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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 10:10

Le très actif Café Mémoire de Fercé poursuit son travail sur la Première Guerre Mondiale. En 2014, il avait proposé une exposition sur Fercé pendant la Première Guerre Mondiale (http://canton-la-suze-sur-sarthe.over-blog.com/2014/11/exposition-a-ferce.html). En novembre 2015, les bénévoles ont présenté un travail portant sur le rôle des femmes pendant la Première Guerre Mondiale.

Nous publions ici le compte-rendu réalisé par l'association, fourni par Geneviève Cimiaz et Maryse Després. Merci à l'association "Café Mémoire" de Fercé pour ce travail.

Café Mémoire de Fercé sur Sarthe

Les femmes  dans la guerre de 14

 

Exposition du 11 au 15 novembre 2015 à la mairie de Fercé-sur-Sarthe

Et Conférence de Philippe Bergues, professeur d’histoire

A l’entrée est affiché l’appel du Président du Conseil, René Viviani, aux femmes de France. La guerre est déclarée par l’Allemagne à la France le 3 août 1914, au moment des moissons, et l’incitation à s’associer à l’effort de guerre s’adresse en premier lieu aux agricultrices qui doivent assurer la récolte du blé. On pense que la guerre sera courte et que les hommes seront rentrés pour les vendanges.

Une première série de panneaux très bien conçus montre les femmes remplaçant les hommes partis au front dans différents secteurs d’activité : agriculture, distribution de courrier, tâches administratives. Les travaux de la terre sont particulièrement durs, car les chevaux et même les bœufs ont été réquisitionnés par l’armée. La fabrication des outils est très réduite et l’industrie chimique réserve sa production à l’armée. Les engrais se raréfient. 400 000 femmes doivent travailler en usine, celles qui fabriquent des armements reçoivent le surnom de munitionnettes. Sur le front et dans les hôpitaux les femmes sont infirmières et ambulancières, recrutées par le ministère et par la Croix Rouge. Elles apportent des soins, mais aussi un soutien psychologique et un réconfort aux soldats blessés.

L’approvisionnement en denrées alimentaires devient difficile, particulièrement en sucre, parce que les betteraves sont surtout cultivées dans le Nord, qui est sous contrôle allemand. On commence à stocker la nourriture et les produits de première nécessité, comme on le fera en 1939.

Les militantes féministes (Hélène Brion,  Louise Baudin), qui se battent pour les droits civiques, sont en même temps pacifistes. Des femmes lancent des mouvements de grève, surtout en 1917, en particulier en mai les « midinettes », employées dans le textile, qui manifestent contre l’inflation et obtiennent une augmentation de salaire et le samedi après midi libre et payé. Après la guerre en 1919 est créé un baccalauréat féminin. Ce n’est qu’en 1924 que les filles et les garçons passent les mêmes épreuves au baccalauréat. La guerre a pour conséquence un début d’émancipation économique des femmes. Certaines créent leur propre restaurant, par exemple l’Auberge de la Mère Poulard en 1919. Les femmes se mettent à exercer des métiers du tertiaire, sur le modèle américain, elles sont souvent sténodactylos, en particulier dans les grands bureaux des compagnies d’assurances.

Certaines femmes, en Belgique et dans le Nord de la France occupés par l’ennemi, espionnent les Allemands, elles risquent la prison (Louise de Bettignies, qui meurt en captivité en Allemagne en 1918) ou l’exécution (l’infirmière anglaise Edith Cavell, fusillée en 1915).

L’Etat lance des emprunts pour financer la guerre par l’intermédiaire des banques. Sur tout un panneau sont reproduites des affiches de publicité pour ces emprunts, où figurent souvent une mère et son enfant, qui sont utilisés pour la propagande de guerre. Comme la Grande Bretagne, la France est très endettée auprès des Etats-Unis. Un des motifs de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 est de prévenir la faillite de leurs débiteurs.

 Les panneaux suivants présentent une riche collection de cartes postales échangées entre les soldats et leurs fiancées ou leurs femmes.

Puis  un panneau présente les documents d’une veuve de guerre du village. Après  la guerre les veuves touchent une pension de l’Etat pour elles et pour leurs enfants et on leur attribue une machine à coudre (exposée par  sa petite fille). La France compte 630 000 veuves de guerre en 1918. Pendant 2 générations après le conflit on dénombre en France 1103 femmes pour 1000 hommes.

Deux panneaux consacrés aux « marraines de guerre », des jeunes femmes célibataires, qui, à partir de 1915, sont encouragées à échanger des lettres avec des soldats isolés, qui ont besoin de réconfort. Elles leur envoient du courrier, des cartes, des paquets contenant de la nourriture, du savon, du tabac, des vêtements chauds, des chaussettes. Leur rôle est d’entretenir le moral des troupes. Pendant leurs permissions ou à  la fin de la guerre certains soldats ont rencontré leur marraine de guerre et cela a parfois conduit à des mariages. Aux archives départementales de la Sarthe ont été retrouvées les lettres d’une Parisienne protestante, cultivée, écrites à un sergent sur le front d’Orient, et des extraits ont été affichés.

« La dernière contribution visait à donner des points de comparaison, en évoquant la situation des femmes dans les autres pays belligérants à partir de documents trouvés sur des sites anglais et allemands. Un étudiant turc de l’Université du Bosphore a fourni des renseignements concernant son pays. Des illustrations trouvées sur internet sont venues mettre en valeur les écrits. Les Françaises ont été parmi les dernières à obtenir le droit de vote en 1944 qu’elles ont utilisé pour la première fois en 1945.

 

Enfin, en appendice à l’exposition de 2014, le président du club de tir à l’arc de Fercé a fait découvrir un aspect peu connu de la guerre de 14, à savoir qu’on a utilisé très accessoirement dans cette guerre industrielle, comme armes, des arcs et des flèches, parfois empoisonnées ou incendiaires. On faisait feu de tout bois contre l’adversaire.

 

Une très belle exposition qui a ouvert ses portes au public le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice.

 

 

 

Café Mémoire de Fercé-sur-Sarthe remercie tous les acteurs de l’exposition qui ont contribué à sa réussite : tous ses membres, toutes les personnes extérieures, le conférencier, le conseil municipal.

Café Mémoire de Fercé sur Sarthe
Café Mémoire de Fercé sur Sarthe
Lors de la conférence donnée par Philippe Bergues.

Lors de la conférence donnée par Philippe Bergues.

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Published by Philippe
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