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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 19:36

La commune de Fillé est connue pour son moulin que l’on peut dater du Moyen Age. Mais les prospections archéologiques sur le territoire communal ont permis de reculer de quelques milliers d’années l’activité de production de farine dans ce secteur géographique !

Une parcelle, dans le secteur du Clos Colin à Fillé, a livré une meule datant de l’époque néolithique (5000 av. J.-C. jusqu'à 1800 av. J.-C.) ou protohistorique (1800 av. J.-C. jusqu'à 50 av J.-C.). Il s’agit d’un gros bloc de calcaire pesant presque 9 kg, mesurant 35 cm sur 28 cm. La face inférieure, naturelle, est bosselée. La face supérieure a été piquetée pour la rendre abrasive.

 

Meule (surface de travail) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Meule (profil)

 

 

 

Ce type de meule, dite à va-et-vient, apparaît au néolithique et persiste jusqu’à l’époque gauloise. On utilise un gros galet qui permet d’écraser les grains.

A partir du 2ème siècle av. J.-C.,  un autre type de meule apparaît : la meule rotative. Elle est composée d’une partie « dormante » (meta) et une partie « mouvante » (catillus). On installe alors un manche en bois dans un trou sur le côté du catillus afin d’exercer un mouvement rotatif qui écrasera les grains entre les deux parties de la meule.

 

 

 Meule rotative (catillus)  provenant de Oisseau le Petit (72). Son diamètre est de 42 cm.

 

 

 

 

 

En haut, le trou par où est versé le grain. Sur le flanc, le trou pour le manche en bois permettant d'actionner la meule.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les découvertes de meules à va-et-vient sont relativement rares. Elles ont parfois été cassées ou réemployées dans des murs. Celle du Clos Colin à Fillé aurait pu servir de borne pour limiter une parcelle.

 

 

 

Par contre les meules rotatives sont plus fréquentes, mais on trouve surtout des morceaux et rarement la meule entière. C’est le cas par exemple à Voivres où trois morceaux ont été découverts en prospection.

 

Morceau de meule (catillus) provenant de Voivres (72)

 

 

 

Ces meules servaient à écraser du grain bien sûr mais aussi d’autres produits (légumineuses, glands, chamotte, etc.). A Voivres, un morceau a été découvert sur des vestiges d'un bas fourneau et on peut se demander si cette meule n’a pas servi à broyer du minerai de fer.

 

Stries d'usure sur une meule provenant de Voivres (72)

 

 

 

 

Rappel de la loi : La prospection archéologique est soumise à autorisation administrative délivrée par le préfet de région. L'utilisation des détecteurs de métaux dans les parcelles qui recèlent des vestiges archéologiques est strictement interdite. Le non respect de la loi est soumis à de lourdes sanctions.

 

Code du Patrimoine :

 

Art. L. 531-1 – Nul ne peut effectuer sur un terrain lui appartenant ou appartenant à autrui des fouilles ou des sondages à l'effet de recherches de monuments ou d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans en avoir au préalable obtenu l'autorisation.
La demande d'autorisation doit être adressée à l'autorité administrative ; elle indique l'endroit exact, la portée générale et la durée approximative des travaux à entreprendre.
Dans le délai, fixé par voie réglementaire, qui suit cette demande et après avis de l'organisme scientifique consultatif compétent, l'autorité administrative accorde, s'il y a lieu, l'autorisation de fouiller. Elle fixe en même temps les prescriptions suivant lesquelles les recherches devront être réalisées.

 

 

Art. L. 542-1 - Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.

 

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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 09:40

La Livardière

 

 

 

 

1676 : Pierre Paigeot, marchand demeurant au château du Grochenay, procureur de Jean Leboindre (conseiller au Parlement, seigneur du Grochenay, Fillé, Spay, Buffes, la Beunêche et autres lieux) passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Pierre Benoist, laboureur.

 

 

Le locataire doit payer 200 livres par an.

 

 

 

 

1693 : Françoise Bechefert, veuve de monsieur Leboindre (doyen au Parlement, seigneur du Grochenay et autres lieux) demeurant à Paris paroisse de St Sulpice, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Jean Blanchard, laboureur.

 

 

Le locataire doit payer 200 livres par an et fournir 1 couple de chapons paillés à la Toussaint portés au château du Grochenay.

 

 

 

 

1735 : Marie Françoise Catherine Doujat, femme de Jean Baptiste Leboindre (conseiller en la grande chambre du Parlement de Paris, chevalier, seigneur du Gros Chesnay, Buffes, Spay, Fillé, la Beunêche, Vauguion et autres lieux), demeurant à Paris rue et cul de sac Saint Dominique quartier Saint Michel paroisse Saint Jacques du Haut Pas, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Pierre Tuffière, laboureur.

 

 

Le locataire doit payer 160 livres par an. Il doit fournir 6 bonnes poulardes grasses à Noël rendues au château du Gros Chesnay.

 

 

 

 

1741 : Jean Joseph Leboindre, chevalier, baron de la Beunêche, seigneur du Grochenay, Buffes, Spay, Fillé, Vauguyon et autres lieux, conseiller au Parlement, demeurant rue St Dominique, quartier St Michel, paroisse St Jacques du Haut Pas, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Pierre Tuffière, laboureur.

 

 

Le locataire doit payer 165 livres par an et fournir 6 bonnes poulardes grasses à Noël, 8 livres de beurre frais, 1 charrois au Mans.

 

 

 

 

1748 : Jean Joseph Leboindre, chevalier, seigneur de Vauguyon, Grochenay, Buffes, Spay, Fillé, Guécélard, Roézé et autres lieux, conseiller du roi au Parlement, demeurant à Paris rue St Dominique paroisse St Jacques du Haut Pas, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Pierre Tuffière, laboureur.

 

 

Le locataire doit payer 160 livres par an et fournir six bonnes poulardes grasses à Noël.

 

 

 

 

1754 : Jean Joseph Leboindre, baron de la Beunêche, seigneur de Vauguyon, Buffes, Grochenay, Spay, Fillé, Guécélard, Roézé et autres lieux, conseiller au Parlement, demeurant rue St Dominique quartier St Michel paroisse St Jacques du haut, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Pierre Tuffière.

 

 

Le locataire doit payer 175 livres par an et fournir 6 bonnes poulardes grasses à Noël.

 

 

 

 

1762 : Louis François Daniel de Beauvais écuyer seigneur de Grochenay, Buffes, Spay, Fillé, Vauguyon, La Beuneiche et autres lieux,  demeurant ville du Mans paroisse St Nicolas, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à Pierre Tuffière.

 

 

Le locataire doit payer par an 170 livres et fournir 1 oie grasse et 4 poulardes grasses à Noël, 6 livres de beurre frais et 1 charrois au Mans.

 

 

 

 

1777 : description des terres de la Livardière

 

 

 

 

 : 21

 

 

LIEU DIT : La Livardière

 

 

TYPE : Métairie

 

 

SUPERFICIE : 4067.72 ares

 

 

ORGANISATION INTERNE :

 

 

63.5 journaux = bâtiments, cours, jardin, terres labourables, pâturages

 

 

18 hommées de prés

 

 

QUALITE DES FONDS : mauvais et médiocre

 

 

VALEUR TOTALE : 173 livres 5 sols

 

 

PROPRIETAIRE : De BEAUVAIS

 

 

RESIDENCE : Le Mans

 

 

PROFESSION : Noble

 

 

LOCATAIRE : Pierre TUFFIERE

 

 

PROFESSION : Métayer

 

 

         

 

 

 

 

1794 : La citoyenne Marthe Plumard veuve de feu Louis François Daniel de Beauvais demeurant ville du Mans baille au citoyen René Mauboussin cultivateur la métairie de la Livardière.

 

 

Le locataire doit payer par an 432 livres et fournir 4 poulets, 4 poulardes grasses, 1 oie grasse, 20 livres de beurre, 3 charrois au Mans.

 

 

 

 

1801 : Marthe Plumard, veuve de Louis François Daniel de Beauvais et demeurant Ste Croix Les Le Mans, passe le bail de la métairie de la Livardière à Fillé à René Mauboussin, cultivateur.

 

 

Le locataire doit payer 432,50 francs par an. Il doit aussi faire 3 charrois jusqu’au Mans ; il doit fournir 4 poulets, 4 poulardes grasses, 1 oie grasse, 30 livres de beurre.

