Lundi 17 avril 2006

4 E 16 174 (Etude Raguideau Roézé)

 Archives Départementales de la Sarthe

 1776 –  Visite et montrée sur les moulins de Fillé

 

 

 

 

 

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En marge

 

 

24 avril 1776

 

 

Montrée des tournans

 

Virans et a(utres) du moulin

 

Ou grands moulins de

 

Fillé entre Louis

 

Bigot meunier sortant

 

Et Michel Menon

 

Par Mathurin

 

Houdayer et

 

Pierre Rousseau

 

Experts

 

 

 

 

Aujourd’huy mardy vingt quatrieme jour du

 

mois d’avril mil sept cent soixante seize sur les neuf

 

heures du matin,

 

Devants nous Hilaire Jean Joseph Raguideau notaire

 

et tabellion royal au Maine demeurant à Royzé+

 

etants dans la maizon des grands moulins de Fillé

 

situés paroisse de même nom y transportés exprest

 

Sont comparus en leurs personnes Louis Bigot

 

meulnier fermier desd(its) moulins y demeurant et dont

 

il quitte demain lexploittation lesquels dits

 

moulins apartiennent a Louis François Daniel

 

de Beauvais ecuyer seigneur de Grochenay, Buffes

 

Spay, Fillé, Vauguyon, La Beuneiche et autres lieux

 

demeurant ville du Mans d’une

 

part,

 

Et Michel Menon aussy meulnier dem(euran)t paroisse

 

de Coulans fermier entrant auxd(its) moulins d’autre

 

part,

 

Entre lesquelles parties a été fait ce qui suit

 

Scavoir que led(it) Bigot lors de son entrée en lesd(its)

 

moulins de Fillé s’etant chargé de meulles

 

moulages, tournans, virans, et autres ustancilles

 

diceux pour et moyennant la somme de quattre

 

cent trente six livres cinq sols de prizée vers

 

mond(it) s(ieu)r de Beauvais suivant le proces

 

verbal de montrée recu devant nous le trente

 

un octobre mil sept cent soixante sept controlé

 

à La Suze le quattre novembre suivant et sobligea

 

de rendre le tout a la fin de ses jouissances en

 

 

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pareil nombre et de la valleur de lad(ite) somme

 

Ils ont convenu de se regler présentement entreux

 

fermiers sortant et entrant au sujet desd(ites) meulles

 

moullages tournans et virans et ustancilles desd(its)

 

moulins, et a cet effet de faire faire visitte et

 

montrée sur lesd(ites) chozes avec estimation de celles

 

qui sestiment, pour laquelle faire ils ont

 

convenu scavoir led(it) Bigot de la personne de Mathurin

 

Houdayer, dem(euran)t paroisse de Cerans et led(it) Menon

 

de celle de Pierre Rousseau dem(euran)t ville du Mans

 

tous deux juindres et ammouleurs et experts

 

ordinaires a ce sujet et auxquels ils ont declaré

 

sen raporter pour lad(ite) visitte et montrée ainsy qua

 

leurs arbitrations a leurs offres de les faire

 

comparoir presentem(en)t devant nous pour en

 

recevoir le serment en tel cas requis.

 

Et a linstant sont lesd(its) Houdayer et Rousseau

 

juindres et ammouleurs ayant par nous

 

notaire été donné lecture de la convention et

 

nommination cy dessus faitte de leurs

 

personnes par lesd(ites) parties pour experts au fait

 

des presentes ils ont le tout agrée et acceptée pourquoy

 

nous avons d’eux pris et recu le serment en tel

 

cas requis lequel ils ont preté et dit nestre

 

parents allies serviteurs ny domestiques crediteurs

 

ny obligés desd(ites) parties les connoistre suffisamment

 

ensembles les chozes qu’ils ont avoir et visitter et

 

estimer et estre en age de coutume, auquel effet nous

 

leur avons enjoint de bien et exactem(en)t voir et visitter

 

les meulles, moulages, roues, rouets, tournans et virans

 

desd(its) moulins et de faire une juste et sincere estimation

 

 

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desd(ites) chozes qui sestime et du tout nous en

