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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 11:20

Nous débutons aujourd'hui une série de plusieurs articles sur la toponymie des communes du Val de Sarthe. Il s'agit d'expliquer, dans la mesure du possible, l'origine du nom des lieux-dits de nos communes cités dans les cadastres du XIXème siècle. La toponymie est loin d'être une science exacte, mais si on la couple avec la topographie et les connaissances historiques elle permet de mieux comprendre comment ont été façonnés nos territoires.

 

Nous commencerons par la commune de Chemiré le Gaudin.

Les noms de lieux de nos communes

Athenay (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843, A3) : Nous allons laissé de côté la version farfelue qui explique ce toponyme comme étant une déformation du nom de la déesse grecque Athéna, identifiée chez les Romains par Minerve. Cette tentative hasardeuse s'appuyait sur la découverte de vestiges romains aux environs immédiats d'Athenay. La version écrite la plus ancienne qui soit connue dans les textes est « Atiniaco », « Ateniaco » vers 1055-1063 (Chartularium insignis ecclesiæ cenomanensis quod dicitur Liber albus capituli). Il est à noter que le suffixe « aco » vient du gaulois et a été latinisé lors de la présence romaine. On peut donc y voir un patronyme avec un suffixe qui indique le propriétaire : Atinius ; il faut donc comprendre le nom « Atiniacum » comme voulant dire « le domaine d'Atinius ». Le domaine ne désigne pas la villa en tant que bâtiment mais bien en tant que propriété territoriale. L'archéologie a d'ailleurs montré lors de fouilles en 1986/1987 qu'une occupation humaine s'est fixée dans ce secteur entre le 1er siècle ap. J.-C. et le XIIIème siècle.

Graffito "Martini" sur céramique sigillée de type Drag. 37 (IIème-IIIème s.) provenant des fouilles de 1986/1987 et exposé au Carré Plantagenêt au Mans.

Graffito "Martini" sur céramique sigillée de type Drag. 37 (IIème-IIIème s.) provenant des fouilles de 1986/1987 et exposé au Carré Plantagenêt au Mans.

Bauvais (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A1) : Même si cela s'écrit de la même façon, le nom « Beauvais » n'a pas la même origine que celui de la ville de Beauvais dans l'Oise. C'est un toponyme fréquent en Sarthe qui désigne un endroit où la vue est dégagée. Des toponymes proches sont « Beauvoir », « Bellevue », « Beauregard », etc.

 

Bechereau (Chemiré 1809, A2 ; Chemiré 1843, B2) : Il est écrit Baichereau dans un document de 1588. On trouve également ailleurs la forme « Bécherel », « Bequerel », etc. Il est à noter que dans divers endroits le nom « Béchereau », et ses variantes, est en lien avec un moulin et un cours d'eau, ce qui est bien le cas à Chemiré le Gaudin. Peut-être faut-il rapprocher ce nom de lieu du mot normand « bec » qui désigne le ruisseau. Un Séguin de Cohardy est dit seigneur de Bechereau au milieu du XVème siècle.

Les noms de lieux de nos communes

Bel Air (Chemiré 1809, B3 ; Chemiré 1843, E1) : Toponyme très fréquent en Sarthe et qui désigne souvent un lieu-dit sur un point élevé, ce qui semble correspondre dans le cas présent.

 

Bellefille (Athenay 1809, A ; Chemiré 1843 A4, Chemiré 1843, B2) : Selon la légende, le nom de Bellefille est lié à une histoire qui s'est déroulée au XIIème siècle. Damgerose, fille de Gaudin de Chemiré, entretenait une relation avec son oncle Damase d'Asnières. Damase fut excommunié par l'évêque Hugues et ne fit rien pour retrouver une attitude décente. Lors d'une partie de chasse, Damase trouva la mort un jour d'orage en se noyant dans la rivière Sarthe. Damgerose demanda le pardon de l'évêque et se retira sur la terre de son père où elle fonda un petit oratoire là où se trouve aujourd'hui le château dit de Bellefille. On peut aussi y voir plus simplement la déformation de « Belle Feuille » qui désignerait donc un joli bois.

