Lundi 28 mai 2007
Avec les semis de maïs de ce printemps, le sol a de nouveau livré quelques outils préhistoriques.


Une parcelle à proximité de la rivière a donné quelques éclats de silex qui appartiennent surtout à des déchets de taille. On peut penser qu'ils datent du néolithique. Cependant, un objet sort du lot.



Cet outil est un racloir taillé dans une pierre qui semble être de la calcédoine.

Une parcelle voisine n'a livré qu'un seul outil. Il s'agit d'un petit perçoir en silex blond dont la pointe est malheureusement brisée.




En fait, on constate que la vallée de la Sarthe a été fréquentée de tous temps. Nombreuses sont les parcelles qui contiennent quelques outils préhistoriques. Mais il semble qu'il ne s'agisse que de fréquentations temporaires car les densités d'objets sont peu élevées.









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Samedi 21 avril 2007

Un site gallo-romain a été découvert à La Suze (72) en 2005 par prospection pédestre. Ce site inconnu a été déclaré au Service Régional de l'Archéologie à Nantes et des prospections ont livré du matériel qui permet d'en préciser l'occupation.
Un survol aérien a également permis d'apercevoir quelques traces de bâtiments. A priori, il s'agirait d'une villa rurale.

Voici quelques objets recueillis en surface.



Tout d'abord des éléments caractéristiques d'un site gallo-romain : les tuiles à rebord dites aussi "tegulae". La couverture des habitats gallo-romains est souvent faite d'un assemblage de deux tuiles : une grande tuile plate à rebords (la tegula) et une tuile "canal" (l'imbrex).



Deux éléments d'un dallage en calcaire.



Deux éléments d'enduit peint rouge.



Un morceau de verre à vitre.



Plusieurs tessons de céramique commune classique sur les sites sarthois.
En haut : "vase baguette" (rebord d'un grand vase ovoïde).
Au milieu : rebords d'écuelles.
En bas : pieds de vases tripodes.
Cette céramique provient des ateliers de La Bosse (72) ou de communes proches. On peut la dater des 2ème et 3ème siècles ap. J.-C.



Deux rebords d'un mortier. Les mortiers sont des plats creux qui servaient à broyer les aliments par exemple. La pâte de ces céramiques contient souvent de gros grains de quartz qui facilitent le broyage.



Un morceau de panse d'amphore.



Une anse d'amphore.



Un morceau de couvercle à pâte blanche.



Un petit tesson de céramique à paroi fine avec un décor dit "à l'épingle". Ces céramiques peuvent provenir des ateliers de Lezoux (63). Ces productions sont datées du 2ème siècle.



Un palet taillé dans une tuile gallo-romaine.



Un fond de cruche qui a pu être réemployé en tant que coupelle.




Plusieurs tessons de céramique sigillée. Ces productions de qualité viennent du centre de la Gaule (région de Lezoux).



Un rebord de céramique sigillée. Ces productions sont standardisées. Par exemple, ce rebord appartient à une forme que les archéologues ont nommée  "Drag 37" (du nom d'un archéologue qui a établi le classement).




Un autre tesson de Drag 37. Il s'agit d'un décor moulé dont on voit ici les oves qui sont la partie supérieure du décor. Les décors sont faits de scènes mythologiques, de compositions végétales, de combats de gladiateurs, etc.



Un décor d'une autre forme (Drag 30).



Ces objets sont les témoins de la vie quotidienne d'une villa gallo-romaine au 2ème siècle ap. J.-C.
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Vendredi 9 mars 2007


L'église de Roezé est un édifice médiéval dont la construction doit se situer entre le dernier quart du 11ème siècle et le début du 12ème siècle. On y reconnait l'appareillage classique cubique composé de grès roussard et quelques moellons de calcaire.



Le mur Nord de la nef de l'église de Roezé (pierres cubiques en grès roussard et calcaires). Cette tradition remonte aux constructions gallo-romaines (voir la muraille du Mans construite au 3ème siècle).