 

donner son raport pour estre inscript ensuitte des

 

presentes ce qu’ils ont promis et juré faire en

 

leur ame et conscience selon leur connoissances dont les

 

avons jugés, Et a laquelle visitte et estimation procedant

 

en présence et ce requerant lesd(ites) parties deument etablies

 

et sans prejudicier a leurs dus et droits respectifs

 

lesd(its) experts nous a dit et raporté

 

Premierement que la meulle courante du petit moulin

 

a seigle a cinq pieds huit poulces de hauteur sur

 

vingt poulces depaisseur surquoy deduisant trois

 

poulces pour la charge reste dix sept poulces

 

de bonne meulle estimésll a la somme de cent soixante

 

dix huit livres dix sols a raizon de dix livres dix

 

sols le poulces cy…………………………………….178tt…..10s

 

ll concordamment par lesd(its) experts,

 

Que le moulage a pareille hauteur que la

 

meulle courante et a dix poulces d’epaisseur

 

surquoy deduisant pareillem(en)t trois poulces

 

pour la charge reste sept poulces de bonne

 

meulle estimés par led(it) Houdayer a huit livres dix sols le

 

poulce ce qui fait cinquante neuf livres dix sols cy….59tt…..10s

 

Et par led(it) Rousseau a cinquante six livres sur le pied de huit

 

livres le poulce cy………………………………………56tt

 

[en marge] discord 3tt…..10s

 

La roue et rouet dud(it) moulin a été estimée par led(it)

 

Houdayer pour les façons seullem(en)t a la somme de

 

vingt livres cy…………..20tt

 

Et par led(it) Rousseau celle de seize livres

 

cy………………………..16tt

 

L’arbre du même moulin estimé aussy pour la

 

façon seullem(en)t concordamment par lesd(its) experts a

 

 

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la somme de dix huit livres cy……………18tt

 

La roue du grand moulin pour la façon seullement

 

a eté estimée par led(it) Houdayer seul a la somme de

 

trente huit livres cy…………..38tt

 

[en marge] discord 8tt

 

L’arbre dud(it) moulin aussy pour la façon a eté estimé

 

par led(it) Houdayer seul a la somme de huit livres

 

cy……………………………………………8tt

 

Et par led(it) Rousseau aussy seul a celle de six

 

livres cy…………………………………….6tt

 

[en marge] 2tt

 

Le rouet dud(it) moulin estimé par led(it) Houdayer seul aussy

 

pour la façon a neuf livres cy……………9tt

 

Et par led(it) Rousseau aussy seul a cinq livres

 

cy…………………………………………..5tt

 

[en marge] 4tt

 

Le rouet couché dud(it) grand moulin a pareillement

 

été estimé avec la lanterne pour la façon

 

par led(it) Houdayer seul a la somme de trente huit

 

livres cy…………………………………..38tt

 

Et par led(it) Rousseau aussy seul a trente livres

 

cy…………………………………………30tt

 

[en marge] 8tt

 

Que la meullle courante du grand moulin a seigle

 

et froment a cinq pieds neuf poulces

 

de hautteur sur douze poulces huit lignes d’epaisseur

 

surquoy deduisant les trois poulces pour

 

la charge reste neuf poulces huit lignes de bonne meulle

 

estimés par led(it) Houdayer seul a sept livres

 

le poulce ce qui revient a la somme de soixante

 

 

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sept livres treize sols quattre deniers cy….67tt…..13…..4d

 

Et par led(it) Rousseau aussy seul a six livres dix sols

 

le poulce ce qui revient a celle de soixante deux livres

 

seize sols huit deniers Cy………………….62tt…..16…..8

 

[en marge] discord 4tt…..16…..8

 

Que le moulage du même moulin a pareille

 

hautteur que la meulle courante et a vingt un

 

poulces trois lignes depaisseur surquoy deduisant

 

aussy trois poulces pour la charge reste dix huit

 

poulces trois lignes de bonne meulle estimés par

 

led(it) Houdayer a onze livres le poulce ce qui

 

revient a la somme de deux cent livres quinze sols

 

cy…………………………………….200tt…..15

 

Et par led(it) Rousseau a dix huit livres quinze sols le

 

poulce ce qui revient a celle de cent quattre vingt quinze

 

livres dix huit sols neuf deniers cy…195tt…..18s…..9

 

[en marge] 4tt……16…..3

 

