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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 14:55

Trudaine-avec-texte.jpg

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:09

 

 

Ce millésime 2010 est très décevant pour la région de La Suze sur Sarthe. Un seul endroit est proposé dans les listes du Ministère de la Culture et de la Communication :

 

Souligné-Flacé : église Saint Jean Baptiste à Flacé

 

Copie-de-IMGP3427.JPG

 

Force est de constater l’énorme retard de la région de La Suze dans le domaine du patrimoine. Le potentiel est là ; il suffit pour cela de regarder ce qui avait été proposé lors des conférences et visites sur le patrimoine religieux de la région en juin 2010. Lors de ces animations bénévoles, la très faible participation de nos élus pouvait être perçue comme un désaveu pour le patrimoine.

De quoi décourager les bénévoles et les bonnes volontés …

 

 

Compléments :

La mairie de Parigné le Pôlin informe que l'église du village sera ouverte au public le samedi 18 septembre et le dimanche 19 septembre de 14 à 19 heures.

Ce sera l'occasion de voir, ou revoir, le travail de Robert Micheau Vernez (tableaux du chemin de croix et vitraux).

Il y aura également une documentation sur l'oeuvre de cet artiste.

 

Copie-de-Images-3P2341.jpg

 

 

 

A Fillé, le centre d'art de MoulinS'ART invite les habitants et visiteurs à venir déposer sur une feuille de papier un souvenir, un témoignage, une histoire en lien avec leur village, commune ou ville. Chaque message sera accroché à un fil pour transformer petit à petit le Centre d'art en un jardin de paroles suspendues.


Copie-de-IMGP2688.JPG

 

 

A Louplande, le château de Villaines est ouvert les 18 et 19 septembre de 10h à 12h et de 14h à 18h. l'entrée est de 4 euros.

 


 

A Chemiré le Gaudin, l'association des bipèdes gaudinois organise une randonnée pédestre de 14 km passant par le hameau de Saint Benoît, les châteaux de Maquillé, Villaines et Bellefille. Apporter son pique-nique. Tarif : 3 euros.

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 10:31

 

 

 

En 1768 « sont comparus François Chauvel, bordager demeurant paroisse de Saint Jean du Bois et tuteur institué par justice aux personnes et biens des trois enfants mineurs issus de défunts Pierre Bergeot, tuilier, et Renée Guitton sa femme, d’une part et Julien Leroyer, laboureur, demeurant paroisse de Courcelles, d’autre part ».

Les deux parties ont signé un « bail par adjudication à l’enchère pour cinq ans » portant sur le « lieu et tuilerie de la Croix au Brun situé paroisse de Saint Jean du Bois et ses dépendances et de trois quartiers de vigne ». Elles ont « pris et choisi la personne de Pierre Rideau expert ordinaire demeurant paroisse de Courcelles » pour effectuer la visite et montrée du dit lieu.

 

S’en suit donc la description de cette tuilerie  qui commence par l’habitation principale :

 

Et premier vu une chambre à cheminée et four, une petite chambre

à côté en façon d’apenti ou en ravalement, a remarqué que la bouche

du four est rompue et qu’il faut la refaire, que le pavage de ladite

chambre n’est que de debris et morceaux de tuilerie de differents echantillons mal

arrangés et partie rompus dont quelques uns ne tiennent point en mortier, pour

quoi remettre en état arbitré dix livres. Cy ……………………………………….. 10#..=..=

La petite chambre ou cellier à côté de celle-ci dessus est en colombages dont

toutes les terrasses sont rompues, pour les remettre en état arbitré six

livres. Ci …………………………………………………………………………………………..6..=..=

Le greniers de sur lad(ite) maison n’est pavé que de

tuiles ; sur la petite noe ou ravalement le latis est usé et rompu et même

les chevrons, pour refaire le latis et remettre les chevrons arbitré huit

livres. Cy ………………………………………………………………………………………….8..=..=

A lad(ite) chambre de maison il y a sur la cour une croisée dont le vitrage

est rompu, il y faut remettre vingt carreaux de vitre de cinq pouces.

A côté de lad(ite) maison, il y a un évier par dehors lequel est en ruine ; pour

le remettre en état arbitré trois livres. Cy……………………………………… 3..=..=

Vû ensuite une autre chambre à cheminée sous

le même faîte, remarqué qu’il faut y remettre douze

pavés de six pouces ;

Vu une autre chambre de maison à cheminée et four, le tout

se tenant, remarqué qu’il se trouve environ trente pavés de six pouces

autour du foyer sans carrie, le reste de lad(ite) chambre n’est point pavé.

Monté dans les greniers sur lad(ite) maison et chambre, ce qui ne compose

qu'un grenier attendu qu’il n’y a point de séparation, remarqué que

la partie dud(it) grenier qui est sur la maison est pavée de carreaux de

tuilerie de quatre pouces, qu’il en manque cinq cent en recherche et a

fournir et remettre, et la partie qui est sur la chambre est pavée

de tuiles dont il faut fournir deux cent cinquante.

A la couverture du côté du couchant, il faut la relever et relater où

besoin est, et recrester ; pourquoi arbitré trente livres. Ci………..30#..=..=

Le seuil et le jambage de la porte de lad(ite) chambre qui sont en pierre de taille

sont rompus, pour les rétablir arbitré six livres. Ci ………………..6..=..=

A la même chambre il se trouve sur la cour une croisée sans grilles

ni vitres et sans apparence d’y en avoir eu, il y a seulement un vental

ou volet.

A l’aire de lad(ite) maison il faut raporter deux charetées de terre franche

pour la redresser. Il y a un chevron qui donne dans la cheminée et qu’il est

à propos d’ôter et d’attacher avec un éttrier de fer.

Le four de lad(ite) maison ainsi que celui de la premiere sont à recouvrir

à neuf, pourquoi arbitré cinq livres. Ci ………………………………. 5..=..=

 

La visite se poursuit par les bâtiments à vocation agricole :

 

Visité l’étable dud(it) lieu ; remarqué que les deux côtés ne sont que

de colombages ; le pignon d’entre la maison et l’étable est rempli de debris

et de terre et le tout en ruine, pour le rétablir arbitré quarante

livres. Cy ………………………………………………………………………… 40..=..=

Aux greniers sur lad(ite) étable remarqué que les terrasses et les couvertures

sont en assez bon état.