 

 

 

 

La Livardière, cadastre 1810 (Archives Départementales de la Sarthe)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Livardière, cadastre 1844 (Archives Départementales de la Sarthe)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 La Livardière, Carte de Cassini

 

 

 

 

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 08:46

La commune d’Etival Lès Le Mans possède un riche passé ; on ne manquera pas de visiter son église qui est, à mon avis, la plus belle du canton.

Quelques trouvailles archéologiques ont lieu sur le territoire communal. La plus importante découverte fut un trésor monétaire composé de 3369 pièces romaines. La prospection aérienne a également apporté des informations nouvelles. Un enclos circulaire a été vu en 1998 (il était à nouveau visible en juin 2006) ; en 1990, un petit bâtiment rectangulaire pouvant correspondre à une petite villa est apparu dans les cultures.

Mais c’est l’activité sidérurgique qui m’intéressait. Au 19ème siècle, on signale plusieurs amas de scories mais sans localisation. Un toponyme très révélateur attire l’attention : la Ferrière. En cet été 2005, une parcelle était labourée à proximité de ce lieu. La prospection n’a révélé que quelques morceaux épars de scories. Par contre, un joli petit silex sortit de terre.

Il s’agit d’une armature de flèche longue de 28 mm, large de 21 mm du côté du tranchant et épaisse de 3 mm. Le matériau est un silex orangé fin qui rend cette armature translucide. C’est l’extrémité la plus étroite qui était fixée dans la hampe de la flèche ; la partie la plus large (le tranchant) blessait la victime. On peut dater cet objet de la fin du néolithique c'est-à-dire vers 3500 à 2500 av. J.-C.

  

 

Rappel de la loi : La prospection archéologique est soumise à autorisation administrative délivrée par le préfet de région. L'utilisisation des détecteurs de métaux dans les parcelles qui recèlent des vestiges archéologiques est strictement interdite. Le non respect de la loi est soumis à de lourdes sanctions.

 

Code du Patrimoine :

 

Art. L. 531-1 – Nul ne peut effectuer sur un terrain lui appartenant ou appartenant à autrui des fouilles ou des sondages à l'effet de recherches de monuments ou d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans en avoir au préalable obtenu l'autorisation.
La demande d'autorisation doit être adressée à l'autorité administrative ; elle indique l'endroit exact, la portée générale et la durée approximative des travaux à entreprendre.
Dans le délai, fixé par voie réglementaire, qui suit cette demande et après avis de l'organisme scientifique consultatif compétent, l'autorité administrative accorde, s'il y a lieu, l'autorisation de fouiller. Elle fixe en même temps les prescriptions suivant lesquelles les recherches devront être réalisées.

 

 

Art. L. 542-1 - Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.

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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 14:49

BMS 1591-1650 LA SUZE

Le même jour [21] de juillet 1592, maître François Champion lui vivant
Lieutenant de La Flèche a été inhumé dans l’église de céans
Présents Jacques Mallemouche, Maurice Desforges et plusieurs autres
Et a été amené mort de la ville du Mans

Le 2ème jour dudit mois et an susdit [janvier 1593] mourut noble
Pierre de Hardy sieur du Bois de Saint Perre et fut ensépulturé
Dans l’église de ladite Suze présents Monsieur le Marquis et autres

 

 Le site de l'église de La Suze : le chateau dit de "Barbe Bleue" sur sa motte; au fond, l'église qui est en réalité la chapelle du château.

 
Le 20ème jour de juin 1593 mourut et fut
Inhumé dans le grand cimetière de ladite Suze Denis Hervé lequel
Etait de la paroisse de Fercé s’étant venu réfugier à ladite Suze
Et ne peut on le porter inhumer audit Fercé pour le trouble
Des gens d’armes, présents Jacques Mallemouche et autres

Le 29ème jour de juin audit an que dessus [1593] mourut et fut
Inhumée dans le grand cimetière de La Suze Anne Bousseau
Femme de Marin Loriot demeurant en la paroisse de Chemiré le Gaudin
Et étant réfugiés a ladite Suze à cause des Anglais qui étaient
Logés à Vallon, Maigné et Chemiré et autres paroisses circonvoisines


Les guerres de religion dans la région mancelle ont commencé en 1561 par l’assassinat du protestant Jacques Bouju. En 1562, les protestants pillent le mobilier liturgique de la cathédrale du Mans. La mort du roi de France Henri III (1589) et l’arrivée au pouvoir d’Henri IV troublent les esprits.
L’opposition grandit entre les « royaux » (favorables à Henri IV qui n’abjurera le protestantisme qu’en 1593) et les « ligueurs » (les partisans du catholicisme regroupés derrière le duc de Guise, puis derrière Charles de Lorraine, duc de Mayenne).
Le début des années 1590 est marqué par une intense activité des Ligueurs dans le Maine. Ils s’opposent aux armées du prince de Conti dans lesquelles sont des soldats Anglais et Allemands. Il faut attendre l’Edit de Nantes en 1598 pour voir le calme revenir.


Jeanne Buin mourut et fut inhumée dans l’église
A cause que l’on ne pouvait ouvrir le Grand Cimetière
Pour les gelées le vingt troisième jour de décembre
Audit an [1594], présents Mathurin Vallin et Jean Belin

Hélaine Esnault femme de maître Louis Regnard greffier au siège du
Comté de La Suze mourut à onze heures du soir le seizième jour
De mai mil cinq cent quatre vingt seize et fut inhumée dans
Le grand cimetière dudit La Suze le dix septième jour desdits mois et
An que dessus en présence de maître Simon Allix, Guillaume Bellanger,
Jean Pivron, Pierre Esnault et plusieurs autres.


Marin Gaupuceau fut inhumé et ensépulturé au grand cimetière
De La Suze et fut avec la permission et assentiment de la
Justice de cette ville de La Suze d’autant qu’il avait été
Exécuté pour ses fautes le quatrième jour de juin 1597.

Jeanne Grassin fille de Guillaume Grassin fut semblablement inhumée derrière l’église
De La Suze, laquelle avait été étranglée par les loups le 24
Octobre 1600.


Maître Jacques Boyton prêtre dit et célébra
Sa première messe dedans l’église de La
Suze la 21ème jour du mois de mai 1602 en
Présence de vénérables et discrets maîtres
Pierre Basourdy prêtre curé dudit lieu,
Michel Huard, Jacques Bruneau prêtres,
Et de Jean Boyton père dudit maître Jacques
Boyton, Joachim Belin, maître Mathieu
Veau, Gaspard Pivron, Michel Boyton
Et plusieurs autres en grand nombre.

 Le chevet roman de l'église de La Suze : sous le choeur se trouve une crypte.

 



Maître François Roullin prêtre curé de La Suze fut inhumé
Et ensépulturé le même jour 12 mai audit an [1602]


Maître Jean Corvaisier en son vivant lieutenant du comté
De La Suze fut inhumé et ensépulturé dedans
L’église dudit lieu par Monsieur le curé susdit le ?
De mai an susdit [1604] en présence de maître Mathieu Veau
Et maître Simon Allix et plusieurs autres

Le jeudi 26 février 1615 sur le soleil couchant
Maître Jean Berault prêtre sacriste de cette église
Alla de vie à trépas et son corps fut ensépulturé
En l’église le lendemain 27ème au matin par maître
Pierre Bassourdy curé dudit lieu en présence de maître
Michel Huard, François Miret, René Leporcher,
François Frenauts prêtres et plusieurs autres. Il était
Confrère de la confrérie du Saint Sacrement
.

Le 15ème dudit mois et an [janvier 1616] fut ensépulturé le
Corps de défunt René Grignard en son vivant de
La paroisse de Noyen, lequel étant réfugié
En cette paroisse à cause de la guerre et fut inhumé
Au grand cimetière par maître Michel Huard.

Le 29ème dudit mois et an [janvier 1616] que dessus fut ensépulturé le corps de défunte
Françoise Belot femme de défunt Gilles Bruneau et fut
Ensépulturée devant la grande porte de cette église
A cause des gens d’armes qui étaient en cette ville, elle
Etait de la paroisse de Noyen et s’était réfugiée
Ici à cause des gens d’armes.