La façade a connu diverses modifications. En particulier, le portail à anse de panier de la nef a remplacé à la fin du 15ème siècle ou au début du 16ème siècle une entrée plus ancienne.


La façade ouest de l'église de Roezé.

Il ne reste que quelques traces de l'appareillage cubique. Les ouvertures datent des 15ème et 16ème siècles.

 

On voit nettement sur le mur Nord que la façade a dû s'effondrer. En effet, la rupture entre les deux appareillages est bien visible.

A gauche, l'appareillage cubique médiéval. A droite, l'appareillage irrégulier qui témoigne d'un effondrement du pignon Ouest.



Il se trouve qu'en observant de près cette façade, on remarque certains réemplois provenant du portail médiéval. On peut donc avoir une certaine idée de ce portail.



Une colonnette en calcaire.



Un élément d'archivolte à dents de scie et colonnette.



Un autre élément d'archivolte à dents de scie et colonnette.



Un élément d'archivolte à dents de scie et colonnette.

 

 

 


Une colonnette engagée en coupe

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Dimanche 11 février 2007

La renommée du moulin de Fillé n'est plus à faire. Depuis plus d'une dizaine d'années, l'Association de Sauvegarde du Moulin de Fillé a oeuvré efficacement pour remettre l'édifice en état de fonctionnement. Il fonctionne même tellement bien qu'aujourd'hui il produit à nouveau de la farine pour le grand bonheur des visiteurs !



Une journée porte ouverte au moulin


La Communauté de Communes du Val de Sarthe a acheté le site en 2000 (le moulin, la ferme et une partie des terres). L'année 2007 verra la mise en oeuvre d'une importante tranche de travaux destinée à faire du site un des pôles majeurs du tourisme local.

 

Cette effervescence autour du moulin ne doit pas faire oublier ses origines. On possède plusieurs documents des 17ème et 18ème siècles qui décrivent l'activité meunière. Mais qu'en est-il des époques plus anciennes ?

 

Premier élément : le moulin de Fillé est en réalité le moulin de ... Buffes ! Plusieurs documents font état de ce fait.

Le 22 janvier 1647, Martin Fouineau vend à Michel Niepseron, marchand meunier, un jardin sur « la ruelle tendant à aller du bourg dudit Fillé aux moulins dudit Fillé appartenant au seigneur de Buffes ».

Le 20 mai 1654, Izabel Loriot vend à Michel Niepseron une maison le long de « la rue qui va du bourg de Fillé aux moulins de Buffes ». Cette rue existe toujours et mène au moulin de Fillé.

Source : Archives Départementales de la Sarthe


En 1670, Jean Le Boindre seigneur du Gros Chesnay à Fillé acquiert la seigneurie de Buffes. Dès lors, les moulins seront nommés dans les documents « moulins de Fillé ».

Or cette seigneurie de Buffes remonte au Moyen-Age. On peut donc admettre sans difficulté que ce moulin date du Moyen-Age.

 
Le chateau de Buffes au 18ème siècle


Second élément : les murs du moulin.

Pour qui regarde d'un peu près le bâtiment, il est évident que deux périodes distinctes sont lisibles. Le premier étage a été ajouté au milieu du 19ème siècle lors de l'installation de nouvelles machines liée aux progrès de la Révolution Industrielle. On remarquera l'entourage classique pour les fenêtres de cette période où on utilise beaucoup la brique. Les murs sont en calcaire, grès et roussard.

Par contre la partie basse est exclusivement en roussard. Beaucoup de constructions médiévales utilisent ce matériau dans notre région (voir par exemple le bâtiment médiéval de la Perrière à Voivres ou le chevet de l'église de La Suze).

 

Le pignon sud

Le premier niveau en roussard date du Moyen-Age. L'étage est du milieu de 19ème siècle.

 

Ces murs gardent en eux la mémoire du passé ; il faut souhaiter que les travaux entrepris sur le moulin ne seront pas l'occasion de faire disparaître ces traces. D'autant que le moulin de Fillé serait le bâtiment le plus ancien de la commune (le château du Gros Chesnay a été édifié au milieu du 17ème siècle ; l'église a été reconstruite deux fois : une première fois en 1771 puis une seconde fois après la Seconde Guerre Mondiale).