Au toit à porc qui est proche de lad(ite) étable il y a une carrie de bois qui est

rompue, pour la rétablir arbitré deux livres. Cy …………………. 2..=..=

Vu ensuite un corps de bâtiment composé d’une grange, une étable,

deux toits à porcs, le tout se tenant construit en colombages remplis

de débris et de terrasse, et en ruine, pour le retablir arbitré deux cent

cinquante livres attendu que les merrains sont de nulle valeur

ci……………………………………………………………………………………. 250..=..)

 

Puis on procède à l’expertise des bâtiments de la tuilerie :

 

Visité ensuite la halle ou tuilerie, remarqué qu’il y a une

filliere rompue, il faut y remettre un lien de fer, pourquoi arbitré

deux livres. Ci …………………………………………………………………. 2#..=..=

Le latis et couverture est passable à l’exception d’environ deux

milliers de bardeau qui est usé et qui est à retablir en tuile pour

la plus grande convenance et commodité.

Visité ensuite le four à tuile, remarqué que le bout de la

chaufferie tant haut que bas est rompu dans la longueur de huit à

dix pieds, il faut le retablir ainsi que la voute qui est beaucoup

degradée, pour quoi arbitré pour la main d’œuvre seulement

la somme de trente livres. Cy ………………………………………. 30..=..=

La bouche dud(it) four est aussi à retablir pourquoi arbitré trois livres

Ci…………………………………………………………………………………. 3..=..=

A une petite chambre qui est au devant de la chauffrie dud(it) four

il y a une ouverture de porte qui est sans vental ni apparence d’y

en avoir eu.

Il y a une mauvaise loge au bout de la d(ite) halle, laquelle loge est sur

pieux de bois rond et construite de mauvais bois,

couverte de jonc, genets, et autres plans, le tout en ruisne et hors

d’état de servir. 

 

Vient ensuite l’expertise des terres :

 

Vu ensuite le jardin bas dud(it) lieu de la Croix au Brun, remarqué

qu'il y a deux poiriers qui ont été trop émondés d’ancien temps

des branches coupées de six pouces de diametre d’ecorce en ecorce,

a l’entrée dud(it) jardin il y a une cloture de palis brochis dont cinq sont

de manque et qu’il faut y remettre, et un verouil aussi de manque

à la porte dud(it) jardin, pourquoi reparer arbitré vingt cinq sols

ci………………………………………………………………………… 1..5s..=

Vu ensuite le jardin haut, remarqué qu’il faut remettre un loquet

de fer à la porte dud(it) jardin, pourquoi arbitré cinq sols. Cy  =..5..=

Au cloteau de terre appellé le Verger étant au devant des bâtiments

remarqué qu’il y a quantité d’arbres fruitiers où il a été coupé d’ancien

temps des branches de quatre à cinq pouces de grosseur, et dans le bas

dud(it) verger il se trouve environ un quart de journal en cheintre

et broussil de temps immemorial. Les clotures ne sont point en état,

celle donnant sur la cour

est composée de cinq baties de palis brochis partie pouris et trois

desd(its) palis manquent. Au surplus led(it) cloteau est clos de mauvaises

lisses.

Le puis étant dans le verger est sans encheintrure.

Le pré nommé Laux contient une hommée et demie ou

environ, est planté pour la plus grande partie en sepées de chene

et épines d’ancien temps, pour les arracher et remettre led(it) pré en

état de fauche arbitré trente livres. Ci………………………………..30#..=..=

La piece de terre appellée la Pelarde dont environ cinq quarts

en valeur, remarqué qu’au haut de lad(ite) piece il se trouve environ

dix pieds de large de cheintres de toute la longueur de lad(ite) piece

laquelle cheintre est plantée de temps immemorial en bruyere et

sepées de chêne, au bout de lad(ite) piece il y a en outre environ demi journal

qui est planté en sapin et bruyere, aussi d’ancien temps.

Une autre piece à côté contenant trois journaux ou environ derriere

lad(ite) halle, laquelle piece n’est qu’en broussi et pati ouvert où on

beche la terre à tuile, pourquoi lad(ite) piece est pleine de concavités

et ne peut être mise en valeur, ne servant que pour becher la terre à tuile et de pasti.

Une autre piece de terre appellée le Champ Renard contenant

environ un journal, est en assez bon état.

Vu ensuite un broussi de brosses appellé la Briholle contenant

environ un journal, remarqué que les fossés sont en ruisne, pour

les reparer arbitré trois livres. Ci ………………………………………….3..=..=

Dans led(it) broussi il y a quantité de souches de chesne qui ont été

abatues d’ancien temps.

Vu ensuite un pré appellé la Briholle contenant environ une

hommée et demie, remarqué qu’il y a tout autour

dud(it) pré des cheintres d’environ douze pieds de large plantées en

épines et mauvais plans ; et quatre souches de chesne abatues le tout

de temps immemorial, pour le tout arracher et reunir, arbitré

quinze livres. Ci ……………………………………………………. 15..=..=

Ensuite visité cinq pièces de terre contenant huit journaux ou environ

et environ huit journaux de lande, le tout se tenant l’un à l’autre

appellé les Richardieres, remarqué qu’il y a deux mille toises

de fossés à reparer, pourquoi arbitré la somme de cent livres.

Ci ……………………………………………………………………….. 100..=..=

Dans lesdites terres il se trouve des cheintres de temps immémorial.

Remarqué en outre qu’il a été abattu differents arbres de toute espece

sur toutes lesdites terres, prés, jardins cloteaux broussis taillis et pâtis

d’ancien temps et depuis trois ans au moins.