Le 5ème jour susdit mois [février 1616] fut inhumé le corps de défunt
Jacques Malmouche secrétain de céans au grand
Cimetière

Le 18ème février 1616 a été ensépulturé le corps de
Défunt Etienne Mauboussin de la paroisse de Roezé
Lequel est mort à La Suze qui était réfugié à cause
Des gens d’armes et son corps a été inhumé au grand
Cimetière par moi curé de ce lieu

En 1610, Henri IV est assassiné. Son fils Louis est mineur ; la régence est alors assurée par Marie de Médicis. En 1613, Louis XIII devient majeur mais Marie de Médicis garde le pouvoir. Certains grands du royaume, regroupés derrière Condé, se révoltent.
En décembre 1615, les troupes du duc de Vendôme (fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées) menacent d’attaquer Le Mans ; en janvier 1616, la ville accepte de verser la somme de 12000 livres pour le ravitaillement des troupes du duc.


Le huitième jour de décembre [1616] jour de la conception
De Notre Dame fut inhumé en la chapelle du grand
Cimetière le corps de défunt Marguerit Lerouye
En son vivant serviteur de monsieur de ? habitants de
La Ferté Bernard, et a été données quatre livres pour
Ayder à construire ladite chapelle

Le Grand Cimetière de La Suze sur la rive droite de la Sarthe (Archives Départementales de la Sarthe, cadastre 1843)

Le 20ème jour de décembre audit an [1616] fut inhumé le
Corps de défunt maître Mathieu Veau en la ville de
? en Champagne faisant le voyage
Au service de messire le comte de La Suze
Se demeure à Sedan en était très long ? ? ledit
Veau tomba malade en ladite ville et y décéda

Le vingt et deuxième jour du mois d’avril [1631] fut ensépulturé dans
Le cimetière de La Suze un pauvre homme appelé Rivière

La femme de Julian Leguicheux décéda
Dans le mois d’octobre an [1639] que dessus laquelle
Fut inhumée dans le grand cimetière de céans
Par le curé dudit lieu et peu de temps après
Furent inhumés dans ledit grand cimetière deux
De ses enfants par maître Jean Sanquere
Vicaire dudit La Suze

Le premier jour d’août an que dessus [1640] décéda
Vénérable et discret maître Pierre Bassourdy
Vivant curé de cette ville lequel fut
Inhumé en l’église de Roezé par discret maître
Jacques Bassourdy son neveu à présent curé
De cette dite ville

Jean Bodereau meunier de cette ville décéda
Le vingt septième de mai an [1641] comme dessus
Lequel fut inhumé le même jour dans le grand
Cimetière de cette ville par monsieur notre curé

Renée Coiffé veuve messire François Belin vivant sieur
De la Touchettière décéda en la ville du Mans le
Dix huitième jour desdits mois et an [novembre 1642] comme dessus, le corps
De laquelle fut apporté en cette ville le même jour
Mis en repos dans l’église jusqu’au lendemain auquel jour il
Fut ensépulturé dans le grand cimetière par discret
Maître Jacques Bassourdy curé de cette ville.

Guillemine Faifeu veuve Michel Davy décéda
Le second jour des mois et an [mars 1643] comme dessus, le corps de laquelle
Fut inhumé dans la chapelle du grand cimetière de
Cette ville par vénérable et discret maître Jacques
Bassourdy curé de cette ville.


Pierre Moreau épousa Anne Grassin en la chapelle de Notre Dame
Des Bois le samedi 26 aout 1645

 La Suze, Chapelle Notre Dame des Bois : l'éducation de la Vierge (fin 16è-début 17è s.)

 La Suze, Chapelle Notre Dame des Bois : le retable



Vénérable et discret maître Robert Roussel prêtre
Décéda le seizième jour de février [1646] dans le presbytère
De Crosmière pays d’Anjou, le corps duquel fut
Apporté le jour suivant en cette ville, lequel fut le
Lendemain dix huitième ensépulturé dans cette église par
Maître Jean Sanquere prêtre vicaire avec très grande
Affluence du peuple.


Premier maître Louis Piveron notaire royal mourut le
Quinzième jour de janvier [1647], le corps duquel fut inhumé dans
Le grand cimetière de céans par monsieur le curé de Saint
Nicolas de la ville du Mans.

 

 

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17 juin 2006 6 17 /06 /juin /2006 10:31

Voici le sommaire du Bulletin de la Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe paru cette semaine :

Jacques SANTROT, Claude LAMBERT, Jean RIOUFREYT, Minerve et Amour, deux bronzes gallo-romains de la Sarthe, p.5-20

 

La mairie de Château du Loir possédait dans ses collections une statue de Minerve en bronze haute de 17cm dont la provenance n'est pas clairement établie. Mais la découverte en 2001 à Vaas d'une applique en forme de buste d'Amour a relancé la question. Des fouilles ont été menées par Claude Lambert et Jean Rioufreyt sur le site de Vaas. Les vestiges fortement arasés pourraient être les restes de la villa d'un personnage important en rapport avec le sanctuaire gallo-romain d'Aubigné-Racan.

 

 

 

Joseph GUILLEUX, Les structures médiévales du site de l'école Claude Chappe au Mans, p.21-40

 

En 1980, lors des travaux de construction de l'école des Beaux-Arts au Mans, des vestiges archéologiques des thermes gallo-romains du Mans sortent de terre. Mais les niveaux supérieurs ont livré d'importants vestiges d'habitats médiévaux.

 

 

 

Paul DECIRON, Les Cassini et Saint Georges du Rosay, p.41-70

 

Le nom Cassini est bien sûr connu dans l'histoire de la cartographie; mais le village de Saint Georges du Rosay a entretenu un lien étroit avec cette famille qui possédait des fiefs dans cette paroisse.

 

 

Jean Pierre LAPLENIE, Saint Jean de la Chèvrerie, une paroisse du Mans au XVIIIè siècle d’après le registre paroissial de 1755, p. 71-90

 

Depuis 2002, un groupe de recherche a commencé le dépouillement des BMS des paroisses mancelles au XVIIIè siècle. Cette étude montre la vie quotidienne de la paroisse de Saint Jean de la Chèvrerie sur la rive droite de la Sarthe à mi-chemin entre ville et campagne.

 

 

Denis SAVOIE, Une sphère mouvante révolutionnaire, p.91-94

 

L’auteur décrit une sphère mouvante, sorte de planétaire, appartenant au lycée Montesquieu et datée de l’époque révolutionnaire.

 

 

Isabelle LEONE-ROBIN, Une ville dans la ville. Histoire et évolution de l’art funéraire au XIXè siècle dans les cimetières manceaux, p. 95-116

 

Une visite des cimetières manceaux mettant en valeur l’art funéraire. Les chapelles et monuments funéraires révèlent une forme d’art peu étudiée. Comme le rapporte un de mes collègues citant l’expression d’un élève enthousiasmé « Ils en avaient une drôle de vie les morts ! ».

 

 

Serge BERTIN, Quand la tradition devient folklore. Etude de deux associations folkloriques : le Râcaud et la Gouline (1950-1980), p. 117-138

 

Serge Bertin présente ici deux associations ayant œuvré pour le folklore sarthois. Il y présente en particulier Roger Verdier qui est un des piliers de la culture sarthoise mais au caractère typiquement … sarthois ! L’autre partie de l’article porte sur le groupe de la Gouline fondé par un groupe d’instituteurs.

 

 

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 07:41

Un bail des moulins de Spay – 1747

Extraits

 

Du cinquième jour du mois de mars mil sept cent quarante sept après midi. Devant nous René Bellanger notaire et tabellion royal au Maine demeurant à Roezé, furent présents personnellement établis Monseigneur Jean Joseph Leboindre, baron de la Beuneiche, chevalier, seigneur de Vauguyon, le Groschesnay, Buffes, Spay, Fillé Guécélard, Roezé et autres lieux, conseiller du Roy en sa cour de parlement demeurant ordinairement a Paris rue et cul de sac Saint Dominique, quartier Saint Michel paroisse de Saint Jacques du Haut Pas …

Et Pierre Lefeuvre le jeune maître meunier et Françoise Gaupuceau sa femme de lui suffisamment autorisée devant nous au sujet des présentes demeurant aux moulins du Gué de Maulny paroisse de La Couture d’autre part.

Entre lesquelles parties a été fait ce qui suit. Savoir que … le seigneur Leboindre a par ces présentes baillé à titre de ferme et promis garantir auxdits Pierre Lefeuvre et Françoise Gaupuceau … preneurs pour eux et pour le temps et terme de six années entières, parfaites et consécutives … à commencer du jour et fête de Paques … mil sept cent quarante neuf et finir en pareil temps lesdites années révolues.

