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  • : Histoire du canton de La Suze sur Sarthe
  • : Infos sur l'histoire et le patrimoine des communes du canton de La Suze sur Sarthe (72)
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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 12:45

Le mercredi 8 juin 2011 à 18h30 une conférence sera donnée sur le site du moulin de Fillé (72).

Le thème en est "Les découvertes archéologiques dans la région de La Suze".

 


 

03-03-2007-022.jpgIMGP0151.JPG

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:06

 

Dans le cadre du programme "Histoires d'eaux" organisé par le Conseil Général de la Sarthe, nous ferons une visite le long de la rivière à Spay et Fillé.

 

 

 

Affiche-2011-copie-1.jpg

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 11:07

 Les toiles du Maine

a)      Généralités

Les toiles du Maine sont fabriquées à partir de fibres végétales. Pour simplifier, disons que la Mayenne est plus axée sur le lin alors que la Sarthe s’oriente vers le chanvre. A partir de ces toiles, on produit des draps de lit, des serviettes, des torchons, des chemises, des habits, etc. C’est un produit plus rustique et donc moins onéreux que les étamines.

 

Nombreuses productions sont locales et fabriquées par certains habitants des paroisses pour leur usage personnel ou pour une clientèle retreinte.

Il ne faut cependant pas omettre qu’il existe tout de même un marché pour les toiles fines qui après un long travail de blanchissage vont être commercialisées. Notons dans ce domaine la prédominance des blanchisseries lavalloises. La tradition mayennaise remonterait au 13ème siècle lorsque Béatrix de Gavre, femme de Guy IX de Laval, aurait amené le savoir-faire flamand.

Un certain nombre des ces toiles mayennaises étaient achetées par des marchands malouins qui les revendaient en Espagne. C’était un commerce florissant comme le montre  le marché des halles de Laval le samedi matin où plus de 500 pièces étaient présentées à la marque entre huit et dix heures sur les tables d’une quinzaine d’auneurs.

 

Un autre aspect important est l’interdiction du commerce des toiles en point de Venise en 1665. En contrepartie, c’est le point de France qui va se développer et en particulier dans la région d’Alençon avec des sites autour de Mamers, Fresnay, Beaumont. Cette activité permet aux personnes âgées, aux bergères ou encore aux mendiants de l’Hôpital Général du Mans d’assurer un revenu complémentaire.

 

 

b)      L’activité dans le Haut Maine

Comme pour les étamines, certaines familles sont à l’origine du développement de l’activité. Ainsi les Bérard en la personne de Pierre qui, en 1665, va créer la manufacture des toiles du Mans en s’alliant à d’autres investisseurs tels Julien Bouteiller, maître le forge d’Antoigné, Jacques Marchais, maître de la verrerie de la Pierre, André Cheval, bourgeois, Philippe Hermé, marchand, Jacques Butet, notaire, Jean Gallois et Pierre Béraulut, avocats.

 

En Sarthe, on travaille surtout la toile de chanvre ; les pôles majeurs sont la Ferté Bernard, Mamers et Château du Loir. Voici ce qu’en disent quelques témoins de l’époque :

·         1752, Le Grand Lucé : « La plupart des tisserands demeurent à la campagne. Le plus souvent leurs moyens ne leur permettent pas de faire du commerce pour leur compte, ils font des toiles pour les bourgeois et autres … Il y a encore des tisserands audit Lucé que l’on peut qualifier de journaliers, et quand ils manquent de toiles, ils vont en journée. »

·         1762, Bureau d’Agriculture, Château du Loir : « Il [le chanvre] est nécessaire pour occuper les femmes à filer ; elles vendent le fil aux tisserands dans les marchés. L’argent qu’elles en retirent est employé à payer la taille, à acheter du sel pour le ménage, elles en font faire quelque toile à leur usage et pour celui de leur famille. »

·         1762, Bureau d’Agriculture, Fresnay : « On cultive peu de lins, mais beaucoup de chanvres qui sont d’une très bonne qualité … Il en résulte un bien essentiel qui est de fournir du travail à quantité de fileuses qui, sans ce secours, seraient fort à plaindre. Le fermier occupe aussi son monde dans cette saison où il y a peu d’occupations champêtres. Il est beaucoup vendu de chanvre et de lin au marché de Fresnay : presque tout s’emploie en toiles qu’on fait dans le canton, qu’on vend à Alençon, au Mans et à Château du Loir, ce qui fait un des principaux commerces de ce canton. »

 

Louis Simon dans ses écrits nous apporte aussi quelque éclaircissement sur le gout porté aux toiles : « J’ai vu le commencement des cotons et cotonnades. Les dames les plus riches s’en paraient d’abords, puis les femmes du commun et enfin les domestiques, et même les pauvres. »

 

c)       La culture du chanvre

Globalement, le chanvre cultivé en Sarthe est de médiocre qualité sauf dans le Saosnois et le Belinois.

Le travail du chanvre est assez compliqué et doit respecter plusieurs étapes :

a)      3 labours successifs pour le chanvre ; puis le semis en mai/juin suivi de l’arrachage dans la deuxième quinzaine d’août.


39Ballon-recolte-du-chanvre.jpgLa récolte du chanvre dans la région de Ballon

 

b)      Après la récolte viennent le rouissage, le teillage (broyage pour séparer les fibres) et le filage. Le rouissage est source de nombreux conflits avec les autres utilisateurs des cours d’eau. La décomposition des tiges de chanvre provoque une forte pollution de l’eau.

Par exemple, en 1763, une ordonnance du grand maître des Eaux et Forêts de la généralité de Tours stipule l’interdiction du rouissage dans les eaux courantes.


40Ballon-rouissage-du-chanvre.jpgLe rouissage du chanvre dans la région de Ballon


 

c)       Lorsque les fibres ont été séchées vient l’étape du teillage qui consiste à broyer les tiges pour séparer les fibres.


42Braie.JPGUne braie dans la maison de Louis Simon à La Fontaine Saint-Martin (72)

 

d)      Et arrive enfin l’étape du filage.

 

d)      Les tisserands


43Ferte-Bernard-tisserand.jpgDes tisserands à La ferté-Bernard (72)


Le tissage est réalisé par les tisserands dits aussi « tissiers ». Dans les textes de l’Ancien Régime, le mot « tisserand » désigne les personnes qui travaillent le chanvre alors que les « sergers » ou « sargers » travaillent les étamines.

Pour un tisserand à temps plein, la fabrication d’une pièce de cent aunes prend environ un mois. Paul Bois estimait le nombre de ces tisserands à environ 3000 pour le Haut-Maine.

Ils sont souvent installés dans une maison avec cave pour travailler la matière qui a besoin d’humidité. Le métier n’est pas trop cher ; à la fin du 18ème siècle, son coût était d’environ 50 livres. Ces tisserands, travaillant parfois à façon, sont parfois assistés d’un compagnon et rarement deux.

 

Jean Castella avait publié dans la revue La Province du Maine quelques articles sur la paroisse de Chahaignes au 18ème siècle. Cela permet d’avoir un aperçu de ces tisserands. Ils sont appelés « tissier », « texier » et ont un statut varié : compagnon, artisan, bordager, métayer, etc. L’activité textile est souvent une source complémentaire  de revenus pour les bordagers et les métayers lors de la morte saison. Il ressort aussi de son étude que tout le monde est lié au chanvre : exploitants agricoles, artisans, consommateurs. Cela était en partie dû à une mise en œuvre simple : apprentissage d’une année et matériel peu onéreux mais besoin de place pour le métier placé en cave pour garder l’humidité du brin. Ils produisaient des pièces de 30 à 40 aunes sur 2/3 d’aune de largeur.

 

 

e)      Le blanchissage

Une fois la toile tissée, elle passe par le blanchissage qui s’effectue par des lessives successives.

Les Bérard cité ci-dessus avaient installé une blanchisserie à Pontlieue sur les bords de l’Huisne dès la seconde moitié du 17ème s. Elle fut reprise par le fils, Pierre Bérard (mort en 1740) puis par René Augustin Bérard (mort en 1784). La fin de l’activité se situe en 1828. Il y avait des logements (12 en 1732) pour ouvriers, des magasins, des bureaux, une lavanderie avec fourneaux et des mortiers pour les lessives, un pavillon avec calandre (presser les étoffes),  un moulin pour élever les eaux, etc.

Bérard disait lui-même de son entreprise : « Il n’y a point de blanchisserie dans le royaume où le blanc soit si parfait ; il est égal à celui de Hollande, et la réputation de la blanchisserie du mans est si grande, qu’on y apporte des toiles de 30 et 40 lieues. »


44Blanchisserie-Berard-Cadastre-1845.jpgLe site de la blanchisserie Bérard à Pontlieue (cadastre de 1845, Arch. Dép. de la Sarthe)

 

 

 

f)       Importance de l’activité

On possède certains chiffres qui permettent d’avoir une appréciation des productions. Par exemple, celui du marquage des pièces en 1749 :

La Ferté Bernard : 13688 pièces .

Château du Loir : 7634 pièces (Le Paige nous dit en 1777 : « on fabrique de grosses toiles qu’on vend toutes écrues sans être blanchies »).

Le Mans : 7634 pièces.

Thorigné : 6146 pièces.

Dollon : 4576 pièces.

Mamers : 3381 pièces.

Fresnay : 3000 pièces.