Plus remarqué que le bois a été pris partout de trois et quatre ans du temps

de lad(ite) v(euv)e Bergeot propriétaire, sans avoir reparé aucuns

fossés qui n’ont point été reparés depuis plus de quinze ans et

dont le bois n’est pas suffisant pour reparer led(its) fossés

fors le taillis de la Brihole et le pré de même nom, dont le bois

est suffisant pour reparer les fossés qui n’ont point été faits en cette

partie.

Vu ensuite le pati de la Croix au Brun étant au devant de la

halle et loge ci devant expliquées, lequel pâti est aux environs

des chemins de Malicorne à La Suze à Fercé et à Guéceslard et dans

lequel pati est plantée une croix au nom des anciens

propriétaires ; led(it) pati sans aucunes clotures dans lequel il

a été autrefois béché de la terre à tuile, et dans lequel sont

quelques arbres dependant aussi dud(it) lieu. Remarqué qu’il y a

dans led(it) pati un petit retranchement d’environ demie hommée

de terre lequel est negligé de temps immemorial, et dont les

haies et fossés sont ruinés, il y a un guignier et autres arbres

auxquels il a été coupé plusieurs branches d’ancien temps.

Vu ensuite et même auparavant trois quartiers de vigne

situés au clos de Bahier paroisse de Noyen et comprises au bail

dud(it) lieu de la Croix au Brun, remarqué que lad(ite) vigne n’est pas

à moitié plantée le fort rapportant au faible, pour la

reatablir et remettre en bon état arbitré soixante quinze livres.

Ci …………………………………………………………………………….. 75#..=..=

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 13:30

 

  Copie de IMGP3610

 

Aujourd’hui lundi vingt deuxieme

du mois de mai mil sept cent soixante

neuf sur les six heures du matin …

… Est comparu Joseph Poirier marchand dem(euran)t en cette ville lequel

nous a dit que comme propriétaire de la maison du Pillier Verd et

ses dependances située en cette ville, joignant d’un bout la rue de

Laval, d’autre bout les batiments et jardin de Joseph Cornuel tailleur

d'habits à Noyen ; d’un coté la petite rue de la Fontaine qui

tend de la Grande Rue à la rue de Laval vis-à-vis la maison des Murailles,

d’autre côté les batimens et jardin de Louis Vigroux et le jardin dud(it)

Cornuel, desirant retablir et construire les anciens batimens

qui faisoient partie de lad(ite) maison du Pillier Verd dans toute l’étendue du

terrein qui depend de lad(ite) maison, et éviter tout sujet de contestation

avec led(it) Joseph Cornuel pour raison de la partie qui doit être

édifiée en proximité des batiments dud(it) Cornuel …

 

Baptisé à La Suze le 27 juillet 1728, Joseph Poirier se marie à La Suze avec Louise Samoyau, fille de Jean Samoyau vigneron, le 31 janvier 1751 où il est serger. Comme un certain nombre de personnes dans la région, il fabrique les étoffes des laines (les serges).  Son père, Joseph, est serrurier et sa mère se nomme Marie Courtillier.

Leur premier enfant, Louise, nait le 2 novembre 1751 ; Joseph est alors qualifié de maître serger. Arrive ensuite Joseph Martin né le 9 novembre 1752.  Puis Julien vient au monde le 19 octobre 1753 et décède le 28 mai 1754.

Le 10 octobre 1755 nait Marie. Le 3 novembre 1756, Louise Samoyau donne naissance à Joseph et à René ; ils décèdent trois jours plus tard.

Le 11 juillet 1758 nait Joseph. Le 15 février 1760, Rose Perrine vient compléter la famille. Le 27 mars 1761 est baptisé Louis.

Le mois d’août 1763 va être catastrophique pour le couple Poirier/Samoyau. Louis décède le 11, Rose Perrine meurt quatre jours plus tard. Puis le 26 c’est leur fille Marie qui trépasse. Leur fils Joseph meurt le 27. Mois très difficile pour le couple qui perd quatre de ses enfants en deux semaines.

Le 2 décembre 1764 nait Joseph. Son père est dit marchand. Le 28 septembre 1766, Louise Samoyau donne naissance à Jean et Marie. Jean est inhumé le 9 octobre de la dite année et Marie le 16 octobre.

Le 24 mars 1768 nait René François ; il meurt le 3 mai 1785. Un autre fils, Louis, voit le jour le 12 septembre 1771. Puis Jean Baptiste est baptisé le 11 août 1773.

Quant à Joseph Poirier, il meurt à La Suze le 26 décembre 1792.

 

… Et nous étant transporté avec led(it) Poirier sur le terrein

en question en presence de François Doré menuisier et Pierre Pommier

serger de(meuran)ts en cette ville nos témoins avec nous soussignés, y aurions

trouvé les personnes de Ambroise Huard entrepreneur de bâtiments,

François Vetillard masson et Louis Loizeau maneuvre qui

commençoient à travailler en presence de plusieurs voisins

nous aurions attendu led(it) Joseph Cornuel qu’on nous auroit dit

être venu en cette ville et avoir été sur le lieu en question samedi

dernier, lequel Joseph Cornuel n’ayant pas comparu et l’heure

du déjeuner des ouvriers étant survenue nous avons remis a

neuf heures la continuation du present procès verbal pour donner

défaut dud(it) Joseph Cornuel s’il ne compare et procéder aux

operations resultantes de l’intimation …

… Et led(it) jour neuf heures du matin nous étant a la requisition

dud(it) Joseph Poirier transporté sur led(it) terrein en sa presence et desd(its)

temoins, ensemble desd(its) ouvriers et de Julien Lesesve

tisserand principal locataire de la maison dud(it) Cornuel et de

Pierre Guimmier sous locataire et de plusieurs autres personnes

du voisinage ;

 

L’activité textile est importante dans la région de La Suze et ce de depuis la fin du Moyen-âge. Elle connaîtra un regain d’activité à partir de la seconde moitié du 17ème siècle avec la politique économique menée par Colbert, mais également avec le succès de l’étamine développée par le manceau Jean Véron.

Ces étamines (étoffes légères de laine) sont utilisées par beaucoup de monde : vêtements nobles ou ecclésiastiques mais aussi coiffes, jupes, corsages, vestes et culottes d’apparat et de deuil, manteaux, tour de lit, rideaux, etc. La réputation est telle qu’en Picardie on trouve des étamines « façon Le Mans ».