Savoir est les grands moulins de Spay situés paroisse du même nom consistant en la maison et bâtiments, domaine, roues, rouets, meules, moulages, tournants et virants … qu’en ont ci-devant jouit et jouiront jusques audit jour de Pâques mil sept cent quarante neuf Michel Lechat et à présent Magdelaine Froger sa veuve …

Lesdits Pierre Lefeuvre et Françoise Gaupuceau sa femme preneurs … promettent et s’obligent … d’en faire bailler et payer de ferme chacun an à mondit seigneur Leboindre ou à telles autres personnes qu’il lui plaira leur désigner jusques à trois lieues de distance desdits moulins la somme de trois cent quatre vingt livres … la première demie ferme montant à cent quatre vingt dix livres … au jour de Toussaint mil sept cent quarante neuf et le second qui sera de pareille somme au jour de Pâques suivant et ainsi continuer d’an en an et de terme en terme, outre et sans diminution de ladite ferme de bailler et fournir tous les ans à mondit seigneur Leboindre dans le temps de Noël douze bonnes poulardes grasses rendues audit château de Groschesnay, pour les réparations desdits moulins de faire faire six journées de maçon et six de terrasseur servies et fournies de toutes matières, de faire employer sur iceux deux milliers de bardeaux neuf lesquels leurs seront fournis par mondit seigneur et en faire retourner pareil nombre du vieil à leurs frais le tout une fois pendant le présent bail. Pour ce qui est des haies et fossés d’en réparer quarante toises par an  es endroits les plus nécessaires des terres desdits moulins. Et de planter sur icelles quatre sauvageaux aussi par an, de les enter avec ceux qui y sont à présent lorsqu’ils y seront propres et de les conserver du péril des bestiaux à leur possible en les armant d’épines …

S’obligent en outre lesdits preneurs d’entretenir toutes les ferrures d’iceux moulins en bon état pour leur service sans en prétendre aucune récompense ni paiement de mondit seigneur Leboindre lequel fournira à iceux preneurs le bois nécessaire pour faire les arbres, roues et rouets dont il sera besoin auxdits moulins le prenant par eux dans les endroits qui leur seront marqués jusqu’à demie lieue de distance desdits moulins après qu’il leur aura été fait abattre …

Demeurent tenus lesdits preneurs d’avoir un bateau fort suffisamment pour porter un ou deux chevaux chargés sur la rivière duquel on pourra servir lorsqu’il faudra travailler aux chaussées et autres choses desdits moulins pour charroyer les matières sans aucun dédommagement. Et en outre tenir la porte batelière d’icelles chaussées ouvertes quand besoin sera pour ledit travail, et dans le temps d’hiver lorsqu’il gèlera à glacer la rivière afin d’éviter la ruine desdites chaussées jusqu’à quinze jours de suite dans un an …

Dont de ce que dessus lecture faite auxdites parties, elles en sont demeurées d’accord … Fait et passé audit château du Groschesnay paroisse dudit Fillé es présence de Michel Jamin le jeune et louis Doré marchands sargers demeurant audit Roezé.

 

  

Le moulin de Spay sur la Sarthe (cadastre de 1843, Archives Départementales de la Sarthe)

 

QUELQUES REMARQUES

 

 

LEBOINDRE : La famille Leboindre est originaire de la Ferté Bernard puis migre au Mans où elle occupe quelques offices lui donnant une certaine notoriété. Le plus connu est Jean Leboindre (né en 1620 et décédé en 1693), doyen du Parlement de Paris. Jean Joseph Leboindre, dont il question dans ce bail, est le petit-fils de Jean Leboindre ; il meurt sans héritier (mais ruiné) en 1757. On lira avec intérêt dans Jean Leboindre, Débats du Parlement de Paris pendant la minorité de Louis XIV, présenté par Robert Descimon et Orest Ranum, Honoré Champion Editeur, 1997 l’intéressant commentaire fait sur cette famille.

Les Leboindre possédaient plusieurs métairies et bordages, ainsi que deux autres moulins (la Beunêche à Roezé et les moulins de Fillé).

Ils habitent à Paris mais viennent de temps en temps à Fillé au château du Grochenay. C’est probablement Jean Leboindre qui a fait édifier le château actuel du Grochenay.

Le Grochenay à Fillé

 

PIERRE LEFEUVRE : Il prend donc le bail des moulins de Spay en 1747, le renouvelle en 1754 puis quitte le lieu en 1761. C’est sans doute le même Pierre Lefeuvre que l’on retrouve en 1762 lors d’une visite des moulins de Fillé ; il demeure alors paroisse de St Jean de la Chevrie au Mans.

C’est peut être une personne de sa famille que l’on rencontre dans un acte de 1679 sur les moulins de la Beunêche ; il est dit meunier, charpentier et ammouleur. Il réside à Cérans.

 

MICHEL LECHAT : Il arrive aux moulins de Spay en prenant le bail en 1737. Lui aussi vient de la paroisse de La Couture au Mans. Il renouvelle son bail en 1742. Mais il meurt le 10 mars 1744 à Spay âgé d’environ 42 ans et est inhumé dans l’église.

 

LIEUE : correspond à 4551 mètres.

 

POULARDE : La poularde accompagne souvent les baux. Avec le chapon, elle fait partie de ces produits volaillers de qualité élevés dans la Sarthe. Cependant, on doit faire une différence entre la « poularde » et « la poularde du Mans » ; la seconde désigne plutôt une sorte de produit que l’on nommerait aujourd’hui « label rouge » alors que la « poularde » ne désigne qu’une jeune poule engraissée. On peut lire l’article de Jeanne Dufour, La tradition des volailles fermières dans le Maine : des poulardes d’hier aux volailles de Loué d’aujourd’hui, Bulletin de la Société d’Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe, 1993, p. 125 à 146.

 

TERRASSEUR : Personne qui fait les terrasses (mélange d’argile et de paille pour les constructions en terre).

 

BARDEAUX : Planchettes de bois servant de couverture sur le toit (comme pour une tuile). Les bardeaux sont souvent en châtaigner.

 

TOISE : unité de longueur valant 1,95 mètre.

 

SAUVAGEAU : Pousse sauvage d’un arbre. Cette pousse est ensuite entée (greffée), puis protégée des animaux par une protection d’épines autour du pied de l’arbre.

 

CHAUSSEE : Levée de terre permettant l’aménagement du site du moulin. Sur l’extrait cadastral de Spay on voit très bien cette chaussée qui partage la rivière en deux morceaux.

 

PORTE BATELIERE : Porte sur le barrage permettant de faire passer les bateaux.

