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19 mars 2006 7 19 /03 /mars /2006 18:12

La "chapelle" de Flacé offre un aperçu intéressant d'une église de la période romane. Même si tous les éléments visibles ne datent pas de cette époque, l'allure générale reste celle d'une église rurale des 11ème et 12ème siècles.

 

 

 

Cette église se situe en bordure d'un chemin ancien venant d'Etival lès Le Mans et se poursuivant vers Athenay (aujourd'hui sur la commune de Chemiré le Gaudin). Sur le cadastre de 1809, le cimetière est au Nord et à l'Est de l'église.

 

 

 

La paroisse de Flacé sera rattachée à celle de Souligné sous Vallon le 8 novembre 1810 (Souligné sous Vallon est devenue Souligné Flacé en 1935).

Flacé en 1809 (Cadastre, Archives Départementales de la Sarthe)

 

 

 

 

 

La "chapelle" de Flacé en 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA NEF

La nef semble avoir gardé ses dimensions originelles. L'appareillage des murs nord et sud semble le confirmer. Sur ces deux murs, le système classique de cette époque est utilisé : petit appareillage de moellons en roussard et calcaire. Cependant, il n'est pas homogène sur toute la longueur.

 

 

L'appareillage de moellons cubiques de roussard et calcaire (mur nord).

 

 

 

 

 

 

Le mur nord est composé dans sa partie occidentale de lits réguliers de moellons. A la base, on compte une dizaine de lits de calcaire ; puis au dessus arrive une dizaine de lits de roussards. Puis on repart sur une série de calcaire. Plus haut il ne parait pas y avoir d'organisation si claire. Faut-il envisager deux phases de construction ? Dans la partie sommitale des murs, se trouvent trois petites meurtrières peu visibles car elles ont été bouchées puis recouvertes par un enduit. Il semble là aussi que l'arc soit gravé pour simuler des claveaux. La partie orientale de ce mur est plus difficile à lire mais il ne parait pas y avoir de continuité dans la technique de construction. On retrouve bien des petits moellons mais les matériaux semblent différents. On remarquera que la bande de roussard se termine, du moins pour certains d'entre eux, non pas par des moellons carrés par des moellons rectangulaires. Que s'est-il passé ? Cela est difficile à expliquer. On pourrait imaginer un rallongement de la nef mais cette explication ne tient pas lorsque l'on regarde le mur sud. Le chaînage oriental alterne roussard et calcaire, créant un décor.

 

 

 

 

Le mur sud, comme souvent, a connu un certain nombre de modifications. Mais il n'a pas été abattu comme le prouvent les trois meurtrières toujours présentes et placées comme sur le mur Nord. On retrouve sur la partie orientale du mur l'alternance entre les lits de moellons en roussard et en calcaire. Il semblerait donc y avoir un décor jouant sur des bandes claires et foncées. Un portail existait au sud. A l'extérieur cela se remarque par les changements d'appareillage ; l'oeil exercé y repérera un morceau de colonnette et quelques autres pierres aménagées.

Nous n'avons pas d'éléments pour dater cette porte ni la raison du bouchage de ce passage, permettant pourtant un accès plus aisé puisque le chemin principal d?accès à Flacé passait au pied du mur sud. Il a du avoir lieu assez tôt lorsque l'on regarde la chronologie relative de ce mur. Les fenêtres actuelles sont donc les dernières creusées ; on peut penser qu'elles furent ouvertes au 17ème siècle. A proximité immédiate se trouve une fenêtre bouchée, visible par l?utilisation d'un matériau de rebouchage de module différent. Cette fenêtre appartient donc à un état antérieur. Or ce rebouchage s'appuie sur le rebouchage de la porte. Il semble donc que cette porte pouvait remonter au moyen age et a été bouchée assez rapidement. Cette porte devait surtout correspondre à une entrée. On pourrait penser qu'il s'agissait de la porte du cimetière mais cela n'est pas logique puisque ce dernier se situe au Nord. La porte sud est-elle devenue la porte d'entrée principale et la porte de la façade a-t-elle servi de porte d'accès au cimetière. C'est probable vu la configuration des lieux.

 

 

 

L'examen du pignon Est montre clairement que la charpente a été réorganisée. On ne trouve pas les moellons irréguliers mais des assises de calcaires plat. La corniche de ce pignon correspond à un travail de l'extrême fin du moyen age, peut être en même temps que le portail.