Le textile fait travailler une bonne partie de la population et génère donc des revenus. La chaîne des intervenants est relativement importante : paysans qui tondent en général à la Saint-Jean, tireurs d’étaim qui peignent la laine, fileuses. Ensuite se déroulent les différentes interventions concernant le tissage.

 

Led(it) Joseph Cornuel n’étant point comparu nous en avons aud(it)

Poirier ce requerant donné et donnons défaut et avons

procédé aud(it) procès verbal comme ensuit.

D’abord led(it) Poirier nous a représenté l’exped(iti)on sous le sing

de m(aîtr)e Nieceron no(tai)re royal à Chemiré

le Gaudin d’un contrat passé devant

m(aîtr)e Guillaume Leroy no(tai)re r(oya)l aud(it) Chemiré le vingt deux mars

mil sept cent vingt deux, con(trô)lé et ins(inu)é au bu(re)au de cette ville

le même jour, par lequel Constance Mulin v(euv)e Joseph Courtillier

serger en cette ville ayeule maternelle dud(it) Joseph Poirier a aquis

de M(onsieu)r le M(ar)q(ui)s de Vilennes representant M(onsieu)r Le Prêtre une place de bâtiment et un petit jardin

nommé le Pillier Verd contenant deux hommées ou environ avec un

puis dans led(it) jardin, joignant d’un côté la maison du s(ieu)r Després

aujourd’hui representé par led(it) Cornuel, d’un bout une

ruelle tendant de la Grande Rue à la maison des Murailles, d’autre bout

le jardin de la v(euv)e Cormier que Louis Vigroux represente aujourd’hui

laquelle v(euv)e Courtillier fut chargée par led(it) contrat

de faire rétablir pareille quantité de batiments que l’ancien. Ensuite led(it)

Poirier nous a dit que M. Le Prêtre seigneur de S(ain)t Jean du Bois

étoit propriétaire par decret expedié au siege de la Baronie de Longaulnai

du dix juin mil six cent quatre vingt deux suivant lequel il

fut adjugé aud(it) s(ieu)r Le Prêtre un corps de logis appellé le Pillier Verd

composé alors d’une cuisine basse, avec four et cheminée, chambre dessus

exploitée par un escalier de pierre, deux autres chambres basses à cheminée

greniers dessus, cave sous partie desd(ites) chambres, le tout sous même faîte

greniers sur tous lesd(its) logis, une grange et une étable au bout sous partie

d’iceux, cour et issues la cour close de murailles, un apenti dans lad(ite) cour,

une lotie de jardin au devant desd(its) batiments contenant une hommée

ou environ avec un puits au bout dud(it) jardin, le tout se joignant

cotoyant la rue tendante à la Renardiere, d’autre côté les maisons

et jardin de Jean Cormier, d’autre bout la maison et jardin des

héritiers Thomas Regnard, le tout situé rue de Laval en la ville de La Suze.

Lesd(its) biens echus aud(it) Poirier suiv(an)t les partages devant m(aîtr)e Hervé notre

prédécesseur du 5 mai 1741 et desquels bâtiments la partie qui étoit

en grange et étable est celle qui ne subsiste plus et où il s’agit d’édifier.

 

Nicolas Leprêtre, conseiller du Roi et président en la Cour des Aides de Paris, avait acquis la seigneurie de Saint Jean du Bois au milieu du 17ème siècle de la famille du Bouchet. Sa fille, Antoinette Le Prestre avait épousé Jacques de Gaignon, lieutenant général des armées et seigneur de Villennes à Louplande.

 

Ayant ensuite examiné l’état des choses avec lesd(its) ouvriers en

presence dud(it) Poirier et des personnes du voisinage, ensemble de nosd(its) temoins, il a été remarqué et reconnu ce qui suit.

Premierement qu’au pignon des batiments dud(it) Poirier qui subsistent

actuellement, il paroit qu’il y avoit une suite de bâtiments dans le même

alignement, ce qui resulte tant du crêtis ou massonail

des anciennes couvertures dont on voit encore les vestiges en

différents endroits dud(it) pignon, que des places ou trous

où étoient placées les solives au nombre de douze, dont les

marques sont subsistantes.

Ayant ensuite fait toiser le mur des batiments dud(it) Cornuel,

depuis le coin qui donne sur la petite rue de la Fontaine vis

à vis le Presbitère et de la maison des Murailles, jusqu’à l’autre

coin du côté des jardins du Pillier Verd, led(it) mur s’est

trouvé de trente quatre pieds cinq pouces de long en deux

parties la premiere de quinze pieds à partir de la rue, et

dix neuf pieds cinq pouces pour l’autre partie dont la

coignairie ou angle avance un peu dans le jardin.

Ensuite ayant fait ouvrir vers l’endroit des anciens fondements

à peu de distance du

mur de la maison dud(it) Cornuel dans toute la longueur destinée

pour le pignon du bâtiment que led(it) Poirier veut construire

on a trouvé un vestige d’ancien fondement, vers le milieu

du terrein ouvert, lequel vestige dans la longueur de

cinq pieds dix pouces marque l’ancienne fondation construite

avec pierres et mortier de chaux et sable faisant le reste d’un

ancien mur assis à trois pieds de profondeur au dessous du niveau

de la petite rue de la Fontaine dont une extremité

ou le bout du côté de lad(ite) petite rue est à

sept pieds deux pouces de distance du mur de clôture ou pan de

mur destiné pour led(it) batiment, et l’autre bout dud(it) reste de

fondement est à cinq pieds et demi de l’angle du fondem(en)t

destiné pour la longere du batiment a construire, le tout

de dedans en dedans. Ce qui compose dix huit pieds et demi pour

la longueur totale de dedans en dedans.