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 09:55

Registre paroissial de Voivres – année 1787

Lorsque la divine providence nous appella a la conduite de cette
Paroisse le 15 mai 1773 nous vimes avec douleur que le temple
Du Seigneur avoit été négligé d’un tems immemorial qu’il tomboit en
Ruines manquant absolument de tout. Des masses de pierres brutes
Composoient les autels il n’y avoit ni ornemens ni linges point de livres
Un mur servoit d’appui de communion elle n’etoit point lambrisée il n’y
Avoit que trois croisés trois mauvaises portes deparés sur le point en un
Mot tomber tout avoit besoin de reconstruction n’ayant aucun
Revenu a nottre fabrique nous ne pouvions en esperer aucun secours
Nottre cœur etoit dans l’opprestion nous formames des lors le projet
De retablir la maison du Seigneur nous comencames par faire des
La premiere annee plafond le cœur le chancel et la nef de l’eglise
Nous fimes faire un pulpitre et achetames les livres de chant.
Les chappes, la banniere les linges et autres ornemens furent fournis
Quelques tems après. Nous comuniquames au seigneur de cette paroisse
Aux patrons, propriétaires et habitans le projet de faire reconstruire
Les trois autels nous ayants promis de nous aider je recues des
Susdits la somme d’environ 1300tt. Les habitans firent les voitures
Gratis cette somme etoit bien mince pour entreprendre un ouvrage
Qui devoit couter environ 3500tt avec un revenu aussi modique que
Celuy de la cure de Voivres sans patrimoine nous resolumes des
Lors de mettre la main a l’œuvre. Le 27 xbre 1786 la premiere
Pierre du grand autel fut placée avec solennité par maitre
Gui Jacques Livré chanoine sindic de l’eglise roiale de St Pierre
La Cour Sainte Chapelle du Mans au nom des doyens chanoines et
Chapitre de laditte eglise patrons de cette paroisse (cette 1ere
Pierre est derriere le tabernacle) les deux petits autels furent
Elévés en même tems les fonts baptismaux, les benitiers, les
Credences furent placés dans le même tems. Les portes furent relargis
Et faites a neuf. On fit trois croisés neuves et les vitraux des
Autres remis a neuf ; le tabernacle et les statue renouvellés
Le sanctuaire et la sacristie baissés de 18 pouces. Lappui
De communion en fer posés. Toutte leglise carrelée a neuf
Tous les bans neufs et uniformes, le cœur qui ne faisoit qu’un
Avec le chancel et la nef fait a neuf. La banquette pour asseoir
Le prêtre, les cartons de l’autel les six chandelliers argentés, les
Tabourets pour les chantres une superbe aube tout fut fourni
Au même tems. Tout etait achevé a la fin du mois de juillet
1787. Le cinq aoust suivant jour de la fête patronale de
Cette eglise les formalités en pareil cas requises et duement observées
La benediction des trois autels de cette paroisse fut faitte par
Messire Jacques Nepveu de la Manouilliere prêtre chanoine
De l’eglise du Mans et en presence de messire René d’Aux
Chevalier seigneur des paroisses de Chemiré, Louppelande, St Benoist,
Etival et Voivres (marquis d’Aux), lequel faisant pour la premiere fois son entrée
Dans laditte eglise fut receu a la grande porte d’ycelle et com
Plimenté par mondit sieur abbé Nepveu et conduit dans
La chapelle de St Pierre par tout le clergé chantant l’himne
Te Deum. Le seigneur etoit accompagné de sa famille savoir
Mesdemoiselles Renée, Agathe, Sophie et Mélanie d’Aux
Ses filles, de Mlle Olivier et encore en presence et assistance
De messire Daniel de Beauvais ecuyer seigneur de Fillé, Spai, Roisé
Le Groschesnaie, de dame Adélaide Victoire Daniel de Beauvais
Demoiselle epouse de messire de Fontaine chevallier seigneur
Baron de St Victeur, de messire de l’Estangt seigneur de Chantenai
Avocat du Roi au sièges présidial et sénéchaussée du Mans
De messieurs maitres Louis Quiet curé de Pruillé, René Moreau
Curé de Fay, René Bruneau curé de Spay, Jacques Achard curé
De Fillé, Pierre Lejariel du Bari curé de Roissé et La Suze
Nicolas Lebaron curé de Fercé, Louis Branchu curé de Chemiré
Jacques Lecoutteux curé de Maigné, René Peron curé d’Etival
Les Le Mans, Gui Jacques Livré et Guillaume Savare mon frere
Chanoines de l’eglise Roiale de St Pierre la Cour Ste Chapelle
Du Mans, de Jacques Tuffier diacre de l’eglise du Mans, de Julien Blin
Principal du collège de La Suze, de Françoise Gourdin epouse de
Defunt Francois Savare ma mere, de Gervais Savare mon frere
Ancien receveur des aides de Brissac et d’une multitude innombrable
De peuple des paroisses circonvoisines et de maitre René Nicolas
Savare curé de laditte paroisse qui a signé le present
le six janvier 1788
R. N. Savare c. de Voivres
Et pour perpetuer la memoire de la presente erection et rénovation
D’autels nous transcrivons a la suitte dudit verbal une piece de vers
A nous adressée par monsieur maitre Bellanger curé de St Georges
Du Plain et prononcé en presence de nos confreres lesquels ont
Requis la presente déliberation

Ad Rectorem

 

Ergo tuum completur opus, dignissime Rector,

 

Ara nitet curis aedificata tuis !

 

Quam tibi grata dies lucet ! Quam pura voluptas

Pertentat pectus, dulcis amice, tuum !

Applaudunt operi, acclamant juvenesque, senesque,

« Divine ornatum diligit ille domus,

Hic pius exornat templum, pius erigit aras. »

Urget te studium nobile, sanctus amor.

 

O factum egregium, longi memorabile secli !

 

Grex tibi commissus, jubilat, ardet, ovat.

 

Ut tibi meritas gestit persolvere grates

Et vota et memori pectore promit, amans.

Jungimur et turbae concordes, fausta precari

Una est vox cunctis, omnibus unus amor.

« Vivat is extinctum dilectus pastor in aevum.

 

Vivat is laetos et sine nube dies.”

Le maître autel décrit par Savare

Quelques informations complémentaires

 

 

René Nicolas Savare : Comme il le dit lui-même, il prend la cure de Voivres le 15 mai 1773. Il succède ainsi à Jacques Goussault décédé le 4 mai 1773 à l’âge d’environ 52 ans. Lors de « l’arrangement des registres des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Voivres » au presbytère le 17 mai, René Nicolas Savare est présent. Le 19 mai 1773, il rédige son premier acte dans les registres paroissiaux.

 

 

Entre le 24 et le 29 mai 1773 se déroule la vente des biens du curé Goussault. René Nicolas Savare y achète quelques biens :

 

2 crémaillères et 1 crémaillon de fer pour la somme de 2 livres.

 

1 paire de chenets avec 1 paire de pinces, 1 pelle à feu et 1 tire marrons pour la somme de 3 livres 19 sols.

 

1 gril pour la somme de 1 livre 13 sols.

 

1 gril, 1 rôti pain, 1 broche à percer, 1 main de fer, 1 soufflet pour la somme de 1 livre 10 sols.

 

1 barre de fer avec sa boule pour la somme de 3 livres.

 

1 devant de four en tôle pour la somme de 3 livres 3 sols.

 

4 coins de fer et 1 grande hache à bûcher pour la somme de 4 livres 19 sols.

 

1 chandelier de cuivre jaune pour la somme de 4 livres 5 sols.

 

1 paire de balances de cuivre avec 1 poids d’une livre, 1 autre poids de fer d’une demie livre, 1 autre poids d’un quarteron de potin pour la somme de 3 livres.

 

1 hachereau, 1 compas, 1 égoïne pour la somme de 1 livre 18 sols.

 

1 poêle à frire pour la somme de 4 livres 8 sols.

 

1 boîte à sel pour la somme de 2 livres 10 sols.

 

1 fusil pour la somme de 8 livres 1 sol.

 

2 mauvaises poêles à frire pour la somme de 2 livres 1 sol.

 

1 rôtissoire garni de ses cordes, chaînes, poulies, avec 2 broches et 1 poids de pierre pour la somme de 11 livres et 1 sol.

 

1 râpe à sucre, 2 lanternes, 1 cuiller à pot en fer, 2 cuillers en fer blanc et en cuivre à arroser le rôti pour la somme de 2 livres.

 

1 poissonnier de cuivre rouge pour la somme de 3 livres et 1 sol.

 

2 casses (une de terre et une de tôle), 1 garde casse en fer pour la somme de 1 livre 10 sols.

 

1 réchaud de cuivre rouge pour la somme de 4 livres 6 sols.

 

1 paire de bassinoires de cuivre rouge pour la somme de 9 livres 5 sols.

 

1 passette de cuivre jaune pour la somme de 2 livres 10 sols.

 

1 casserole de cuivre rouge pour la somme de 3 livres.

 

1 casserole de cuivre rouge pour la somme de 2 livres 19 sols.

 

1 petite casserole de cuivre rouge pour la somme de 2 livres 2 sols.

 

2 tourtières de cuivre jaune pour la somme de 2 livres 10 sols.

 

1 poêlon de cuivre jaune pour la somme de 2 livres 13 sols.

 

2 marmites de fonte avec 1 couvercle de tôle pour la somme de 1 livre 10 sols.

 

1 marmite, 1 cuiller à pot, 1 écumoire et 1 couvercle pour la somme de 2 livres 3 sols.

 

3 autres marmites de fonte de « peu de valeur » pour la somme de 16 sols.

 

1 chaudron de fonte de moyenne grandeur pour la somme de 1 livre 19 sols.

 

1 grand chaudron de fonte pour la somme de 7 livres.

 

1 mère vache sous poil rouge pour la somme de 87 livres.

 

1 mère vache sous poil rouge avec un veau de lait pour la somme de 83 livres.

