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12 janvier 2007 5 12 /01 /janvier /2007 21:09

LE SITE

 

 

L’église d’Athenay est une ancienne église paroissiale. Elle se situe au centre du village. Sur le cadastre de 1809, le cimetière occupe la partie sud ouest devant l’église. Il reste d’ailleurs une croix (inscription MH) datée du 16ème siècle comme dernier témoignage.

 

 

 

 

 

 

 

La mention la plus ancienne remonte au milieu du 11ème siècle (ecclésia de Attiniaco) et l’église est déjà placée sous le vocable de la Vierge Marie. Vers 1330, on parle toujours de l’ « ecclésia de Attenay ». En 1405, on utilise l’expression « capella de Athenay ». Le statut de la paroisse a changé ; elle était rattachée au doyenné de Vallon jusqu’au 15ème siècle date à laquelle Athenay devient succursale de Chemiré.  En 1768, elle redevient paroisse. Puis elle est rattachée à Chemiré le Gaudin le 14 décembre 1809. On profitera de ces quelques lignes pour tordre le cou à une étymologie empirique qui voulait édifier les origines de l’église sur un temple dédié à Athéna. Il existe des ruines romaines à quelques centaines de mètres mais rien ne montre que le bâtiment actuel soit édifié sur des substructions romaines.

LA NEF

 

 

La nef est la partie la plus ancienne de l’église et le mur nord est la partie la plus vieille de l’édifice. Ce mur repose sur des fondations réalisées avec des pierres de différentes natures et de différents modules. A environ 1 mètre de hauteur commence le petit appareillage de calcaire (les roussards sont très rares) ; trois meurtrières se trouvent au sommet. Elles semblent avoir été construites à la même époque puisque la technique est la même. Le sommet de ces meurtrières est composé d’un linteau échancré sur lequel sont gravées des incisons droites rayonnantes. Ensuite on les a comblées avec du mortier pour donner l’illusion d’un arc composé de claveaux. Cette technique est connue sur plusieurs monuments romans du Maine. C’est le cas des meurtrières du donjon de Sainte Suzanne (Mayenne) et de celles de l’église de Vezot (Sarthe). L’ouverture du milieu est réalisée entièrement en roussard alors que les deux autres utilisent le roussard et le calcaire ; mais la composition est la même pour ces deux fenêtres : le bas est en roussard et le sommet en calcaire.

 

 

On peut s’interroger sur la construction de ce mur. Il semble que les meurtrières soient construites lors d’une deuxième phase (l’appareillage parait différent, l’angle entre le mur et la façade est chaînée sauf dans la partie haute où on a l’impression de voir un mur). Le mur nord pouvait sans doute être sans ouverture à l’origine. C’est le cas de la chapelle Saint Fraimbault à Saint Georges de la Couée (Sarthe).

 

 

Le mur sud est plus récent. Il montre clairement un appareillage différent (opus incertum) mais qui semble réutiliser les matériaux de l’état antérieur. Deux fenêtres, d’époque différentes, permettent un meilleur éclairage de l’intérieur de la nef. La plus haute doit être la plus ancienne. Pourquoi a-t-on refait ce mur sud ? La question reste posée puisqu’on ne peut guère envisager un agrandissement. En effet la lecture de l’appareillage de la façade ne montre pas un élargissement de la nef. Les fondations sont différentes du mur Nord et sont composées de gros blocs de roussard, calcaire et grès. Y a-t-il eut un effondrement ? En regardant les fissures existantes, on peut l’envisager.

 

 

La porte sud qui ouvrait sur le cimetière laisse apparaître une tentative de décor qui joue sur les couleurs des roussards et des calcaires. Le montant droite et l’arc alternent les deux matériaux ; mais le montant gauche est entièrement en calcaire. En comparant le portail ouest et la porte sud, on peut imaginer une construction à la même époque.

 

 

La façade a connu quelques modifications. La porte actuelle date d’un état postérieur à l’édification de la nef. On observera à environ trois mètres au dessus du sol un lit d’arrêt de la phase de construction. Les éléments les plus remarquables sont un décor en sablier réalisé en roussard (sur 7 rangs) alors que le reste de la façade est composé de calcaire blanc. Un sablier se situe au dessus du portail, les deux autres sont de chaque côté mais il ne semble pas avoir de symétrie dans l’organisation du décor.