Ayant ensuite fait poser la fiscelle dans la longueur

du fondement qui est à faire du côté du bâtiment dud(it) Cornuel dans

le même alignement de l’ancienne fondation le long des

vestiges des anciens fondements et fait mesurer dans

chaque extremité desdits vestiges,

la distance qui est entre lesd(its) vieux fondements et le mur

de la maison dud(it) Cornuel s’est trouvée être savoir à

l’extremité du côté de la rue qui est le bout du côté

du nord de

vingt six pouces, et au bout du côté des jardins

ou du midi, la distance ne s’est trouvée

que de vingt deux pouces et demi.

Et ayant mesuré à chaque bout ou extremité de toute

la ligne du fondement la distance

au bout du côté de la rue ou du nord

s’est trouvée être de trente trois pouces

et seulement de dix sept pouces à l’autre bout, ce que led(it)

Huard a dit être conforme à ce qu’il a appris des anciens

qu’un homme ne pouvoit passe que de côté entre les batimens

dud(it) Cornuel et ceux des auteurs dud(it) Poirier

vis-à-vis l’angle ou la coignairie du bâtiment dud(it) Poirier

donnant au midi.

Et ayant ensuite fait prolonger

de douze pieds la fiscelle d’alignement et jusqu’au coin du mur du bâtiment

dud(it) Cornuel dont l’extremité avance un peu dans le

jardin, la distance de lad(ite) ligne aud(it) mur dans l’extremité,

ne s’est trouvée être que de trois pouces et demi.

Et nous étant ainsi assuré de toute la distance qui étoit

entre les bâtiments dud(it) Poirier et ceux dud(it) Cornuel

conformement aux vestiges des

anciennes fondations, nous avons fait placer à force

un piquet à chaque extremité du terrein

destiné aux nouveaux fondements lesquels en notre presence et desd(its) temoins ont été

tracés en dedans de la fiscelle arrêtée à chaque piquet

pour être ensuite édifié par led(it) Poirier dans le

même endroit où étoit l’ancienne construction, en sorte

qu’il ne s’agit que de continuer d’approfondir lesd(its)

fondements autant qu’il sera necessaire pour la solidité de

la construction et d’édifier ensuite …

 

Copie de IMGP3607

 

La rue du Pilier Vert de nos jours

 

 

Pilier Vert Cadastre

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les lieux de 1769 placés sur le cadastre de 1843 (source : Arch. Dép. de la Sarthe)

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 12:43

 

 

Aujourd’hui mercredi

premier du mois de mai mil sept

cent soixante onze avant et

après midi …

… Sont comparus Louis Briquet meunier et

Marie Chauvelier son epouse de lui autorisée demeurants

en cette ville propriétaires du chef de lad(ite) femme

Briquet des moulins a bled de cette ville et de la

chaussée qui en dépend ;

 

Louis Briquet est né le 9 juin 1731 à Parcé où son père est marchand « chalandrier », c'est-à-dire qu’il fabrique des bateaux à fond plat qui navigueront sur la Sarthe.

Marie Chauvelier a vu le jour à Bousse le 21 avril 1731 selon son acte de mariage. Son père y est meunier au moulin de Renié. Ensuite il exercera sa profession à La Suze.

Ils se sont mariés à La Suze le 5 septembre 1763 ; Louis est alors charpentier en bateaux, comme son père. Son frère Jacques est maréchal en œuvres blanches, c'est-à-dire taillandier.

Louis décède à La Suze le 10 thermidor an 10 (28 juillet 1802) et Marie meurt dans la même ville le 23 septembre 1815.

 

lesquels ont dit que les pluies continuelles ayant

causé plusieurs inondations consécutives depuis environ

huit mois et la rigueur de l’hyver étant survenue

au point que la rivière a charié quantité de glace

il seroit arrivé un accident considérable à ladite

chaussée laquelle auroit commencé à s’ouvrir dès

le jeudi vint unieme du mois de mars dernier et

l’ouverture auroit continué

de l’augmenter de forte que dès le vendredi vingt deux

les moulins manquants d’eau ont cessé de tourner

s’étant fait une brèche jusqu’au fond sans qu’il

soit resté ni pieux ni gaulures ni aucunes matieres

dans une très grande étendue

de ladite chaussée, quoique l’année derniere

lesd(its) comparants eussent fait au même endroit

plusieurs travaux et qu’il leur en eut coûté plus de

cinq cens livres pour renforcer ladite chaussée

en cette partie …

 

Les accidents météorologiques ne sont pas plus fréquents que de nos jours, mais ils ont des conséquences plus importantes sur la population qui dépend beaucoup de l’économie locale.

Ainsi, le registre paroissial d’Evaillé (72) fait référence à cet hiver 1771 : « … les chevaux, beufs, vaches de toutes especes, cochons, fils et laines ont eté a un prix exorbitant … ». A Brûlon (72), les commentaires vont dans le même sens : « … le blé en 1770 fut encore extremmement cher + [+ il fut vendu du froment à Loué 15#  le boisseau], et les pauvres d’autant plus à plaindre qu’il leur fut fait defense de mandier … ».

 

… En conséquence de quoi led(it) Ambroise Huard ayant

vu visité et examiné lad(ite) chaussée, mesurée et

sondé lad(ite) brèche dans tous les endroits

necessaires, il nous a fait le rapport

de l’état des choses, et des dépenses et dommages

qu’il estime, lequel

rapport nous avons presentement

rédigé comme ensuit.

 

On croise assez souvent Ambroise Huard dans la région de La Suze, et en particulier dans les actes de visite et montrée. On le dit charpentier, tailleur de pierre et entrepreneur en bâtiment.

 

Et premier lad(ite) brèche s’est vuidée et écroulée de soixante

six pieds de long au dessous de la chaussée et de soixante pieds

de long au dessus dans la largeur de vingt trois

pieds du côté de l’avant bec de la porte et de vingt

deux pieds de largeur du côté des moulins et dans

la profondeur de douze pieds à partir du niveau de

la hauteur des chaussées ; sans qu’il soit resté aucunes matieres

Pour rétablir lad(ite) brèche a été mis et frappé au dessous

à refut de belier dix neuf pieux, de dix neuf jusqu’à

vingt deux pieds de long de dix à onze pouces de

diamèttre, chaque pieu estimé vingt livres prêts,

ce qui pour les dix neuf pieux fait la somme de trois cents

quatre vingt livres. Ci ……………………… 380#..=..=

 

Un pied = 12 pouces = 0,3249 m.