 

1 taure (génisse) d’un an sous poil rouge brun pour la somme de 27 livres.

 

1 cheval sous poil souris avec son bas et 1 cordeau pour la somme de 50 livres.

 

1 selle de cheval couverte de panne bleue, 1 housse d’étoffe et 1 bride pour la somme de 28 livres et 11 sols.

 

1 autre selle avec sa bride et équipée de ses sangles pour la somme de 8 livres et 5 sols.

 

2 sangles et 1 mesure pour la somme de 1 livre et 1 sols.

 

1 fourche, 1 vouge, 1 pelle, 1 volant, 1 croc, 1 pelle à bêcher pour la somme de 7 livres et 1 sol.

 

1 fourche, 1 broc, 1 tranche, 1 croc et 1 râteau à dents de fer pour la somme de 5 livres 3 sols.

 

2 draps de toile commune pour la somme de 9 livres.

 

2 draps de toile commune de chacun quatre aulnes pour la somme de 8 livres 6 sols.

 

12 essuies mains de grosse toile pour la somme de 6 livres 10 sols.

 

2 nappes de toile commune de chacune cinq quarts pour la somme de 2 livres.

 

2 autres nappes pareilles aux précédentes pour la somme de 1 livre 15 sols.

 

2 autres nappes de toile commune pour la somme de 2 livres 7 sols.

 

2 draps de toile commune de trois aulnes chacun pour la somme de 4 livres et 15 sols.

 

6 chaises dans la cuisine pour la somme de 1 livre 10 sols.

 

1 grande « huge » pour la somme de 4 livres.

 

1 devant de feu en fonte pour la somme de 12 livres 6 sols.

 

1 rideau servant de portière à la cuisine avec sa vergette de fer pour la somme de 1 livre 16 sols.

 

1 table ployante de sapin pour la somme de 1 livre 10 sols.

 

1 armoire à un battant fermant à clé pour la somme de 10 livres 3 sols.

 

1 bois de lit garni de ses fonds avec 1 paillasse, 1 couette, 1 traversin, 3 oreillers le tout rempli de plumes mêlées, 1 couverture de laine verte, 4 rideaux, 1 dossier, 1 plafond grandes et petites pentes de damas de coq couleur bleu, 3 vergettes de fer pour la somme de 50 livres 5 sols.

 

2 seilles, 1 godet, 1 carreau à la cheminée et 1 à la poutre, 2 tamis, 2 triangles de fer et 1 mauvais coffre pour la somme de 1 livre 1 sol.

 

6 chaises de bois d’aune enfoncées de jonc pour la somme de 2 livres.

 

1 pelote de ficelle pour la somme de 18 sols.

 

12 essuies mains de grosse toile pour la somme de 4 livres 1 sol.

 

1 baratte liée de trois cercles de fer, 1 baratton et 1 « coulouere » de bois, 1 plat de bois et sa cuiller pour la somme de 2 livres et 17 sols.

 

1 pot rempli de graisse de porc pour la somme de 4 livres 6 sols.

 

2 fers à repasser pour la somme de 2 livres et 3 sols.

 

1 dessus de cloche et 1 mortier de fonte pour la somme de 11 sols.

 

1 garde casse pour la somme de 2 livres.

 

1 poêle à châtaignes, 1 garde casse de fer, le tout de peu de valeur, 3 mauvais soufflets et 1 bourriche pour la somme de 12 sols 3 deniers.

 

2 fers à repasser pour la somme de 2 livres 3 sols.

 

2 draps de toile de brin pour la somme de 8 livres 6 sols.

 

2 draps de toile de brin de chacun 4 aunes pour la somme de 8 livres.

 

100 bouteilles de verre de Rouen pour la somme de 24 livres.

 

1 grande paire d’armoires à deux battants en bois de noyer pour la somme de 37 livres.

 

1 busse de vin de la récolte dernière (fut et liqueur) pour la somme de 36 livres.

 

1 buffet à quatre battants et deux tiroirs en bois de poirier pour la somme de 30 livres.

 

1 huilier de cristal pour la somme de 1 livre 11 sols.

 

1 douzaine d’assiettes de faïence pour la somme de 2 livres 5 sols.

 

1 douzaine d’assiettes de caillou dont partie, sont fêlées pour la somme de 18 sols.

 

2 grands plats de caillou pour la somme de 15 sols 3 deniers.

 

12 assiettes de faïence pour la somme de 1 livre 15 sols.

 

3 plats de caillou pour la somme de 1 livre 6 sols.

 

3 salières de cristal pour la somme de 1 livre 8 sols.

 

3 petits plats de caillou pour la somme de 1 livre 8 sols.

 

2 saladiers de faïence pour la somme de 1 livre.

 

4 assiettes de caillou pour la somme de 15 sols.

 

9 assiettes de caillou pour la somme de 1 livre 14 sols.

 

12 assiettes de caillou fêlées pour la somme de 1 livre 4 sols.

 

1 lot d’assiettes et plats fêlés avec 1 bouteille de verre à liqueur pour la somme de 17 sols.

 

2 pots et 1 eraigne pour la somme de 1 livre 4 sols.

 

1 table de sapin avec son ployant pour la somme de 1 livre 3 sols.

 

2 bonnets de coton pour la somme de 2 livres 16 sols.

 

2 bonnets de coton pour la somme de 2 livres 9 sols.

 

3 paires de manchettes pour la somme de 2 livres 4 sols.

 

2 fûts de boisseaux, 1 pelle « fustière » et 2 cribles pour la somme de 3 livres 1 sol.

 

1 paire de chenets, 1 pelle à feu, 2 paires de pinces, 1 tire marrons pour la somme de 8 livres.

 

2 poches de grosse toile pour la somme de 1 livre 16 sols.

 

4 bissacs pour la somme de 1 livre 1 sol.

 

6 taies d’oreiller pour la somme de 3 livres 16 sols.

 

2 nappes de toile commune pour la somme de 3 livres.

 

2 nappes de toile de brin pour la somme de 3 livres 2 sols.

 

2 nappes pour la somme de 2 livres 10 sols.

 

1 nappe de 2 aulnes de toile de brin pour la somme de 2 livres 4 sols.

 

1 douzaine de serviettes de toile de brin pour la somme de 8 livres 10 sols.

 

1 grand cuvier avec sa chantepleure de potin pour la somme de 6 livres.

 

1 petit cuvier avec 1 baquet pour la somme de 2 livres 1 sols.

 

9 fûts de busses de pipes et quarts vides pour la somme de 11 livres 6 sols.

 

1 fût de pipe et 1 fût de busse vides pour la somme de 7 livres 6 sols.

 

2 poulains avec tous les chantiers de la cave, 1 grand baril à vinaigre, 1 garde manger, 1 travouil pour la somme de 3 livres.

 

1 fût de charnier avec du porc salé pour la somme de 13 livres 3 sols.

 

2 paires de harasses avec leurs cordes pour la somme de 2 livres.

 

1 mauvaise civière pour la somme de 16 sols.

 

1 câble pour monter les gerbes pour la somme de 6 livres 13 sols.

 

1 petite couette, 1 traversin, 1 lodier piqué servant de couverture, 1 couette, 1 traversin à taie de toile rempli de plumes de poules pour la somme de 9 livres.

 

1 coffre de bois de chêne fermant de clé pour la somme de 5 livres 12 sols.

 

1 douzaine de serviettes de toile de brin pour la somme de 9 livres 5 sols.

 

12 serviettes de toile de brin pour la somme de 12 livres 6 sols.

 

12 serviettes de toile de brin pour la somme de 19 livres 1 sol.

 

1 bois de lit garni de ses fonds et paillasse, 1 couette, 1 traversin, 1 oreiller le tout de couetty rempli de plumes d’oie, 1 couverture de laine blanche, 1 courtepointe d’indienne, 1 dossier, 1 plafond, des petites pentes le tout d’indienne, 4 rideaux, 3 pentes de droguet vert, 2 tringles tournantes pour la somme de 163 livres 14 sols.

 

100 bouteilles de verre pour la somme de 24 livres.

 

4 carafes et un levrier de caillou pour la somme de 1 livre 6 sols.

 

2 draps de toile de brin de 6 aulnes pour la somme de 17 livres 10 sols.

 

4 chandeliers de cuivre ou potin et 1 chandelier à main avec des mouchettes dessus pour la somme de 5 livres.