Les noms de lieux de nos communes

Belveder (Chemiré 1843, B2) : Le Belvédère est une tour bâtie dans les bois de la Sauvagère en 1745. Ce type de construction correspond à une mode du XVIIIème siècle où l'on édifiait un édifice sur un point haut afin d’admirer le paysage environnant.

Les noms de lieux de nos communes

Benoît (Saint) (Chemiré 1809, C2 ; Chemiré 1843, D1) : Saint-Benoît est une ancienne paroisse rattachée, tout comme Athenay, à Chemiré en 1809/1810. La première mention paraît remonter en 1009, ou 1028, (Cartulaire de la Couture) sous la forme latine « Sancti Benedicti de Thesvalo », date où l'évêque Avesgaud cède à l'abbaye de la Couture la paroisse de Saint-Benoît, époque de la renaissance de l'abbaye. On peut donc penser légitimement que le lieu de Théval est devenu Saint-Benoît de Théval au moment où l'abbaye bénédictine de la Couture est devenue la détentrice du lieu.

Cadastre de 1843

Cadastre de 1843

Les noms de lieux de nos communes

Bignon (le Petit) (Chemiré 1843 A3) : Ce nom de lieu est très fréquent en Sarthe. Pour certains, Bignon désigne une petite éminence, pour d'autres cela est plus à rapprocher d'une source, d'une zone humide. C'est plutôt cette deuxième hypothèse qui est adoptée dans nos régions.

 

Bois (les) (Chemiré 1809, C2) : Toponyme plutôt clair qui semble indiquer que dans ce secteur entre Chemiré et Saint-Benoît se trouvait une zone boisée. On peut cependant se demander si le rédacteur du cadastre de 1809 n'a pas entendu « Les Bois » alors que l'endroit correspond en 1843 au lieu-dit « Mévoie ».

 

Bois de la Cure (le) (Chemiré 1843, D4) : En 1809, le lieu est simplement nommé « La Cure ». Endroit qui dépendait de la cure, c'est à dire une terre donnée aux curés de la paroisse.

 

Boterie (la) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E5) : écrit en 1843 « La Petite Botterie » et « La Grande Botterie ». Vient peut-être d'un patronyme. La séparation entre « Petite » et « Grande » est souvent liée aux partages des biens : un même lieu en devient deux.

 

Boulais (les) (Chemiré 1809, B1 et B4 ; 1843,E3) : écrit « Les Basses Boulaies » et « Les Hautes Boulaies » en 1843. En général ce toponyme est lié à la présence de bouleaux. Mais là les terrains ne s'y prêtent guère ; peut-être faut-il s’orienter vers la patronyme « Boulay ».

 

Boutoire (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E5) : Ce lieu-dit a aujourd'hui disparu du paysage. Pas d’explication très convaincante. Peut-être un lieu au bout d'un endroit.

 

Busson (le) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C4) : écrit « La Bussonne » en 1843. Soit ce nom vient du patronyme « Busson » et désigne donc un lieu habité par Busson, soit il s'agit d'une zone occupée par des buissons.

 

Cabat (le) (Chemiré 1809, D1 ; Chemiré 1843, C2) : Nom énigmatique dont il est difficile de trouver l'origine. Peut-être en rapport avec un mot de vieux français, « cabat » qui veut dire tromperie, vol. Donc un terrain qui fait illusion mais ne rapporte rien. Mais cela pourrait aussi être une déformation d'une racine plus ancienne, « gaba », qui indique le creux. En patois sarthois, cela donne « gaviau » pour gosier. On pourrait donc comprendre « Cabat » comme étant l'entrée juste avant la petite vallée qui passe devant Vilaines et qui rejoint la Sarthe au niveau de l'Hachet.

 

Cailloterie (la) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E2) : Sans doute la terre occupée par un certain Caillot.

 

Carrefour (le) (Chemiré 1809, B2) : En 1843, l'endroit est nommé « Le Carrefour de Chauvigné ». Comme le nom l'indique, le lieu correspond au croisement de la route entre Chemiré et Maigné, celle qui mène vers Fercé et celle qui conduit au lieu de la Maltière.

 

Champ Dolin (le Grand et le Petit) (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A2) : écrit « Chandolin » en 1843 : Le 8 mai 1579, les mineurs Jean du Bellay rendent aveu, pour le Petit-Chandolin, à Jehan Dufou, baron de Pirmil. Toponyme à rapprocher de « Champ Dolent », c'est à dire « champ pauvre ». Il peut aussi s'agir du champ qui appartenait à un certain Dolin.

