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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 15:08

Le nom de La Suze (Secusa) apparaît dans les textes dès le milieu du 11ème siècle. Mais on ne sait rien d’éventuelles occupations humaines plus anciennes sur le site même de l’agglomération suzeraine. Cependant quelques informations archéologiques attestent d’une occupation forte ancienne. Ainsi, les Musées du Mans possèdent dans leurs collections une hache polie venant de La Suze. Nous avons également découvert en prospection pédestre les vestiges d’un habitat gallo-romain (site n° 72 346 0009 déclaré auprès du Service Régional de l’Archéologie). Il est évident que d’autres prospections archéologiques sur le territoire communal amèneront des précisions sur les occupations préhistoriques et antiques.

 

En ce qui concerne le château de La Suze, le livre de Bruno Lemesle précise très clairement la présence d’une forteresse en bordure de Sarthe : l’implantation est surtout liée à la perception d’un droit de passage sur la Sarthe et non pas à un contrôle stratégique des voies de circulation menant vers Sablé et l’Anjou puisque d'autres axes importants y menaient également. Nos études sur les parcellaires confirment qu’un axe ancien (sans doute gallo-romain) venant d’Allonnes et se dirigeant vers Roëzé sur Sarthe a été dévié pour passer par La Suze. La présence d’un pont à La Suze dès la première moitié du 11ème siècle (cartulaire de l’abbaye de Saint Vincent) est un élément important car c’est le premier pont sur la Sarthe après ceux du Mans.

 

 


 



Le plus ancien seigneur connu est Dreux de La Suze. Son fils Renaud apparaît ensuite dans les textes en tant que seigneur en 1050. Puis son frère Herbert occupe la fonction après  1078 ; il mariera sa fille Hersende à Robert Vestrul. Leur fils, Lisiard de Sablé, deviendra dès lors l’héritier de la seigneurie de La Suze. Il est à noter que la liste des premiers seigneurs donnée par Pesche dans son dictionnaire est en partie erronée.

 


Nous nous contenterons ici de ne donner que certains seigneurs importants.

Ainsi Guillaume des Roches (v. 1170-1222), sénéchal d’Anjou se mariant avec Marguerite de Sablé en 1201, devint seigneur de La Suze. Mais cette terre n’est pour lui qu’une immense pièce du puzzle que compose l’ensemble de ses seigneuries.

A noter qu’au 15ème siècle, La Suze passe dans la maison de Laval. Jean de Craon grand-père du célèbre Gilles de Rais, devient à son tour seigneur de La Suze. Son petit-fils René de Rais, frère de Gilles, lui succède en 1432.

Par la suite, la seigneurie échoue à la maison de Champagne. Parmi eux, citons Nicolas de Champagne mort en 1567 et qui avait fait ériger la terre de La Suze en comté.

Gaspard de Champagne épousa Henriette de Coligny (1618-1673), célèbre poétesse. Après lui, la terre de La Suze est démembrée. Le château passe alors aux mains des Chamillart ; le plus célèbre d’entre eux est Michel Chamillart, ministre d’Etat, qui quitte La Suze pour s’installer dans le château de Courcelles beaucoup plus moderne est spacieux, tout en gardant le titre de La Suze. Dès lors la demeure suzeraine est louée et seule reste à disposition du seigneur des lieux une chambre.

Un certain nombre de ces divers seigneurs étaient inhumés dans la crypte de l’église Saint Julien. Lors de la Révolution leurs restes furent dispersés.

 

Voici ce que dit Pesche du château de La Suze dans son dictionnaire : « Le château, assez considérable autrefois, dont il ne reste plus qu’une portion, était une ancienne forteresse, située sur le coteau qui domine la Sarthe, entourée de fossés, sur lesquels étaient un pont-levis ; il n’a de remarquable, que ses fenêtres en croix ; et sert actuellement d’hôtel de ville, de prétoire pour la justice de paix et de caserne pour la gendarmerie ».

Aujourd’hui les restes du château de La Suze ont été restaurés mais le site n’est pas ouvert aux visites. On peut voir une partie datant du XVème siècle caractérisée par un toit à forte pente et des fenêtres à meneaux. Les bases de ce bâtiment sont plus anciennes.

 

 

 

 


 

Sources :

Paul Cordonnier Détrie, En parcourant le pays de Longaulnay, Revue du Maine, Tome XXXVI, 1956

Bruno Lemesle, La société aristocratique dans le Haut-Maine, Presses Universitaires de Rennes, 1999

Roger Verdier, La préhistoire du Haut-Maine, Editions du Râcaud, 1974

Roger Verdier, 400 mottes, fortifications, enceintes en terre du Haut-Maine, Editions du Râcaud, 1978

Roger Verdier, La Cénomanie gallo-romaine, l’atlas 2, Editions du Râcaud, 1984

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