 











Passages pour les axes des anciennes roues.

Ces deux passages pour l’arbre des roues sont les derniers témoignages in situ des descriptions du moulin du début du 18ème siècle.


 


 


 






 


Le pignon sud en pierre de roussard



Blason de 1576

Cette pierre a été rajoutée lors de la création du premier étage du moulin au 19ème siècle. Elle provient peut-être du château de Buffes.

On peut penser que ce blason est en rapport avec la famille de Germaincourt, propriétaire des moulins de Buffes devenus moulins de Fillé au milieu du 17ème siècle




Corbeau en réemploi 

Les ouvertures actuelles du moulin datent du milieu du 19ème siècle.

En haut de la porte d’entrée, à gauche , un corbeau venant probablement de l’ancien château de Buffes a été réemployé comme montant en pierre de la porte.







Le site de l'Association de Sauvegarde du Moulin de Fillé : http://perso.orange.fr/jeanyvon.stephan/


Le site de la Communauté de Communes du Val de Sarthe : http://www.val-de-sarthe.fr/public/


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Vendredi 12 janvier 2007

LE SITE

 

 

L’église d’Athenay est une ancienne église paroissiale. Elle se situe au centre du village. Sur le cadastre de 1809, le cimetière occupe la partie sud ouest devant l’église. Il reste d’ailleurs une croix (inscription MH) datée du 16ème siècle comme dernier témoignage.

 

 

 

 

 

 

 

La mention la plus ancienne remonte au milieu du 11ème siècle (ecclésia de Attiniaco) et l’église est déjà placée sous le vocable de la Vierge Marie. Vers 1330, on parle toujours de l’ « ecclésia de Attenay ». En 1405, on utilise l’expression « capella de Athenay ». Le statut de la paroisse a changé ; elle était rattachée au doyenné de Vallon jusqu’au 15ème siècle date à laquelle Athenay devient succursale de Chemiré.  En 1768, elle redevient paroisse. Puis elle est rattachée à Chemiré le Gaudin le 14 décembre 1809. On profitera de ces quelques lignes pour tordre le cou à une étymologie empirique qui voulait édifier les origines de l’église sur un temple dédié à Athéna. Il existe des ruines romaines à quelques centaines de mètres mais rien ne montre que le bâtiment actuel soit édifié sur des substructions romaines.

LA NEF

 

 

La nef est la partie la plus ancienne de l’église et le mur nord est la partie la plus vieille de l’édifice. Ce mur repose sur des fondations réalisées avec des pierres de différentes natures et de différents modules. A environ 1 mètre de hauteur commence le petit appareillage de calcaire (les roussards sont très rares) ; trois meurtrières se trouvent au sommet. Elles semblent avoir été construites à la même époque puisque la technique est la même. Le sommet de ces meurtrières est composé d’un linteau échancré sur lequel sont gravées des incisons droites rayonnantes. Ensuite on les a comblées avec du mortier pour donner l’illusion d’un arc composé de claveaux. Cette technique est connue sur plusieurs monuments romans du Maine. C’est le cas des meurtrières du donjon de Sainte Suzanne (Mayenne) et de celles de l’église de Vezot (Sarthe). L’ouverture du milieu est réalisée entièrement en roussard alors que les deux autres utilisent le roussard et le calcaire ; mais la composition est la même pour ces deux fenêtres : le bas est en roussard et le sommet en calcaire.

 

 

On peut s’interroger sur la construction de ce mur. Il semble que les meurtrières soient construites lors d’une deuxième phase (l’appareillage parait différent, l’angle entre le mur et la façade est chaînée sauf dans la partie haute où on a l’impression de voir un mur). Le mur nord pouvait sans doute être sans ouverture à l’origine. C’est le cas de la chapelle Saint Fraimbault à Saint Georges de la Couée (Sarthe).