 

On peut aussi regarder les chiffres du nombre de fabricants dans la région de Bouloire (1749) :

Bouloire : 85 fabricants (155 métiers)

Volnay : 63 fabricants (120 métiers)

Thorigné : 51 fabricants (100 métiers)

Le Breil : 37 fabricants (74 métiers)

Challes : 33 fabricants (75 métiers)

Saint Michel de Chavaignes : 33 fabricants (70 métiers)

Saint Mars de Locquenay : 23 fabricants (58 métiers)

Maisoncelles : 22 fabricants (52 métiers)

Surfonds : 22 fabricants (50 métiers)

Etc.

Soit un total de 571 fabricants (1153 métiers).

 

Cette région a connu un développement de son activité textile grâce à son positionnement entre deux pôles majeurs : Le Mans et La Ferté-Bernard.

On y produisait deux types de toiles :

Canevas : utilisation locale (grosse toile pour torchons, toile à bâcher, entoiler les vêtements).

Rochelles (ou Cayennes) : exportation vers les Iles via Nantes et la Rochelle pour l’habillement des populations noires des plantations.

 

Les chiffres de la région de Mamers traduisent également l’importance de l’activité des toiles. Cinq cent pièces sont envoyées annuellement à La Rochelle. Ce sont des grosses toiles à voiles pour la marine.

En 1745, le procès verbal d’une assemblée du général des habitants de Mamers nous rapporte les doléances de la population qui s’oppose à la « taille tarifiée qui ruinerait entièrement la ville en faisant déserter ses meilleurs citoyens et ouvriers en toiles et étamines dont le commerce la soutient. »

L’activité devient si importante qu’on procède au déplacement du marché aux fils de la place des halles vers le devant de l’église Saint-Nicolas par manque de place.

 

g)      Les siamoises de Bessé

Parmi les productions de toiles un peu moins ordinaires, on peut citer à Bessé sur Braye la fabrique des siamoises en 1736 dirigée par Elie Savatier (1717-1785). Ces toiles utilisent un mélange de coton et chanvre, ou de coton et lin.


45Elie-Savatier-19eme.jpgPortrait du 19ème siècle d'Elie Savatier (Médiathèque Louis Aragon)

 

46Savatier-acte-de-naissance.jpgActe de baptême d'Elie Savatier (Arch. Dép. de la Sarthe)


Elie Savatier est le onzième enfant d’un étaminier, teinturier et marchand qui possédait un magasin à Montoire. Il s’occupe d’abord d’un commerce de serges et de toiles qu’il vend à Montoire. Il introduit les siamoises à Bessé et fait entreprendre la culture du lin et contrôle une soixantaine de métiers. Il monte une chaussumerie, une tuilerie, une poterie, des moulins à papier (Poncé), un moulin à broyer du bois à teindre. Il devient procureur de la fabrique paroissiale et achète une terre seigneuriale en 1772.

 

h)      Le bougran

Vers 1740, on va également fabriquer du bougran c'est-à-dire une grosse toile de chanvre faite avec de vieux draps de lit ou des morceaux de voiles et utilisée pour les doublures  ou entre la doublure et l’étoffe pour raidir ou encore pour  les emballages.

C’est une création réalisée en 1736 par Guillaume Véron, Pierre Levrard et du sieur Legeai. En 1737, Levrard créé une halle dans le quartier Saint-Jean avec fourneaux, chaudières à teinture et une calendre. On compte alors en 1740 trois ateliers qui fabriquent entre 8000 et 10000 pièces ; il y en a neuf en 1759.

En 1749, Pierre Blanchet demande à installer un atelier de bougran au Mans. On nous dit alors « Que depuis quelques années il s’est établi en cette ville une manufacture de bougrans qui par sa renommée s’accroit journellement et occasionne à l’étranger et marchands à se tourner vers les marchands bougranniers de cette ville, et comme ils sont en petit nombre, ils ne peuvent suffire à fournir le public et à l’étranger, lequel à ce moyen est obligé à se pourvoir en la ville d’Alençon et autres lieux. »

 

 

On pourra regarder un programme vidéo sur les toiles de Bretagne :



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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 16:19

 Les étamines du Maine

  1. L’Importance des étamines

Les étamines sont des étoffes de laine légères qui connaissent un beau succès à tel point qu’on fabriquera en Picardie des étamines « façon Le Mans ». On les utilise pour des vêtements nobles ou ecclésiastiques mais aussi pour les coiffes, jupes, corsages, vestes et culottes d’apparat et de deuil, manteaux, tour de lit, rideaux, etc.

Il existe aussi des étoffes plus grossières nommées droguets et serges fabriquées avec les laines de moins bonne qualité.

 

Les fameuses étamines du Mans englobent une large sphère dans laquelle on trouve divers centres tels Laval, Mayenne, Mamers, La Ferté Bernard, Le Lude, Durtal (voir même Angers), Château Gontier.

Ainsi par exemple, le règlement général de 1746 donne la liste des centres agréés pour produire l’étamine façon Le Mans d’une longueur de 42 aunes : Le Mans, La Flèche, Le Lude, Beaumont, Ballon, Roëzé, La Suze, Mézeray, Malicorne, Parcé, Précigné, Bonnétable, Saint Calais, Mamers, La Ferté Bernard Château du Loir, Conlie, Fresnay, Mondoubleau, Meslay, La Crotte, Laval, Mayenne.

 

Il existe différentes variétés d’étamines :

·         Etamines à chaine de soie (Alençon, Nogent, Pouancé, Bellême).

·         Au 18ème siècle, La Flèche fabrique des étamines légères pour les voiles des religieuses.

·         Etamines de toute laine : Maine.

·         Le nombre des fils de chaine varie de 960 (Laval et Mayenne) à 1600 (Le Mans).

 

Voici d’ailleurs ce qu’on en dit en 1749 dans un mémoire de l’Inspecteur général des Manufactures : 

« Les étamines connues dans l’intérieur ainsi qu’au dehors du Royaume sous le nom d’étamines du Mans se fabriquent dans presque toutes les villes, bourgs et bourgades de la Province du Maine. Il s’en est aussi érigé à leur imitation il y a déjà plusieurs années dans les provinces d’Anjou, de Touraine et du Perche qui sont de la même espèce, c'est-à-dire des étamines blanches également propres à faire teindre en noir, mais communément d’une qualité inférieure à celles qui se fabriquent dans la province du Maine, surtout à celles de la ville du Mans qui ont toujours surpassé les autres en finesse et en perfection ».

 

 

  1. Jean Véron (1627-1689) et les étamines

29Jean-Veron-acte-bapteme.jpg

Acte de baptême de Jean Véron (Archives Départementales de la Sarthe)


 

30Sepulture-Jean-Veron.jpg

Acte de décès de Jean Véron (Archives Départementales de la Sarthe)


On doit le développement des étamines à une famille mancelle, celle des Véron et en particulier à Jean Véron. Fils de Guillaume, maître serger au Mans, il développe vers 1650 une étamine fine et peignée (l’étaim).

 

Voici ce qu’en dit son petit-fils Véron du Verger, père du célèbre Véron de Forbonnais, en 1761 :

« Un fabricant imagina de faire des étamines de laine teinte, brisée au peigne en couleur de gorge de pigeon [blanc], dont le grain réussit. Ensuite, il fabriqua de ces mêmes étamines qu’on nomme aujourd’hui étamines camelotées [grain perlé], ou a menu grain, toute laine, qu’il passa au blanc à fleur de soufre pour l’usage de quelques communautés religieuses ; il en fit ensuite teindre en diverses couleurs ».

 

Son fils Guillaume met au point un moulin à foulon (laver, dégraisser et apprêter les étamines) qui permet d’obtenir une étamine recherchée dans toute l’Europe. Cette innovation technique lui vaudra procès en 1712 contre certaines communautés qui voient leur travail menacé.

 

Le succès des étamines permet à la famille Véron de connaître une certaine aisance financière. Ainsi Guillaume lors de son premier mariage en 1684 avec la fille d’un marchand de Bonnétable reçoit en dot 3000 livres et des marchandises (son père, Jean Véron, n’avait reçu en 1652 que 60 livres de dot). Lors de son deuxième mariage en 1691, la dot est de2500 livres assortie d’une terre à Mézières sous Ballon.

Il obtient également plusieurs charges : trésorier-receveur du Pré, conseiller du Roi, garde scel de l’Hôtel de Ville du Mans.

L’aisance le pousse à quitter le quartier du Pré pour s’installer dans la maison de la Sirène (1726) au centre du Mans dans le quartier des affaires.

 

31Sirene-19eme-s-jpg

 

Maison de la Sirène au 19ème siècle (Médiathèque Louis Aragon)

 

32Etiquette-Veron-du-Verger.jpg

Etiquette Véron du Verger (Médiathèque Louis Aragon)

 

  1. Le parcours de la laine

Pour faire ces étamines, on utilise la laine de pays. Celle qui est prise sur le dos et le haut des cuisses permet de réaliser les étamines de meilleure qualité ; les autres laines servent pour les étoffes plus communes (les serges) et celles plus grossières (les droguets).

 

33Moutons.JPG

 

Les paysans tondent à la Saint Jean et dégraissent la laine (« essuiner » en patois) à l’eau chaude en bord de rivière ; la perte de fibres est estimée à environ 50%.

 

34Laine.JPGLaine (magasin Vert-Laine à Cérans Foulletourte)

 

Puis la laine grossièrement nettoyée part vers la boutique du fabricant :

·         Nettoyage : laine battue sur des claies avec des branches de houx ou coudrier.