 

12 chaises de noyer ou guignier pour la somme de 8 livres.

 

8 chaises de bois de noyer pour la somme de 2 livres 10 sols.

 

2 dessus de table dont une a sa rallonge de sapin pour la somme de 7 livres.

 

1 porte à diner d’étain avec 7 mauvaises fourchettes de fer pour la somme de 5 livres.

 

1 mauvais van pour la somme de 2 livres.

 

7 mauvais carreaux avec 1 fût de quart de busse et 1 lot de douelles pour la somme de 3 livres 7 sols.

 

1 paire d’armoires à deux battants fermant à clé avec un tiroir en bois de chêne pour la somme de 40 livres 1 sol.

 

1 bois de lit garni de ses fonds et paillasse, 1 couette, 1 traversin, 1 oreiller, 1 petite baillière, deux petites couvertures de laine blanche, des rideaux d’étoffe de couleur verte, 3 vergettes de fer, le tout de peu de valeur pour la somme de 36 livres.

 

1 busse de vin de la récolte dernière (fût et liqueur) pour la somme de 40 livres.

 

1 busse de cidre (sans le fût) de la récolte dernière pour la somme de 21 livres 10 sols.

 

15 livres de vaisselle d’étain pour la somme de 11 livres 12 sols 6 deniers.

Il apparaît clairement que René Nicolas Savare s’équipe pour habiter le presbytère de Voivres. Par contre, il n’achète aucun vêtement ni livre religieux.

 

 

Très rapidement le curé Savare se soucie de l’état de l’église de Voivres. Ainsi le 11 juillet 1773, le général des habitants est convoqué pour savoir « si ils doivent faire lambrisser ou plafoner leur eglize qui a un besoin de l’un ou de l’autre indispensable, pour la decoration d’icelle ornement et embellissement pour le service divin ». Faute d’argent suffisant, il sera décidé de la plafonner en blanc ; les travaux seront effectués par Jean Dupuy, plafonneur originaire de la paroisse de Bouillancourt en Picardie. Il est également choisi de faire quelques travaux sur le mur du cimetière.

 

En juillet 1774, Savare demande à ce que soient abattues les ruines d’une maison dépendant de la cure afin de faire construire à la place une écurie.

 

Le 12 février 1780, le général des habitants se réunit. Pierre Ruiller, procureur et syndic de la paroisse «  a remontre aux dits habitans que le cimetiere de la dite paroisse secrouloit meme leglize est en un danger evident de secrouler aussi que leglize etant dénuée dornements convenables pour sa solemnité du service de Dieu pourquoi demande a estre authorize par lesdits habitans a employer pour les refections dudit cimetiere soutien des terres diceluy meme pour le soutien de ladite eglize … surquoy lesdits habitans ont murement confere ensemble et apres mure deliberation ils ont este d’avis et donnent pouvoir audit Ruiller leur procureur de fabrique de conjointement et de l’avis du sieur curé dudit Voevres faire faire un mur autour du cimetiere dudit lieu des escaliers pour y monter, d’achepter des chappes et autres ornements convenables … et faire conjointement et avec lagrement dudit sieur curé tout ce qui conviendra et d’y employer les deniers quil peut avoir entre les mains dont il delivrera des quittances qui luy seront allouees en decharge dans le compte quil rendra de la gestion et administration des deniers de ladite fabrique promettant avoir pour agreable tout ce quil fera pour la construction des murs dudit cimetière, la decoration de leglize et tout ce qui sera necessaire destre fait ». Là encore, le curé obtient des habitans l’autorisation de faire des travaux sur l’église.

 

Le dernier acte des registres qu’il rédige à Voivres est un baptême du 3 septembre 1791.

 

René Nicolas Savare décède au Mans le 25 mars 1792.

 

 

Vers 1835, le curé Bichette rédige les « Chroniques de la paroisse de Voivres ». Il apporte quelques renseignements complémentaires mais sans que l’on connaisse aujourd’hui l’origine de ses sources (peut être des documents restés au presbytère). En particulier, il signale que lors de la destruction de l’ancien autel, on aurait trouvé un squelette dans celui-ci.

 

 

 

Le presbytère de Voivres dans les années 1920 (Archives Départemenntales de la Sarthe, Fond Cordonnier)

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20 mai 2006 6 20 /05 /mai /2006 09:50

UN TREMBLEMENT DE TERRE A VOIVRES (1711)


 

 

 

 

Les curés des villages étaient chargés de tenir les registres des baptêmes, mariages et sépultures. Ce sont ces documents que l’on utilise pour faire de la généalogie. Mais parfois les curés y inscrivent aussi des événements qui marquent la vie de la paroisse.

 Ainsi en 1711, Jean Girard, curé de Voivres, écrit :

 

 

 

« Le sixième jour d’octobre 1711 arriva un tremblement de terre sur les huit heures et demie du soir, lequel s’est trouvé général et ce par deux fois consécutives. »

 

 

 

L’information est brève et sans autre commentaire. Il n’y eut sans doute pas de dégâts.

 

D'autres registres sarthois y font allusion. Ainsi à la Chapelle d'Aligné " Aujourd'hui 6 octobre 1711, sur les 8 heures du soir, il y a eu ici un tremblement de terre par deux secousses terribles et un grand sifflement" ou encore à Assé le Riboul " En la dite année (1711) le 6ème dudit mois (octobre) à 8 heures du soir en un temps serain et beau, il se fît un double tremblement de terre presque coup sur coup sous un bruit sourd qui surprit tout le païs comme étant une chose icy fort extraordinaire. En foi de quoi j’ai signé Métivier" mais aussi à La Quinte "Le 6 Octobre à 8 heures et demie du soir s'est fait deux tremblements de terre à la Quinte très considérables" et à René "Le Mardi Sixième Octobre, Mil Sept Cent Onze, sur les quinze heures du soir, le temps étant assés calme, l on sentit tout d un coup un tremblement de terre qui dura environ trois minutes, avec un fore grand bruit dans l air, ce qui étant fini, la terre recommença un demi quart d heure après de trembler, mais d’un mouvement plus fort et qui dura un peu plus long temps que la première fois, même le bruit que l on entendit dans l air pendant cette seconde secousse fut beaucoup plus grand. Cet accident ne produisit point d autre effet que d'avoir fait grand peur, et se fit sentir presque dans toute la province du Maine" et encore à Courceboeufs "Le 6 Octobre 1711, il fit un grand tremblement de terre qui épouvanta tout le monde" puis à Arçonnay "Le 6 octobre 1711, jour de la saint Bruno, sur les huit heures du soir, est arrivé en un quart d'heure un double tremblement de terre à Alençon et en cette paroisse et plusieurs autres, ne sachant pour le présent s'il s'est fait sentir plus loin. Le château d'Alençon et les maisons de la dite ville d'Arconnay en eurent de rudes secousses" et encore à Neuvy en Champagne "6 Octobre 1711, sur les 8 à 9 heures du soir, arrivèrent deux tremblements de terre dans un quart d'heure de temps, sans qu'ils aient causé de désordres qu'un peu d'épouvante" et encore à Yvré le Polin "le 6 Octobre 1711, le mardi,sur les huit heures du soir est arrivé un tremblement de terre par deux fois de suite" mais aussi dans les registres de Nogent sur Loir « Plus le six othobre sur les huit heure du soir es arrive un grand tremblemens de terre qui dura un demi cardeure lans mil set cent onze. » (information Jean-Louis Gueret)





Il s’agit donc d’un séisme important qui a touché une grande partie ouest de la France. On en connaît d’autres témoignages :

·        dans les archives de la commune de Ranton (Vienne) :

« Au commencement du mois d'octobre de la présente année il est arrivé de très grands tremblements de terre, qui ont jeté à terre quantité d'édifices, et surtout toutes les cheminées. »

 


 

·        dans le journal (1684-1720) du marquis de Dangeau :

« Il y eut le 6 du mois passé un tremblement de terre
que beaucoup de gens sentirent ici ;
ce fut sur les huit heures du soir. Nous avons su depuis
que ce tremblement de terre avait été plus considérable
le même jour et à la même heure sur les frontières de la
Touraine et au Poitou. La petite ville de Loudun en
a été fort endommagée ; il y a eu plusieurs maisons
renversées. »


 

 

 

 

La plupart des secousses sismiques enregistrées dans la Sarthe ont pour origine le Poitou et la Touraine. Voici quelques autres secousses sismiques enregistrées dans le passé :

 

 

 

DATES


 

EPICENTRES


 

1579

La Châtre (Indre)

1657

Sainte Maure (Indre et Loire)

1711

Loudun (Vienne)

 

 

 

 

 

 

Plusieurs tremblements de terre ont touché la Sarthe depuis. Par exemple, un séisme dont l’épicentre était à Pouzauges (Vendée) à été ressentie dans la Sarthe le 8 juin 2001. Mais les mesures faites par le Bureau Central Sismologique Français à Strasbourg indiquent qu’à Voivres il n’a pas été ressenti par la population.