Un pouce = 12 lignes = 0,0271 m.

On utilise comme unité monétaire la livre qui se subdivise en sol et denier. 12 deniers font un sol et 20 sols font 1 livre, et donc 240 deniers font 1 livre.

Quelle est la valeur d’une livre ? En 1768, à Voivres, la journée de travail d’un terrasseur (celui qui fait les sols en terre battue) est évaluée à 1 livre 10 sols. Dans le même acte on dit également que pour arracher les épines dans un champ, la journée de travail équivaut à 10 sols.

En 1776 à Voivres, la vente des affaires du curé Goussault permet de se faire une autre idée de la valeur de la livre : un gril est vendu 1 livre 13 sols, une petite poêle en cuivre jaune est achetée pour 1 livre 7 sols, une casserole en cuivre rouge vaut 3 livres, les vaches sont vendues entre 49 et 87 livres, une armoire à un battant est vendue 10 livres 3 sols, deux mauvaises paires de bottes de cuir valent 1 livre, cent bouteilles de verre de Rouen sont adjugées à 24 livres, le Bréviaire en quatre volumes est acheté pour 4 livres 10 sols, etc.

 

Plus au milieu pour faire le batardeau dix pieux de

seize jusqu’à vingt pieds de long de dix à onze pouces

de diamètre, estimés quinze livres chaque ce qui fait

cent cinquante livres. Ci ………………….. 150#..=..=

Plus un rang de pieux en le haut au dessus de ladite

brèche, contenant douze pieux de seize pieds

de long sur dix à onze pouces de diamètre

estimés quinze livres chaque, ce qui fait pour

les douze, cent quatre vingt livres. Ci 180#..=..=

Plus quatre vingt dix huit pieds de lierne estimés

six sols le pied, ce qui fait vingt neuf livres huit

sols. Ci …………………………………….. 29..8..=

Plus pour l’echafauder dix huit pieux chacun

de seize pieds de long, de sept à huit de

diamètre, estimés dix livres chaque, ce qui fait

cent quatre vingt livres. Ci……….. 180..=..=

Plus deux tirets chacun de vingt cinq pieds de long, et

deux autres de dix huit pieds, de neuf à dix pouces

d’écarissage, estimés ensemble quarante livres

Ci…………………………………………….. 40..=..=

Plus vingt deux toises de planches d’un pouce et demi

pour la gaulure, estimées six livres la toise,

ce qui fait cent trente deux livres. Ci . 132..=..=

Plus soixante toises cubes de terre pour remplir ladite

brèche à six livres la toise tant pour le béchage et

transport, que pour l’employ et dedomagement du

terrein, ce qui fait trois cent soixante livres

Ci……………………………………………………. 360..=..=

Plus quarente toises de pierre de moilon tant pour

remplir et enfoncer lad(ite) chaussée en le dessous, que pour la

recouvrir et pever le dessus, lad(ite) pierre à vingt livres

la toise rendue, fait la somme de huit cent livres

Ci…………………………………………………… 800..=..=

Plus pour paver lad(ite) chaussée, il appartient

quarante livres. Ci ………………………….. 40..=..=

Plus trente cinq livres de fer en boulons pour tenir

les liernes, à huit sols la livre fait quatorze livres

Ci ………………………………………………….. 14 #..=..=

Plus pour placer la gaulure vingt journées à vingt sols

fait vingt livres. Ci …………………………. 20..=..=

Le retardement causé par cet accident a été

d’un mois, à raison de vingt francs par jour

vu le prix actuel du bled sur le pied de trois livres

le boisseau du poids de quarante livres de toute espece

de grain, ce qui revient à la somme de

six cent livres. Ci …………………….. 600..=..=

Lesquels travaux, fournissements, dépenses et

retardement font un objet total de la somme de

deux mille neuf cent vingt cinq livres huit sols

qui est une perte actuelle survenue aux propriétaires

dud(it) moulin. Ci ………………………….. 2925#..8s..=

Outre la perte causée par cet accident survenu

à lad(ite) chaussée, la force des eaux

a occasionné un autre dommage

à la porte mariniere. Cette porte qui a été construite

à neuf en l’été de l’année mil sept cent soixante

quatre est aujourd’hui à renforcer, le plancher ayant été

défoncé par les grandes eaux, il faut la soutenir par

un gril de bois à neuf, ce qui coutera au moins la somme de

trois cent livres à faire et fournir

Les travaux pour la reparation de ladite chaussée

ont commencé dès le vingt six dudit mois de mars

par échafauder et empêcher un plus grand écroulement,

sans quoi la porte marinière auroit été emportée, n’étant

resté de ce côté là que l’avant bec de lad(ite) porte laquelle

ayant été construite à neuf a resisté à la force des eaux

et commençoit à s’ébranler, les dits travaux continuent

et ne pourront être entièrement finis sans deux écourues ;

led(it) Ambroise Huard a de plus rapporté que ladite

chaussée a en outre souffert en plusieurs autres endroits

et particulierement entre la porte et le portineau,

qu’il est necessaire d’y frapper tant en le dessus qu’en

le dessous quarante pieux de douze à quinze pieds de long

et de neuf à dix pouces de diamètre, y fournir

vingt toises de gaulure pareille à celle-ci-dessus, et trois

toises de pierre, sans parler des accidens imprévus.

Entre la susdite grande brèche

et les moulins il est aussi necessaire de frapper dans

le dessous de lad(ite) chaussée douze pieux de quinze à dix huit

pieds et de dix pouces de diamètre.

Que les deux pignons du batiment du moulin ont été

reconstruits à neuf l’année derniere et qu’il est necessaire

de reparer pareillement les deux longeres qui ont été

endommagées par les grande seaux. Les trois ponts de bois

pour l’exploitation desd(its) moulins sont à retablir à neuf.

Toutes lesquelles choses à faire et fournir couteront la somme

de quinze cens quarante quatre livres.