 

 

Le mur sud est plus récent. Il montre clairement un appareillage différent (opus incertum) mais qui semble réutiliser les matériaux de l’état antérieur. Deux fenêtres, d’époque différentes, permettent un meilleur éclairage de l’intérieur de la nef. La plus haute doit être la plus ancienne. Pourquoi a-t-on refait ce mur sud ? La question reste posée puisqu’on ne peut guère envisager un agrandissement. En effet la lecture de l’appareillage de la façade ne montre pas un élargissement de la nef. Les fondations sont différentes du mur Nord et sont composées de gros blocs de roussard, calcaire et grès. Y a-t-il eut un effondrement ? En regardant les fissures existantes, on peut l’envisager.

 

 

La porte sud qui ouvrait sur le cimetière laisse apparaître une tentative de décor qui joue sur les couleurs des roussards et des calcaires. Le montant droite et l’arc alternent les deux matériaux ; mais le montant gauche est entièrement en calcaire. En comparant le portail ouest et la porte sud, on peut imaginer une construction à la même époque.

 

 

La façade a connu quelques modifications. La porte actuelle date d’un état postérieur à l’édification de la nef. On observera à environ trois mètres au dessus du sol un lit d’arrêt de la phase de construction. Les éléments les plus remarquables sont un décor en sablier réalisé en roussard (sur 7 rangs) alors que le reste de la façade est composé de calcaire blanc. Un sablier se situe au dessus du portail, les deux autres sont de chaque côté mais il ne semble pas avoir de symétrie dans l’organisation du décor.

On remarque aussi une augmentation de la pente du toit puisqu’on peut voir une reprise de la maçonnerie mais toujours avec un appareillage cubique ce qui semble indiquer une modification assez rapide après l’édification de la nef.

 

 

Les fissures visibles sur la façade et sur la partie ouest du mur nord trahissent une certaine instabilité du terrain.

 

 

 

LES CHAPELLES

 

 

Les chapelles ont été ajoutées plus tard (17ème s ?). Le mur ouest de la chapelle nord porte une date sur l’enduit au sommet du mur près du chaînage. Il semble que l’on puisse lire 1678. Mais cela permet de dater l’enduit et non la chapelle. L’appareillage est composé de pierres calcaires allongées (jusqu’à environ 40 cm). Le chaînage est dominé pour les 2/3 par les roussards qui sont dans la partie basse alors que les blocs calcaires se situent dans la partie haute. Seule une baie

 

 

La chapelle sud ne semble pas avoir été construite en même temps que la chapelle Nord. Le chaînage d’angle n’est réalisé qu’avec des blocs calcaires. On remarque des traces d’un faux appareillage dessiné sur l’enduit frais (17ème s ?). Par contre la technique de construction reste la même ce qui tend à prouver que même si ces chapelles n’ont pas été élevées lors d’un même chantier, elles ont dû se suivre dans un temps relativement proche.

 

 

Les grilles métalliques des baies ne sont pas datées mais sont toutes réalisées de la même façon (nef, chapelles).

 

 

LA SACRISTIE

 

 

La fenêtre de la sacristie porte une date 1670 ainsi que deux initiales « M » et « MO ».

DATATION DE L’EGLISE

 

 

La technique des claveaux simulés des meurtrières, le petit appareillage cubique sont dès éléments qui tendent à fournir une datation remontant au 11ème siècle pour la partie la plus ancienne de l’édifice. On sait par les textes que la paroisse existait déjà vers 1050 et une datation autour de cette période parait cohérente.

 

 

Il est possible qu’au 13ème siècle, il y ait eut la réfection du mur sud et la création des deux portes. C’est sans doute à cette époque qu’il faut rajouter la construction du chevet actuel.

 

 

Deux dates sont inscrites sur l’église ce qui permet d’établir une chronologie relative entre certains éléments. Il semble qu’au 17ème siècle une campagne importante de travaux ait été réalisée pour remettre en état (ou en valeur ?) le bâtiment. C’est peut être  à cette époque qu’il faut rattacher l’adjonction des chapelles. En tout cas, ces chapelles ne peuvent pas être postérieures à 1670 car la sacristie est collée et non chaînée avec les chapelles

 

 

 

 

 

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