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29 avril 2006 6 29 /04 /avril /2006 17:21

Lors des Journées du Patrimoine de septembre 2004, l'église de Voivres a accueilli une exposition sur les ornements liturgiques de la paroisse. Ils sont aujourd'hui entreposés au Dépôt Diocésain d'Ornements Religieux qui est abrité au Centre de l'Etoile au Mans.

Voici quelques uns de ces objets.

 

 Chasuble du 18ème siècle avec galon du 19ème siècle. Tissu lamé or et broché argent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chasuble de la fin du 19ème siècle. Soie et point de Beauvais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chasuble des 18ème et 19ème siècles. Soie doré. Motif : agneau mystique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chasuble du 19ème siècle. Velours. Monogramme du Christ brodé d'argent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chape (vers 1890).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chasuble de la 1ère moitié du 20ème siècle. Soie damassée. Motif : Alpha et Oméga, feuilles de vigne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chasuble du 20ème siècle.Soie

 

Motif : fleurs rouges, croix en satin moiré, applique tissu peint et rebrodé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chasuble de la 2ème moitié du 20ème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bannière du début du 20ème siècle.

Bannière blanche (un côté avec le Sacré Cœur, un côté avec la Vierge Marie)

 

Vierge : visage et mains imprimés, robe et manteau en tissu surchargé de galon de métal estampé, inscription « O Marie conçue sans péché ».

 

3 dates : 1830, 1854 (proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX), 1904

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le 23 mars 1806, dimanche de la Passion, les calices, St ciboire à coupe d’argent, patène et couvercle aussi d’argent doré, ainsi que l’ostensoir ou soleil, seulement argenté, le tout consacré par Mgr de Pidoll, évêque catholique du diocèse, ont servi pour la première fois. »

 

 

« Le dimanche 19 juin 1808, jour de la Fête Dieu, M. Laudreau étrenna la belle chasuble en damas rouge et blanc, broché en or fin. Il l’avait achetée au Mans des deniers de la fabrique.

 

Il acheta également et fit faire une autre chasuble noire en panne et damas blanc et neuf. »

 

 

Extrait des Chroniques de Voivres de l’abbé Bichette (1836 - 1837)

 

 

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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 18:17

 

 

 

Longtemps oublié, l’édifice de la Perrière à Voivres lès Le Mans a été redécouvert il y a quelques années[1]. Adossé au plateau de Louplande, il domine la vallée de la Sarthe et la route reliant Le Mans à La Suze. C’est aujourd’hui une propriété privée appartenant à Mme Bizeray.

 

 

 

UN BATIMENT AU PLAN SIMPLE

Un grand rectangle de 16,50 m. sur 8,90 m., voilà à quoi pourrait se résumer le bâtiment de la Perrière. Une sorte de longère améliorée. L’entrée se fait par une haute façade en roussard soutenue par trois contreforts et orientée au sud-est. Une fois passée la porte ogivale, on pénètre dans une grande salle éclairée par quatre fenêtres.

 

 

 

L'IMPORTANCE DES DECORS

Devant cette imposante façade, on devine tout de suite que ce bâtiment n’est pas ordinaire malgré sa rusticité. On a joué avec les décors, modestes certes, mais voulus. Au dessus de la porte d’entrée, entre l’arc ogival et l’arc de décharge tous deux en roussard, on a inclus un arc de pierres en calcaire. Au sommet du pignon, une fenêtre trilobée assure l’éclairage mais montre aussi l’importance du lieu.

En entrant dans la grande salle, la cheminée placée sur le mur ouest, et montant à plus de 6 m. de hauteur, devait marquer le visiteur. Son contrecoeur est d’ailleurs décoré de pierres en calcaire alternant des lits horizontaux et des lits en arrêtes de poisson.

Une grande et haute fenêtre à coussièges, preuve d’une certaine aisance, perce le mur sud.

En face, sur le pignon nord, la grande fenêtre du haut est composée d’une alternance de pierres de roussard et de calcaire, alors que sur la partie extérieure seul le roussard a été utilisé.

 

UN EDIFICE PLUS COMPLEXE QU'IL N'Y PARAIT

 

Cela semble évident, cette grande salle servait aux réceptions. C’est donc qu’il existait d’autres pièces.

Effectivement, une porte sur le mur ouest ouvre aujourd’hui sur une étable. Arrivé dans cette pièce, on voit sur le mur deux piédroits en roussard correspondant à une cheminée adossée à celle de la grande pièce. D’ailleurs en haut le conduit est commun.

Pareillement, au fond de la grande pièce sur le mur Est, une porte correspondant aujourd’hui à l’accès de la cave, ouvrait sur une troisième pièce. Dans cette pièce, on voit encore les restes d’une autre cheminée. C’est également de ce côté que se trouve le puits laissant à penser que l’on pourrait être du côté des cuisines.

DE QUEL TYPE DE BATIMENT S'AGIT-IL ?

Pour certains, cet édifice était une chapelle. Ils étaient influencés par la fenêtre trilobée qui évoque l’architecture des constructions religieuses. Mais ni l’orientation, et encore moins la cheminée ne favorisent cette idée.

Pour d’autres, nous serions en présence d’une grange. Là encore, la cheminée tord le cou à cette hypothèse.

On parle aussi d’une maladrerie mais les documents des différentes époques ne parlent jamais d’une présence religieuse sur le site de la Perrière.

Reste donc la solution de l’habitat, mais un habitat pour qui ?

 

 

 

DES TEXTES RARES MAIS PRECIEUX

Des actes notariés des 17ème et 18ème siècles nous précisent qu’à cette époque la Perrière est une métairie appartenant aux seigneurs de Villaines à Louplande. L’édifice qui nous intéresse est qualifié de grange, fonction qu’il remplissait encore il y a quelques années. Vu le volume qu’il représente, on comprend aisément que telle fut sa fonction pendant de nombreux siècles. Mais la cheminée et les décors montrent bien que ce n’était pas sa vocation originelle.

Une deuxième catégorie de documents apporte des éléments intéressants. Ils appartiennent au cartulaire de Château du Loir[2]. Quel lien y a t-il entre Château du Loir et Voivres ? Il se trouve simplement qu’à un certain moment du moyen age, les seigneuries de Château du Loir et La Suze (ainsi que Louplande) appartiennent à la même famille.

Plusieurs textes de ce cartulaire citent le toponyme « Perrière » mais sans jamais préciser sur quelle paroisse ! Il y est question entre le 12ème et le milieu du 13ème de vassaux des seigneurs de Louplande nommés Guérin et Raoul de la Perrière. Le 29 avril 1288 Béatrix « comtesse de Dreux et de Montfort, dame de Château du Loir », baille à Jean Le Bordier l’hébergement de la Borderie à Roezé. Dans ce texte, la Borderie est dite voisine de la métairie de Guérin de la Perrière. Or, 800 mètres séparent les deux lieux.

 

 

 

OU L'ON AVANCE L'HYPOTHESE D'UN PETIT HABITAT SEIGNEURIAL

Nous serions en présence d’un rare vestige d’habitat seigneurial des 13ème ou 14ème siècle. La puissance n’apparaît plus dans l’importance d’une fortification mais par une construction, certes toujours imposante, où apparaissent de nouveaux éléments tel que les décors. Le bâtiment de la Perrière pourrait être une forme primitive des manoirs qui vont se répandre après la guerre de Cent Ans. 



[1] BOUTON Philippe,  Le logis de la Perrière à Voivres lès Le Mans, Bulletin de la Société d’Agriculture Sciences et Arts de La Sarthe, 1996, p.3-14

[2] VALLEE Eugène, Cartulaire de Château du Loir, Archives Historiques du Maine, Le Mans, 1905

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