Led(it) expert a en outre remarqué que lad(ite) chaussée est placée

d'une manière très desavantageuse tant pour la solidité que

pour donner l’eau aux moulins, courante presqu’en

travers la rivière de Sarthe qui est forte en cet endroit,

et la chute de l’eau qui charge lad(ite) chaussée dans toute

sa longueur est augmentée par la proximité des ponts lesquels

se sont éloignés que de cent pieds de la porte

mariniere, et de vingt cinq pieds du portineau,

laquelle chaussée ayant quatre cent quarante un pieds dans toute

sa longueur depuis le bout qui approche des moulins jusqu’à

l’autre bord, n’a qu’environ quarante cinq pas de pante,

laquelle pante est entrecoupée en trois

endroits en sorte que ladite chaussée ne

procure que quatre vint douze pieds pour toute la

chute de l’eau qui sert à faire tourner lesd(its) moulins,

le surplus de lad(ite) chaussée se trouvant surcahrgé de la force de

l’eau qui n’est d’aucune utilité pour lesd(its) moulins, et

laquelle chaussée a paru avoir été ainsi détournée de la ligne oblique

pour la construction du pont …

… Sont aussi comparus les s(ieu)rs Louis Dalaine procureur fiscal,

Georges Courtillier serger, Louis Coquille chirurgien, Jacques

Huard charpentier, Marc Courtillier huissier, Pierre Guerin

marchand+, Julien Devaux marchand, André Surmont

bourgeois, Joseph Belin marchand, Etienne

Rousseau boisselier, René Mandroux tanneur,

Louis Lebled serrurier, Jean la Cuche Brifaudrie

serger, Pierre Bafour serger, François Olivier

serger et Jacques Moreau foulon, tous habitans

de cette paroisse de La Suze demeurants en

cette dite ville ;   + Pierre Maignan serger,

Lesquels ont déclaré avoir parfaite connoissance

que l’exposé fait par les dits Briquet et femme

est conforme à la vérité, qu’en effet l’accident

constaté par le rapport dud(it) Ambroise Huard est

arrivé dans la semaine de la Passion et avoir vu

la brèche ouverte le dimanche des rameaux vingt quatre

dud(it) mois de mars et autres jours, qu’on a travaillé à réparer lad(ite) brèche des la

semaine sainte, qu’on a continué d’y travailler sans relache,

et qu’on y travaille encore actuellement ; qu’on a apprehendé

quelque temps pour la porte mariniere parce que si elle

n’eut pas resisté, toute la chaussée auroit été emportée

et que si l’eau n’eut pas baissé, ce qui apermis

de travailler a arrêté les fuites, de l’écroulement

la porte marinniere et la plus grande partie de la chaussée auroit

été emportée par la force de l’eau, qu’au reste il est aisé de

juger en passant sur les ponts que la chaussée a été detournée

de l’ancienne ligne qu’elle tenoit dans la riviere qu’elle

coupoit obliquement ce qui étoit beaucoup plus avantageux,

lesquels faits sont évidens et de notoriété publique comme

aussi qu’un tel accident cause auxdits Briquet et femme une perte très

considérable tant pour la dépense que pour le retardement ce que

lesd(its) s(ieu)rs comparants ont attesté comme notoire.

 

Moulin-1695.jpg

 

Le moulin de La Suze en 1695 (source : Médiathèque Louis Aragon, Le Mans)

 

 

On trouve dans la même liasse le brouillon d’un document adressé à l’Intendant de la Généralité de Tours :


A Monseigneur l’Intendant

de la Généralité de Tours

Supplie très humblement Louis Briquet

meunier

à La Suze election

de La Fleche,

Et a l’honneur d’exposer à votre grandeur

que du chef de Marie Chauvelier son épouse

il est propriétaire des moulins

a bled de La Suze

Que les grandes eaux et les glaces

ont emporté

au mois de mars dernier

une partie de la chaussée des dits moulins

et

endommagé le surplus …

… Le suppliant n’ignore point

qu'il n’est pas le seul qui a beaucoup

souffert des inondations ; mais il a appris

en même temps que votre grandeur

touchée des pertes causées par de tels malheurs s’est intéressée

pour le soulagement de ceux à qui ils sont arrivés ;

la situation du suppliant est d’autant plus facheuse qu’il est

un simple particulier sans fortune

et que la reparation et l’entretien

de la chaussée et des moulins sont capables de le ruiner sans ressource,

ce qui l’oblige de recourir à votre grandeur.

Vu la p(rése)nte et le p(rocès) v(erbal) dud(it) jour 1er mai il plaira à v(otre) g(randeur)

d'étendre sa bonté compatissante jusques sur le sup(plian)t

et lui accorder une

gratification relative

au dommage qu’il souffre

de la ruine de la chaussée

de ses moulins,

il redoublera

ses vœux pour la conservation de v(otre) g(randeur)

 

Carte-postale-moulin-8.jpg

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 08:04

Ce mercredi 23 juin 2010, la visite de l'église d'Athenay cloturait le cycle des visites et conférences sur le patrimoine religieux de la région de La Suze.


Copie-de-IMGP3498.JPG

 

Rappelons que quatre séances étaient proposées pour découvrir les édifices religieux de la région de La Suze :

1. Visite de l'église de Flacé.

2. Conférence au moulin de Fillé sur les églises de la région de La Suze.

3. Conférence au moulin de Fillé sur les vitraux.

4. Visite de l'église d'Athenay.

 

Une vingtaine de participants a suivi ces interventions de qualité.

On regrettera la très faible présence des élus de la Communauté de Communes du Val de Sarthe. Cela montre combien il est difficile dans notre territoire d'avoir une vraie politique de mise en valeur du patrimoine. Une réflexion approfondie et sérieuse s'impose.

On mesure également le retard pris dans l'approche patrimoniale et du rôle que joue celui-ci dans la construction d'un territoire, ainsi que de l'image qu'il renvoie sur l'extérieur.

Ce fut une expérience intéressante et enrichissante. Mais ô combien révélatrice d'un long travail de sensibilisation qu'il reste à faire !