·         Tireur d’étaim (ou peigneur) : trempe la laine dans l’huile pour la rendre plus souple. Ils « tirent » la laine au peigne de fer chauffé au charbon de bois (20 livres de laine donnent 12 livres d’étaim et un tireur fait environ 1,5 livre par jour).

·         Fileuses : quenouilles ou rouets.

·         Retour chez le fabricant.

·         Ourdissage : préparer la chaîne (rouleau qui entortille les fils).

·         Tissage avec un métier à bras (sergers/sargers).  

Environ un mois  pour faire une pièce de 43 aunes (environ 50 m.) sur ½ aune de large (1 aune = 1.20 m.).

    ·         Bureau de marque pour « certification » (marquage au plomb).

    ·         Achat par des marchands.

    ·         Nouveau dégraissage au savon au moulin à foulon.

    ·         Teinture : la plupart en noir (« beau noir ») qui fait la réputation des étamines (rares pièces brunes, écarlates ou vertes).

     1er passage au bleu indigo  (« au pied de guède ») puis ensuite au noir (teinte obtenue par la noix de galle du chêne, « bois des Iles » ou « bois d’Inde »).

     Couleur fixée à l’alun.

    ·         Retour au moulin à foulon : dégorgement.

    ·         Derniers apprêts : épluchage (pincettes), chardonnage (têtes de chardons naturels), lissage (cylindre), emballage dans des toiles cirées.

     

    L’activité des étamines, d’un bout à l’autre de la chaîne, fait travailler plusieurs milliers de personnes. Des chiffres disent qu’au Mans et ses environs, environ 8000 fileuses œuvrent vers 1750 ; au Mans même, on estime qu’il y a entre 5000 et 6000 personnes qui filent sur une population totale d’environ 16 000 habitants.

     

    Cependant, et malgré ce que peut en dire Le Paige qui rapportent que certaines laines sont d’excellentes qualités, les laines du Maine s’avèrent peu nombreuses et peu appréciées.

    ·         1697, Miromesnil : « Cette année, nonobstant la rigueur de l’hiver, le nombre très médiocre qu’il y a de moutons en Touraine, Anjou et Maine, s’est bien conservé. Le pays est peu propre à en élever, on y mange beaucoup d’agneaux, parce qu’ils ne viennent naturellement gras et sont forts petits. La laine y étant de mauvaise qualité et en médiocre quantité, ne sert qu’à faire des plus grosses serges. ».

    ·         Le Paige, 1777 : Rouessé-Vassé « chaque ferme nourrit un troupeau dont la laine n’est pas fine ».

     

    Les éleveurs se tournent plutôt vers le marché de la viande ; les moutons sont engraissés à l’étable en hiver et tués à Pâques. La tonte se fait trop précocement à la mi-carême.

    On accuse également ces paysans de tricher sur le produit : laine mal dégraissées, stockées dans des lieux humides pour augmenter le poids, mélange de qualité de laines (mauvaise au fond, bonne dessus), etc. 

     

    Par ailleurs, on vit toujours avec la crainte des loups dont la présence est attestée dans divers documents.

     

    35Fille-bete-feroce-1673.jpg

    Bête féroce, registre paroissial de Fillé, 1673 (Archives Départementales de la Sarthe)

     

    La situation est telle qu’au début du 18ème siècle, il devient nécessaire d’importer de la laine (Espagne, Portugal, Angleterre, Levant, Barbarie, etc.). Elles existaient déjà depuis le 17ème siècle mais de façon plus modérée.

    ·         Espagne : mérinos expédiés depuis le port de Bilbao vers Bordeaux, La Rochelle, Nantes.

    ·         Angleterre fournit aussi laines plus fines et bénéficie de très nombreux troupeaux.

    Vers 1787, l’inspecteur de la généralité d’Orléans dit des fabriques d’étamines du Perche Gouet : « Cette branche d’industrie dégénère sensiblement dans le Perche Gouet depuis plus de vingt ans parce que les Anglais traversent nos opérations en Espagne, au Portugal et en Italie, et qu’ils ont sur eux les plus avantages à cause du bas prix des laines communes en Angleterre. »

     

    Ce qui fait donc que la rareté de la laine et les importations provoquent augmentation du prix des étamines. Une des conséquences en sont des difficultés sur le marché.

     

    En 1769 pour Véron du Verger, les causes de la rareté de la laine sont:

    1.       Augmentation du nombre de manufactures.

    2.       Maladies épidémiques.

    3.       Mauvaises conditions d’élevage (bergeries et bergers incompétents).

    4.       Mauvaises sélections des espèces.

    5.       Loups.

     

    Il ne faut pas non plus négliger le rôle des défrichements du 18ème siècle ; beaucoup de landes où paissent les moutons sont détournées au profit des plantations.

     

    Jaillot-1706-2.jpg

    Les landes dans la région de La Suze (carte de Jaillot)

     

    La situation est telle qu’en mars 1749, les sergers et peigneurs du Mans se révoltent. On compte jusqu’à 400/500 personnes qui défilent dans les rues du Mans ; certains entrent dans les ateliers et brisent le matériel. Ces révoltes se poursuivent en mai et juin.

    Quelles en sont les causes ? Les maîtres baissent le prix de la façon de chaque pièce d’étoffe.

    Les meneurs ont été emprisonnés et condamnés à des amendes légères (volonté de ramener le calme) puis des accords avec les maîtres qui ont revu leurs tarifs à la hausse.

     

     

    1. Le développement des étamines au 18ème siècle

    Le succès des étamines a amené une hausse du nombre de fabricants au Mans :

    1712 : 160 (400 métiers)

    1740 : 259 (800 métiers)

    1762 : 110 (410 métiers)

    1784 : 50 (270 métiers)

     

    Parallèlement, le nombre de marchands a lui aussi connu un certain succès :

    1708 : 53

    1729 : 85

    1760 : 117

     

    De nouveaux centres étaminiers apparaissent : Mamers, Sillé le Guillaume, Ballon, La Suze, etc.

     

    Les centres anciens se développent. Ainsi à Bonnétable, on passe de 28 fabricants en 1708 à 90 fabricants en 1729. La ville connait alors une augmentation du nombre d’habitants passant de 761 feux en 1748 à 1016 feux en 1764. C’est également en 1734 qu’on ouvre le grand chemin vers Le Mans qui va permettre la circulation des marchandises.

     

     

    Les capes d’étamines du Lude connaissent à succès à la Cour sous Louis XIV et Louis XV.

     

    A Beaumont, on compte 50 métiers en 1708 et 92 en 1762. Les relations commerciales se font avec Le Mans, Tours, Sées, Caen, Saint-Malo, la foire de Guibray.

     

    L’intendant de la généralité de Tours nous rapporte en 1730 que « Le nombre des ouvriers s’est multiplié dans plusieurs petites villes et bourgs de la province du Maine, en sorte que dans chacun de ces endroits, il s’est établi des fabriques d’étamines qui sont de différentes qualités ».

     

    Au Mans en 1740, il y a une douzaine de négociants, 250 maîtres fabricants (soit env. 800 métiers), un millier d’ouvriers, peigneurs, tisseurs et plusieurs milliers de fileuses.

     

     

    1. Le commerce de l’étamine

    ·         Commerce intérieur

    Au début 18ème siècle, les étamines du Maine sont vendues aux marchands de Limoges, Montpellier, Marseille, Rouen, Lyon, Bordeaux, etc. Elles ont alors atteint une grande notoriété :

    1743, mémoire d’intendance : « Toutes ces étamines sont conduites pour la grande partie au Mans où elles sont dégraissées, teintes et apprêtées, soit parce qu’il y a un nombre de marchands qui en font leur seul commerce, soit parce que les teintures y ont été ci-devant en grande réputation, et que le dégrais et l’apprêt s’y fait dans la dernière perfection, point essentiel pour ce genre d’étoffe. »

     

    On en trouve la présence dans les grandes foires : Guibray, Reims, Troyes, Beaucaire. Ainsi en 1708, 400 à 500 pièces d’étamines du Mans sont amenées à la foire de Troyes par des marchands d’Amiens.

    Cependant ces foires connaissent un certain déclin  au 18ème siècle en partie grace à l’amélioration qui réseau routier qui permet d’organiser autrement la vente des marchandises.

    1785, Rapport sur la foire de Guibray : « Toutes les foires du Royaume diminuent : toutes les maisons de commerce ont des commis de voyage qui font des offres sur échantillons. »

     

    ·         Commerce extérieur

    Les étamines du Maine se vendent même en dehors des frontières du royaume. Il semble que cet essor puisse se situer vers les années 1715/1720. C’est une activité économique rentable mais risquée car le retour des paiements se fait entre 18 et vingt mois.

     

    Environ les 2/3 de la production d’étamines sont exportés : Sicile, Italie, Espagne, Portugal, Iles, etc. mais aussi dans quelques Etats du Nord (Allemagne, Angleterre, Suisse).

    Pourquoi le Sud ? Les étamines du Maine sont des étoffes légères qui conviennent aux nombreuses communautés religieuses installées dans ces régions.

     

    Mais c’est un commerce compliqué : difficultés administratives (contrôle des pièces de tissus), remballage mal fait, retards (foires/embarquement sur les navires), dégradation des pièces (trous, déchirures), etc.

     

    Italie :

    Les étamines réussissent à  s’implanter en Italie car le pays est surtout tourné vers les fabriques de soie (soie de Piémont et de Chine). Par ailleurs, l’activité drapière a connu un déclin dès le 16ème siècle.

    Ce succès de l’étamine repose aussi sur l’importance des congrégations religieuses présentes dans la péninsule et qui offre donc un débouché très important.

