de pré d’environ 9 ares, à prendre dans le même pré; le champ de Gâtines, contenant 55 ares y compris un mortier ; et le champ des Mortiers, de 35 ares, y compris deux mortiers; le tout ou environ exploité par François Foureau, et estimé par le sieur Chauvelier, expert, la somme 1000 f. en capital. » La présence des mortiers, c’est à dire de trous d’eau, conforte l’explication toponymique donnée plus haut.

Bigotière (La) (1827, E3) : Le lieu habité par Bigot.

 

Bletinière (La) (1827, E3) : Sans doute le lieu habité par Blet.

 

Bois (Le Haut) (1827, B2) : Nous sommes là dans un secteur boisé. D’ailleurs la toponymie environnante reprend le thème des bois.

 

Bois (Le Petit) (1827, B2) : Voir ci-dessus.

 

Bois (Le Petit) (1827, D1) : Là encore, le toponyme est située dans un secteur occupé par les bois.

 

Bordière (La) (1827, B3) : Il est difficile de dire si le toponyme est plus proche du « Bordage » ou simplement d’un lieu qui borde un endroit.

 

Bouctau (1827, C2) : Mot qui désigne un petit bois, un bosquet.

Boucteau (Le) (1827, B3) : Voir ci-dessus.

 

Bouëre (1827, C2) : En patois sarthois, une boére est une tranchée remplie d’eau ou encore un trou d’eau. On extrayait dans ce secteur de l’argile ; c’est le cas au XIXème siècle pour la faïencerie Pouplard-Béatrix. Bouëre était jadis un fief ; la métairie appartenant à Chamillard de La Suze est cédée lors de la vente des biens nationaux à Jean Loiseau, potier de Malicorne, en l’an III. Elle retourne l’année suivant dans le biens de la famille Chamillard.

Bourg (Le Petit) (1827, A3) : Situé sur le chemin menant à Saint Jean du Bois, le nom semble indiqué un habitat proche du village, d’où sous nom. Le lieu est vendu en 1701 par Pierre Blanchard à Jean Bigot.

 

Bourmauderie (La) (1827, D3) : Le lieu habité par Bourmault.

 

Boussardière (La) (1827, C3) : Le lieu habité par Boussard.

 

Boutevinerie (La) (1827, E4) : Le lieu habité par Boutevin.

 

Brandelle (La) (1827, D3) : La brande est un mot qui désigné la bruyère. Cela vient du vieux français « brander » qui veut dire « brûler », « s’embraser ». « La Brandelle » est donc un lieu occupé par la bruyère et ce n’est pas un hasard si on trouve à proximité « Beaugenêt » ou encore des toponymes en rapport avec des défrichements.

 

Brisardière (La) (1827, D4) : Le lieu habité par Brisard.

Brosse (La) (1827 ; E3) : Le toponyme « Brosse » désigne un lieu broussailleux. Il est souvent en rapport avec l'idée de défrichement.

 

Brosse (La Petite) (1827, E3) : Voir ci-dessus.

 

Buisson (Le) (1827, B1) : C’est encore un toponyme en lien avec la végétation. Il pourrait s’agir d’un lieu en limite d’une zone de défrichement entre les bois et les champs.

 

Buraisière (La) (1827, C2) : Ce pourrait être le lieu habité par Burais ou Beurais. Le lieu appartenait à Chamillard et est vendu au moment de la Révolution à Claude Chevreuil de Malicorne.

 

Butte (La) (1827, E4) : Ce toponyme indique de manière générale une proéminence du relief, que ce soit d’origine naturelle ou encore d’origine humaine. Il n’y a pas ici de traces archéologiques d’une motte féodale et le relief est globalement plat. Il est donc difficile de se prononcer sur l’origine du nom.

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 09:52
Photo Patrimoine : Guécélard

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 15:04

Quelques graffitis réalisés par des soldats américains de la Première Guerre Mondiale ont été découverts il y a peu dans un grenier à Écommoy. Les clichés sont de Patricia Heuzé.

Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy
Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy

Avant l’Armistice, la zone d’Écommoy concentre des troupes qui prendront ensuite la route du front. Elle est alors intégrée dans le 2nd Depot Division avec d’autres sites de la région mancelle, et est sous la gestion du 329th Infantry relevant de la 165th Infantry Brigade.

Des troupes américaines s'arrêtaient au Mans après leur arrivée en France. La 83th Division du général Glenn arrive en France au cours du mois de juin 1918 et va gérer la dite zone en formant plus de 195 000 militaires. Certaines unités restent là quelques jours pour suivre des formations comme par exemple une formation aux gaz.