Qui est tout ce que lesd(its) experts nous ont dit et

 

raporté de letat actuel desd(its) moulins lecture

 

a eux donnée de leur present raport et de leurs

 

arbitrations cy dessus et des autres parts ils ont

 

chacun en leur egard que le tout contient veritté et y

 

ont persisté sans y vouloir augmenter ny diminuer

 

dont les avons jugés et ont requis taxe que nous

 

leur avons faitte de chacun six livres

 

Lesquelles sommes leur ont presentem(en)t été payées

 

par lesd(its) Bigot et Menon dont a ce moyen ils

 

demeurent quittes

 

Calcul fait du prix des estimations dud(it) Houdayer

 

elles reviennent a la somme de six cent trente sept

 

livres huit sols quattre deniers,

 

et celles dud(it) Rousseau a celle de cinq cent

 

 

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quattre vingt dix huit livres cinq sols cinq d(eniers)

 

ce qui fait de discord entre lesd(its) deux experts la

 

somme de trente neuf livres deux sols douze deniers

 

ce que voyants et considerants les frais d’avoir au

 

tiers ils sont convenus de partager leur

 

different par moytié ce qui a été accordé entre lesd(its)

 

Bigot et Menon, au moyen de quoy leurs arbitrations

 

demeurent fixées a la somme de six cent dix sept

 

livres seize sols dix deniers, sur laquelle levant

 

la somme de quattre cent trente six livres cinq sols de

 

prizée apartenante a mond(it) s(ieu)r de Beauvais

 

propriéttaire reste la somme de cent quattre vingt

 

une livres onze sols dix deniers de plus vallue

 

que led(it) Menon a presentement et a vue de nous notaire et des termoins

 

cy apres payée aud(it) Bigot dont a ce moyen il demeure

 

quitte vers luy,

 

Item lesd(its) experts nous ont encore dit et raporté avoir

 

trouvé touttes les garnitures desd(its) moulins mentionnés dans

 

la montrée des autres parts raportées,

 

A l’egard de la meulle courante du moulin a froment

 

de cinq pieds cinq poulces de hauteur sur un pied

 

sept lignes depaisseur lesd(its) experts ont declaré qu’il

 

se trouve feslé par le derrière, le moulage a pareille

 

hauteur que la meule courante sur dix poulces sept

 

lignes d’epaisseur lequel se trouve cassé en plusieurs

 

endroits, au moyen de quoy le meulnier actuel sera

 

tenu de payer de la meulle courante dix livres pour chaque

 

poulces de moins quelle se trouvera a la fin de ses jouissances

 

et aussy cinq livres par poulce pour le moulage

 

Item lesd(its) experts ont estimé les arbres

 

roues et rouets du petit moulin pour leur valleur actuelle a la somme de

 

 

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quattre vingt livres cy………………………80tt

 

Comme aussi larbre roue et rouets du grand moulin ainsy

 

que le rouet couché et la lanterne du même a été estimé par led(it)

 

Rousseau seul pour aussy la valleur actuelle du tout

 

a la somme de cent vingt livres cy……..120tt

 

Et a led(it) Menon reconnu que toutes les ferrures desd(its)

 

moulins sont en bon etat fors lasnielle de la meulle du

 

moulin a froment que mond(it) sieur bailleur fournira

 

neufve comme aussy a encore reconnu que les arbres desd(its)

 

moulins sont garnis de douze fretes de fert de

 

quattre turillons six frettes sur trois fuzées, une frette

 

sur la lanterne du rouet couché, trois asneilles, trois

 

ferts, un fert dans l’arbre du rouet, deux frettes

 

au poteau dud(it) rouet couché, une goupille a la grande

 

fuzée, trois autres goupilles aux trois autres fuzées

 

trois poids et trois poislettes, un crapeau deau sur le

 

rouet couche trois poteaux de fert dans loeuil des

 

moulages, un rouet a lever les meulles et deux

 

lanternes, trois tremés, un cercle de fert

 

sur chacune des trois meulles courantes qui sont

 

garnies de quattre crochets et six boucles pour les

 

lever, des carreaux de couverture aux meulles des

 

reuzoires, traquets, tracquetoires et augets, trois

 

huge a recevoir la farine et des carreaux au

 

plancher desd(its) moulins.