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:26

Le mercredi 2 juin 2010 fut l'occasion pour une vingtaine de participants de découvrir l'église Saint Jean Baptiste de Flacé. L'exposé de Mme Claude Chauvin a permis d'avoir les clés pour lire cet édifice:

1. architecture médiévale

2. les fresques

3. le retable et la statuaire

 

Rappel pour les prochaines interventions :

mercredi 9 juin 2010 : le patrimoine religieux des églises de la région de La Suze (18h30 au moulin de Fillé)

mercredi 16 juin 2010 : le vitrail (18h30 au moulin de Fillé)

mercredi 23 juin 2010 : visite de l'église d'Athenay (18h30 à l'église d'Athenay, commune de Chemiré le Gaudin)

 

 

Copie-de-IMGP3416.JPG

 

 

Copie-de-IMGP3421.JPG

 

 

Copie-de-IMGP3424.JPG


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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 12:30

 

Le Centre d’art de Moulins'Art de la Communauté de Communes du Val de Sarthe organise cette année, quatre rendez-vous autour du patrimoine religieux en Val de Sarthe, les mercredis  au mois de juin.

 

- Rendez-vous 18h30 -

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Réservation recommandée au 02 43 57 05 10

 

2 juin 2010

Chapelle de Flacé à Souligné-Flacé (72)

« La paroisse de Flacé », par Claude Chauvin

 

Copie-de-IMGP3176.JPG

 

 

Copie-de-181_8169.JPG

 

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9 juin 2010

Centre d'art - site de Moulins'art à Fillé sur Sarthe (72)

« Le patrimoine religieux dans les environs de La Suze-sur-Sarthe », par Philippe Gondard

 

Copie-de-IMGP0908.JPGCopie-de-131_3104.JPGCopie-de-Images-303143.4.jpg

 

 

Copie-de-168_6870.JPG

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16 juin 2010

Centre d'art - site de Moulins'art à Fillé sur Sarthe (72)

« Le vitrail » par Jean-Pierre Tortevoie

 Copie-de-Images-3P2341.jpg

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23 juin 2010

 Eglise d’Athenay à Chemiré-le-Gaudin (72)

« Notre Dame d’Athenay » par Claude Chauvin

 

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Copie-de-IMGP0952.JPG

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 09:49

Le rallye du Comité des Fêtes de Louplande sera l'occasion de découvrir le patrimoine.

 

Sans-titre-1.jpg

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 21:09
On trouve aux Archives Départementales de la Sarthe plusieurs dossiers sur le creusement du canal de Fillé à Roezé. Voici un petit document qui ne manque pas de saveur :
 

  1. La Suze 4 avril 1848
  2. Au citoyen mambre du gouverne
  3. ment  provisoire de la République,
  4. Ministre des travaux publics
  5. Citoyen,
  6. Au mois de décembre 1846, je
  7. me rendis adjudicataire d’un travail
  8. de canalisation de la Sarthe, évalué
  9. 279 000 f.
  10. Frappé d’apoplexie et de paralysie
  11. en octobre 1842, redoutant le retour
  12. de la maladie, par les symptomes
  13. qui se reproduisaient, d’après les
  14. conseils de mon médecin, je demandai
  15. la résiliation.
  16. Elle me fut refusée.
  17. Je viens de nouveau réclamer
  18. cette résiliation.
  19. La République m’entendra mieux
  20. que le gouvernement renversé
  21. Je m’en rapporte a la loyauté
  22. à la justice du gouvernement républicain
  23. pour la liquidation et l’apurement
  24. des comptes des travaux faits et des matériaux fournis
  25. La République ne veut
  26. pas qu’un de ses enfants succombe
  27. sous le poids d’un fardeau que sa
  28. santé ne lui permet pas de porter
  29. J’attends votre réponse citoyen
  30. ministre
  31. Salut et Fraternité
  32. A(lexandre) Jachet


La navigation sur la Sarthe pose certaines difficultés liées par exemple à la présence des barrages qu'il est complexe de franchir. En remontant depuis la Loire, les navires sont bloqués à Malicorne; ils doivent y décharger les marchandises pour les embarquer sur de plus petits qui remonteront la rivière et pourront franchir les passes à bateau.

 

Port-Malicorne-1695.jpg


Le port de Malicorne en 1695 (BNF)


Dans la première moitié du 19ème siècle, on entreprend une série de travaux pour améliorer la navigation. Ainsi en 1839, est inauguré le nouveau port du Mans. En 1838, avaient débuté les travaux de creusement du canal de Spay qui sera ouvert à la navigation en 1841.

 

Carte-postale-Canal-2.jpg

 

Le canal de Spay au début du 20ème siècle


Ce n'est qu'en 1846 qu'est prise la décision de creuser un canal entre Fillé et Roëzé; il premettra de contourner deux barrages : celui du moulin de Fillé et celui du moulin de la Beunêche à Roëzé.

 

En 1848, on démarre les terrassements. Le canal sera terminé en 1860. Y passent des bateaux ordinaires, c'est à dire des gabarres à fond plat qui mettent entre 11 et 15 jours pour couvrir la distance Angers-Le Mans; la descente quant à elle prend de 4 à 8 jours. Par contre, les bateaux à vapeur font le même trajet en deux jours et demi pour la remonte et une journée et demie pour la descente.

 

Copie-de-IMGP0158.JPG

 

Canal de Fillé à Roëzé


Quelles marchandises y circulent ? On amène en Sarthe du sel, du tabac, des morues, du sucre, des ardoises, du tuffeau, du vin, de l'eau de vie, du plâtre, du cuir d’Irlande, etc. On exporte des étamines, du cuir, des toiles, des bougies, du grain, du foin, du bois, etc.

 

Mais ce trafic fluvial connaitra rapidement la concurrence. En effet le train arrive en gare du Mans en 1854 et en 1863, la ligne vers Angers est ouverte. Dès lors, le transport ferroviaire devient plus rentable et supplante le trafic par la rivière.

 

Carte-postale-Gare-3.jpg

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