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17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 10:40

3. Les Cénomans et le métal

a. La sidérurgie gauloise

Ce sont le fouilles réalisées lors d’opérations archéologiques préventives (autoroute A28, Ligne à Grande Vitesse, etc.) qui ont apporté la plupart des connaissances dans le domaine de la sidérurgie gauloise. Les découvertes permettent de montrer l’intégralité de la chaîne opératoire et la grande maîtrise des Cénomans en ce domaine. Mais il est difficile de savoir à qui appartenaient ces mines de fer et les activités sidérurgiques. Certains ont avancé l’idée d’une aristocratie gauloise qui contrôlait la production et la commercialisation ; mais il faut bien admettre que les liens entre la sidérurgie et les domaines mis en évidence lors d’opérations archéologiques ne sont pas étayés. Par ailleurs, on pense que les débuts de l’activité métallurgique (sans doute au VIIIème siècle av. J.-C.) étaient plutôt aux mains d’une aristocratie pour une consommation également aristocratique ; puis plus tard (Vème s. av. J.-C. ?) , avec la meilleure maîtrise de la production, la consommation du fer se généralise.

Les sites importants de la sidérurgie gauloise en France

Les sites importants de la sidérurgie gauloise en France

La zone au nord du Mans est traversée par diverses infrastructures autoroutières et ferroviaires. L’avantage est que plusieurs fouilles archéologiques ont permis de mettre en évidence une activité métallurgique avec ses différentes phases d’élaboration. C’est le cas par exemple sur les communes de Neuville-sur-Sarthe, La Bazoge, etc. Il faut cependant envisager de nombreux autres sites en Sarthe comme le montrent les prospections archéologiques.

On possède toutes les phases de l’activité métallurgique depuis l’extraction du minerai jusqu’à la production de fer. On extrait la matière première soit par un système de fosses si le fer n’est pas très profond, soit par un réseau de galeries de mines en cas de présence plus profonde. Plusieurs sites au nord du Mans ont ainsi montré comment s’organisaient les sites miniers gaulois. Par contre les informations sur la vie des mineurs sont très ténues.

Les bas fourneaux, en partie creusés dans le sol, sont en argile et font en général moins d’un mètre de diamètre. Ils sont souvent concentrés sur une même zone. Par exemple, sur une superficie d’environ 700 m² le site de Touzeau à Aigné a révélé la présence d’une centaine de fours. Cette présence intense de fours observée sur plusieurs sites laisse à penser que ces productions n’étaient pas destinées qu’à des usages locaux.

Dans ces fours, on alterne des couches de charbon de bois et de minerai de fer concassé. Après la réduction, on obtient une masse de fer qu’il faut ensuite épurer par forgeage. Cette masse de fer est conditionnée sous la forme de barres bipyramidales pouvant peser jusqu’à 7 kg ou de currency-bars. Le fer produit a différents usages : outillage agricole, quincaillerie, transport, armement, etc.

 

 

Quelques liens :

Un habitat de forgerons gaulois à La Milesse

La transformation du minerai de fer à La Milesse

Un atelier de sidérurgie antique à Neuville sur Sarthe

Un aperçu sur l’activité métallurgique antique en Sarthe

Un article où l’on parle de la métallurgie en Sarthe

La métallurgie du Bas-Maine mais aussi du Haut-Maine

La Milesse Journées Archéologiques 2012

L'activité métallurgique gauloise en Sarthe, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

L'activité métallurgique gauloise en Sarthe, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Reconstitution d'un bas fourneau, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Reconstitution d'un bas fourneau, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Une trace archéologique de la fonte du minerai de fer

Une trace archéologique de la fonte du minerai de fer

Un fond de bas fourneau

Un fond de bas fourneau

Scories coulées

Scories coulées

Productions métallurgiques gauloises, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Productions métallurgiques gauloises, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

b. Le monnayage cénoman

Comme d’autres peuples gaulois, les Cénomans ont fabriqué leur propre monnaie. Ces monnaies gauloises s’inspirent fortement du monnayage grec macédonien. Les monnaies d’or, dont les plus anciennes remonteraient au IIème siècle av. J.-C. ; représentent au droit une tête chevelue de profil. Au revers, un cheval ailé androcéphale mené par un aurige et piétinant un personnage au sol. Ce monnayage d’or est sans doute plus un instrument de prestige que de commerce. On peut penser qu’il serve de système de récompense dans des relations entre individus importants, ou encore de don prestigieux dans le cadre d’accords politiques.

Plus tard, sans doute au début du Ier siècle av. J.-C., les Cénomans produisent des monnaies d’argent. Et il existe également de petites monnaies coulées dites potins, dont un moule a été découvert à Yvré l’Evêque sur le site du Grand-Aunay.

Une des questions qui intriguent certains archéologues est la provenance de cet or. Il est possible que des gisements aient été exploités dans le sud de la Mayenne mais également dans la région de Rouez en Champagne (Sarthe).

Il faut également préciser que l’on trouve chez les Cénomans des monnaies venant d’autres peuples gaulois, essentiellement voisins.

 

Des liens :

La fabrication des monnaies celtiques

Un fil twitter des Musées du Mans sur le monnayage cénoman

Les monnaies gauloises de l’Orne, de la Mayenne et de la Sarthe, approches typologique, analytique et territoriale

 

Monnaies cénomanes en or, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Monnaies cénomanes en or, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Le trésor dit des Sablons, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Le trésor dit des Sablons, Musée Jean Claude Boulard Carré Plantagenêt

Rappel de la loi sur la protection du Patrimoine Archéologique :

Art. L. 542-1 - Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d'objets métalliques, à l'effet de recherches de monuments et d'objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.

A suivre : Les Cénomans de Cisalpine

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