 

Calcul fait de la valleur actuelle desd(its) arbres roues

 

et rouets et lanterne le tout revient a la somme de

 

deux cent livres que led(it) Menon promet et soblige

 

payer touttes fois et quantes

 

a mond(it) s(ieu)r de Beauvais propriéttaire,

 

payeront a communs frais lesd(its) experts le

 

 

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cousts du present proces verbal de convention et

 

raport de visitte et montrée ainsy que d’une

 

expedition qui en sera delivré a mond(it) s(ieu)r le

 

propriéttaire

 

Dont du tout acte et jugé touttes lesd(ites) parties

 

et experts de leur consentement après lecture faitte

 

de ce que dessus, fait et dressé le present proceds

 

verbal de visitte et montrée et iceluy arresté

 

lieu susd(it) par nous notaire royal et commis susd(it)

 

et soussigné presents l les s(ieu)rs François La Barre m(archan)d en l’art

 

de chirurgie dem(euran)t ville de La Suze et Jacques Morillon sarger dem(euran)t aud(it) Royzé

 

temoins a ce requis avec nous soussignés lesd(ites)

 

parties fors led(it) Rousseau expert ont déclaré ne

 

scavoir signer de ce enquis. + ayant commission

 

de messieurs les greffiers de l’ecritoire de la

 

ville du Mans soussigné, Glozes et, leur, ils

 

pour, du petit mouin, aussy, et la lanterne

 

Rayé quinze mots que sillabes le tout nul

 

plus encore rayé un autre mot aussy nul

 

aprouvé ceux surchargés et racommodés comme

 

bons.

 

[signatures] P. Rousseau, Labarre

 

J. Morillon

 

Raguideau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques informations

 

 

Tournants et virants : Ce sont les pièces mobiles d’un moulin (les meules et le mécanisme).

 

 

Moulins de Fillé : Les moulins de Fillé appartenaient à la famille Daniel de Beauvais qui possédait le château du Gros Chenay à Fillé ; cette famille acquiert ces biens des Leboindre. Il semble cependant qu’auparavant ces moulins étaient nommés « moulins de Buffes » et dépendaient donc de la seigneurie de Buffes sur l’autre rive de la Sarthe. Vers le milieu du 17ème siècle, Jean Leboindre obtient la terre de Buffes ; dès lors les moulins deviennent « moulins de Fillé ».

 

 

Louis François Daniel de Beauvais : Le 4 décembre 1757, Jean François Leboindre, seigneur du Gros Chenay, décède sans héritier direct. En 1759, ses biens sont évalués pour être vendus. En 1760, Louis François Daniel de Beauvais passe le bail du port de Fillé en tant que seigneur du Gros Chenay.

 

 

Prisée : évaluation des biens fournis par le propriétaire au locataire pour peupler sa location.

 

 

Juindre : Celui qui travail sur les meules des moulins.

 

 

Ammouleur : on dit aussi « amoulangeur ». Le spécialiste de la machinerie du moulin.

 

 

Meule courante : C’est la meule supérieure ; on dit aussi « tournante », « volante ». Elle est mobile.

 

 

Rouet : La roue dentée qui transmet le mouvement de l’axe horizontal de la roue vers l’axe vertical du mécanisme.

 

 

Lanterne : Cylindre dans lequel s’engagent les dents du rouet. Elle permet l’entraînement du mécanisme.

 

 

Lasnielle : (l’anille) La pièce métallique qui permet l’entraînement de la meule.

 

 

Turillon : (tourillon) Extrémité de l’arbre.

 

 

Fuzée : (fusée) barre à l’extrémité de l’axe.

 

 

Traquets : pièces de bois sous la trémie pour faire tomber les céréales sous la meule.

 

 

Huge : (ou huche) meuble bas s’ouvrant sur le dessus.