    Les produits du Maine passent par Lyon et mettent 13 jours à atteindre Milan.

     

    Plusieurs marchands manceaux s’installent en Italie : Cureau, Véron de la Croix, Garnier (un fils établi à Messine). Les mémoires du cirier Leprince nous en fournissent un témoignage contemporain : « C’est à lui [Véron du Verger]  et à son frère M. Véron de la Croix, qui avait séjourné longtemps en Italie, que Le Mans et les environs sont redevables de la décoration des édifices publics. Le premier balcon qu’on ait vu au Mans fut placé par M. du Verger à la belle maison qu’il a fait bâtir en 1726 au carrefour de la Sirène. »

     

    Au royaume de Naples vers 1740/1741, les étamines du Mans représentent 10% de la valeur des étoffes françaises importées à égalité avec les étoffes de Picardie.

    Voici d’ailleurs ce qu’en dit un mémoire napolitain : « Elles [les étamines du Mans] font un objet considérable de notre commerce, on ne peut s’en passer dans tout le Royaume de Naples. Leur qualité est unique : aucune autre nation n’a pu jusqu’ici parvenir à les imiter … On se plaint cependant que ces étamines ne sont pas toutes égales … Ce défaut ne provient uniquement que des trames qui ne sont pas égales. »

     

    Portugal et Brésil :

    Les exportations des étamines du Maine vers le Brésil se font via le port de Lisbonne. Dans le dernier quart du 17 ème siècle, ce commerce se fait par l’intermédiaire des marchands rochelais. Mais à partir du 18ème siècle, ce sont les marchands manceaux qui gèrent les échanges.

    On connait ainsi les pertes importantes de Jean-François Fréart, marchand manceau, qui a perdu pour plus de 40 000 livres de marchandises à cause du tremblement de terre de Lisbonne du 1er novembre 1755. Il avait acquit la propriété de Chatenay à Saint-Saturnin mais fera faillite en 1770.

     

    37Freart-Jean-Francois-Chatenay.jpg

    Carte postale Chatenay (collection particulière)

     

    Espagne et Indes :

    Depuis le 15ème siècle, il y avait déjà un commerce des toiles lavalloises vers ces régions.

    Là encore, les étamines profitent de la déficience du pays. L’Espagne a misé sur l’exploitation de son empire et n’a pas cherché à développé la production de ses étoffes ; ce dont les étamines du Maine vont parfaitement s’accomoder.

    En 1740, Bernardo de Ulloa nous rapporte que « L’Espagne a vu ses manufactures détruites et ses richesses dissipées. Nos étoffes ne pouvant soutenir la comparaison des leurs pour le prix et la beauté, sont tombées même chez nous dans le plus grand discrédit. »

     

    Ce commerce se fait par l’intermédiaire de quelques villes : Valence, Barcelone, Madrid, Cadix.

    Cadix est le port qui ouvre vers les Amériques et qui supplante Séville. C’est devenue une ville cosmopolite ; en 1705, on y trouve 84 maisons de commerce (12 espagnoles, 26 génoises, 11 françaises, 10 anglaises, 7 hambourgeoises, 18 hollandaises et flamandes). Et en 1791, on recense plus de 8000 étrangers.

     

    Plusieurs marchands manceaux sont établis en en Espagne :

    ·         Jacques Pascal Leroy s’établit à Cadix en 1753 et meurt à Buenos Aires en 1764. On le connait dans le monde hispanique sous le nom de Don Diego Rey. Il se rend plusieurs fois au Pérou avec diverses marchandises (étamine du Mans, broderies de Beauvais, chapeaux de castor de Paris, rubans et bas de soie de Lyon, etc.), voyages dans lesquels les marchands manceaux (Fréart, Garnier, Bérard, etc.) ont investi des fonds. Il réalise son dernier voyage en 1764 sur la Concepcion depuis Cadix ; il meurt (maladie) à Buenos Aires le 20 novembre 1764. Le navire fait naufrage ensuite près de la Terre de Feu.

    ·         Charles Emmanuel Le Peletier de Fermusson à Cadix.

    ·         Joseph Dominique Cureau à Cadix en 1752.

     

    Les produits du Maine sont vendus aux Amériques : Lima, Honduras. Mais on pratique aussi le troc : curcuma (colorant jaune orangé), quina, indigo.

     

    Les iles :

    Saint-Domingue

    Plusieurs familles mancelles sont présentes en tant qu’officiers, hommes de loi ou encore marchands.

    Ex : Nicolas Charlot, marchand, qui se marie au Mans en 1721 avec la fille d’un drapier. Marchand relativement modeste (3000 livres de dot à son mariage) qui devient un opulent marchand rochelais.

    Ex : Pierre Leroy, en 1724, achète « une belle  et bonne habitation avec 25 nègres … il ne me manque plus qu’une dizaine de nègres sur cette habitation pour avancer ma fortune. »

     

    Une lettre de 1748 de Pierre Duchemin Favardière, marchand lavallois, nous apporte ce témoignange : « Le sieur Mathieu Bellanger, fils de mon épouse, qui est resté deux ans à Bilbao chez un bon négociant, passera au Cap François [capitale de Saint Domingue, auj. Cap Haïtien] par premier navire pour y travailler avec le sieur Barbeu Duboullay son associé. Comme il sait bien l’espagnol, il lui sera d’un grand secours parce que le principal commerce se fait avec les Espagnols. Ces deux jeunes gens sont forts sages et très entendus, c’est se qui m’engage à m’intéresser d’un tiers dans la société. Si vous souhaitez, monsieur, leur confier quelques marchandises, vous pouvez être persuadé qu’ils ne négligeront rien pour vous procurer une vente avantageuse et des retours gracieux. »

     

     

     

    A la fin du 18ème siècle commence la décadence de l’activité des étamines. Carlier dans son  traité des bêtes à laine rédigé en 1770 nous dit que  « La belle étamine du Mans est trop connue tant en France que chez l’étranger, pour avoir besoin ici d’une description particulière … mais la qualité ne se soutient plus et son crédit a beaucoup baissé chez l’étranger, tant à cause de l’augmentation du prix qu’à cause du défaut de qualité. »

    On peut justifier cette décadence par plusieurs causes:

    ·         Guerre de succession d’Autriche (1740-1748)

    ·         Guerre de Sept Ans (1746-1753)

    ·         Concurrence de nouveaux pays : Angleterre, Hollande, Prusse, etc.

    §  Un mémoire des négociants manceaux  du 6 septembre 1789 justifie ainsi la situation : « Le traité de commerce avec l’Angleterre [1786] entraine peu à peu de la manière la plus sensible la ruine entière des manufactures de France. »

    ·         Nouvelles modes : Louis Simon évoque les changements vestimentaires chez les femmes dans les années 1760 qui s’entichent de siamoises à rayures plus gaies.

     

    Les conséquences sont forcément importantes pour la filière :

    ·         1757,  Jacques Livancourt, fabricant: « Je supplie mes créanciers d’observer que depuis trois ans le commerce d’étamines est tombé au point que j’ai été obligé de donner chaque pièce que j’ai fabriquée à 20 livres au-dessous de ce qu’elle m’a couté, ce qui m’a causé une perte de plus de 600 livres. »

    ·         1758, François Garreau, fabricant : « Il est notoire que le commerce de serges depuis trois à quatre ans est entièrement tombé, en sorte qu’il ne m’a pas été possible de rien gagner. »

    ·         1759, Le Nicolais, marchand lavallois : « Nos armées battues partout, nos escadres prises ou mises en fuite par nos ennemis, et l’Anglais triomphant, mettant la France dans l’état le plus critique. Nos comptoirs enlevés dans l’Afrique, dans l’Inde, dans l’Amérique par ce voisin jaloux et notre ennemi irréconciliable, ont ruiné et anéanti le commerce qui languit et est dans une inaction entière. »

    ·         1788, Michel Ronsard (lieutenant général de Beaumont) Mémoire sur les manufactures du district de Beaumont : « Il est vrai que nous nous sommes laissés assurer qu’effectivement, la consommation a beaucoup diminué, surtout pour les dernières qualités, chez l’étranger, c'est-à-dire en Espagne et en Italie, et nous voyons par nous même que les ecclésiastiques et le peuple font moins usage qu’autrefois des étamines ; ce qui provient sans doute du luxe et des modes, qui par leurs variations continuelles anéantissent alternativement toutes les manufactures qui consommaient nos productions, et les remplacent par des étoffes étrangères … On remarque que les filles d’artisans, au lieu de s’en tenir à la filature d’étaim comme autrefois, s’occupent à autre chose, les unes se placent comme femmes de chambre, les autres sont couturières, blanchisseuses, etc. et que les pauvres se livrent à la fainéantise et à la mendicité. »

     

    Toute la branche est touchée. La catastrophe est telle qu’en 1785 on créé un bureau de charité à l’initiative du Bureau d’agriculture.

    1787, de Tournay, secrétaire du Bureau d’Agriculture : « Il n’est pas de bon citoyen de la ville du Mans, qui ne voit depuis trente ans avec la plus vive sensibilité, la décadence progressive de la manufacture des étamines, si florissante autrefois … N’ayant ni assez de fortune, ni assez de crédit pour fabriquer d’avance dans l’espoir de l’avenir plus heureux qu’il a le droit d’attendre, le fabricant se voit forcé de mettre bas ses métiers, de renvoyer ses ouvriers qui, laissant les fileuses sans travail, languissent eux-mêmes dans la misère, ou n’ont rien de mieux à faire que de s’expatrier. »

     

     

     

    1. La vie des étaminiers

    Le monde de l’étamine est un univers vaste et complexe ou règnent de nombreux conflits entre communautés devant la justice sur l’achat et la vente des marchandises.