 

 

LA FACADE

 

 

 

La façade n'est pas celle d'origine. On retrouve le petit appareillage cubique mais sans grande organisation. On a réutilisé le matériau de la première façade pour remonter celle-ci. Le portail est de l'extrême fin du moyen age. On retrouve de chaque côté et en bas des blasons ; celui du côté sud est fortement endommagé et difficilement lisible.

On peut penser que cette porte corresponde au moins à un troisième état de la façade. Le premier état, celui d'origine a disparu. Le deuxième état, correspondant sans doute au relèvement de la façade. Le troisième état étant celui visible actuellement. Au dessus du portail se trouve un arc de décharge composé de pierres calcaires placées sur le champ. La porte actuelle n'est pas centrée sur cet arc ; il devait donc servir pour le deuxième état. Au dessus du portail, on remarque une baie à arc brisé qui renferme aujourd'hui une statue mutilée de Saint Jean Baptiste.

Auparavant, elle devait être ouverte et permettrent un éclairage de la nef. Le chaînage avec les murs latéraux de la nef est réalisé essentiellement en calcaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CHEVET

 

 

Le chevet est contemporain de la nef puisqu'à certains endroits il est chaîné avec elle. Par contre la technique d'appareillage est différente. On retrouve bien un petit module mais les moellons ne sont pas clairement lisibles. Il semblerait que les murs aient été montés par un système de coffrage.

 

 

 

Les baies sont aussi intéressantes à étudier. Celle de la partie Nord est en roussard et ressemble techniquement à celle visible sur la nef. La meurtrière sud a été remplacée par une baie plus importante. Par contre la fenêtre axiale est plus importante et n'utilise pas la même technique de construction que les autres meurtrières. Cette fenêtre avait sans doute une fonction d'éclairage plus importante en relation avec la pratique cultuelle (éclairage de l'officiant, d'une peinture ou d'une statue ?).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'INTERIEUR

L'essentiel de ces informations provient de différentes bases du Ministère de la Culture.

Des fresques des 15ème et 16ème siècles ornent l'intérieur de cette église : Saint Jean l'Evangéliste et saint Nicolas, Saint Martin partageant son manteau, Saint Michel terrassant le dragon, Saint François recevant les stigmates, Sainte Barbe, Saint Pierre, Messe de Saint Grégoire, Saint Nicolas et la résurrection des trois enfants, Saint Jean et la coupe empoisonnée, Saint Michel terrassant le dragon, Saint Martin et la résurrection des trois enfants, la charité de Saint Martin, Saint François recevant les Stigmates.

Trois retables ont été ajoutés au 18ème siècle.

Retable du chœur : 1718

 

 

 

  • Ce retable en bois sculpté est agrémenté d'un panneau central en terre cuite représentant Le Baptême du Christ. Des niches reçoivent des statues en terre cuite : Saint Jean-Baptiste à gauche et la Vierge à l'Enfant à droite. L'ensemble de ce retable est couronné par le Père Eternel bénissant.

     

  • Marque d'auteur : DURAND FE. Date : 1718.

     

  • Luc Durand est né en 1652 à Beaumont. En 1673, il rentre comme apprenti chez Jean II Mongendre dit Le Jeune. Il s'installe successivement paroisse de la Couture et paroisse Saint-Pavin-de-la-Cité (en 1721), toujours au Mans.

Retables latéraux du 18ème siècle.

 

 

 

  • Les retables comportent chacun deux panneaux peints sur bois, dont un au dessus de l' autel et un en retour dans l' arc d' accès au choeur. Côté nord : L' Ange gardien et Saint Julien. Côté sud : Saint Michel et Saint Sulpice. Les statues, en terre cuite polychrome, se trouvent dans les niches supérieures des retables.

     

  • Ces deux retables latéraux datent probablement de la même époque que le retable du maître-autel ; ils ont donc été exécutés vers 1718.

On verra d'ailleurs à l'extérieur de l'église la pierre de l'ancien autel démonté lors de l'installation des retables.

Quelques terres cuites du Maine présentes à Flacé :

La poutre de gloire possède trois statues du 17ème siècle  : Vierge de douleur, Christ, Saint Jean l’Evangéliste.

On trouve aussi une Sainte Barbe du 16ème siècle repeinte à plusieurs reprises.

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