 

par Philippe Gondard publié dans : canton-la-suze-sur-sarthe
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Dimanche 9 avril 2006

4 E 17 148 (Etude Garouy Louplande)

 

Archives Départementales de la Sarthe

 

1800 –  Vente église de Roézé

 

 

Page 1/2

 

En marge :

 

Du 24 frimaire

 

An

 

9

 

abandon

 

de moityé

 

de l’églize

 

de Royzé

 

par Guillaume

 

Joseph

 

Moynet

 

À

 

Simon

 

Pierre Blin

 

Et autres pour 500 frs

 

N° 36

 

 

  1. Du vingt quatre frimaire l’an neuf

     

  2. de la République française une et

     

  3. indivisible

     

  4. Devant nous Pierre Louis Garouy notaire

     

  5. public du département de la Sarthe deumant patanté

     

  6. dem(euran)t Louplande soussigné,

     

  7. Fut present Guillaume Joseph Moynet cultivateur dem(euran)t à Royzé

     

  8. lequel nous a déclaré que par procès verbal d’adjudication

     

  9. à lui faite au district du Mans en datte du douze fructidor de

     

  10. l’an quatre il auroit acquis conjointement avec le c(itoy)en Jean

     

  11. Beunardeau meusnier aud(it) Royzé l’église dud(it) lieu

     

  12. de laquelle ils n’ont fait aucun partage ; et comme led(it) c(itoy)en

     

  13. Moynet désire vendre ce jourdhuy et abandonner la moitié

     

  14. indivise ne ladite églize ainsi que ses pretantions en ycelle

     

  15. il a par ces presentes de son gré et volonté sans contrainte

     

  16. fait par simple et revocable abandon de sad(ite) portion dans

     

  17. lad(ite) églize avec touttes la garantie qui lui en a été donnée

     

  18. au district et sans autres ; aux citoyens

     

  19. Simon Pierre Blin Jacques Morillon Issaac de la

     

  20. Roche et Etienne Chevallier tous cultivateurs

     

  21. demeurants commune dud(it) Royzé à

     

  22. ce présents et acceptants acquerants pour eux seullement

     

  23. la moitié de lad(ite) églize indivise comme dit est circonstances

     

  24. et dépendances et tel quel se poursuit et comporte sans par

     

  25. led(it) vandeur en rien retenir ni reparer qu’ils ont dit

     

  26. bien connoitre et dont ils se sont contantés à

     

  27. présent et disposeront comme led(it) citoyen vandeur y étoit

     

  28. fondé et en entreront en jouissance et propriété de ce jour

     

  29. se rezervant led(it) vandeur la liberté d’avoir dans lad(ite)

     

  30. églize deux plasces de bancs y compris celuy qui lui apartient

     

  31. de chacun trois plascesll Et que la porte de lad(ite) églize donnant

     

  32. sur la cour du prieuré dont il est propriétaire restera

     

  33. avec son ouverture ordinaire sans qu’on puise la condamner

     

 

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  1. au moyen de ce que led(it) vandeur demeurera responsable

     

  2. des inconvenients qui pouroit intervenir par lad(ite) porte

     

  3. et sous la même rezerve par led(it) vandeur du droit de

     

  4. faire batir à la rencontre des murs de lad(ite) églize sur

     

  5. ses propriétés tels bastiments qu’il jugera necessaire

     

  6. se pendant sans toles le jour d’icelle ?

     

  7. maniere ni dommager les murs

     

  8. La présente vendition ainsi faitte de lad(ite) moitié de

     

  9. lad(ite) églize circonstances et dépendances auxd(ites)

     

  10. charges par le vandeur aux acquereurs pour

     

  11. et moyenant la somme de principalle de cinq cents

     

  12. francs en argent valleur metalique laquelle somme

     

  13. lui a été presentement payée par lesd(its) acquereurs

     

  14. Dont il les quitte sans rezerve ni recherches

     

  15. et a consanti qu’il demeure subrogé de tous

     

  16. ses droits de propriété sous raizon d’icelle et

     

  17. tels qu’ils sont expliquer sans l’adjudication

     

  18. ci-dessus dattée qu’il leur a délivré presentem(en)t

     

  19. avec les quittances justificatives des payements

     

  20. Dont acte et jugé tous les établis de leur

     

  21. consantement après lecture donnée qu’ils ont dit

     

  22. bien entendre fait et arresté audit Royzé lesd(it) jour

     

  23. et an que dessus presents les citoyens Louis Chaumier

     

  24. et François Benoist tisserans dem(euran)ts aud(it) Louplande

     

  25. témoins requis et appellés soussignés avec nous

     

  26. et lesd(ites) parties ne signent enquises fors les soussignés ?