     

    Les deux tiers de ces acteurs vivent dans la pauvreté (fileuses, compagnons, tisserands, certains sergers) ; les dots sont faibles (200/300 livres) les inventaires trahissent le peu de bien de ces gens.

    L’autre tiers vit plus aisément (certains sergers, teinturiers) et les négociants occupent le haut de l’échelle.

    Ex : L’inventaire après décès de Marin Renaudin, maître serger de la paroisse Saint Benoît au Mans et décédé en 1705, nous présente le tableau suivant :

    ·         Propriétaire d’une maison de 4 pièces avec boutique, cave et deux greniers. Deux autres maisons au Mans, 4 bordages.

    ·         Mobilier, linge et vaisselle abondent.

    ·         Un tonneau d’huile

    ·         Vieille laine, laine blanche et étaim filé ; 6 pièces d’étamines camelotée de 42 aunes

    ·         2 métiers

    ·         4 maîtres sargers qui travaillent pour lui au dehors.

    ·         5000 livres dues par des marchands

     

    Charles Pierre Cureau (mort le 23 juillet 1789 assassiné à Ballon avec son gendre, M. de Montesson), négociant en étamines, possède aussi une petite fortune :

    ·         Belle maison à deux étages place des halles au Mans.

    ·         Une auberge

    ·         Un moulin

    ·         5 métairies

    ·         9 bordages

    ·         Diverses pièces de terre

     

     

    A suivre : Les toiles du Maine

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    27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 11:53
    1. Les conditions du développement de l’activité textile

    Depuis la fin de la guerre de cent-ans, les conditions sont plus favorables au développement de l’activité textile. Plusieurs régions (ex : la Picardie, la Champagne, le Languedoc ou encore la Normandie) connaissent une reprise économique dans ce domaine. Dans notre province du Maine, les toiles de Laval remportent un certain succès.

    Cet essor local du textile s’appuie sur deux éléments moteurs que sont le colbertisme et le succès des étamines. Par contre, les voies de circulation sont un frein à la commercialisation des marchandises ; voici ce qu’en dit Miromesnil dans son Mémoire de 1698 :

    «  L’élection du Mans est aussi très fertile, on y recueille toutes sortes de bons bleds, des vins, des chanvres, des noix et plusieurs autres denrées dont ils aideraient leurs voisins si les rivières étaient navigables ».

                                                                                                              

    En effet, la Sarthe est navigable en remontant son cours jusqu’à Malicorne. Au-delà, il faut soit décharger la marchandise au port pour la replacer sur des bateaux plus petits qui pourront franchir les portes marinières, soit utiliser les transports terrestres. Cette dernière solution a un surcoût important : le transport fluvial est estimé à 4 livres par millier de pièces, alors que le transport par route est estimé à 30 livres par millier de pièces.

     

    26Port-Malicorne-1695.jpg

     Le port de Malicorne en 1695 (source BNF)


    Parfois certains navires forcent le passage et espèrent atteindre Le Mans sans encombre. C’est ainsi qu’en 1743 un de ces bateaux est bloqué au niveau du barrage du moulin de Fillé :

    « Mademoiselle Catherine Formage du Plessis nous a remontré que vendredi dernier, premier du présent mois, il arriva au dessus des écluses et chaussées des grands moulins dudit Fillé appartenant audit seigneur Le Boindre par sur la rivière de Sarthe où ledit moulin est situé, un bateau d’une grandeur extraordinaire et chargé de grand nombre de poinçons de vin conduit par deux gens à elle inconnus.

    Il est impossible qu’ils passassent avec ledit bateau par dans ladite porte. Elle le ferait rompre de telle façon qu’il faudrait le refaire a neuf en ayant fait couper presque tous les  paux par fond ce qui fait un tord considérable audit seigneur Leboindre et le jette dans une dépense de plus de deux mil cinq cent livres.

    Ladite rivière de Sarthe n’est navigable que jusqu’à Malicorne si vrai que les voitures de sels et autres de sa majesté y restent. »

     

    Le réseau routier n’est guère plus enviable. Les cahiers de doléances à la veille de la Révolution en donnent une image épique :

    ·         Cahier de doléances de Ruaudin, 1789 :

    « Qu’il soit arrêté dans lesdits Etats Généraux que les chemins de communication de la paroisse de Ruaudin avec la ville du Mans seront incessamment rendus praticables. »

    ·         Cahier de doléances de Ségrie, 1789 :

    « Que la grande route du Mans à Mayenne ouverte depuis plus de quinze ans et dont il n'y a encore qu'une petite partie d’empierrée  fut continuée. Que le chemin de Vernie à Ségrie fut continué et de Ségrie jusqu'à Fresnay et Beaumont ; qu'il fut également fait un chemin d'embranchement à la route de Sillé pour favoriser le commerce avec ces trois villes et établir une communication entre les marchés de Beaumont et Fresnay et ceux de Conlie et Loué. Les chemins qui conduisent à Beaumont, Fresnay et Sillé étant impraticables dans l'hiver. »

     

    Des efforts avaient pourtant été faits au 18ème siècle pour améliorer la circulation routière avec la création des routes royales :  

      • Le Mans La Ferté-Bernard : 1752
      • Le Mans Château-du-Loir : 1752
      • Le Mans Saint-Calais : 1772

     

    Louis Simon de La Fontaine-Saint-Martin nous en a laissé un témoignage dans ses écrits :

    « J’ai vu aligner la grande route du Mans à La Flèche à travers les champs, les prés et les landes. Ce fut le peuple qui fit cette route à la corvée ; les fermiers charroyaient les pierres et les autres les cassaient et tiraient la terre, puis les plaçaient sur la route. Elle a été commencée à La Fontaine l’an 1750 ; cela ruina le peuple. Les domestiques des nobles, des moines, des moinesses et des prêtres en étaient exempts … La route n’a été finie que dix ans après son commencement, ceux qui manquaient à leur corvée au mois de mars et d’avril de chaque année, on les mettait en prison à leurs frais et dépends. »

     

     

    Copie-de-27Cadastre-Guecelard-1844-2.jpg

     Le passage de la route royale à Guécélard (source Ach. Dép. de la Sarthe)

     

    Ce même Louis Simon tempère un peu ses propos en montrant l’importance de ces nouvelles routes sur  le développement de l’économie :

    « Avant que les routes fussent faites, le peuple n’était habillé que de serge sur fil, encore les plus aisés. Les autres n’étaient habillés que de toile barrée noir et blanc et quelques uns de breluche. Ce sont les grandes routes qui ont facilité le commerce et qui nous ont procuré les marchandises étrangères attendu que les transports n’étaient pas si chers. »

     

    A suivre = L'activité textile en Sarthe aux 17ème et 18ème siècles : Les étamines du Maine

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    22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:50

    Le 12 septembre 2009, l’Association Pour l’Etude du Patrimoine Sarthois donnait une conférence sur l’activité textile en Sarthe des origines à nos jours. Réalisée dans le cadre du programme « Mode in Sarthe » du Conseil Général de la Sarthe, elle fut présentée au château de la Sauvagère à Chemiré le Gaudin (72). En voici un résumé.

     

     

    1ère partie : Des origines au Moyen-Age

     

    L’activité textile apparait dans l’Ouest de la France à l’époque néolithique, soit il y a environ 7000 ans. Les humains se sédentarisent et développent l’agriculture. Les fibres textiles connaissent alors un essor important et le tissage est couramment pratiqué dans les habitats néolithiques tels ceux de Vivoin ou encore de Gréez sur Roc en Sarthe.

    1Vivoin

     

    L'habitat néolithique de Vivoin (Carré Plantagenêt, Le Mans)

     

     

     

    Copie-de-Copie-de-139_3925.JPG

     

    Morceau de hache polie trouvée à Voivres Lès Le Mans (72)

     

    A l’époque des Gaulois et des Gallo-Romains, l’occupation du territoire s’intensifie. Dans la région de La Suze, plusieurs sites archéologiques sont les témoins de cette expansion.

    Chemire-enclos.jpg

     

    Louplande.jpg

     

    Il reste peu de traces de cette activité textile dans notre région. Des fouilles menées au Mans dans le quartier Etoile-Jacobins ont livré les vestiges d’un atelier de tissage ; celles faites sur le site des Filles-Dieu avaient révélé la présence d’un fuseau et d’un peigne en bois.

    17Etoile-Jacobins.JPG

    Maquette de l'atelier de tisserand gallo-romain des Jacobins (Carré Plantagenêt, Le Mans)

     

    18Pesons.JPG

     

    Pesons de tisserand d'époque gallo-romaine (Carré Plantagenêt, Le Mans)

     

    Au début du Moyen-âge, la société se réorganise ; les domaines ruraux restent importants et les textes montrent l’importance de l’activité agricole.

     

    Ensuite, au Moyen-âge classique, l’activité textile transparait au travers de divers documents :

    §   1189 : Jean de Chources, seigneur de Malicorne, cède à un paroissien de Parcé les moulins à draps et à tan avec le droit de couper sur les prés de Belle-Poule, le bois nécessaire, moyennant cent sols de rente inféodée annuelle et perpétuelle, et à la charge de réparer la chaussée depuis les moulins jusqu’à la ville.