 

Champ Fleuri (Chemiré 1843, B2) : fief au 18ème siècle. Le nom peut désigner le champ appartenant à Fleury ou encore un herbage couvert de fleurs. Cela peut aussi indiquer une terre riche.

 

Champanière (la) (Athenay 1809, A ; Chemiré 1843 A3) : écrit la Champagnère en 1843. En général, les toponymes qui tournent autour de « Champagne » désignent de larges espaces agricoles, ce que montre la topographie des lieux.

 

Château Gaillard (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A2) : Il y a en 1843 le Grand et le Petit Château Gaillard. On compte en Sarthe une bonne vingtaine de lieux nommés Château-Gaillard. Ils peuvent parfois faire référence à une fortification médiévale, et dans d'autres cas à une demeure de plaisance. L'étude du parcellaire ancien ne permet pas de trancher.

 

Chauvigniers (les) (Chemiré 1809, B1 et B2 ; 1843, E2, E4, E5) : écrit « Chauvigné » en 1843. Sans doute un nom d'origine romaine : « Le domaine de Calvinius ».

 

Chemiré le Gaudin : L'écriture a peu varié au cours du temps. Dès le XIème siècle, on trouve les formes « Chemereio », « Chimireio » ; au XIIème siècle apparaît « Chemereio Gaudini ». Le nom « Camariaco » parfois cité pour Chemiré le Gaudin paraît désigner en réalité un autre lieu (Chéméré en Loire-Atlantique). Certains disent que les noms « Chemiré », « Chéméré » veulent dire « cour », mais il semble que par chez nous ce ne soit pas le cas. Il est plus crédible, par la terminaison finale en « é », de plutôt y voir un nom d'origine latine qu'on peut interpréter comme « le domaine de Camarius ». Gaudin était un des premiers seigneurs de Chemiré ; et puisque les noms de famille n'existaient pas encore, pour différencier les individus dans les actes on ajoutait à leur prénom leur lieu d'origine.

 

Les noms de lieux de nos communes

Chenais (les) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E2) : écrit le Chesnay en 1843. Ancien fief. Ce toponyme, et ses variantes, est très fréquent en Sarthe et ailleurs en France. Lieu où se trouvait une plantation de chênes. On va bien sûr éviter d'y voir un lieu de culte druidique ...

 

Chêne Vert (Athenay 1809, C ; Chemiré 1843 A2) : dit « Le Chêne Vert » en 1843. Soit le nom indique la présence d'un chêne particulier, soit, et c'est le plus vraisemblable, il s'agit d'une déformation de « Chenevière », lieu où l'on cultivait le chanvre. On trouve en vieux français le mot « chenevet » qui désigne la graine du chanvre. En tout cas, la multitude de noms en Sarthe n'est pas en faveur de l'espèce dite « quercus ilex » qui est essentiellement présente dans la zone méridionale de la France.

 

Chesnay (le Petit) (Chemiré, 1843, E2) : Voir « Chenais ».

 

Clémencière (la) (Chemiré 1843, E1) : Sans doute un lieu habité par Clément.

 

Coudrais (les) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : Lieu où se trouvent des noisetiers (coudriers ). On cite souvent le noisetier pour les baguettes de sourcier, mais les pousses de noisetiers offrent l'avantage de fournir des bâtons bien droit utiles pour ceux qui gardaient les troupeaux, mais aussi pour le palissage de par leur souplesse.

 

Coudray (le) (Chemiré 1809, A2 ; Chemiré 1843 A3) : Hautes et Basses en 1843. Voir « Coudrais ».

 

Cour (la) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A3) : Dépend du chapitre cathédral d'Angers au 15ème siècle. Ce toponyme désigne très souvent la présence d'une juridiction seigneuriale. On sait qu'au XVème siècle, Louis d'Anjou cède aux religieux de Saint-Maurice d'Angers le manoir d'Athenay qui pourrait correspondre à la Cour. L'étude parcellaire du cadastre de 1843 laisse bien apparaître un aménagement de type motte avec fossés.

 

Courtis (les) (Chemiré 1843, B4) : Le mot « courtil » désigne les jardins potagers proches de l'habitat et clos.