Ainsi le soldat William H. Daniels de la 31st Division arrive à Brest le 20 octobre 1918 puis à Écommoy le 25 octobre où il reste jusqu’au 5 novembre. Ou encore le soldat John W. Johnston qui passe par Écommoy entre les 14 et 30 août 1918 avant de monter vers la Meuse et l’Argonne où il est gazé en octobre 1918.

Le témoignage d'un autre soldat américain, Arl B. Kelly du 57th Pioneer Infantry, explique assez bien ce parcours en France à partir de l'automne 1918 : « Nous avons pris la mer le 29 septembre et sommes arrivés à Brest, France, le 8 octobre 1918. Nous sommes restés à Brest pendant 3 jours et nuits. Nous étions stationnés à Cremay pendant 2 semaines et de là nous sommes allés au Mans. Nous sommes arrivés là le 30 octobre, nous sommes restés un jour, et avons ensuite été transférés par camion à Cérans-Foulletourte, en France [...] et de là nous sommes allés à Saint-Ouen [...]. Nous étions sur le champ de tir le 11 novembre, jour de l'armistice. De là, nous sommes allés à Écommoy [...]. Nous quittâmes Écommoy le 1er janvier 1919, retournâmes à Brest et retournâmes aux États-Unis le 23 janvier 1919. » 

Il y avait également à Écommoy le Camp Hospital N° 114 dont on connaît mal les dates de fonctionnement ; le chef du service chirurgical en était George D. J. Griffin. On sait par exemple que lors de la fermeture du Camp Hospital N°72 de Château du Loir le 14 mai 1919, le personnel est transféré vers celui d’Ecommoy.

Après l’armistice, la région d’Ecommoy, tout comme beaucoup d’autres communes de la Sarthe, va accueillir des divisions américaines qui stationnent là en attendant un embarquement vers les États-Unis.

Selon les documents du YMCA, Ecommoy était le premier centre d’embarquement avant que Le Mans ne le devienne. Le 16 novembre 1918, le YMCA fait de l’ancienne salle de bal un baraquement pour y recevoir les soldats. C’était à la fois une cantine et une salle de spectacle où évoluait le 329th infantry pour divertir les troupes de passage.

Pour Noël 1918, on organise vieux noël anglais comme à la cour avec chanteurs, bouffons, personnages historiques, soldats acteurs. La population locale assiste aux représentations et 600 enfants du secteur sont conviés autour d’un grand arbre de Noël. Ils reçoivent divers présents : argent, cadeaux achetés à Paris, bonbons, cigarettes, tabac.

Lorsque Le Mans devient le principal centre d’embarquement, Ecommoy devient une zone de cantonnement pour les divisions de passage vers les ports.

On verra d’abord la 26th Division entre la fin janvier 1919 et la fin mars 1919. Puis ensuite viendra la 80th Division qui restera dans la région jusqu’au mois de mai.

Le sergent Sam Avery de la 26th Division s’installe dans le secteur d’Ecommoy le 4 février 1919 ; ainsi le 103rd Regiment HQ est à Laigné ou encore le 104th Infantry sur le Grand Lucé. D’autres iront sur Mulsanne, Saint Biez en Belin ou encore Moncé en Belin. L’arrivée est délicate car le froid est vif à ce moment de l’année.

Ce sergent nous rapporte que deux événements majeurs sont vécus par les soldats :

- la revue par le général Pershing, sur un cheval blanc, en février 1919 (environ 25 000 hommes) au champ de tir de Saint Biez en Belin. Ce fut compliqué pour les soldats qui durent être aux ordres entre six heures du matin et dix-sept heures.

- entre les 10 et 12 mars : compétitions sportives à Ecommoy avec football, boxe, football américain, etc. Mais il y a aussi des exercices militaires : marche de dix kilomètres, courses avec masques à gaz, etc. Et tout ceci en présence du général Summerall.

 

 

Des graffitis américains de la Première Guerre Mondiale à Ecommoy

Le reste du temps, les occupations tournent autour de l’entretien des routes ou des travaux à faire sur les différentes infrastructures américaines du Mans.

Mais l’événement marquant pour ces soldats sera, fin mars, le voyage jusqu’à Brest d’où ils retourneront aux États-Unis.

Cette division avait plutôt laissé une bonne image de son passage.