    §   1208 : le curé de Piacé a le tiers de prémices sur les agneaux, les veaux, les porcs et les laines (les deux autres tiers à l’abbaye Saint Vincent)

    §   1254 : don d’une dîme de blé et chanvre par la veuve de Pierre Burel au Prieuré de la Fontaine Saint Martin

    §   1328, registre de l’assise du Mans : Raoullet le Prévoust et Jeanne sa femme retenus pour plusieurs cas de larcins de draps faits au Mans lors de la foire de la Pentecôte

    §   1360 : Jean Le Moine, drapier, verse une rente aux chanoines du Mans pour une vigne qu’il possède à Rouillon.

    §   Début 15ème , Chartreux de Saint Denis d’Orques : reçoivent  deux poids de chanvre

    §   15ème siècle, prieuré Notre Dame de Mamers : le prieur a droit à deux parts de veaux, cochons, laines, agneaux, etc.

    §   1452, prieuré Saint Jacques de la Flèche : moulin à fouler les draps

    o    Moulins à foulon : opposition avec les fouleurs de pied.

    o    Moulins à fouler cités dès le 13ème siècle à Laval.

    §   1462 : Michel Panneau, tisserand au Pré

    §   1465, prieuré Notre Dame de Mamers : banalités sur le moulin à draps de la Roche.

    §   1472, prieuré de Saint-Thomas à La Flèche : partage entre les prieurs et le curé de Saint Thomas des prémices sur les bestiaux, pois, laines, chanvres et lins.

     

     

     

    A suivre :

    2ème partie : les 17ème et 18ème siècles.

    3ème partie : du 19ème siècle à nos jours.

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    21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 14:55

    Trudaine-avec-texte.jpg

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    8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:09

     

     

    Ce millésime 2010 est très décevant pour la région de La Suze sur Sarthe. Un seul endroit est proposé dans les listes du Ministère de la Culture et de la Communication :

     

    Souligné-Flacé : église Saint Jean Baptiste à Flacé

     

    Copie-de-IMGP3427.JPG

     

    Force est de constater l’énorme retard de la région de La Suze dans le domaine du patrimoine. Le potentiel est là ; il suffit pour cela de regarder ce qui avait été proposé lors des conférences et visites sur le patrimoine religieux de la région en juin 2010. Lors de ces animations bénévoles, la très faible participation de nos élus pouvait être perçue comme un désaveu pour le patrimoine.

    De quoi décourager les bénévoles et les bonnes volontés …

     

     

    Compléments :

    La mairie de Parigné le Pôlin informe que l'église du village sera ouverte au public le samedi 18 septembre et le dimanche 19 septembre de 14 à 19 heures.

    Ce sera l'occasion de voir, ou revoir, le travail de Robert Micheau Vernez (tableaux du chemin de croix et vitraux).

    Il y aura également une documentation sur l'oeuvre de cet artiste.

     

    Copie-de-Images-3P2341.jpg

     

     

     

    A Fillé, le centre d'art de MoulinS'ART invite les habitants et visiteurs à venir déposer sur une feuille de papier un souvenir, un témoignage, une histoire en lien avec leur village, commune ou ville. Chaque message sera accroché à un fil pour transformer petit à petit le Centre d'art en un jardin de paroles suspendues.


    Copie-de-IMGP2688.JPG

     

     

    A Louplande, le château de Villaines est ouvert les 18 et 19 septembre de 10h à 12h et de 14h à 18h. l'entrée est de 4 euros.

     


     

    A Chemiré le Gaudin, l'association des bipèdes gaudinois organise une randonnée pédestre de 14 km passant par le hameau de Saint Benoît, les châteaux de Maquillé, Villaines et Bellefille. Apporter son pique-nique. Tarif : 3 euros.

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    20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 10:31

     

     

     

    En 1768 « sont comparus François Chauvel, bordager demeurant paroisse de Saint Jean du Bois et tuteur institué par justice aux personnes et biens des trois enfants mineurs issus de défunts Pierre Bergeot, tuilier, et Renée Guitton sa femme, d’une part et Julien Leroyer, laboureur, demeurant paroisse de Courcelles, d’autre part ».

    Les deux parties ont signé un « bail par adjudication à l’enchère pour cinq ans » portant sur le « lieu et tuilerie de la Croix au Brun situé paroisse de Saint Jean du Bois et ses dépendances et de trois quartiers de vigne ». Elles ont « pris et choisi la personne de Pierre Rideau expert ordinaire demeurant paroisse de Courcelles » pour effectuer la visite et montrée du dit lieu.

     

    S’en suit donc la description de cette tuilerie  qui commence par l’habitation principale :

     

    Et premier vu une chambre à cheminée et four, une petite chambre

    à côté en façon d’apenti ou en ravalement, a remarqué que la bouche

    du four est rompue et qu’il faut la refaire, que le pavage de ladite

    chambre n’est que de debris et morceaux de tuilerie de differents echantillons mal

    arrangés et partie rompus dont quelques uns ne tiennent point en mortier, pour

    quoi remettre en état arbitré dix livres. Cy ……………………………………….. 10#..=..=

    La petite chambre ou cellier à côté de celle-ci dessus est en colombages dont

    toutes les terrasses sont rompues, pour les remettre en état arbitré six

    livres. Ci …………………………………………………………………………………………..6..=..=

    Le greniers de sur lad(ite) maison n’est pavé que de

    tuiles ; sur la petite noe ou ravalement le latis est usé et rompu et même

    les chevrons, pour refaire le latis et remettre les chevrons arbitré huit

    livres. Cy ………………………………………………………………………………………….8..=..=

    A lad(ite) chambre de maison il y a sur la cour une croisée dont le vitrage

    est rompu, il y faut remettre vingt carreaux de vitre de cinq pouces.

    A côté de lad(ite) maison, il y a un évier par dehors lequel est en ruine ; pour

    le remettre en état arbitré trois livres. Cy……………………………………… 3..=..=

    Vû ensuite une autre chambre à cheminée sous

    le même faîte, remarqué qu’il faut y remettre douze

    pavés de six pouces ;

    Vu une autre chambre de maison à cheminée et four, le tout

    se tenant, remarqué qu’il se trouve environ trente pavés de six pouces

    autour du foyer sans carrie, le reste de lad(ite) chambre n’est point pavé.

    Monté dans les greniers sur lad(ite) maison et chambre, ce qui ne compose

    qu'un grenier attendu qu’il n’y a point de séparation, remarqué que

    la partie dud(it) grenier qui est sur la maison est pavée de carreaux de

    tuilerie de quatre pouces, qu’il en manque cinq cent en recherche et a

    fournir et remettre, et la partie qui est sur la chambre est pavée

    de tuiles dont il faut fournir deux cent cinquante.

    A la couverture du côté du couchant, il faut la relever et relater où

    besoin est, et recrester ; pourquoi arbitré trente livres. Ci………..30#..=..=

    Le seuil et le jambage de la porte de lad(ite) chambre qui sont en pierre de taille

    sont rompus, pour les rétablir arbitré six livres. Ci ………………..6..=..=

    A la même chambre il se trouve sur la cour une croisée sans grilles

    ni vitres et sans apparence d’y en avoir eu, il y a seulement un vental

    ou volet.

    A l’aire de lad(ite) maison il faut raporter deux charetées de terre franche

    pour la redresser. Il y a un chevron qui donne dans la cheminée et qu’il est

    à propos d’ôter et d’attacher avec un éttrier de fer.

    Le four de lad(ite) maison ainsi que celui de la premiere sont à recouvrir

    à neuf, pourquoi arbitré cinq livres. Ci ………………………………. 5..=..=

     

    La visite se poursuit par les bâtiments à vocation agricole :

     

    Visité l’étable dud(it) lieu ; remarqué que les deux côtés ne sont que

    de colombages ; le pignon d’entre la maison et l’étable est rempli de debris

    et de terre et le tout en ruine, pour le rétablir arbitré quarante

    livres. Cy ………………………………………………………………………… 40..=..=

    Aux greniers sur lad(ite) étable remarqué que les terrasses et les couvertures

    sont en assez bon état.

    Au toit à porc qui est proche de lad(ite) étable il y a une carrie de bois qui est

    rompue, pour la rétablir arbitré deux livres. Cy …………………. 2..=..=

    Vu ensuite un corps de bâtiment composé d’une grange, une étable,

    deux toits à porcs, le tout se tenant construit en colombages remplis

    de débris et de terrasse, et en ruine, pour le retablir arbitré deux cent

    cinquante livres attendu que les merrains sont de nulle valeur

    ci……………………………………………………………………………………. 250..=..)

     

    Puis on procède à l’expertise des bâtiments de la tuilerie :

     

    Visité ensuite la halle ou tuilerie, remarqué qu’il y a une

    filliere rompue, il faut y remettre un lien de fer, pourquoi arbitré

    deux livres. Ci …………………………………………………………………. 2#..=..=

    Le latis et couverture est passable à l’exception d’environ deux

    milliers de bardeau qui est usé et qui est à retablir en tuile pour

    la plus grande convenance et commodité.

    Visité ensuite le four à tuile, remarqué que le bout de la

    chaufferie tant haut que bas est rompu dans la longueur de huit à

    dix pieds, il faut le retablir ainsi que la voute qui est beaucoup

    degradée, pour quoi arbitré pour la main d’œuvre seulement

    la somme de trente livres. Cy ………………………………………. 30..=..=

    La bouche dud(it) four est aussi à retablir pourquoi arbitré trois livres

    Ci…………………………………………………………………………………. 3..=..=

    A une petite chambre qui est au devant de la chauffrie dud(it) four

    il y a une ouverture de porte qui est sans vental ni apparence d’y

    en avoir eu.

