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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 19:53
Le dimanche 31 août 2008, une visite était organisée dans la région de La Suze par le Conseil Général de la Sarthe. Entre 30 et 40 personnes s'étaient déplacées pour suivre cette promenade commentée sur les communes de Spay et Fillé.
Voici donc un article sur les ponts de Spay pour ceux qui n'ont pu suivre cet itinéraire.


 

Depuis le Moyen Age, le passage de la Sarthe entre Le Mans et La Suze ne pouvait se faire qu’à gué ou par une charrière.

C’est ainsi qu’à Spay, la traversée de la rivière se faisait par un gué en contrebas du barrage du moulin. Mais l’endroit n’était franchissable qu’en été.

 


Spay, Cadastre 1810, C2 (Arch. Dép. de la Sarthe)- Le gué au moulin de Spay

 

L’autre solution était de passer la rivière au lieu-dit « Le Port » à quelques encablures du village. Là, on devait emprunter un batelet ou alors un « passe-cheval » pour se rendre de l’autre côté de la rive. C’est ainsi qu’en 1835, une nouvelle barque, construite par René Gauvin de Morannes, fut acquise et mise en service le 6 décembre ; nommée « Jacqueline-Renée », elle fut bénite par le curé Herbin en présence d’un grand nombre de paroissiens, de monsieur J. Tanchot d’Arnage, de Renée Béquignon femme de monsieur Grosbois, maire de Spay. On améliora la traversée en 1838 en plaçant des pieux dans la rivière.

 

Spay, Cadastre 1843, B4 (Arch. Dép. de la Sarthe)- Le passage du Port de Spay

 

Puis avec les progrès dus à la Révolution Industrielle, les communes souhaitèrent avoir un pont. C’est le cas à Spay à partir de 1880, date à laquelle la commune émet une demande.

Cette demande fut renouvelée lors de la séance du conseil municipal le 14 décembre 1886. Les Ponts et Chaussées de la Sarthe proposaient alors trois passages possibles :

§      Un passage en face du bourg d’Arnage avec aménagement d’une route passant par le chemin des Aulnays.

§      Un passage au niveau de la ferme des Noyers en créant une nouvelle route.

§      Un passage au niveau du Port de Spay en utilisant la voierie existante.

C’est ce dernier projet que la commune privilégie : « De plus les membres du conseil municipal demandent que le pont établi à l’emplacement actuel du bac, on se serve du chemin N° 5 de Spay à Moncé et qu’il soit en outre jeté un pont sur le canal de Spay, comme prolongement et complément du pont du Port ». S’en suit une liste des arguments favorables à ce projet :

1.       « Le pont aux Noyers … aurait l’inconvénient de nécessiter la construction d’un nouveau chemin sur des propriétés à exproprier. Ce chemin aurait une longueur de 1500 mètres environ avec des levées de 4 mètres au moins sur la plus grande partie de sa longueur ».

2.      « L’entretien d’un nouveau chemin serait une charge nouvelle pour la commune de Spay ».

3.      « La construction d’un pont au port de Spay et sur le canal ne nécessiterait en dehors du petit raccordement projeté aucun raccordement ».

4.      « … le pont demandé établirait des communications directes et d’un intérêt général entre ces communes [Arnage, Moncé, Saint-Gervais, Ecommoy, Guécélard, Yvré-le-Pôlin, Parigné-le-Pôlin, Foulletourte, etc.] et celles de Loué, Vallon, etc. »

5.      « Enfin les conseillers demandent à Monsieur le Préfet que si le pont de Spay et celui d’Arnage sont déclarés d’utilité publique, et si l’un de ces ponts doit être fait avant l’autre, la priorité soit accordée au pont de Spay, tant en raisons des grands sacrifices faits par les habitants de Spay qui ont réuni comme souscription et comme imposition une somme de 30 000 f. environ, que par rapport à la grande utilité de ce pont ».

 


Spay, (Arch. Dép. de la Sarthe)- Un des projets de pont sur la Sarthe


Le 17 septembre 1887, le mémoire à la conférence préalable, rédigé par l’agent voyer d’arrondissement, fixe la description des ouvrages d’art. En voici quelques éléments :

« Le pont sur le canal sera composé d’un tablier métallique de 7 mètres de portée …

Une banquette sera réservée sur la rive gauche pour le service du hallage.

La largeur libre pour le passage des bateaux sera un peu plus grande que celle du pont actuel construit à l’origine du canal

Les nouveaux talus seront perreyés jusqu’à 0m30 au dessus des eaux ordinaires du canal et seront inclinées à 45° ».

 

 

 

Spay, (Arch. Dép. de la Sarthe)- Le projet de pont sur le canal



Spay, (Arch. Dép. de la Sarthe)- Le pont sur la Sarthe



Dès lors, la construction d’un pont à voie unique pourra commencer. Elle est confiée à l’entreprise Fonteix, rue du Marché aux Porcs au Mans. Les parties métalliques seront sous-traitées à la société Baudet, Donon et Cie de Paris.

 


Certaines difficultés vont retarder l’avancée des travaux. Ainsi, la grande crue du 23 juin 1889 provoque des dégâts sur le chantier du pont du Port. De plus la société parisienne Baudet, Donon et Cie se trouve confronter à un problème de conception à propos du pont sur la canal.

Le 10 avril 1889, elle envoie un courrier à l’entrepreneur Fonteix lui faisant part de ses problèmes de réalisation :

« Nous vous adressons par ce même courrier le tracé du petit pont. Nous avons étudié une console et un pilastre de garde corps conformément à ce qui avait été indiqué par l’agent voyer d’arrondissement ; mais, à moins de changer tout à fait ce qu’il a prévu, on ne saurait rester dans les poids de l’avant métré qui sont beaucoup trop faibles  pour les pièces, même aussi minces qu’il est possible de les fondre.

En outre les indications de la note de l’agent voyer d’arrondissement relatives au retour de garde grève de trottoir sont absolument inintelligibles sans un croquis explicatif montrant les dispositions relatives des fers et de la maçonnerie …

Nous sommes étonnés de n’avoir encore reçu aucune nouvelle du grand pont envoyer depuis le 30 mars.

Nous ne saurions prendre aujourd’hui aucun engagement concernant les délais. Si vous êtes pressés veillez nous faire confirmer sans retard l’ordre d’exécution, car nous ne pouvons commander les fers sans cela ».

Déjà un courrier du 25 février de la dite année adressé au même Fonteix relevait « deux points principaux inacceptables » concernant les entretoises et la flèche du pont sur la Sarthe. La sentence du constructeur est très claire : « En suite de ces observations, nous refusons absolument d’exécuter le pont dans les conditions qu’on veut nous imposer, et qui ne donnent pas la sécurité nécessaire ».

 



Malgré ces péripéties, les travaux seront terminés en 1890.

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