     

  27. les mots quatre à ladite et abandon comme bons

     

  28. ll sans restribution Rayé trois lignes et onze mots

     

  29. ou sillabes nuls

     

  30. [signatures] J. Moynet, S Pierre Belin

     

  31. E. Chevallier, I. de Laroche

     

  32. F. Benoist, J. Morillon, Garouy

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Samedi 8 avril 2006

Avec l'arrivée du printemps commence une nouvelle période de prospection archéologique. Le vélo, le sac à dos et hop ! c'est parti pour une exploration de la campagne environnante. J'avais choisi de prospecter sur Fillé et Roezé, mais comme souvent je termine ailleurs !

Rien n'étant encore labouré dans le secteur qui m'intéresse, je reviens donc par Voivres. J'en profite pour errer dans une parcelle au sud du village qui, l'an dernier, avait livré quelques tessons. Maigre récolte : un éclat de silex et deux tessons. Ceci dit, cela aide à mieux comprendre l'histoire et la chronologie de l'occupation du village de Voivres. Encore faut-il que j'arrive à identifier ces fameux tessons ! Le gaulois, je connais et ces  tessons ne sont pas de cette époque. Le gallo-romain, je connais aussi et ce n'est pas du matériel gallo-romain. Le médiéval classique (13è-15è siècles), je vois aussi ce que c'est. A priori ce serait des tessons plus précoces dans la période médiévale ...

Tiens, le dernier lotissement de Voivres s'étend (la commune est en pleine crise de périurbanisation !). J'avais reperé sur une photographie aérienne de l'IGN, un enclos dans ce secteur. Les rues ont été tracées et le tout à l'égout est en cours d'installation. Les tranchées sont toujours une excellente autopsie du sous-sol.

La encore, rien d'intéressant. Au milieu d'une future rue, les ouvriers ont donné un coup de godet avec la pelleteuse. Tiens, cette couleur orangée dans la coupe cela me rappelle quelquechose. Je regarde sur le tas de déblais à côté et en cinq secondes apparaît une tuile à rebord. Et effectivement la tache orangée dans la coupe s'avère appartenir à l'autre morceau de la tuile. Et en archéologie, une tuile à rebord indique dans 99% des cas un site gallo-romain. Je traverse le chantier dans tous les sens à la recherche du moindre indice. Un autre morceau puis un autre et encore un autre !

Mais il faut se rendre à l'évidence, il n'y a pas de site majeur sous le lotissement. Aucun tesson à l'horizon. Je dégage la tuile qui est dans la coupe de la tranchée. Je gratte les bords de la dite tranchée pour faire apparaître un éventuel niveau archéologique mais rien. Heureusement tout compte fait car le lotissement n'aura pas détruit le site gallo-romain. Il faudra cependant surveiller l'extension prochaine de ce lotissement.

Ce n'est le premier indice gallo-romain trouvé à proximité du village. Une toute petite découverte certes, mais un grand pas pour l'histoire du village de Voivres !

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Lundi 3 avril 2006

En ce samedi après midi, l'objectif de la prospection était d'explorer deux parcelles nommées "la Forge de Montaigu" et "la Petite Forge de Montaigu" à Voivres. Ce toponyme est caractéristique d'une activité métallurgique. D'ailleurs, à quelques centaines de mètres de là , au bord de l'Orne Champenoise, de nombreuses scories de fer trahissent la présence d'un bas fourneau.

Dès le départ je n'y croyais pas ! Un bas fourneau installé sur une forte pente ce n'est pas très fonctionnel. Mieux vaut être près d'un cours d'eau pour nettoyer le minerais. Et puis il faut de la place pour les différents ateliers tournant autour de l'activité de fonte du minerais.

Effectivement, une fois arrivé sur le terrain c'est la jungle ! Des arbres et des épines en pagaille, un ruissellement continu sur le flanc de la pente, les bottes qui s'enfoncent dans la gadoue. Bref, un remake local d'Indiana Jones. Cela paraît évident, il n'y a pas la place pour une activité de fonte du fer.

En bas de la pente se trouve une petite parcelle où il y avait du maïs l'été dernier. Elle n'est pas encore labourée mais cela vaut la peine d'y jeter un coup d'oeil pour avoir "la conscience tranquille". On ne sait jamais ...