    Il y a une mauvaise loge au bout de la d(ite) halle, laquelle loge est sur

    pieux de bois rond et construite de mauvais bois,

    couverte de jonc, genets, et autres plans, le tout en ruisne et hors

    d’état de servir. 

     

    Vient ensuite l’expertise des terres :

     

    Vu ensuite le jardin bas dud(it) lieu de la Croix au Brun, remarqué

    qu'il y a deux poiriers qui ont été trop émondés d’ancien temps

    des branches coupées de six pouces de diametre d’ecorce en ecorce,

    a l’entrée dud(it) jardin il y a une cloture de palis brochis dont cinq sont

    de manque et qu’il faut y remettre, et un verouil aussi de manque

    à la porte dud(it) jardin, pourquoi reparer arbitré vingt cinq sols

    ci………………………………………………………………………… 1..5s..=

    Vu ensuite le jardin haut, remarqué qu’il faut remettre un loquet

    de fer à la porte dud(it) jardin, pourquoi arbitré cinq sols. Cy  =..5..=

    Au cloteau de terre appellé le Verger étant au devant des bâtiments

    remarqué qu’il y a quantité d’arbres fruitiers où il a été coupé d’ancien

    temps des branches de quatre à cinq pouces de grosseur, et dans le bas

    dud(it) verger il se trouve environ un quart de journal en cheintre

    et broussil de temps immemorial. Les clotures ne sont point en état,

    celle donnant sur la cour

    est composée de cinq baties de palis brochis partie pouris et trois

    desd(its) palis manquent. Au surplus led(it) cloteau est clos de mauvaises

    lisses.

    Le puis étant dans le verger est sans encheintrure.

    Le pré nommé Laux contient une hommée et demie ou

    environ, est planté pour la plus grande partie en sepées de chene

    et épines d’ancien temps, pour les arracher et remettre led(it) pré en

    état de fauche arbitré trente livres. Ci………………………………..30#..=..=

    La piece de terre appellée la Pelarde dont environ cinq quarts

    en valeur, remarqué qu’au haut de lad(ite) piece il se trouve environ

    dix pieds de large de cheintres de toute la longueur de lad(ite) piece

    laquelle cheintre est plantée de temps immemorial en bruyere et

    sepées de chêne, au bout de lad(ite) piece il y a en outre environ demi journal

    qui est planté en sapin et bruyere, aussi d’ancien temps.

    Une autre piece à côté contenant trois journaux ou environ derriere

    lad(ite) halle, laquelle piece n’est qu’en broussi et pati ouvert où on

    beche la terre à tuile, pourquoi lad(ite) piece est pleine de concavités

    et ne peut être mise en valeur, ne servant que pour becher la terre à tuile et de pasti.

    Une autre piece de terre appellée le Champ Renard contenant

    environ un journal, est en assez bon état.

    Vu ensuite un broussi de brosses appellé la Briholle contenant

    environ un journal, remarqué que les fossés sont en ruisne, pour

    les reparer arbitré trois livres. Ci ………………………………………….3..=..=

    Dans led(it) broussi il y a quantité de souches de chesne qui ont été

    abatues d’ancien temps.

    Vu ensuite un pré appellé la Briholle contenant environ une

    hommée et demie, remarqué qu’il y a tout autour

    dud(it) pré des cheintres d’environ douze pieds de large plantées en

    épines et mauvais plans ; et quatre souches de chesne abatues le tout

    de temps immemorial, pour le tout arracher et reunir, arbitré

    quinze livres. Ci ……………………………………………………. 15..=..=

    Ensuite visité cinq pièces de terre contenant huit journaux ou environ

    et environ huit journaux de lande, le tout se tenant l’un à l’autre

    appellé les Richardieres, remarqué qu’il y a deux mille toises

    de fossés à reparer, pourquoi arbitré la somme de cent livres.

    Ci ……………………………………………………………………….. 100..=..=

    Dans lesdites terres il se trouve des cheintres de temps immémorial.

    Remarqué en outre qu’il a été abattu differents arbres de toute espece

    sur toutes lesdites terres, prés, jardins cloteaux broussis taillis et pâtis

    d’ancien temps et depuis trois ans au moins.

    Plus remarqué que le bois a été pris partout de trois et quatre ans du temps

    de lad(ite) v(euv)e Bergeot propriétaire, sans avoir reparé aucuns

    fossés qui n’ont point été reparés depuis plus de quinze ans et

    dont le bois n’est pas suffisant pour reparer led(its) fossés

    fors le taillis de la Brihole et le pré de même nom, dont le bois

    est suffisant pour reparer les fossés qui n’ont point été faits en cette

    partie.

    Vu ensuite le pati de la Croix au Brun étant au devant de la

    halle et loge ci devant expliquées, lequel pâti est aux environs

    des chemins de Malicorne à La Suze à Fercé et à Guéceslard et dans

    lequel pati est plantée une croix au nom des anciens

    propriétaires ; led(it) pati sans aucunes clotures dans lequel il

    a été autrefois béché de la terre à tuile, et dans lequel sont

    quelques arbres dependant aussi dud(it) lieu. Remarqué qu’il y a

    dans led(it) pati un petit retranchement d’environ demie hommée

    de terre lequel est negligé de temps immemorial, et dont les

    haies et fossés sont ruinés, il y a un guignier et autres arbres

    auxquels il a été coupé plusieurs branches d’ancien temps.

    Vu ensuite et même auparavant trois quartiers de vigne

    situés au clos de Bahier paroisse de Noyen et comprises au bail

    dud(it) lieu de la Croix au Brun, remarqué que lad(ite) vigne n’est pas

    à moitié plantée le fort rapportant au faible, pour la

    reatablir et remettre en bon état arbitré soixante quinze livres.

    Ci …………………………………………………………………………….. 75#..=..=

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    11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 13:30

     

      Copie de IMGP3610

     

    Aujourd’hui lundi vingt deuxieme

    du mois de mai mil sept cent soixante

    neuf sur les six heures du matin …

    … Est comparu Joseph Poirier marchand dem(euran)t en cette ville lequel

    nous a dit que comme propriétaire de la maison du Pillier Verd et

    ses dependances située en cette ville, joignant d’un bout la rue de

    Laval, d’autre bout les batiments et jardin de Joseph Cornuel tailleur

    d'habits à Noyen ; d’un coté la petite rue de la Fontaine qui

    tend de la Grande Rue à la rue de Laval vis-à-vis la maison des Murailles,

    d’autre côté les batimens et jardin de Louis Vigroux et le jardin dud(it)

    Cornuel, desirant retablir et construire les anciens batimens

    qui faisoient partie de lad(ite) maison du Pillier Verd dans toute l’étendue du

    terrein qui depend de lad(ite) maison, et éviter tout sujet de contestation

    avec led(it) Joseph Cornuel pour raison de la partie qui doit être

    édifiée en proximité des batiments dud(it) Cornuel …

     

    Baptisé à La Suze le 27 juillet 1728, Joseph Poirier se marie à La Suze avec Louise Samoyau, fille de Jean Samoyau vigneron, le 31 janvier 1751 où il est serger. Comme un certain nombre de personnes dans la région, il fabrique les étoffes des laines (les serges).  Son père, Joseph, est serrurier et sa mère se nomme Marie Courtillier.

    Leur premier enfant, Louise, nait le 2 novembre 1751 ; Joseph est alors qualifié de maître serger. Arrive ensuite Joseph Martin né le 9 novembre 1752.  Puis Julien vient au monde le 19 octobre 1753 et décède le 28 mai 1754.

    Le 10 octobre 1755 nait Marie. Le 3 novembre 1756, Louise Samoyau donne naissance à Joseph et à René ; ils décèdent trois jours plus tard.

    Le 11 juillet 1758 nait Joseph. Le 15 février 1760, Rose Perrine vient compléter la famille. Le 27 mars 1761 est baptisé Louis.

    Le mois d’août 1763 va être catastrophique pour le couple Poirier/Samoyau. Louis décède le 11, Rose Perrine meurt quatre jours plus tard. Puis le 26 c’est leur fille Marie qui trépasse. Leur fils Joseph meurt le 27. Mois très difficile pour le couple qui perd quatre de ses enfants en deux semaines.

    Le 2 décembre 1764 nait Joseph. Son père est dit marchand. Le 28 septembre 1766, Louise Samoyau donne naissance à Jean et Marie. Jean est inhumé le 9 octobre de la dite année et Marie le 16 octobre.

    Le 24 mars 1768 nait René François ; il meurt le 3 mai 1785. Un autre fils, Louis, voit le jour le 12 septembre 1771. Puis Jean Baptiste est baptisé le 11 août 1773.

    Quant à Joseph Poirier, il meurt à La Suze le 26 décembre 1792.