Puis en mars 1919 arrive la 80th Division dont les différents régiments occupent la région. Par exemple, le 318th Field Hospital s’installe à Laillé. Comme souvent, les soldats sont logés dans les granges et étables.

Les conditions météorologiques ont été bien meilleures pour cette division qui profite de la chaleur du printemps sarthois.

La cantine était ouverte de 8h du matin à 9h du soir et environ 33 personnels du YMCA géraient le foyer. L’importance du nombre de soldats a fait qu’il a fallu améliorer le centre d’accueil. Dans ses commentaires, le YMCA signale que la deuxième vague, la 80th Division, a pu profiter de ces améliorations ; en tout cas elle a laissé un très bon souvenir au YMCA.

Mais il faut gérer cet afflux et on recourt souvent à la débrouillardise. Au début avril 1917, on prévoit la diffusion d’un film mais il n’y a pas de tente disponible et la pluie s’en mêle. On se replie alors sur une cave près du cantonnement.

Le problème majeur pour le commandement est de pouvoir maintenir les soldats avec un bon état d’esprit et de pouvoir les occuper. D’autant plus qu’une certaine agitation est provoquée par le retard des départs.

Il faut donc maintenir la discipline militaire avec de multiples inspections et des exercices militaires. Quant aux soldats au bon comportement, on décide de les exfiltrer de la zone pour se rendre à Paris, Londres ou autres grandes villes historiques. Certains ont ainsi des congés d’environ dix jours.

Pour les soldats ayant peu de compétences, il est prévu des cours d’enseignement. L’accueil de cette mesure est globalement mitigé. Quant aux officiers et hommes sélectionnés, ils pourront aller dans des universités françaises ou anglaises ou encore à l’université du YMCA à Beaune.

Pour mieux apprécier la vie de ces soldats américains à Ecommoy, on peut s’appuyer sur le journal de William A Livergood du 318th Infantry Regiment (80th Div.). Il arrive le 15 mars 1919 à Ecommoy et puis loge dans une ferme sans doute au Grand-Lucé. Le 3 avril, il se rend à la gare d’Ecommoy pour rejoindre Le Mans avec de nombreux chevaux. Puis il va au Theil le lendemain en camion pour chercher des chevaux. Il repart le 6, marche toute la journée et couche à Connérré où il passe la soirée avec le YMCA. Il arrive le lendemain après-midi au Mans avec 300 chevaux. Le 12 avril est un jour d’inspection puis de concours de tir. Le 13, il dort toute la journée. Le 14, il effectue un peu de travail dans la matinée puis ensuite se déroule une inspection. Le 15 avril il y a une nouvelle inspection et puis encore une autre le lendemain. Le 19 se déroule une autre inspection puis il se rend chez le dentiste. Le 20 avril a lieu une inspection sanitaire le matin puis il y a match de baseball l’après midi. Le 21 avril, il retourne chez le dentiste. Le 22 avril, il réceptionne de la viande en conserve, construit des latrines puis assiste à une séance de cinéma en soirée. Le 23, il travaille en matinée puis est au repos ensuite. Le 24 avril, il retourne chez le dentiste puis dort l’après midi. Le 25 avril il y a encore une inspection. Le 29, la neige et la pluie occupe sa matinée. Le 30, il participe à une inspection sanitaire. Le 1er mai, un exercice militaire occupe le régiment ; il va ensuite dans une pharmacie pour soulager son mal de dent. Il pense alors que le départ est proche, mais après son report le moral baisse. Les 2 et 3 mai, il pleut. Le 4, une nouvelle inspection a lieu. Le 5 mai il participe à un exercice militaire. Le 6, c’est encore un exercice puis ensuite un match de base-ball. Le 7 mai, ce sont encore des exercices. Le 8, les exercices sont suivis d’une revue puis d’une séance photo. Le 12 mai se déroule une inspection générale. Et enfin le 16 mai, il quitte le Grand-Lucé pour Écommoy. Il prend le train pour Brest où il embarque le 20 et arrive aux États-Unis le 1er juin.

 

Le passage des soldats a également amené des mariages franco-américains. Ainsi est décédée en 2014 au Texas Jeanne Marcelle Henry, née à Ecommoy le 28 juin 1919 de John Hendrick Roberts et de Marcelle Naomi Desmoulière.

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 21:35
Photo patrimoine : Fillé sur Sarthe

Partager cet article
Repost0
20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 06:56
Photo Patrimoine : Fercé sur Sarthe

Partager cet article
Repost0