Rien d'extraordinaire (même rien du tout en réalité !) jusqu'au moment où un morceau de terre cuite se présente à moi. Ce n'est pas rare en prospection de trouver quantité de morceaux de tuiles plates dans les champs. Le tas de fumier se trouvant relativement proche des bâtiments, des ardoises ou des tuiles tombent du toit sur le tas puis finissent dans les prés. Mais là, ça ne ressemblait pas à un tuile. Le matériaux était "sympathique" et la forme ne m'était pas inconnue.

 

 

Ce n'est pas un gros morceau de céramique (6,5 cm de diamètre) mais c'est évident ! Ce tesson appartient à un produit très classique; c'est la base d'un amphore à huile fabriquée en Bétique (sud de l'Espagne) et connue sous le nom de Dressel 20. Un classique du genre !

Que fait ce morceau d'amphore ici ? Aucune certitude mais l'explication la plus plausible est la présence des bas fourneaux. A environ un kilomètre de là, un autre bas fourneau a livré un peu de mobilier gallo-romain. Il devait y avoir des petits habitats autour de ces activités metallurgiques. Et il n'est pas impossible que le toponyme "Forge" indique une zone d'extraction à flanc de coteau.

Les labours de printemps vont bientôt commencer de l'autre côté de la rivière. Il faudra poursuivre la prospection ...

 

 

par Philippe Gondard publié dans : canton-la-suze-sur-sarthe
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Dimanche 2 avril 2006

 Une monnaie de Louis XVI (roi de France de 1774 à 1792) à été découverte dans un jardin de la Renardière à Voivres lès Le Mans. 

 

DESCRIPTION

Il s’agit d’une monnaie de cuivre usée dont les inscriptions sont quasiment illisibles. On peut cependant deviner sur l’avers l’année « 1793 », la marque de l’atelier de Strasbourg (lettres « BB » collées), et la fin du mot « français ».

 

Les inscriptions du revers ont disparu. Le motif est composé d’un faisceau surmonté d’un bonnet phrygien et entouré de branches de chêne.

 

Cette monnaie fut créée par la loi du 11 janvier 1791. Sa valeur était de 2 sols. Le système monétaire était alors divisé en livres, sols et deniers : 12 deniers faisaient 1 sol, 20 sols faisaient 1 livre. Ce n’est qu’en 1795 que la Convention Nationale décrète le passage au système décimal (le centime étant la centième partie du franc).

 

 

UNE DIFFICULTE DE CALENDRIER

Comme il est dit au dessus, cette monnaie a été frappée en 1793. On pouvait lire sur l’avers « Louis XVI roi des Français ». Cette date peut surprendre puisque la monarchie est abolie depuis le 21 septembre 1792 et remplacée par la République. Mais la transition monétaire ne pouvant se faire du jour au lendemain, les monnaies à l’effigie de Louis XVI continuèrent à être utilisées en 1793.

 

Si l’inscription était toujours lisible, on devrait lire sur le revers « an 5 de la Liberté ». Il s’agit de l’an 5 du calendrier constitutionnel qui s’organise ainsi :

 

§         An 1 de la Liberté : du 14 juillet 1789 au 31 décembre 1789

 

§         An 2 de la Liberté : du 1er janvier au 31 décembre 1790

 

§         An 3 de la Liberté : du 1er janvier au 31 décembre 1791

 

§         An 4 de la Liberté : du 1er janvier au 31 décembre 1792

 

§         An 5 de la Liberté : du 1er janvier au 31 décembre 1793

 

 

Par la suite, on utilisera le calendrier conventionnel :

 

§         An I de la République : du 22 septembre 1792 au 21 septembre 1793

 

§         An II de la République : du 22 septembre 1793 au 21 septembre 1794

 

§         An III de la République : du 22 septembre 1794 au 21 septembre 1795

 

Et ainsi de suite jusqu’au 31 décembre 1805 (an 14). Un décret de Napoléon Ier restaure le calendrier grégorien (celui que nous utilisons aujourd’hui) à partir du 1er janvier 1806.

 

 

Cette pièce étant très usée, elle ne vaut que quelques euros dans le commerce. En bon état (c’est-à-dire bien lisible sans usure prononcée) elle vaudrait autour de 25 euros.

 

En 1793, une pièce de 2 sols valait un dixième d’une journée de travail d’un maçon (comme le montre un acte notarié concernant les réparations d’une maison situé au Petit Bois à Voivres et daté de 1791).

 

 

 

 
par Gondard publié dans : canton-la-suze-sur-sarthe
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