     

    … Et nous étant transporté avec led(it) Poirier sur le terrein

    en question en presence de François Doré menuisier et Pierre Pommier

    serger de(meuran)ts en cette ville nos témoins avec nous soussignés, y aurions

    trouvé les personnes de Ambroise Huard entrepreneur de bâtiments,

    François Vetillard masson et Louis Loizeau maneuvre qui

    commençoient à travailler en presence de plusieurs voisins

    nous aurions attendu led(it) Joseph Cornuel qu’on nous auroit dit

    être venu en cette ville et avoir été sur le lieu en question samedi

    dernier, lequel Joseph Cornuel n’ayant pas comparu et l’heure

    du déjeuner des ouvriers étant survenue nous avons remis a

    neuf heures la continuation du present procès verbal pour donner

    défaut dud(it) Joseph Cornuel s’il ne compare et procéder aux

    operations resultantes de l’intimation …

    … Et led(it) jour neuf heures du matin nous étant a la requisition

    dud(it) Joseph Poirier transporté sur led(it) terrein en sa presence et desd(its)

    temoins, ensemble desd(its) ouvriers et de Julien Lesesve

    tisserand principal locataire de la maison dud(it) Cornuel et de

    Pierre Guimmier sous locataire et de plusieurs autres personnes

    du voisinage ;

     

    L’activité textile est importante dans la région de La Suze et ce de depuis la fin du Moyen-âge. Elle connaîtra un regain d’activité à partir de la seconde moitié du 17ème siècle avec la politique économique menée par Colbert, mais également avec le succès de l’étamine développée par le manceau Jean Véron.

    Ces étamines (étoffes légères de laine) sont utilisées par beaucoup de monde : vêtements nobles ou ecclésiastiques mais aussi coiffes, jupes, corsages, vestes et culottes d’apparat et de deuil, manteaux, tour de lit, rideaux, etc. La réputation est telle qu’en Picardie on trouve des étamines « façon Le Mans ».

    Le textile fait travailler une bonne partie de la population et génère donc des revenus. La chaîne des intervenants est relativement importante : paysans qui tondent en général à la Saint-Jean, tireurs d’étaim qui peignent la laine, fileuses. Ensuite se déroulent les différentes interventions concernant le tissage.

     

    Led(it) Joseph Cornuel n’étant point comparu nous en avons aud(it)

    Poirier ce requerant donné et donnons défaut et avons

    procédé aud(it) procès verbal comme ensuit.

    D’abord led(it) Poirier nous a représenté l’exped(iti)on sous le sing

    de m(aîtr)e Nieceron no(tai)re royal à Chemiré

    le Gaudin d’un contrat passé devant

    m(aîtr)e Guillaume Leroy no(tai)re r(oya)l aud(it) Chemiré le vingt deux mars

    mil sept cent vingt deux, con(trô)lé et ins(inu)é au bu(re)au de cette ville

    le même jour, par lequel Constance Mulin v(euv)e Joseph Courtillier

    serger en cette ville ayeule maternelle dud(it) Joseph Poirier a aquis

    de M(onsieu)r le M(ar)q(ui)s de Vilennes representant M(onsieu)r Le Prêtre une place de bâtiment et un petit jardin

    nommé le Pillier Verd contenant deux hommées ou environ avec un

    puis dans led(it) jardin, joignant d’un côté la maison du s(ieu)r Després

    aujourd’hui representé par led(it) Cornuel, d’un bout une

    ruelle tendant de la Grande Rue à la maison des Murailles, d’autre bout

    le jardin de la v(euv)e Cormier que Louis Vigroux represente aujourd’hui

    laquelle v(euv)e Courtillier fut chargée par led(it) contrat

    de faire rétablir pareille quantité de batiments que l’ancien. Ensuite led(it)

    Poirier nous a dit que M. Le Prêtre seigneur de S(ain)t Jean du Bois

    étoit propriétaire par decret expedié au siege de la Baronie de Longaulnai

    du dix juin mil six cent quatre vingt deux suivant lequel il

    fut adjugé aud(it) s(ieu)r Le Prêtre un corps de logis appellé le Pillier Verd

    composé alors d’une cuisine basse, avec four et cheminée, chambre dessus

    exploitée par un escalier de pierre, deux autres chambres basses à cheminée

    greniers dessus, cave sous partie desd(ites) chambres, le tout sous même faîte

    greniers sur tous lesd(its) logis, une grange et une étable au bout sous partie

    d’iceux, cour et issues la cour close de murailles, un apenti dans lad(ite) cour,

    une lotie de jardin au devant desd(its) batiments contenant une hommée

    ou environ avec un puits au bout dud(it) jardin, le tout se joignant

    cotoyant la rue tendante à la Renardiere, d’autre côté les maisons

    et jardin de Jean Cormier, d’autre bout la maison et jardin des

    héritiers Thomas Regnard, le tout situé rue de Laval en la ville de La Suze.

    Lesd(its) biens echus aud(it) Poirier suiv(an)t les partages devant m(aîtr)e Hervé notre

    prédécesseur du 5 mai 1741 et desquels bâtiments la partie qui étoit

    en grange et étable est celle qui ne subsiste plus et où il s’agit d’édifier.

     

    Nicolas Leprêtre, conseiller du Roi et président en la Cour des Aides de Paris, avait acquis la seigneurie de Saint Jean du Bois au milieu du 17ème siècle de la famille du Bouchet. Sa fille, Antoinette Le Prestre avait épousé Jacques de Gaignon, lieutenant général des armées et seigneur de Villennes à Louplande.

     

    Ayant ensuite examiné l’état des choses avec lesd(its) ouvriers en

    presence dud(it) Poirier et des personnes du voisinage, ensemble de nosd(its) temoins, il a été remarqué et reconnu ce qui suit.

    Premierement qu’au pignon des batiments dud(it) Poirier qui subsistent

    actuellement, il paroit qu’il y avoit une suite de bâtiments dans le même

    alignement, ce qui resulte tant du crêtis ou massonail

    des anciennes couvertures dont on voit encore les vestiges en

    différents endroits dud(it) pignon, que des places ou trous

    où étoient placées les solives au nombre de douze, dont les

    marques sont subsistantes.

    Ayant ensuite fait toiser le mur des batiments dud(it) Cornuel,

    depuis le coin qui donne sur la petite rue de la Fontaine vis

    à vis le Presbitère et de la maison des Murailles, jusqu’à l’autre

    coin du côté des jardins du Pillier Verd, led(it) mur s’est

    trouvé de trente quatre pieds cinq pouces de long en deux

    parties la premiere de quinze pieds à partir de la rue, et

    dix neuf pieds cinq pouces pour l’autre partie dont la

    coignairie ou angle avance un peu dans le jardin.

    Ensuite ayant fait ouvrir vers l’endroit des anciens fondements

    à peu de distance du

    mur de la maison dud(it) Cornuel dans toute la longueur destinée

    pour le pignon du bâtiment que led(it) Poirier veut construire

    on a trouvé un vestige d’ancien fondement, vers le milieu

    du terrein ouvert, lequel vestige dans la longueur de

    cinq pieds dix pouces marque l’ancienne fondation construite

    avec pierres et mortier de chaux et sable faisant le reste d’un

    ancien mur assis à trois pieds de profondeur au dessous du niveau

    de la petite rue de la Fontaine dont une extremité

    ou le bout du côté de lad(ite) petite rue est à

    sept pieds deux pouces de distance du mur de clôture ou pan de

    mur destiné pour led(it) batiment, et l’autre bout dud(it) reste de

    fondement est à cinq pieds et demi de l’angle du fondem(en)t

    destiné pour la longere du batiment a construire, le tout

    de dedans en dedans. Ce qui compose dix huit pieds et demi pour

    la longueur totale de dedans en dedans.

    Ayant ensuite fait poser la fiscelle dans la longueur

    du fondement qui est à faire du côté du bâtiment dud(it) Cornuel dans

    le même alignement de l’ancienne fondation le long des

    vestiges des anciens fondements et fait mesurer dans

    chaque extremité desdits vestiges,

    la distance qui est entre lesd(its) vieux fondements et le mur

    de la maison dud(it) Cornuel s’est trouvée être savoir à

    l’extremité du côté de la rue qui est le bout du côté

    du nord de

    vingt six pouces, et au bout du côté des jardins

    ou du midi, la distance ne s’est trouvée

    que de vingt deux pouces et demi.

    Et ayant mesuré à chaque bout ou extremité de toute

    la ligne du fondement la distance

    au bout du côté de la rue ou du nord

    s’est trouvée être de trente trois pouces

    et seulement de dix sept pouces à l’autre bout, ce que led(it)

    Huard a dit être conforme à ce qu’il a appris des anciens

    qu’un homme ne pouvoit passe que de côté entre les batimens

    dud(it) Cornuel et ceux des auteurs dud(it) Poirier

    vis-à-vis l’angle ou la coignairie du bâtiment dud(it) Poirier

    donnant au midi.

    Et ayant ensuite fait prolonger

    de douze pieds la fiscelle d’alignement et jusqu’au coin du mur du bâtiment

    dud(it) Cornuel dont l’extremité avance un peu dans le

    jardin, la distance de lad(ite) ligne aud(it) mur dans l’extremité,

    ne s’est trouvée être que de trois pouces et demi.

    Et nous étant ainsi assuré de toute la distance qui étoit

    entre les bâtiments dud(it) Poirier et ceux dud(it) Cornuel

    conformement aux vestiges des

    anciennes fondations, nous avons fait placer à force

    un piquet à chaque extremité du terrein

    destiné aux nouveaux fondements lesquels en notre presence et desd(its) temoins ont été

    tracés en dedans de la fiscelle arrêtée à chaque piquet

    pour être ensuite édifié par led(it) Poirier dans le

    même endroit où étoit l’ancienne construction, en sorte

    qu’il ne s’agit que de continuer d’approfondir lesd(its)

    fondements autant qu’il sera necessaire pour la solidité de

    la construction et d’édifier ensuite …

     

    Copie de IMGP3607

     

    La rue du Pilier Vert de nos jours

     

     

    Pilier Vert Cadastre

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Les lieux de 1769 placés sur le cadastre de 1843 (source : Arch. Dép. de la Sarthe)

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