On remarque aussi une augmentation de la pente du toit puisqu’on peut voir une reprise de la maçonnerie mais toujours avec un appareillage cubique ce qui semble indiquer une modification assez rapide après l’édification de la nef.

 

 

Les fissures visibles sur la façade et sur la partie ouest du mur nord trahissent une certaine instabilité du terrain.

 

 

 

LES CHAPELLES

 

 

Les chapelles ont été ajoutées plus tard (17ème s ?). Le mur ouest de la chapelle nord porte une date sur l’enduit au sommet du mur près du chaînage. Il semble que l’on puisse lire 1678. Mais cela permet de dater l’enduit et non la chapelle. L’appareillage est composé de pierres calcaires allongées (jusqu’à environ 40 cm). Le chaînage est dominé pour les 2/3 par les roussards qui sont dans la partie basse alors que les blocs calcaires se situent dans la partie haute. Seule une baie

 

 

La chapelle sud ne semble pas avoir été construite en même temps que la chapelle Nord. Le chaînage d’angle n’est réalisé qu’avec des blocs calcaires. On remarque des traces d’un faux appareillage dessiné sur l’enduit frais (17ème s ?). Par contre la technique de construction reste la même ce qui tend à prouver que même si ces chapelles n’ont pas été élevées lors d’un même chantier, elles ont dû se suivre dans un temps relativement proche.

 

 

Les grilles métalliques des baies ne sont pas datées mais sont toutes réalisées de la même façon (nef, chapelles).

 

 

LA SACRISTIE

 

 

La fenêtre de la sacristie porte une date 1670 ainsi que deux initiales « M » et « MO ».

DATATION DE L’EGLISE

 

 

La technique des claveaux simulés des meurtrières, le petit appareillage cubique sont dès éléments qui tendent à fournir une datation remontant au 11ème siècle pour la partie la plus ancienne de l’édifice. On sait par les textes que la paroisse existait déjà vers 1050 et une datation autour de cette période parait cohérente.

 

 

Il est possible qu’au 13ème siècle, il y ait eut la réfection du mur sud et la création des deux portes. C’est sans doute à cette époque qu’il faut rajouter la construction du chevet actuel.

 

 

Deux dates sont inscrites sur l’église ce qui permet d’établir une chronologie relative entre certains éléments. Il semble qu’au 17ème siècle une campagne importante de travaux ait été réalisée pour remettre en état (ou en valeur ?) le bâtiment. C’est peut être  à cette époque qu’il faut rattacher l’adjonction des chapelles. En tout cas, ces chapelles ne peuvent pas être postérieures à 1670 car la sacristie est collée et non chaînée avec les chapelles

 

 

 

 

 

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Published by Association Pour l'Etude du Patrimoine Sarthois - dans canton-la-suze-sur-sarthe
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commentaires

cantepien 22/03/2014 00:27

Merci beaucoup pour votre excellent article. Je me passionne pour l'art roman et cette région est passionnante. Je m'interroge aussi sur ce mut Nord. En phase pour le 11ème siècle pour les 3 ouverture romanes. Mais y a t'il eu un réemploi expliquant l'aspect réhaussé ??? Pour info j'ai posté quelques églises romanes de la région sur panoramio (http://www.panoramio.com/user/7205300/tags/07%20-%20Maine%20roman). Je prépare également une carte des édifices romans de la région pour une prochaine visite ! http://atlas-roman.blogspot.fr/2014/03/72-sarthe-romane-pays-de-la-loire.html

Philippe 22/03/2014 17:35

Sur le côté nord de l'église d'Athenay, il y avait des bâtiments comme le montrent les cadastres du 19ème siècle mais aussi une carte postale du début du 20ème siècle. On peut penser que la différence d'aspect au niveau de l'enduit est dû à la présence d'un bâtiment.

Serge AMIARD 06/02/2007 11:25

Bonjour Philippe et merci pour cet recherche sur Athenay, Athenay étant la terre de mes ancètres.
A bientôt pour le prochain articles.
Serge.