 

Crépinières (les) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, C1) : Le lieu habité par Cre(s)pin.

 

Crosneries (les) (Athenay 1809, B ; Chemiré 1843 A1) : Le lieu habité par Cro(s)nier.

 

Cure (la) (Chemiré 1809, C2) : voir « Bois de la Cure ».

 

Davière (la) (Chemiré 1809, B2 ; 1843, E5) : Lieu habité par Davy.

 

Dragonnerie (la) (Chemiré 1809, B4 ; 1843, E2) : écrit « Les Dragonnières » en 1843. Il semble que l'écriture du nom soit assez instable dans les documents en fonction des rédacteurs. Le nom peut provenir du patronyme « Dragon » qui existe en Sarthe, tout en sachant de « Dragon » est lui-même une déformation du nom « Dagron » beaucoup plus fréquent en Sarthe.

 

Droulin (Chemiré 1809, D1 ; Chemiré 1843, C2) : L'origine est assez obscure. Le nom peut venir du patronyme Droulin, mais aussi aussi d'une déformation du nom « Drouin », « Derouin ». A noter qu'à proximité se trouvent « Les Roulinières » qui vient de Roulin, forme très proche de Droulin.

 

Duranderie (la) (Chemiré 1809, B3 ; Chemiré 1843, C1) : Le lieu habité par Durand.

 

Emondière (l') (Chemiré 1809, A1 ; Chemiré 1843, B4) : fief. Le lieu habité par Emond.

 

Etang (l') (Chemiré 1843, C2) : On note sur le plan cadastral de 1843 une pièce d'eau de l'autre côté de la route. Ce peut-être l'origine du nom du lieu. Sur le cadastre de 1809, le lieu et l'étang n'existent pas encore.

 

Fabrique (la) (Chemiré 1843, B2 dév.) : La Fabrique était une assemblée paroissiale chargée de gérer les biens de la communauté paroissiale. Sur le cadastre, « La Fabrique » désigne l'ancien cimetière de Chemiré installé au croisement de la route de Louplande et de l'allée de la Sauvagère. La gestion du cimetière permet d'assurer des revenus à la fabrique, mais c'est aussi une source de problèmes comme la clôture du cimetière qu'il faut sans cesse maintenir en état.

Cadastre 1843

Cadastre 1843

Fauvelière (Chemiré 1843 A1) : Le lieu habité par « Fauveau ».

 

Faux (le) (Chemiré 1809, A1 ; Chemiré 1843, B2) : « Faux » vient sans doute du latin « fagum » (faine) et « fagus » (hêtre). On retrouve cette origine linguistique dans d'autres noms de lieux : Fay, Fresnay, Fou, etc. A noter qu'en patois, le fruit du hêtre se dit « faigne » ce qui est plus proche de la forme latine que le français actuel.

 

Fontaine (la) (Chemiré 1843 A1) : Lieu où se trouve un point d'eau. La carte IGN au 1/25000ème montre d'ailleurs un petit cours d'eau qui apparaît sur la carte à une centaine de mètres au nord-est de La Fontaine.

 

Four à Chaux (Chemiré 1843, B2) : dit de la Groie. L'endroit où se trouvait le four à chaux installé au début du XIXème siècle.

Cadastre 1843

Cadastre 1843

Fragerie (la) (Chemiré 1809, C1 ; Chemiré 1843, D4) : écrit « La Frogerie » en 1843. Le lieu habité par Froger.

 

Fromagerie (la) (Chemiré 1809, D3 ; Chemiré 1843, C4) : On pourrait penser au lieu où on fabrique du fromage. Mais en Sarthe, il existe de nombreuses familles nommées Fromager et la construction classique « patronyme + erie » est satisfaisante.

 

Fuie (la) (Chemiré 1843, D1) : Normalement, le toponyme « La Fuie » indique la présence d'un colombier. Or le lieu n'existe pas sur le cadastre de 1809 et rien ne laisse paraître une ancienne construction. On peut donc supposer qu'il y avait anciennement une fuie mais que celle-ci avait disparu du paysage au XIXème siècle. D'ailleurs la carte de Cassini indique bien le lieu « La Fuye ».

Carte de Cassini

Carte de Cassini

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Published by Philippe
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